Leila et ses frères
Note moyenne
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Patjob
Patjob

44 abonnés 763 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 septembre 2022
Le jeune réalisateur Iranien passe, avec ce deuxième film, du « polar noir » (« La loi de Téhéran ») au thriller familial et social cher à Asghar Farhadi. Le résultat est probant, l’essai est transformé. Passée une première heure un peu longuette qui aurait mérité quelques coupes pour un traitement plus vif, le film prend de la densité avec la montée des conflits de famille produits par les différences de valeurs qui animent ses membres, bien sûr différemment sensibles au poids des traditions. Différences de valeurs qui sont autant d’approches de la vie. Saeed Roustaee filme ses personnages au plus près (quelle prestation de l’acteur qui joue le père !), et parvient à générer chez le spectateur une forme d’empathie avec eux quelles que soient les opinions que l’on peut en avoir. Le scénario recèle quelques surprises et rebondissements qui maintiennent une vraie tension et certaines scènes sont mémorables (en particulier celle du mariage). Une belle réussite donc, mais sans la construction machiavélique, la grande finesse et la subtilité qui caractérisent les meilleurs films (pas tous) du « modèle ».
Evelyne C.
Evelyne C.

2 abonnés 31 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 25 septembre 2022
trop long ! aurait eu plus de poids en étant plus condensé à mon avis. Montre le peu de place de la femme dans ces sociétés même lorsque les hommes montrés, surtout le père, sont loin d'être à la hauteur.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 787 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 septembre 2022
Leila a consacré toute sa vie à ses parents et à ses frères. Vieille fille, elle tient la famille à bout de bras, elle est la plus cultivée, la plus déterminée, la plus courageuse, la plus intelligente et la plus ambitieuse de la famille. Et oui, le propos de ce film iranien est très féministe ; car même si les hommes y tiennent une place prépondérante, c’est le personnage central de Leila qui tient les clés de l’espoir et de la réussite. Dans cette société iranienne corseté par son patriarcat, son économie au bord de l’implosion ; elle a une idée pour sortir la famille du marasme et active son réseau pour y parvenir. Mais les ambitions, les croyances de chacun et surtout la vanité du père vont avoir raison de ce beau projet. Et c’est une marque de fabrique du cinéma iranien, les individus ont beau se débattre, lutter contre la fatalité ; le système va les contraindre à leur condition ; voir pire, les condamner à une forme de déclassement. Il semble qu’en Iran, il est plus raisonnable de se contenter de son piètre sort que d’essayer de s’en sortir. Ici aussi, la mécanique de son intrigue est très vite implacable et l’issue irréversible.
Saeed Roustaee, après l’époustouflant « La loi de Téhéran », prouve qu’à seulement 32 ans est déjà une pointure du cinéma iranien au même titre que Farhadi ou Panahi par exemple. En Perse, le cinéma se porte bien et il incarne sa modernité par une mise en scène haletante et virtuose ; certains pourraient être découragés par un cinéma très dialogué. Ce parti pris lui permet de tisser les liens entre tous les membres de cette famille et de donner à chacun une histoire dans l’histoire. Pour cela, il se donne le temps ; 2h45 de film tout de même ; le résultat est une fresque puissante et féministe avec un final magistral surtout dans la société iranienne.
Du grand cinéma (rien de plus normal quand on parle cinéma iranien) sur un jeu de massacre dans une société hypocrite et corrompue
TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Xavier BLANCHARD
Xavier BLANCHARD

29 abonnés 415 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 septembre 2022
Le film rappelle plusieurs pièces du camarade Molière : L'avare poussé au drame, un Bourgeois Gentilhomme où Monsieur Jourdain n'aurait pas l'once d'une fortune.
Le pauvre Esmaïl nous apparaît d'abord comme un vieillard un peu largué mais sympathique, avec un charme suranné  ; il s'avère en fait assez vite secret, retors, égoïste et vaniteux, au détriment de sa fille Leïla et de ses quatre fils, espèces de pieds-nickelés iraniens.
Leïla donne des femmes iraniennes une image d'intelligence, de finesse et de détermination, par opposition aux hommes, plus mous, souvent un peu lâches. La violence qui émane de son personnage surprend.
Au delà de l'étude de caractères, Saeed Roustae nous livre une sombre image de l'économie iranienne : la fermeture d'une usine du fait de malversations, d'immense écarts patents de niveau de vie, la corruption privée omniprésente, la précarité du grand nombre dramatiquement aggravée par les sanctions américaines. L’hôpital est la seule institution dont Saeed Roustae semble vouloir donner, malgré la cohue, une image assez positive -faisant louer par Leïla l'engagement du personnel soignant-.
Pendant plus de deux heures, on ne s'ennuie pas ; on a l'impression d'une descente progressive aux enfers avec une montée de la violence. La fin, charmante et glauque à la fois, est particulièrement réussie. Certains diront qu'elle est particulièrement bienvenue, après 2 h 35 de tensions...

St Aignan - Le Petit Casino - 11 sept 22
Napoléon
Napoléon

182 abonnés 1 629 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 septembre 2022
Malgré des longueurs et des clichés le film est une réussite. Le casting est totalement réussie avec spécialement une excellente Alidoosti incarcants des personnages à la fois atypiques et attachants auxquels le spectateur peut facilement s'identifier. Le scénario fait de péripéties rend le film captivant et rythmé. L'humour est d'une grande finesse avec des dialogues hilarants.
eric67
eric67

7 abonnés 30 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 septembre 2022
une fresque familiale sous la forme d'un conte persan cruel. et qui, au passage, nous donne beaucoup d'informations sur la société iranienne.
Lea Lagesse
Lea Lagesse

1 abonné 12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 septembre 2022
Ce film est un chef-d'œuvre, une pure merveille du cinéma iranien. Un film engagé, dépeignant une famille confinée entre les traditions et la nécessité de construire l'avenir au sein d'une société où le patriarcat et les pouvoirs publics autoritaires ne parviennent plus à répondre aux besoins d'une population en détresse.
JustifAy
JustifAy

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 septembre 2022
Magnifique film! Tout y est réuni...
Je pense retourner le voir une seconde fois car je l'ai beaucoup aimé.
gonin.robert
gonin.robert

5 abonnés 74 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 septembre 2022
Plongée dans l'Iran d'aujourd'hui et la pauvreté souvent engendrée par les traditions et le patriarcat.
Seules les femmes pourraient changer les choses.
Un pur régal
cinono1

368 abonnés 2 292 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 octobre 2023
Une histoire de tradition et de modernité autour d'une modeste famille Iranienne. Quand les enfants pour conjurer leurs difficultés se lancent dans le projet d'une création d'un commerce, le patriarche rêve de reconnaissance au sein de sa communauté. Ce qui nous vaudra une scène de mariage magistrale. Saeed Roustaaee fait une radiographie de la société Iranienne, en proie à la crise économique et soumis aux poids des traditions. Il le fait à l'aide de sa réalisation à la fois fluide, belle et naturelle. Le film n'a quand même pas la force de sa Loi de Téhéran, il comporte, malgré les qualités citées, quelques longueurs et on peut penser que la situation est atténué, que la fratrie aurait explosé, au regard de la situation dans laquelle la famille est engluée avec tous ces mauvais choix. Enfin tout peut recommencer et c'est ce que nous dit la scène finale
Romain Villat
Romain Villat

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3,5
Publiée le 16 septembre 2022
Parmi les thèmes abordés nous retrouvons : la Famille, les manipulations, les crises économiques, l'écart de richesse entre les classes.

Les membres d'une famille de plus en plus pauvre cherchent à gagner leur vie.
Bien que ce film dure presque 3h je n'ai pas ressenti de longueur.

Dans cette famille, chaque individu a son comportement auquel l'on peut s'identifier et c'est la force de ce film. Un peu comme les 7 nains de Disney (sans mauvaise blague). Ils ont tous leur propre façon de faire pour s'en sortir. Il n'y a pas UN personnage pour lequel nous pouvons éprouver de l'empathie, mais plusieurs. A titre personnel, j'en ai souvent éprouvé pour Alireza (qui est malgré tout plus souvent mis en avant), parfois pour d'autre, mais un autre spectateur pourrait l'avoir vécu pour d'autre personnage.

Autre bon point : on découvre l'envers du décor de la vie de tous les jours en Iran. Il y a l'image que nous avons du pays, de par son gouvernement et ses pratiques religieuses et totalitaires; et il y a la vie dans le foyer de cette famille qui est influencée par l'occident. Il n'en est pas (ou peu) question dans les dialogues, mais c'est montré.

Moralité de l'histoire : spoiler: quand on est au fond du trou, on peut toujours creuser plus.

J'ai préféré d'autres films iraniens sortis récemment, comme : "Yalda la nuit du pardon" ou "Le Diable n'existe pas" qui m'ont vraiment donné des frissons. C'est pourquoi je ne peux pas donner une meilleure note.
Henner
Henner

93 abonnés 144 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 septembre 2022
Pourquoi pas quatre étoiles ? Parce que le réalisateur a oublié de se munir d'une paire de ciseaux et de couper une heure sur les presque trois heures du film ...passé le second tiers on roupille. Une dame à côté se pince pour rester éveillée; mon voisin de droite dort carrément et derrière j'entends un ronflement régulier. Faut-il fiche le camp ? On hésite et miracle, au moment du mariage le film démarre ... enfin. Remarquable jusqu'au bout avec un final éblouissant.
Pourquoi ne pas couper une heure de bavardages insipides ? Mystère !
Ninideslaux
Ninideslaux

106 abonnés 285 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 septembre 2022
On sait maintenant que Saeed Roustaee est un grand; on a un peu de mal à rentrer dans ce film exagérément long -parce que nous sommes dès l'abord confronté à un aspect de la civilisation iranienne assez déconcertant.
Le père (Saeed Poursamini), vieillard irascible, autoritaire, capricieux et avare (et pour finir, devenu opiomane...) héberge de plus ou moins bon gré une partie de ses quatre fils et sa fille. L'acteur rend magnifiquement le côté odieux du patriarche... Leila (Taraneh Alidoosti) est là parce que son père a toujours empêché ses projets de mariage. Elle travaille, mais elle doit aussi seconder sa mère, naturellement inconditionnelle de son seigneur et maitre...
Pour les frères, rien n'est simple. Parviz (Farhad Aslani) travaille, lui aussi, mais il est affligé d'une monstrueuse obésité et de cinq adorables marmottes de moins de sept ans....Manouchehr (Payman Maadi) trafficote et Farhad (Mohammad Ali Mohammadi) conduit un taxi. Enfin, Alireza (Navid Mohammadzadeh), le plus pondéré, le plus raisonnable, vient de se faire licencier d’une entreprise en faillite frauduleuse, ce qui veut dire, en gros, qu'il n'aura droit à aucune indemnité.... Une belle scène d'introduction montre les ouvriers quittant l'usine la tête basse, alors que dans la mosquée, les têtes s'inclinent sous le poids des commandements saints.... Comprenne.... qui voudra.....
Dans ces grandes famille chiites, la tradition veut qu'il y ait un parrain, choisi parmi les anciens. Dans son nombreux et riche cousinage, le père fait figure de minus. Et pourtant, à la mort du présent parrain, lui, le fauché avec sa famille de bras cassé, il rêve de lui succéder.... d'être la vedette... de présider, sur l'estrade, aux réunions de famille, et très vite, au mariage du fils d'un opulent cousin. Elle sera grandiose, la cérémonie (les femmes d'un côté, les hommes de l'autre), des centaines de musiciens, un orchestre, un somptueux buffet.... Oui mais, c'est le parrain qui doit faire le plus gros cadeau (en gros, il paye le mariage...). L'opulent cousin lui fait bien comprendre qu'il n'est pas le bon candidat. Eh bien, si: il les a, les quarante pièces d'or....Il la vivra, cette soirée de rêve. Il sera, brièvement, celui à qui tous rendent hommage.... Oui, il les a économisées, pendant que sa famille vit dans la mouise... Vous comprenez que ce côté là de la société iranienne nous surprend et nous déconcerte.
Mais dans la famille il y a un mec: c'est Leila. Qui veut acheter un local dans l'immeuble où elle travaille, bien placé (même si pour le moment ce sont des toilettes) pour ouvrir une boutique dont tous les frères pourront vivre. Dans une scène d'une incroyable violence, elle en va jusqu'à gifler ce père que les garçons, eux, ne peuvent que continuer à respecter parce que les traditions l'imposent. La fin est absolument désespérante: revendre le local? Mais c'est la crise de l'uranium enrichi, et le sanctions internationales font que la monnaie iranienne se dévalue et que le local ne vaut plus rien, par rapport à son prix de départ....
C'est un film, contrairement à d'autres, récents, fait pour être projeté en Iran. La preuve: les femmes gardent le foulard, même chez elle, en présence de leur père et de leurs frères. Même si, pas une seule fois, le nom du prophète n'est prononcé! Apparemment, le famille se fiche de la religion. Pour nous, c'est un film qui, outre ses grandes qualités formelles, nous fait découvrir encore un peu plus profondément cette civilisation à la fois si lointaine et si proche...
Soquartz
Soquartz

30 abonnés 82 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 septembre 2022
Beaucoup aimé ce film qui nous parle de l'Iran, de la misère, de la famille avec beaucoup de tendresse et de délicatesse, sans mièvrerie ni complaisance. Il y a quelques imperfections bien sûr, les acteurs, notamment Tanareh Alidoosti (Leïla) , manquent parfois un peu de naturel, mais cela ne gâche en rien le film qui est construit et maîtrisé de bout en bout.
Jipéhel
Jipéhel

102 abonnés 627 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 septembre 2022
Ebouriffant

Avec son 1er film, l’iranien Saeed Roustaee avait frappé très fort en 2021. Il récidive avec ces 160 minutes – qu’on ne voit même pas passer -, de drame jubilatoire, si je puis me permettre cet oxymore audacieux. Leila a dédié toute sa vie à ses parents et ses quatre frères. Très touchée par une crise économique sans précédent, la famille croule sous les dettes et se déchire au fur et à mesure de leurs désillusions personnelles. Afin de les sortir de cette situation, Leila élabore un plan : acheter une boutique pour lancer une affaire avec ses frères. Chacun y met toutes ses économies, mais il leur manque un dernier soutien financier. Au même moment et à la surprise de tous, leur père Esmail promet une importante somme d’argent à sa communauté afin d’en devenir le nouveau parrain, la plus haute distinction de la tradition persane. Peu à peu, les actions de chacun de ses membres entraînent la famille au bord de l’implosion, alors que la santé du patriarche se détériore. Même si on se perd un peu dans toutes ces traditions persanes, on passe un excellent moment en immersion dans la famille de Leila. Une merveille !
Saeed Roustaee s'est inspiré de la véritable histoire d’une famille nombreuse en Iran. Ces dernières décennies, une classe moyenne s'est développée en Iran, y compris dans des petites villes de province où les familles commençaient à atteindre un certain confort de vie. Mais, à partir de la présidence d’Ahmadinejad, cette structure a été totalement bouleversée... Cette classe moyenne a disparu au profit d’une fracture de plus en plus grande et d’un appauvrissement massif. On ressent parfaitement que cette famille vit dans un tout petit appartement, aggravant ainsi la violence entre ses membres. Le rire et la truculence ne sont jamais loin de l’hystérie collective et de la tragédie, – comme en témoigne la toute dernière scène bouleversante -. Voilà une fresque familiale passionnante, bruissante de disputes et de réconciliations, de larmes et de rires, qui, sans être démonstrative, nous propose une radiographie d’une société iranienne au bord de l’implosion, meurtrie par son conservatisme, la faiblesse de son économie et broyée par la puissance de ses adversaires sur la scène internationale. Ce film est un tour de force.
Le casting est à hauteur des ambitions du cinéaste avec la formidable Taraneh Alidoosti, les 4 frères, Navid Mohammadzadeh, Payman Maadi, Fahrad Aslani et Ali Mohammadi, et bien sûr, l’incroyable Saeed Poursamimi dans le rôle du père. Roustaee n’a que 32 ans et c’est déjà un très grand. On pense irrésistiblement au cinéma italien des années 1960-1970, celui de Pietro Germi et d’Ettore Scola. On peut considérer que ce film est un des grands oubliés du dernier Festival de Cannes d’où il est tout de même reparti auréolé de deux accessits, le Prix de la Citoyenneté et le Prix FIPRESCI. Avec Kiarostami, Panahi, Rasoulof, Farahdi et maintenant Roustaee, le cinéma iranien a de beaux jours devant lui et nous avec, pour peu que le régime des mollahs les laissent créer en paix… ce qui est loin d’être assuré.
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