Ai vu "About Kim Sohee" film coréen de la réalisatrice July Jung. Ce film surprenant est en deux parties distinctes et les rebondissements de scénario inattendus et très bien amenés en sont la grande qualité. Sur un rythme calme épousant le quotidien répétitif de la vie en entreprise, petit à petit la machinerie se dérègle et la réalisatrice nous surprend avec finesse pour dénoncer un système étatique qui broie la jeunesse coréenne. Sohee est lycéenne et elle doit faire un stage en entreprise. Son professeur lui trouve un stage qui n'a strictement rien à voir avec ses études, au sein d' une plateforme téléphonique d'une entreprise d'internet nationale. Sohee doit gérer les appels à la chaine de clients mécontents qui veulent résilier leur contrat. Elle se fait insulter au téléphone à longueur de journée et humilier et rabrouer pas ses supérieurs. Sohee travaille dans un Open-Space sans aucune fenêtre sous un tableau de classement des meilleures opératrices dont elle est la bonne dernière. Sohee, jeune adolescente délurée qui s'oublie dans la danse Kpop et les soirées Karaoké alcoolisées, est projetée avec une vitesse brutale dans la dure réalité de la vie compétitive du système capitaliste et coréen. Sohee perd pied. De son côté l'Inspectrice mutique Oh Yoo-Jin mène une enquête sur ce système mortifère où les Ministères versent des pots de vin aux entreprises pour mentir sur les chiffres et maintenir les taux d'emploi à flot. Film à la réalisation très maitrisée, "About Kim Sohee" nous maintient en haleine et le montage qui peut paraitre décousu au début trouve tout son sens dans la deuxième partie du film où tous les éléments anodins s'emboitent. Doona Bae est très intense dans le rôle de l'inspectrice de Police taiseuse et inquiétante, et Kim Si-eun donne beaucoup de vie et de profondeur à Sohee spoiler: qui a réellement existé et dont le drame a bouleversé toute la Corée...spoiler:
La Corée du Sud n'est seulement cette jeune démocratie qui pond des pop start robot dans les usines de la K-POP et inonde la planète de téléphones Samsung. C'est également une société très corsetée où les rapports au travail sont souffrants avec la complicité du système éducatif et plus implicitement de l'ensemble de la société.
About Kim Sohee est tiré d'un fait divers qui a bouleversé le Corée et déclenche actuellement un travail législatif dans le Pays.
Kim Sohee est une lycéenne au caractère bien trempé. Pour son stage de fin d’étude, elle intègre un centre d’appel de Korea Telecom. En quelques mois, son moral décline sous le poids de conditions de travail dégradantes et d’objectifs de plus en plus difficiles à tenir. Une suite d’événements suspects survenus au sein de l’entreprise éveille l’attention des autorités locales. En charge de l’enquête, l’inspectrice Yoo-jin est profondément ébranlée par ce qu’elle découvre. Seule, elle remet en cause le système.
On a ici les ingrédients d'un bon film de genre.
Le déroulé se fait avec lenteur mais maîtrise de son sujet.
La première partie du film nous permet de faire connaissance avec Kim Sohee un lycéenne passionnée du K-Pop et qui à ses heures perdues s'entraîne dans un studio de danse avec ses amies.
Elle doit effectuer un stage voie obligée à l'entrée dans la vie active mais sous la pression de son établissement obsédé par atteindre ses statistiques de taux d'employabilité, l'envoie sans aucun accompagnement dans un centre d'appel, sous traitant de 3ième zone du géant des télécoms Korean Telecom.
Entre arnaque aux rémunérations de stage et brimades quotidiennes, la lycéenne craque...
La deuxième partie est consacrée à l'enquête criminelle menée par une inspectrice interprétée par Bae Doo-na ( vu chez Bong Joon-ho ainsi que pour sa collaboration avec les Wachowski dans Sense 8). C'est la partie la plus passionnante car elle décortiques les ressorts et mécanismes qui ont mené au drame.
L'ensemble dure 2h17, une durée qui peut sembler longue d'un point de vue rythme mais qui permet l'introspection et la compréhension d'un sujet de société qui fait véritablement début en Corée du Sud.
Le premier film en 2014 de cette jeune réalisatrice -A girl at my door - ne baignait déjà pas dans l'euphorie et nous montrait l'envers de la carte postale du "pays du matin calme". Plus concentré sur le thème de l'exploitation des stagiaires de fin d'études dans un monde libéral ultra-codifié, ce film accompagne la jeune Kim Sohee dans sa descente aux enfers. Prenant le temps de nous montrer par petites touches la misère sociale et quelques scandales du monde du travail, à la manière d'un Loach ou d'un Guédiguian, mais aussi les joies d'une jeune fille pleine de révolte et d'énergie, le film aboutit inexorablement à une issue dévastatrice. Commence alors le combat d'une inspectrice de police révoltée contre l'hypocrisie et l'acceptation d'un monde où tous les intérêts sont liés et où, malgré le drame, personne n'est responsable ! Très bon casting : admirable Doona Bae qu'on a déjà vu dans les Bonnes étoiles par exemple et dans ...la plupart des films coréens de qualité .
Excellent film, l histoire tragique d une adolescente broyée par le monde de l entreprise et sa vision de rentabilité à n importe quel prix. C est émouvant, très bien mis en scène et cela invite à la réflexion sur le monde dans lequel nous vivons....
Le film policier le plus sensible et subtil que j'ai vu, depuis ce chef d'œuvre que je recommande de découvrir à tout le monde ( Failan de Song Hye Sung 2001)…Un mélange d'amour et de film noir...Attachante personnalité que celle de cette jeune fille héroïne du film....Le film dénonce quelque chose qui touchera tout le monde, le harcèlement au travail, ou à l'école, ici les deux s'imbriquent avec intelligence....Le cinéma coréen, est percutant, quand il dénonce quelque chose, il n'y va pas avec le dos de a cuillère.....Ici tout le monde en prend pour son grade finalement, et le film nous tend un miroir, nous dit regardons nous;...C'est de la haute sensibilité, un film je dirais utile et nécessaire;...Un mur se dresse au fil du scénario, celui d'une société toxique, il faut l'écrire, et qui ne respecte pas la fragilité d'une seule personne, donc in fine de tous...C'est la problématique de ce film brillant et émotionnel, interprété magnifiquement PAR Doona Bae, et mis en scène de façon magistrale, travelling, cadrage, lumière, son par la réalisatrice coréenne July JUng ( de son vrai nom Joo Ri JUng) à voir sans hésiter, un film rare.....
Film très bien réalisé décrivant comment un système d'évaluation (des individus, des écoles, des entreprises) basé sur des critères chiffrés peut conduire à des situations inacceptables (des stages inhumains validés par les écoles pour maintenir le taux d'emploi, des écoles aux règles déviantes subventionnées par les régions pour être compétitives face aux autres régions, des individus mis en compétion les uns par rapport aux autres, etc). Et on comprend aisément comment la seule solution pour échapper au "système" devient le suicide. Ce regard critique sur une société ultra libérale peut s'étendre bien au delà de la Corée. La première partie du film aurait plus être plus courte mais le film est sinon une vraie claque.
Pour finir aussitôt avec un détail, disons que le paramètre danse est une partie bâclée, car si elle semble anecdotique elle ne l'est semble-t-il pas pour la cinéaste qui sème son récit de séquences de danse, et qui martèle que la jeune ado est talentueuse alors même que les chorégraphies ne sont pas plus dignes qu'une fillette amatrice dans son salon... La réalisatrice s'applique à raconter ces tortures psychiques de façon méticuleuse qui finissent par faire froid dans le dos tant la société semble déshumanisée. Mais toute cette partie dure un peu longue alors que certaines parties ne sont pas bien plaisantes (danse) et surtout 30 mn auraient suffit à passer le message et le fond du propos. Le tournant arrive avec le drame attendu, tragique et déchirant. Ce qui est passionnant ce sont les indices, aussi minces soient-ils qui font au final un dossier solide, comme des gouttes d'eau qu'il ne faut jamais négliger. Dommage que le film soit si long, si étiré (on aurait pu gagner aisément 25-30mn) mais le film reste prenant, touchant et nécessaire comme piqûre de rappel. A conseiller. Site : Selenie.fr
Cette après midi, je me suis rendue au cinéma sans trop savoir ce que j'allais visionner. Je suis tombée sur cette affiche de film et ma mémoire de cinéphile m'a rappelé à quel point les films coréens sont qualitatifs.
Le film se divise en plusieurs parties avec un degré d'intensité dramatique qui va crescendo.
Nous suivons l'histoire de cette jeune fille qui pour avoir son diplôme commence par accepter un stage en entreprise et nous sombrons peu à peu avec elle dans la désillusion, dans l'horreur et dans la tourmente.
Le cercle vicieux du système éducatif se referme implacablement sur elle.
Et c'est toute une jeunesse en danger que nous constatons.
La seconde partie du film se trouve être cette vision au travers d'une adjudante policière qui ne lâchera pas son enquête.
Un long métrage impressionnant et une constatation glaçante qui donne envie d'en savoir plus sur le sujet.
Magistral récit d'un cas de management entrepreneurial oppressif, qui devient dans sa seconde partie une enquête policière captivante. L'actrice Doona Bae est une fois de plus magistrale en inspectrice opiniâtre.
Film coreen presente en competition parallele a Cannes ( semaine de la critique), traite des ravages humains produits par les politiques liberales debridees, ou seule la vision comptable est reine.
Inspire d'un fait divers ayant bouleverse le pays du matin calme ( le suicide d'une stagiaire employee - plutot exploitee - dans une plateforme d'appels telephoniques), c'est un film social qui tire en direction de la trilogie du travail de Stephane Brize.
Analyse au scalpel des techniques de harcelement qui traversent de multiples secteurs professionnels ( la policiere en sera elle meme ll'objet), et soutenu par un scenario interessant, " about..." est tout de meme desservi par son traitement.
Si la seconde partie est largement plus accomplie que la premiere qui peche par son montage trop relache, son aspect inutilement repetitif, des scenes etirees manquant de rythme, " about..." est certainement moins accompli, du moins a mes yeux, que ce que j'aie pu en lire.
Destine au spectateur interesse par les films sociaux, ( il pourrait se passer dans beaucoup de pays - cf affaire France Telecom), " about..." merite d'etre vu, a condition de ne pas en attendre une finition dont il n'est pas pourvu.
À propos de Kim Sohee (About Kim Sohee) Critique assez sévère du monde du travail en Corée du Sud à travers l’expérience très rude de la jeune stagiaire Kim Sohee. Le contraste me surprend toujours entre les manières policées des Coréens, et surtout des Coréennes, leur émotivité et leurs éclats de violence qui vont jusqu’à l’affrontement physique et les font utiliser un langage rien moins que châtié. Très bons acteurs, belle photographie, mais ce (faux) polar est très lent et finit un peu en queue de poisson.
Un film riche en thématique, sur la marchandisation de la jeunesse sud-coréenne, la libéralisation de l'éducation nationale, la pression manageriale dans les entreprises où l'humain devient secondaire. Le film est découpé en 2 parties. L'interprétation est poignante.
Un beau film qui dénonce les mécanismes enfermant les gens dans des spirales infernales dans une société où l'individu n'est pas toujours au centre des débats et est désarmé face à l'institution qui écrase encore les petits et le regard des autres qui ne veut pas voir la détresse. très touchant et brillament interprété.
Le film de la réalisatrice coréenne July Jung s'inspire d'un fait divers pour dénoncer les ravages de l'ultra libéralisme économique. Sohee est une lycéenne brillante qui finira par être broyée par une implacable logique de performance qu'elle subit dans son école, sur son lieu de stage et jusque dans sa famille. En miroir à ce qu'a vécu Sohee, une inspectrice de police va se battre seule pour identifier les responsabilités à l'origine du drame. Le scénario est totalement maîtrisé, les actrices impeccables et le film dégage un sentiment d'efficacité, tant émotionnelle que politique. Longuement applaudie à l'issue d'une projection en avant-première, la réalisatrice a notamment exprimé son soulagement en constatant que l'histoire posée dans son contexte coréen était parfaitement appréhendée en France.