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Mericstef
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5,0
Publiée le 15 janvier 2023
Le Pakistan contrairement à l’Inde ne nous avait habitué qu’à être sujet aux infos. Ce film apporte un éclairage nouveau sur la société pakistanaise. Courez voir ce film sensible, aux acteurs attachants, à la réalisation raffinée.
Je sors bouleversée de ce film dense et magnifique qui va bien au-delà de la question de la transidentité et aborde bien des thèmes. Les personnages sont intenses, tentant de survivre sous le poids de la tradition, qui engendre bien des frustrations dans la famille d’Haider. La photographie est sublime. Que dire d’autre ? A voir absolument.
Un très grand film d’un pays méconnu le Pakistan. Hormis les clichés des informations et autres faits politiques. C’est un film magnifique, raffiné, fabuleusement écrit. Une œuvre qui permet de mieux connaître le Pakistan, la vie des hommes et des femmes tentant de vivre ou de survivre. Apprendre et connaître, voilà ce que le cinéma doit nous apporter.
Beauté plastique, questions de genres et immersion en Asie centrale sont les trois idées clés de ce film au succès mérité. Joyland, dont l'affiche est horrible, s'avère en fait une splendeur visuelle. Loin de tout effet carte postale, le cinéaste et son chef opérateur explorent le milieu modeste de Lahore, ses maisons à patio et ses lieux de loisirs en magnifiant leur lumière et leurs couleurs. La photographie rappelle étrangement Le Lac aux oies sauvages (même si le montage est moins énergique). Le détail d'un vêtement coloré, des effets de transparence, des cadres choisis, parfois un détail (une balançoire verte, une affiche orangée, etc.) vivifient chaque plan qu'on voudrait voir se figer pour l'apprécier davantage. Ces qualités plastiques, jamais gratuites, sont au service d'un récit complexe, aux personnages nombreux, qui déploie tout un questionnement sur l'émancipation des genres et des orientations sexuelles dans une société traditionnelle en mutation. La place des femmes est particulièrement bien interrogée au travers du personnage de la voisine âgée qui a droit à une scène très émouvante ou à l'épouse du personnage principal qui prend de plus en plus d'importance dans le récit. Je ne dis rien du couple au centre du film, pour ne pas spoiler. Cet éventail de situations, toujours traitées avec subtilité et humanisme, trouve un intérêt particulier puisque ces histoires prennent place dans un pays peu présent dans le cinéma diffusé à l'échelle internationale : le Pakistan. La position géographique et culturelle de ce pays explique sans doute que tout au long du film on pense alternativement au grand cinéma iranien (A. Kiarostami, A. Fahradi) ou au grand cinéma indien (S. Ray). Ces rapprochements sont mérités. Enfin, et encore sans rien dévoiler, sachez que la fin est très réussie (souvent une qualité déterminante pour une œuvre cinématographique).
En dépit de quelques scènes superbes le film pêche par un montage plutôt mou et parfois incompréhensible. Donc lenteur plus ou moins assumée. Mais jeu d'acteur est remarquable - le personnage de Biba en particulier - et on en apprend beaucoup sur les moeurs du Pakistan. Le poids du père qui organise les mariages et régente toute la famille. Le poids des traditions. Ici comme ailleurs les réseaux sociaux vibrionnent et les "portables" incandescents. C'est une assez jolie peinture du pays, avec des trouvailles de mise en scène le tout, hélas, un peu gâté par des des ellipses dérangeantes.
Joyland est le premier long-métrage du Pakistanais Saim Sadiq, qui a également signé le scénario en s'inspirant largement de son enfance et de son adolescence : "c’est devenu le moyen de questionner mon propre statut de jeune homme qui n’a jamais été suffisamment viril pour vivre dans une société patriarcale". C'est un film délicat et sensible centré sur Haider, tiraillé entre Mumtaz, sa femme qui étouffe dans l'enfermement social et familial, et Biba, danseuse de cabaret trans en combat permanent pour s'affirmer. Le film montre de manière éclatante la force destructrice des injonctions à la soumission pour les unes et à la virilité pour les autres. Les interpètes sont remarquables.
Exceptionnel ! Ce film vous surprendra. Vous découvrirez un univers et des façons d'être différentes et contradictoires. Ce film alimentera de longs échanges avec la personne qui vous accompagne. Une vraie merveille !
Joyland est un film intéressant. La société patriarcale de cette prétendue république est décrite avec minutie. L'ambiance glauque et pesante est rendue par une photo sombre et la lenteur des scènes où les regards remplacent souvent la parole. Le jeu des acteurs principaux est excellent, avec mention aux trois personnages féminins, Alina Khan jous avec finesse le rôle difficile de la trans, Rasti Farooq est convaincante en femme trompée dont la souffrance est permanente et la belle Sarwat Gilani est parfaite. Le père interprète avec conviction le rôle du patriarche droit dans ses bottes y compris quand le drame éclate. L'interprétation d'Ali Junejo me semble un peu en dessous de l'ensemble et les seconds rôles parfois outrés. Je n'ai par ailleurs que moyennement apprécié la mise en scène de ce film un peu trop long, comme le veut la mode, brouillonne et abusant des gros plans, mais il faut avouer qu'elle exprime bien la tristesse générale du film, dont on ne ressort pas indemne tant l'épouvantable machisme ambiant est pesant. Ce qui est le plus réussi à mon sens, et c'est la surprise de ce film, c'est le traitement de la question transgenre, en deux scènes et au total cinq minutes, alors que de nombreux films ou documentaires se noient dans un discours incompréhensible. Ici, il suffit d'un dialogue de quelques répliques et d'une scène fort bien conçue pour que tout soit bien expliqué, avec pudeur mais transparence, avec plus d'images que de paroles. Pour cela, je mets 3 étoiles.
Le début du film, sage et assez banal, a l'élégance de ménager le vrai sujet qui se déplie lentement : quelque soit le cercle où vous vous tenez (couple, famille, quartier, travail), vous êtes observé et jugé. Et socialement pénalisé si vous vous écartez de la ligne. Étouffant. Ce film a un tact et une profondeur rares.
A Lahore, au Pakistan, de nos jours, un jeune couple marié selon la tradition, Haider et Muntmaz, vit dans la maison familiale du mari sous l’autorité du père, avec le frère, la belle-sœur et leur quatre filles. Haider, homme doux, indécis, soumis à l’autorité du père et du frère aîné est au chômage et aide sa belle-sœur dans les tâches ménagères pendant que Muntmaz travaille dans un salon de coiffure. Haider finit par trouver un improbable emploi de danseur dans la troupe de Biba, une trans. Cette rencontre va avoir une influence décisive sur leurs vies… Le film, nous immerge dans une famille de la société moyenne pakistanaise, traditionnelle, dominée par le patriarcat, reléguant les femmes à la maternité et aux tâches ménagère mais aussi dans ses marges, incarnées par la troupe de danseurs de « théâtre érotique » et par sa meneuse, Biba, la charismatique trans. Le scénario est très fort, la mise en scène remarquablement maîtrisée, le propos passionnant, la tension dramatique intense. Excellent film.
une belle leçon pakistanaise de cinéma! des plans époustouflants ou la photographie et l'image se hissent au niveau des acteurs et desservent les thématiques fortes du scénario ! exceptionnel !!
Très très bon film polyphonique et fluide qui remet en cause dans un portrait lucide et clair les rapports humains dans une famille traditionnelle et patriarcale à Lahore au Pakistan. Pour un premier film, c'est une réussite totale tant on se fait happer par les destins croisés des personnages et celui en particulier de Halder, jeune homme fragile, marié, qui découvre une attirance équivoque pour une danseuse transgenre saisissante de beauté et de finesse qui l'a engagée comme danseur. Le film raconte plus que cela.