Leila et ses frères
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inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 mars 2024
Leila, au milieu de ses quatre frères, est la plus déterminée à sortir la famille de la pauvreté. Quitte à s'affranchir des règles patriarcales et des traditions iraniennes. On verra jusqu'où Leila poussera son rejet dans une scène éminemment politique.
Elle n'est toutefois qu'une des composantes de la famille que met en scène Saeed Roustayi entre drame et comédie.
Adossé aux réalités sociales de l'Iran et à la coutume -où l'on découvre celle, essentielle dans le scénario, du parrain- le film n'est pas dépourvu d'humour. Son sens de la dérision, une certaine truculence et ses personnages ne sont pas sans rappeler la comédie italienne de la grande époque. Le réalisateur est habile dans le dosage de gravité et de comédie; il ne perd jamais de vue le sens engagé de son film, de telle façon que la famille du patriarche Heshmat n'est jamais dans la bouffonerie ou le misérabilisme.
Précisément, le rôle du père octogénaire est un personnage prépondérant et extraordinaire (incarné par un remarquable comédien, Saeed Poursamimi), vieil obstiné, si loin si proche de ses enfants, et dont les excès évoquent par instants certaines figures entêtées de Molière. Il est au coeur de la scène prodigieuse et emblématique du film, spoiler: le mariage du cousin,
et incarne avec sa femme l'Iran d'avant, auquel règlera Leila son compte dans une séquence mémorable.
Etonnant que ce film, ses comédiens, ses personnages, son scénario, qui témoigne de la qualité d'un cinéma iranien pourtant généralement entravé, soit reparti bredouille de Cannes...
Benoit (BENZINEMAG / HOP BLOG)
Benoit (BENZINEMAG / HOP BLOG)

42 abonnés 145 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 novembre 2022
Très différent de son précédent film, La loi de Téhéran, (que j’ai classé comme meilleur film de l’année 2021), Saeed Roustaee revient avec une réalisation tout aussi ample et ambitieuse qui rappelle par bien des aspects le cinéma d’un autre réalisateur iranien talentueux : Asghar Farhadi.

Dans ce second long-métrage, Roustaee raconte vécu les tourments vécus par une famille iranienne dans laquelle les quatre frères de Leila, quatre quadras tous au chômage rêvent de s’offrir une boutique dans un centre commercial afin de redémarrer une nouvelle vie. Après une mise en place assez longue, il faut dire que le film fait 2h40, le réalisateur fait monter la tension petit à petit, plongeant le spectateur au cœur de la cellule familiale autour de laquelle gravitent tous les enjeux du film.

Danger cette société iranienne patriarcale, où la pauvreté gagne du terrain de jour en jour, les différents protagonistes vont voir leurs fondations familiales, déjà pas bien solides s’écrouler. En cause, la cupide, la tradition, l’orgueil, la pauvreté et l’hypocrisie.
Dans une mise en scène encore une fois pleine de maîtrise, le réalisateur nous gratifie de quelques scènes impressionnantes à l’image de ce mariage auquel sont convies Leila et se frères ainsi que leur père et qui constitue le point de bascule du film
Un film qui prend des allures de vaste et triste farce dans un pays ou l’on cache la misère derrière les apparences ou l’argent étalé aux yeux des convives et des mariés n’est que factice.

Le film de Saeed Roustaee se révèle assez fascinant et d’une redoutable efficacité dans la construction de son récit, dans les dialogues, dans la manière dont il dessine un tableau sans concession de la société iranienne qui semblent complètement happée par la culture américaine, une société où un simple tweet de Trump peur faire baisser la valeur du toman, la monnaie locale.
christophe D10
christophe D10

33 abonnés 975 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 mai 2023
Le debut (la première demi heure) est un peu long, mais une fois lancé, on est vraiment pris et intéressé par l’histoire de ces frères et sœur qui cherchent a se sortir de la misère, en iran.
J’avais déjà beaucoup aimé ´la loi de Téhéran’ et ce second film ne m’a pas déçu.
Passé le début un peu laborieux, on ne s’ennuie plus jusqu’à la fin.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 410 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mars 2024
Le cinéaste Iranien S. Roustaee après son très remarqué " la loi de Teheran " ( sans doute une des réalisations parmi les plus accomplies sorties en France en 2021), porte de nouveau, avec " Leila..." reparti bredouille de Cannes un regard sur la société persane.

Autant dire que le constat est loin d'être brillant, et les autorités iraniennes auraient récemment pris des dispositions restrictives de liberté à l'égard du réalisateur.

Sachant que les aînés de Roustaee, Rassouloff et Panahi ont été récemment incarcérés pour avoir contrevenu aux obligations judiciaires dont ils faisaient l'objet, l'avenir s'est soudain obscurci pour le jeune réalisateur.

Pour revenir au film, c'est à partir d'un investissement familial, modeste en soi, important pour les intéressés et symbolique (l'ouverture d'une boutique qui serait située dans les toilettes d'un centre commercial) que "Leila et ses freres" vont devoir affronter la figure tutélaire paternelle.

Destiné avant tout aux amateurs de cinéma d'auteur, alors que " la loi de Teheran " était plus accessible au grand public, " Leila et ses freres" par ses non dits, nécessite sans doute un investissement interprétatif plus grand de la part du spectateur.

Le dernier opus de Roustaee aborde ( c'est ce qui en fait sa richesse) plusieurs thèmes à la fois d'ordre social, sociétal et psychologique).

Il est ici question de la place de la femme dans une société où elle est considérée comme un être inférieur à l'homme, tandis que le rôle majeur des parents dans la transmission de névroses à leurs enfants est ici montré par petites touches ( le père manipulateur et la mère sont ici d'une grande toxicité pour leurs progénitures) sans que ces derniers n'en soient même conscients ( sauf sans doute Leila).

Enfin, la critique sociale du pays est clairement exposée ( cf partie consacrée à l'usine et celle qui traite de la vente des pièces de monnaie)

Si le film est d'une très grande grande qualité il peut légitimement aussi susciter quelques. ( petites) réserves.

La première heure est parfois noyée dans des dialogues continus qui entrecroisent plusieurs personnages et laissent peu de moments de respiration au spectateur lors de la première vision.

Certes, il faut comprendre Roustaee qui a tant de détails à nous transmettre, que d'écourter les échanges auraient sans doute amoindri la profondeur du propos.

Si le jury du festival de Cannes (2022) est passé à côté de ce film ( sans doute un des plus relevés de la compétition officielle et qui gagne même à être revu ), la critique internationale ne s'y est pas trompée en lui délivrant son prix.
Isabel I.
Isabel I.

50 abonnés 317 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 septembre 2022
Chronique de vie d'une famille face à la crise économique en Iran. Quand la tradition se heurte au monde moderne.
Il y a dénonciation  de l'influence de  la culture ancestrale :  la scène du mariage est merveilleuse de vitalité et pourtant elle dit tout le poids de ce passé que ne veut pas passer et la puissance néfaste de l'argent.
Ici le  rôle principal, rôle féminin, est porté avec force et pudeur par Taraneh Alidoosti qui interprète  le personnage de Leila. Évidemment je suis très sensible à ce rôle de femme.  Leila si forte et si  incomprise une féministe en toute discrétion mais comment se battre devant tant de tradition. L'histoire dénonce sans brutalité par les silences et les regards,  mais avec force,  l'injustice. Ce n'est pas un féminisme hystérique c'est un féminisme réfléchi, sans ostentation qui marque d'autant plus les esprits. Le film est constat mais sans critique.  L'argument n'a mème pas vraiment sa place, il suffit  juste de suivre ce récit, c'est suffisant pour être révolté. La timide évolution de la femme est amorcé mais si complexe. Et pourtant qui serait Leila sans ces frères, sans sa famille ? N'est ce pas aussi la fragilité de ces hommes un peu paumés qui lui permette d'exister.
La scène finale est d'une grande délicatesse, là encore rien est dit de manière  directe et pourtant la tristesse nous envahit aussi.
Ce film c'est tout ça et bien plus encore
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 septembre 2022
Le jeune réalisateur Iranien passe, avec ce deuxième film, du « polar noir » (« La loi de Téhéran ») au thriller familial et social cher à Asghar Farhadi. Le résultat est probant, l’essai est transformé. Passée une première heure un peu longuette qui aurait mérité quelques coupes pour un traitement plus vif, le film prend de la densité avec la montée des conflits de famille produits par les différences de valeurs qui animent ses membres, bien sûr différemment sensibles au poids des traditions. Différences de valeurs qui sont autant d’approches de la vie. Saeed Roustaee filme ses personnages au plus près (quelle prestation de l’acteur qui joue le père !), et parvient à générer chez le spectateur une forme d’empathie avec eux quelles que soient les opinions que l’on peut en avoir. Le scénario recèle quelques surprises et rebondissements qui maintiennent une vraie tension et certaines scènes sont mémorables (en particulier celle du mariage). Une belle réussite donc, mais sans la construction machiavélique, la grande finesse et la subtilité qui caractérisent les meilleurs films (pas tous) du « modèle ».
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 5 septembre 2022
Trois ans après La loi de Téhéran, thriller redoutablement efficace sur la guerre policière contre le traffic de drogue, le réalisateur prodige Saeed Roustaee fait son retour sur les écrans français avec Leila et ses frères. Une vision plus intime, mais non moins monumentale, de la société iranienne contemporaine.

Qui ne s’est jamais plaint de sa famille ? Pourtant, elle n’est sans doute pas aussi compliquée que celle de Leila. La jeune femme se démène depuis toujours pour faire vivre les siens. Mais entre son père avare, sa mère jalouse, son frère lâche, celui malhonnête, celui indécis et celui tout simplement bête, ce n’est pas une mince affaire. À travers ce portrait complètement loufoque, néanmoins réaliste et bizarrement universel, le réalisateur peint le tableau d’une société profondément dysfonctionnelle. La famille est à la fois motif et cause, en s’y dévouant, Leila doit nécessairement délaisser une part de son identité. L’intimité y est inexistante : chacun nourrit des desseins et ambitions différentes mais n’hésite pas à s’approprier les moyens des autres pour y parvenir.

Or c’est bien une famille dans son dénuement le plus total que Saeed Roustaee nous donne à voir. Cette ambivalence constante lui permet de mettre en scène une fracture, voire une incompréhension, générationnelle. Les traditions sont détournées, abusées. Et lorsque chacun doit répondre de ses actions auprès de la collectivité, l’égoïsme et la méfiance en sont exacerbés.

À l’aide de dialogues extrêmement fins et d’une panoplie d’acteurs superbement justes, le réalisateur érige la fresque exaltante d’une famille et d’une société, pourtant toutes deux à bout de souffle. C’est un chaos magnifique et troublant. (lire la suite sur : cultureauxtrousses.com)
Soquartz
Soquartz

30 abonnés 82 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 septembre 2022
Beaucoup aimé ce film qui nous parle de l'Iran, de la misère, de la famille avec beaucoup de tendresse et de délicatesse, sans mièvrerie ni complaisance. Il y a quelques imperfections bien sûr, les acteurs, notamment Tanareh Alidoosti (Leïla) , manquent parfois un peu de naturel, mais cela ne gâche en rien le film qui est construit et maîtrisé de bout en bout.
Simoun
Simoun

18 abonnés 135 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 septembre 2022
Le cinéma iranien est rarement décevant. "Leïla et ses frères" n'est pas une exception. On vacille entre rire et larmes, en passant rapidement d'une émotion forte à une autre. Malgré le fait que j'ai eu du mal à "rentrer dedans" les premières 45 minutes et que je l'ai trouvé bien trop long, je pense que c'est un excellent film qui vaut le coup d'être vu !
Dzibz
Dzibz

89 abonnés 11 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 février 2023
C'est l'un des deux chefs-d'oeuvre de l'année 2022. Je ne sais trop qu'en dire pour ne pas vous gâcher le plaisir de sa découverte, alors je vais me taire (ouais, 2h39, un film iranien sur fond de crise économique : moi aussi ça me bottait bof sur le papier. Mais soyez intelligents une fois dans votre vie, vous vous remercierez).
DemoCiné
DemoCiné

14 abonnés 187 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 septembre 2023
Une chronique familiale et sociale de l'Iran contemporaine d'une grande justesse et pleine de tension. Ou comment voir concrètement les effets des décisions politiques américaines sur la vie quotidienne des Iraniens, car c'est à l'échelle d'une famille - et même d'une fratrie - que les répercussions se font ressentir. Il y a des clins d'œil au Parrain de Copolla, et des coups de coudes à la série Succession. Et vu la tête des références , on ne pouvait qu'avoir du très bon. Et c'est le cas. Après ”La loi de Téhéran”, le réalisateur iranien réalise un nouveau film rythmé, tendu, surprenant, ancré dans son temps et dans son pays, et bourré de scènes fortes et mémorables.
Simon Bernard
Simon Bernard

206 abonnés 689 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 août 2022
Une belle fresque familiale dans l'Iran d'aujourd'hui, axée sur la question de l'argent. Un peu trop long et quel dommage qu'un film avec une si belle BA se retrouve finalement sans musique.
Jipéhel
Jipéhel

101 abonnés 601 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 septembre 2022
Ebouriffant

Avec son 1er film, l’iranien Saeed Roustaee avait frappé très fort en 2021. Il récidive avec ces 160 minutes – qu’on ne voit même pas passer -, de drame jubilatoire, si je puis me permettre cet oxymore audacieux. Leila a dédié toute sa vie à ses parents et ses quatre frères. Très touchée par une crise économique sans précédent, la famille croule sous les dettes et se déchire au fur et à mesure de leurs désillusions personnelles. Afin de les sortir de cette situation, Leila élabore un plan : acheter une boutique pour lancer une affaire avec ses frères. Chacun y met toutes ses économies, mais il leur manque un dernier soutien financier. Au même moment et à la surprise de tous, leur père Esmail promet une importante somme d’argent à sa communauté afin d’en devenir le nouveau parrain, la plus haute distinction de la tradition persane. Peu à peu, les actions de chacun de ses membres entraînent la famille au bord de l’implosion, alors que la santé du patriarche se détériore. Même si on se perd un peu dans toutes ces traditions persanes, on passe un excellent moment en immersion dans la famille de Leila. Une merveille !
Saeed Roustaee s'est inspiré de la véritable histoire d’une famille nombreuse en Iran. Ces dernières décennies, une classe moyenne s'est développée en Iran, y compris dans des petites villes de province où les familles commençaient à atteindre un certain confort de vie. Mais, à partir de la présidence d’Ahmadinejad, cette structure a été totalement bouleversée... Cette classe moyenne a disparu au profit d’une fracture de plus en plus grande et d’un appauvrissement massif. On ressent parfaitement que cette famille vit dans un tout petit appartement, aggravant ainsi la violence entre ses membres. Le rire et la truculence ne sont jamais loin de l’hystérie collective et de la tragédie, – comme en témoigne la toute dernière scène bouleversante -. Voilà une fresque familiale passionnante, bruissante de disputes et de réconciliations, de larmes et de rires, qui, sans être démonstrative, nous propose une radiographie d’une société iranienne au bord de l’implosion, meurtrie par son conservatisme, la faiblesse de son économie et broyée par la puissance de ses adversaires sur la scène internationale. Ce film est un tour de force.
Le casting est à hauteur des ambitions du cinéaste avec la formidable Taraneh Alidoosti, les 4 frères, Navid Mohammadzadeh, Payman Maadi, Fahrad Aslani et Ali Mohammadi, et bien sûr, l’incroyable Saeed Poursamimi dans le rôle du père. Roustaee n’a que 32 ans et c’est déjà un très grand. On pense irrésistiblement au cinéma italien des années 1960-1970, celui de Pietro Germi et d’Ettore Scola. On peut considérer que ce film est un des grands oubliés du dernier Festival de Cannes d’où il est tout de même reparti auréolé de deux accessits, le Prix de la Citoyenneté et le Prix FIPRESCI. Avec Kiarostami, Panahi, Rasoulof, Farahdi et maintenant Roustaee, le cinéma iranien a de beaux jours devant lui et nous avec, pour peu que le régime des mollahs les laissent créer en paix… ce qui est loin d’être assuré.
Nine
Nine

14 abonnés 154 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 septembre 2022
Décidément le cinéma iranien me séduit beaucoup. Leila et ses frères est un très beau portrait de femme dévouée et éclairée dans une société ultra patriarcale, c'est une histoire familiale qui n'est pas manichéenne ( les 4 frères sont tous à leur façon sympathiques) et aussi un film social . Juste un bémol sur la longueur du film qui aurait pu être écourté de 20mn sans en être affecté.
Xavier d
Xavier d

12 abonnés 266 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 août 2022
Le cinéma iranien qui nous montre les oppositions entre la tradition et la modernité, entre la rationalité et l'émotion. Très bien réalisé et bien joué. Bien rythmé mais parfois long. Souvent bruyant mais probablement que le réalisme du sujet l'impose aussi.
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