Des muscles, des flingues, du sexe (lesbien), du gore, du body horror, une BO de Clint Mansell, un Ed Harris psychopathe, le nouveau film de Rose Glass, un thrilleur aux influencé par Thelma & Louise, réussit son coup. Je recommande.
Après le très sympathique Saint Maud, Rose Glass revient avec Love Lies Bleeding, sorte de croisement hautement viscéral entre Bound des Wachowskis et le cinéma de Friedkin/Bigelow. De cette idylle entre Lou (femme paumée fille d'un gangster) et Jackie (bodybuildeuse errant à travers les USA) le film suit des codes de thriller noir (un mort qui enclenche un engrenage se muant en étau) avec une viscéralité bienvenue. La mise en scène de la réalisatrice est d'une efficacité redoutable, filmant la violence et le charnel avec le même soin texturé palpable (renforcé par la BO de Vlint Mansell).
Néanmoins, arrivé au dernier tiers, le film accuse de bugs barratifs assez fâcheux, ne sachant plus trop quoi faire de son antagoniste joué par Ed Harris, ni d'une imagerie fantastico-horrifique héritée du body horror, greffée un peu facilement. On sent un discours sous-jacent dur le pouvoir addictif et nefaste des stéroïdes, mais tout cet aspect reste peu congruent, jusqu'à un final facile.
C'est bien dommage, mais Love Lies Bleeding reste un visionnage intéressant, porté par un très bon duo Kristen Stewart-Katy O'Brian
"Love Lies Bleeding" est un thriller criminel au féminin original. En effet même si j'ai trouvé que le scénario part dans tous les sens et que certaines situations n'échappent pas à la caricature, la réalisatrice Rose Glass livre aux spectateurs une romance policière queer jubilatoire, gore, érotique, dénonçant le culte du corps et les conséquences du dopage sur les athlètes et avec une patine eighties bienvenues avec la présence de Kristen Stewart, Jena Malone, Dave Franco et la révélation de ce film Katy O'Brian.
Ça partait plutôt pas mal ce thriller à l’esthétique soignée, racontant les amours toxiques entre deux filles qui se rencontrent dans un club de culturisme, du côté du Nouveau-Mexique, au milieu des années 80 - permanente pour les femmes nuque longue pour les hommes.
La première partie de film pourrait même laisser à penser que l’on est dans une nouvelle saison de la série Fargo, avec des personnages aussi tordus que patibulaires, à l’image d’Ed Harris tellement ridé et moche qu’on croirait qu’il a un masque. L’ambiance est poisseuse à souhait, le duo formé par Kristen Stewart et Caty O’Bryan, fonctionne bien. Ajoutez à cela une musique très atmosphérique et une très jolie photographie, et on pouvait se dire que l’on tenait là un solide film.
Malheureusement au fil des minutes, il faut déchanter, à cause d'une histoire qui tourne finalement au film de série B (voire plus…), avec un scénario qui n’arrive jamais à dépasser les clichés inhérents à ce type de film, et une réalisatrice, Rose Glass, plus intéressée par filmer les corps (de près) que par le reste.
Ceux qui pensaient trouver là une nouvelle déclinaison du cinéma des frères Coen, pourront repasser, car cette romance queer, trash et féministe, va se révéler finalement bien décevante malgré quelques bonnes idées de mise en scène ici ou là. Dommage, car il y avait sans doute de quoi faire un très bon film avec une telle matière.
Rose Glass a incontestablement du talent pour jouer avec les codes du film de genre. Entre thriller psychédélique, fable féministe, romance lesbienne, chronique sociale, elle mélange un zeste de Thelma et Louise avec une dose de Fargo et une pincée de Pulp fiction. Elle filme les faits frontalement sans se priver d’un peu d’humour noir. Sexe, amour, désir, addictions, exécutions, vengeance, violence, filiation impossible, Love lies bleeding compose un drôle de cocktail de cinéma entre violence, chronique sociale et romantisme. Son style à la fois cru et clinquant, trash et onirique, questionne les fondements du rêve américain nourri de virilité armée, de violence machiste, d’individualisme paranoïaque. Une chronique américaine originale, aussi dérangeante que captivante…
Love Lies Bleeding commence bien avec une histoire d’amour sur fond de culte des muscles et des armes dans l’Amérique de la fin des années 1980 avant de virer film noir prenant mais bourrin dans sa réflexion sur l’amour et son scénario violent. La dimension fantastique avec des transformations spectaculaires et l’humour noir tombent un peu à plat en voulant contraster avec le film noir pur et dur dans la grande tradition américaine. Le personnage de Jackie, une culturiste désaxée jouée par Katy O’Brian, manque d’épaisseur dans cette histoire très glauque. Le légendaire Ed Harris en parrain local et père psychopathe au look étonnant, un rôle taillé sur mesure pour son talent excentrique. Kristen Stewart est très bien avec un jeu fin et émouvant.
Sorte de Thelma et Louise, plus trash, plus sexualisé, plus dramatique, avec une légère inspiration "Requiem for a Dream", Love lies Bleeding est avant tout expérimentale. Un film qui, malgré un scénario bien ficelé, un casting inspiré, une mise en scène réussie avec quelques moments de tension, perdra sûrement certains spectateurs en chemin. Surtout ceux qui ne sont pas habitués à ce genre d'expérience. Un film engagé, un film féministe, qui, à contrario plaira sûrement au public. P.S. Attention, l'affiche peut faire penser à un Road Trip mais ce n'est pas le cas.
Vu au Bifff de Bruxelles dans une salle chauffée à blanc homophobes présents en masse.... Oui, il y a à 2 lesbienne et des scènes d'amour mais ça reste soft et super bien réalisé avec une Kirsten Stewart et un Ed Harris méconnaissables. A recommander !
Vu le dimanche 16 juin 24 Film un peu foutraque, des gueules dont celles de Ed Harris, méconnaissable avec des cheveux longs. On a passé un bon moment, la aussi heureusement que ce n’est pas plus long.
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3,5
Publiée le 27 septembre 2024
Ce n'est pas du cinèma de tout repos et la solution offerte à Lou et Jackie pour s'en sortir ne dèbouche que sur l'extrême violence. "Love Lies Bleeding" (2024) est une oeuvre de climat qui dècrit les ètranges rapports de domination et d'èmancipation entre deux êtres èvoquant l'univers de Lynch et des frères Coen! Une rèussite aussi bien au niveau visuel qu'au niveau sonore! Un film atypique et sulfureux, riche en testostèrone, qui a l'avantage de faire preuve d'une fascination perturbante sans sombrer dans le dèplaisant ou le mauvais goût! Malgrè la noirceur du sujet, Rose Glass parvient à imposer sa personnalitè grâce à la complexitè et la richesse des personnages! Kristen Stewart et Katy O'Brian livrent une prestation impressionnante et finissent par crèer un climat de terreur plus efficace que les transformations monstrueuses! Deux performances d'actrices un peu plus puissante qu'un coup de poing! Ed Harris (mèconnaissable) et Anna Baryshnikov mèritent aussi d'être saluè! Le jour où Rose Glass rèalisera son troisième long-mètrage, il faudra compter sur elle car c'est incontestablement une cinèaste à suivre! A noter l'extraordinaire bande annonce du film avec « Smalltown Boy » en fond...
Le film débute dans une atmosphère underground, avec une musique qui souligne le genre thriller et quelques plans de bodybuilding pour une ouverture plutôt stylée. On se retrouve dans la crasse d'une salle de sport miteuse, dans une ville paumée où une famille complètement dysfonctionnelle pourrie par les crimes d'un père psychopathe, et Lou, fille prisonnière de tout cet environnement va tomber amoureuse de Jackie qui est malheureusement tout aussi problématique. Très vite un premier drame nous dévoile une personnalité déviante et un amour passionnel qui pousse évidemment Lou à s'enfoncer dans une spirale tragique. Le climax poisseux et anxiogène ne nous quitte pas, les protagonistes sont tous dangereux même si c'est parfois à l'insu de leur plein gré. Le scénario est très bien écrit, solide sans temps mort et particulièrement efficace jusqu'à sa dernière partie qui dérape étrangement... ATTENTION SPOILERS cliquez pour en savoir plus... Cette idée finale est peu compréhensible, fait virer le film durant 2-3 mn dans un autre registre à laquelle on ne s'attend pas et qui gâche un thriller jusqu'ici de très bonne facture. Sans cette idée saugrenue le film aurait pu être une vraie bonne surprise. Site : Selenie.fr
Lou (Kristen Stewart) gère une salle de sports dans une banlieue sans âme d’Albuquerque au Nouveau-Mexique où débarque un beau jour de 1989 Jackie (Katy O’Brian), SDF bodybuildeuse en quête de célébrité. Entre les deux femmes, c’est le coup de foudre. Mais les histoires de famille de Lou – un père chef de gang, une sœur battue par son mari – vont aspirer les deux femmes dans une spirale de violence.
"Love Lies Bleeding" est un produit délicieusement attirant. Son interdiction aux moins de douze ans en accroît le charme vénéneux. Il emprunte à plusieurs sources. La filiation la plus clairement revendiquée, qu’il s’agisse de l’époque du film ou de son affiche, est bien entendu "Thelma et Louise". Les thrillers lesbiens sont en train de devenir un genre en soi, comme le montre le dernier film du frère Coen (au singulier !), "Drive-Away Dolls". C’est aussi aux frères Coen (au pluriel) qu’on pense et à tous les films qui se déroulent dans une Amérique redneck, avec des personnages trumpiens à souhait, fans de la gâchette, et des cadavres qui débordent des placards, depuis "Fargo" et "Pulp Fiction" jusqu’au tout récent "LaRoy" en attendant avec impatience le prochain Lanthimos, "Kinds of Kindness". Et "Love Lies Bleeding contient beaucoup d’autres références, qui font la joie du cinéphile et/ou du fétichiste : "Wonder Woman", "Hulk", "L’Attaque de la femme de 50 pieds", "Pumping Iron"…
"Love Lies Bleeding" campe de sacrés personnages. Dans le rôle de Lou, Kristen Stewart a l’humilité de s’effacer derrière sa partenaire interprétée par l’étonnante Katy O’Brian. Ed Harris y démontre, si besoin en était, une fois encore son immense talent avec une perruque déconcertante. Le scénario bien huilé de Love Lies Bleeding nous tient en haleine pendant toute la durée du film, à condition d’en accepter les invraisemblances.