Joyland
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Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 avril 2023
La sortie d’un film pakistanais est une chose rare dans nos contrées. S’il y en a un ou deux par an qui trouve un distributeur, on peut alors s’estimer heureux, mais il faut aussi préciser que ce n’est pas un pays qui possède une grande cinématographie contrairement à son voisin indien avec l’industrie Bollywood. « Joyland » a pu compter sur sa présentation cannoise où il a fait forte impression l’an passé dans la section Un Certain Regard, une sélection dont le jury lui a décerné son Prix. Et il faut également savoir que le film a été choisi pour représenter le Pakistan aux derniers Oscars alors même qu’il y ait toujours interdit... En cause, la présentation de mœurs incompatibles avec la Charria puisqu’on y voit un homme marié tombé amoureux d’une danseuse transgenre. Bien dommage pour eux car ce film est un petit bijou et il réussit quasiment tout ce qu’il entreprend en nous proposant une esthétique magnifique, un fond engagé en forme d’ode à la tolérance et à la différence mais sans prosélytisme ou propagande woke. Et, surtout, on a droit à une déferlante d’émotions et de séquences qui nous happent, nous envoûtent ou nous retournent le cœur à l’image d’un final bouleversant qui nous surprend avec un flashback inattendu, beau et déchirant qui remet en perspective la relation de deux personnages. On ne s’y attend donc pas mais les dernières images de « Joyland » nous mettent les larmes aux yeux alors que juste avant, le film de Saim Sadiq nous avait enjoint à la réflexion en nous montrant avec doigté et objectivité les conséquences horribles du patriarcat et de la religion dans la société pakistanaise de manière fine et juste.

« Joyland » déroule durant deux heures flamboyantes et incandescentes, la vie d’une famille pakistanaise classique et se focalise surtout sur Haider, un jeune homme qui va tomber amoureux d’une personne transgenre sans y être préparé. Cela va avoir des conséquences insoupçonnées et dramatiques sur toute sa famille. Et, comme par magie, quasiment tout ce qu’entreprend Saim Sadiq dans son premier film est réussi et maîtrisé (et oui, c’est un premier film, ce qui rend le résultat encore plus impressionnant et méritoire). Les personnages sont dépeints avec beaucoup d’empathie et de justesse et le scénario laisse le temps à chacun d’exister. Il développe aussi des sous-intrigues intimement reliées à la trame principale (cet adultère inattendu donc), et qui vont finir par sceller la tragédie en place, comme cette dépression post-partum ou la relation de la tante et du père. Avec cependant toujours en ligne de mire, une réflexion, voire une critique, des lois religieuses, des traditions et du patriarcat pour les personnes différentes et un exemple des dangers que cela représente. Les instants de désir sont montrés avec beaucoup de panache et de fougue, les frustrations aussi. Il y a quelques notes d’humour bien senties évitant à « Joyland » d’être trop sentencieux ou sombre. Quant à l’aspect visuel, outre le format carré pas forcément utile, Sadiq nous enchante les yeux avec des images et des cadrages voluptueux et quelques idées esthétiques du meilleur effet comme ces néons verts qui imprègnent les visages dans la nuit. Les passions sont tout aussi bien représentées que les contraintes sociétales et on se passionne comme jamais pour cette histoire qui prône le droit d’aimer avec charme et raison. « Joyland » est un très grand premier film porté par une distribution impeccable et qui vous laisse le cœur meurtri et l’esprit chamboulé.

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Christoblog

922 abonnés 1 805 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 janvier 2023
Difficile de dire ce qui est le plus remarquable dans ce premier film de Saim Sadiq, qui a reçu le prix du Jury, section Un certain regard, au dernier festival de Cannes.

Le script est d'abord d'une grande qualité. Embrassant un nombre important de personnages sans en négliger aucun, l'histoire nous mène par le bout du nez, sans que l'on puisse jamais deviner quelle sera sa prochaine évolution. Dans ce registre, il n'y a que Leila et ses frères qui puisse cette année rivaliser avec Joyland.

Pour un premier film, la mise en scène est bluffante d'efficacité. Travail sur le son, cadrages osés, couleurs vives et lumières directes, lents mouvements de caméra, changements de ton assumés, gros plans, plan-séquence virtuose : le réalisateur pakistanais impose un style qui lui est propre, toujours au service de ce qui est raconté. Du grand art.

L'interprétation est enfin incroyablement convaincante. Du personnage principal (Ali Juheno) à la trans (Alina Khan) en passant par tous les personnages secondaires, la distribution brille par son homogénéité et son originalité : chaque personnage brille par une personnalité bien dessinée, à l'image de la femme de Haider.

Si on ajoute à toutes ses qualités intrinsèques l'intérêt du tableau que dessine Joyland de la société pakistanaise dans son ensemble, on tient vraiment là un des tous meilleurs films de l'année 2022.

Allez-y, vous passerez du sourire aux larmes, et de la curiosité à l'émerveillement.
Acidus

877 abonnés 3 957 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 janvier 2024
"Joyland" nous expose un Pakistan écrasé par le poids de la tradition et de la religion. Une société très conservatrice qui ne tolère pas la différence et les écarts. D'où l'extrême marginalité des personnages composant ce long métrage: un homosexuel refoulé, un transexuel ne trouvant pas sa place et une femme au foyer cherchant la liberté. Le cinéaste montre surtout l'hypocrisie de ce genre de société dans laquelle les apparences sont essentielles.
Un drame réussi et doté d'une solide réalisation. Beaucoup de tendresse et de bienveillance dans le traitement des personnages sans oublier la dureté et le tragique d'une telle intrigue.
Très bon.
Hotinhere

794 abonnés 5 495 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 juillet 2023
Radiographie audacieuse du Pakistan d'ajd, à travers le portrait sensible et émouvant d’une famille écrasée par le poids du patriarcat et des traditions affectant aussi bien les hommes que les femmes. 3,25
elriad

522 abonnés 2 048 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juillet 2023
Comme le réalisateur Saim Sadiq l'a lui même expliqué, le film, son sujet sur la trans identité, fait écho à sa propre histoire à bien des égards. Même les personnages sont parfois inspirés de sa famille. Porté par des comédiens remarquables, ce film troublant dans un pays où la société musulmane est très conservatrice est dans la mouvance actuelle des sujets souvent abordés, la question de son identité sexuelle et sa revendication. Mais Lahore au Pakistan pourrait surprendre. Pourtant, même ostracisés, les trans sont nombreux et visibles dans ce pays. Récompensé par le prix du Jury au festival de Cannes en 2022 dans la catégorie "un certain regard", "Joyland" surprend, même si parfois son ton un peu linéaire plombe la narration et son évolution dramaturgique.
Math719
Math719

229 abonnés 898 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 janvier 2023
Un beau film, avec des sujets tabous dans un pays avec peu de liberté pour les femmes et les queers. Les acteurs Ali Junejo et Alina Khan sont vraiment parfait. Une histoire éprouvante, de belles rencontres et une fin dure, qui montre aussi ce que veut mettre en avant le réalisateur. La bande son est géniale!
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 582 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 janvier 2023
Beauté plastique, questions de genres et immersion en Asie centrale sont les trois idées clés de ce film au succès mérité. Joyland, dont l'affiche est horrible, s'avère en fait une splendeur visuelle. Loin de tout effet carte postale, le cinéaste et son chef opérateur explorent le milieu modeste de Lahore, ses maisons à patio et ses lieux de loisirs en magnifiant leur lumière et leurs couleurs. La photographie rappelle étrangement Le Lac aux oies sauvages (même si le montage est moins énergique). Le détail d'un vêtement coloré, des effets de transparence, des cadres choisis, parfois un détail (une balançoire verte, une affiche orangée, etc.) vivifient chaque plan qu'on voudrait voir se figer pour l'apprécier davantage. Ces qualités plastiques, jamais gratuites, sont au service d'un récit complexe, aux personnages nombreux, qui déploie tout un questionnement sur l'émancipation des genres et des orientations sexuelles dans une société traditionnelle en mutation. La place des femmes est particulièrement bien interrogée au travers du personnage de la voisine âgée qui a droit à une scène très émouvante ou à l'épouse du personnage principal qui prend de plus en plus d'importance dans le récit. Je ne dis rien du couple au centre du film, pour ne pas spoiler. Cet éventail de situations, toujours traitées avec subtilité et humanisme, trouve un intérêt particulier puisque ces histoires prennent place dans un pays peu présent dans le cinéma diffusé à l'échelle internationale : le Pakistan. La position géographique et culturelle de ce pays explique sans doute que tout au long du film on pense alternativement au grand cinéma iranien (A. Kiarostami, A. Fahradi) ou au grand cinéma indien (S. Ray). Ces rapprochements sont mérités. Enfin, et encore sans rien dévoiler, sachez que la fin est très réussie (souvent une qualité déterminante pour une œuvre cinématographique).
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 786 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 juin 2023
Sam Sadiq filme, à l’écart de toute démonstration, une relation amoureuse masculine qui vient heurter violemment les traditions patriarcales conservatrices d’un Pakistan musulman. Avec un thème très proche du marocain « Le bleu du caftan », les deux mènent un même combat plein d’humanité et d’intelligence autour des libertés sexuelles, sentimentales et individuelles au cœur de pays régis par des lois et logiques islamiques. Autre point commun, l’amour irradie ces deux films et surtout il met trois personnages au cœur du film, différents et très attachants. Biba et Haider, ici, auront plus de mal à s’aimer ; et il ne s’agit pas d’homosexualité. La plus belle scène du film est celle dans laquelle Biba affirme haut et fort ne pas être homosexuel ; et le trouble de Haider qui ne comprend pas ce qui se passe est un moment unique de cinéma ; loin du grandiloquent « Lawrence Anyways ». La cellule familiale patriarcale tient ici une place prépondérante dont Haider est une donnée négligeable sauf s’il est capable de donner le fils tant attendu par toute la famille. Sa femme, personnage touchant, aimante mais fragile, est pour moi autant le centre du film que Haider et Biba. Elle porte tellement elle aussi sur ses épaules qu’elle est la victime désignée de ce système castrateur.
Un beau film dont la première demi-heure peut faire penser à du Bollywood ; après avoir failli sortir du film, en deux trois scènes, il m’a happé… tout comme le public cannois en 2022.
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Arthus27
Arthus27

127 abonnés 642 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 mai 2023
Un film bouleversant et techniquement abouti. Joyland explore un grand nombre de thématiques de manière subtile et juste
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 417 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 juillet 2023
Prix du jury Un Certain Regard et @queerpalm au dernier Festival de Cannes, ce film pakistanais aborde avec une grande sensibilité la question de l'identité sexuelle, mais pas seulement. Le film traite également de la difficulté, que l'on soit femme ou jeune homme réservé, à exister dans une société patriarcale où le poids des traditions vient empêcher toute tentative d'émancipation. Des acteurs formidables, une cinématographie impeccable (mention spéciale aux très beaux cadres). Le rôle de la femme du personnage principal est bouleversant. Énorme coup de coeur de ce début d'année.

Ma page ciné insta : fenetre_sur_salle
missfanfan
missfanfan

112 abonnés 888 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 février 2023
A défaut de films indiens que j'adore, émettais rabattu sur ce film pakistanais, bonne surprise , original, et de bons acteurs
ce film nous fait voyager et dépayse
Juan 75
Juan 75

79 abonnés 502 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 janvier 2023
Très beau film tant par son esthétique (la photo est splendide) que par son message. Une tragédie absolue sur fond de patriarcat. Si le scénario est parfois un peu appuyé, les acteurs et la réalisation sont impeccables.
Eymeric B.
Eymeric B.

35 abonnés 22 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 janvier 2023
Bouleversant, dramatiquement extraordinaire on rentre dans une famille une histoire et on en ressort que le film terminé. Pour moi c'est un autre monde une autre époque, on comprend que l essentiel est invisible et on ne peut l exprimer le comprendre ! Très beau film
Kouto
Kouto

30 abonnés 4 775 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 novembre 2025
Ce drame pakistanais brosse le joli portrait d’une jeune génération devant faire face au traditionalisme du pays sans pour autant tomber dans le cliché d’une culture pakistanaise qui serait à rebond de l’évolution des mœurs. Pour cela, la finesse de l’écriture offrant des personnages complexes permettant au réalisateur d’évoquer avec nuance la place de l’homosexualité et des transgenres au sein du pays.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 088 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 juillet 2025
Premier long-métrage du cinéaste Saim Sadiq, Joyland nous embarque au cœur d’un Pakistan étonnant, et plus précisément dans l’histoire de Haider, un homme homosexuel qui a contracté un mariage de façade à la demande de sa famille. Lorsqu’il va s’éprendre d’une danseuse transgenre, son monde et celui de son entourage va s’en trouver ébranlé. Au-delà de la question de l’homosexualité, le film prend la forme d’une charge contre les normes sociales et le poids de traditions qui contribuent à créer des dysfonctionnements et des frustrations en tous genres, au final surtout au détriment des femmes.
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