1445 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
112 critiques spectateurs
5
11 critiques
4
60 critiques
3
34 critiques
2
6 critiques
1
0 critique
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Stéphane R
33 abonnés
514 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 5 décembre 2023
Grand film sur les dérives d'une Corée qui fascine tant et dont les valeurs de performances, de réussite, de compétition, de honte sociale en font un petit condensé des dérives libérales qui broient les individus en noyant les responsabilités. On perçoit bien l'humiliation de bullshit jobs dans ce centre d'appel n'employant que des stagiaires contraints d'harceler les clients en vue de les arnaquer. De la nécessité de conserver des garde-fous, des digues ultimes, comme cette policière, contre l'emballement de la rentabilité et de la réputation.
Un drame social poignant et percutant malgré quelques longueurs, qui dénonce les dérives de l’ultra-libéralisme en Corée, à travers le portrait de deux femmes, une lycéenne broyée par le système, et un policière qui marche dans ses pas pour qu’elle ne soit pas oubliée. 3,25
Un bon film coréen qui dépeint un monde du travail impitoyable, (en particulier pour des étudiants embauchés comme stagiaires) menant certains employés au suicide, ce qui n’est pas sans rappeler la vague de suicides qui eut lieu chez France telecom. Quelques longueurs cependant pour ce film de 2h17, mais l’ensemble reste de bonne facture, et intéressant.
Un grand film sur l'oppression au travail, sur les arcanes de manipulations politico-financ!èrs et en même temps sur l'histoire toute simple de personnages observés dans leurs quotidien, tous attachants. Ce prolétariat numérique écrasé par un système devenu fou à force de rentabilité et d'objectifs inatteignables tente de garder la tête hors de l'eau. Le regard porté est terrible et à charge sur un monde inervé de corruption, de compromission et sur tout le gâchis humain induit. Le rouleau compresseur managérial et plus si affinité au service de cette doctrine écrase tout le long de ce récit, aveugle et froid. Cette chronique de lutte sociale devient polar mais sans l'odeur des merguez ni testostérone de rigueur (aucun hommage ici au flingue fétiche toujours adulé dans ce genre).
Ici l'intelligence double la force.
Un hommage aussi à la féminité, autre sujet brillament traité qui évolue dans ces méandres habitée par un blues désespéré.
Le film ne perdra jamais de vue son contexte et restera donc un grand moment de cinéma, jamais occulté par son sujet.
excellent temoignage sur la realite du mondd du travail tragique dans ce film mais bien reelle à des degres divers dans nos societes. tout sonne juste.
Le film revient sur un fait divers dramatique qui a ébranlé la Corée du Sud en 2016. On suit les premier pas d’une jeune lycéenne dans le marché du travail. Elle doit effectuer un stage de fin d’étude afin d’être diplômée. Brillante élève elle intègre un centre d’appel de Korea Telecom. Kim Sohee est une jeune fille joyeuse au caractère affirmé. Le film se découpe en deux parties bien distinctes. Celle dans laquelle on suit l’évolution de Kim Sohee, entre travail, amis et famille. Elle partage son temps libre entre ivresse avec les copines et des entrainements de K-pop. Passionnée et exigeante avec elle-même, elle répète à l’envi ses chorégraphies, pour tendre à la perfection. Sohee semble être un prénom très fréquent, son personnage représente ici tous les jeunes gens coréens. Dans la seconde partie, nous suivrons une enquête policière menée par une femme plus âgée, Yoo-jin, inspectrice de police, qui tente de dénouer les responsabilités de tout un système. Elle aussi pratique le k-pop dans le même studio que Kim Sohee. Elle la remplace pour animer les cours d’un girl group, quand la jeune lycéenne doit arrêter pour effectuer son stage. Un processus d’identification s’opère, et l’inspectrice poursuit avec opiniâtreté une enquête qui aurait dû être vite bouclée. La réalisatrice dresse dans l’écriture sans fioritures de cette fiction un portrait sans concessions de son pays. La Corée du Sud est un modèle de réussite économique et caracole en tête des 10 pays les plus performants des études internationales PISA depuis 15 ans. Mais pour ce faire, les élèves sud-coréens étudient 12 heures par jour et dorment 5 heures par nuit sans possibilités de se distraire. Toute leur vie dès le plus jeune âge semble tendue vers l’examen final pour espérer l’entrée dans l’une des universités prestigieuses. C’est la société de l’hypercompétitivité et les jeunes gens n’en finissent pas de crouler sous la pression de la performance. La photographie du film à la colorimétrie verdâtre nous montre un univers triste, dans lequel les jeunes gens n’ont pas le droit de décevoir leurs parents. Les relations entre les hommes et les femmes y semblent très tendues, et les propos machistes excessivement vulgaires. La mise en scène subtile, laisse le temps à l’intrigue de s’installer progressivement. L’utilisation pudique du hors-champs, accentue la cruauté des effets. Et nous en immersion dans le quotidien des deux femmes, partageons par petites touches leurs ressentis. La justesse de leurs interprétations respectives donne au film son poids et sa cohérence. Bae Doona est chez nous connue pour son rôle d’un des huit sensitifs de la série Netflix Sense8. Elle est ici impressionnante dans l’introspection de son personnage de colère rentrée. Le sujet est dramatique, et le film n’est pas d’une grande gaité mais il est excellent.
« About Kim Sohee » est basé sur une histoire vraie et l’enquête de police fait vraiment penser au combat de David contre Goliath tant l’inspectrice campée par Doona Bae s’attaque à tout un système à elle toute seule. Ce film dénonce, grâce à des dialogues percutants, un système capitaliste sans limite où chacun se déresponsabilise de ses décisions ou de son inaction.
Un film que j'ai découvert en salle et qui m'a boulversé. Incroyable duo d'actrices et un scénario articulé à la perfection sans parler de son rythme qui surprend. Le message est dingue lui aussi.
10 617 abonnés
11 767 critiques
Suivre son activité
3,5
Publiée le 16 août 2023
« Ceux qui font un travail ingrat méritent le respect, mais on les méprise encore plus. » Absente depuis près de dix ans, July Jung nous propose une plongée glaçante dans le monde du travail et dans un système pourri jusqu'à l'os. Inspiré d'un fait divers survenu en 2016, "Next Sohee" nous fait suivre une adolescente d'un lycée professionnel qui va vivre sa première expérience de travail et qui va en réalité se retrouver dans une véritable machine à broyer. Alors que le mot d'ordre est pas de pression, Sohee va expérimenter tout l'inverse... La pression, elle va venir de toute part, car tout le monde la subit et que tout le monde a quelque chose a gagné que ce soit celui qui lui a trouvé ce stage ou le manager qui doit également rendre des comptes. C'est même beaucoup plus large et ça fait froid dans le dos... Personne ne veut perdre la face et se met donc à s'en prendre à celui qui est en dessous hiérarchiquement. "Next Sohee" est édifiant, révoltant, âpre et poignant, mais c'est aussi un drame humain ou plutôt une tragédie humaine qui tente de redonner l'humanité qui a été enlevée à cette adolescente en s'intéressant à elle et à ce qu'elle ressentait. En somme, un bon film qui est touchant et remarquablement incarné.
Inspiré d’une histoire vraie qui secoua le « pays du matin calme », le deuxième long-métrage de la cinéaste July Jung s’inscrit dans la tradition d’un cinéma sud-coréen contemporain qui explore la face B du pays qui exporte sa K-pop innocente et acidulée aux quatre coins du globe. Ici, elle nous fait suivre l’histoire de Sohee, une lycéenne pleine de vie spoiler: qui va s’éteindre à petit feu au cours d’un stage dans un call-center aux cadences infernales, et où la seule finalité est d’arnaquer le client. About Kim Sohee dresse ainsi l’implacable portrait d’un pays qui sacrifie sa jeunesse sur l’autel d’une croissance économique à marche forcée.
J'ai beaucoup apprécié la première partie du film, qui nous immerge dans ce monde du travail impitoyable où performance et compétitivité règnent en maîtres. La mise en scène parvient parfaitement à rendre compte des techniques mises en place pour asservir les employés et la façon dont celles-ci broient petit à petit même les plus forts d’entre eux.
La seconde partie du film m’a un peu moins passionné. En plus de seconds rôles assez inégaux (les autres inspecteurs de police, les jeunes danseuses), l'ensemble est long et manque de rythme. Même si l'abnégation de cette policière déterminée à ce que cette jeune femme ne soit pas morte pour rien est intéressante à suivre, l’histoire manque un peu d’enjeu, le combat semblant de toute façon perdu d’avance. Mais, après tout, le film s’intitule « About de Kim Sohee » (« A propos de Kim Sohee), rappelant au spectateur que le sujet n’est pas tant le combat contre ce Goliath que représente le capitalisme mais bien le destin tragique d’une victime de ce système. La scène où la policière découvre que les écoles ne peuvent rien faire car elles-mêmes sont soumises à un système de notation et de classement déterminant leur budget offre une mise en abyme assez vertigineuse.
Cette dernière partie pose également la question intéressante de la responsabilité individuelle face à un système qui nous dépasse, un système dans lequel l'on finit par accepter sa condition sous la menace de s’en voir attribuer une encore plus précaire.
En résumé, un film de très bonne qualité mais qui aurait gagné à être plus court.
Un très beau film qui souligne bien les horreurs du monde du travail en Corée du Sud et une jeunesse qui semble sacrifiée On ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec la situation en France
Lent, laid et peu récréatif pendant la première heure, le film rate son décollage. La deuxième heure est pesante, un poil manichéenne. Alors pourquoi 4;5 étoiles? Par ce que c'est un remarquable spoiler: et implacable documentaire (romancé) des dérives du néolibéralisme forcené, du poids écrasant de la recherche de rentabilité, des aliénations au travail par les techniques de management inhumanisées et malhonnêtes, de la lacheté des cadres complices . Une analyse pertinente, intelligente et fort documentée. Kim Sohee is the new orange, and is the new black.