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Tietie008
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3,5
Publiée le 17 décembre 2013
Premier film d'Antonioni, ce désert là se déploie dans un univers industriel, laid et pollué où se meuvent des individus silencieux, comme frappés par la dépression. Un rythme lent, pianissimo, qui évoque cette rencontre entre un chef d'entreprise joué par Richard Harris et une femme mariée dépressive, interprétée par Monica Vitti, l'égérie du réalisateur. Intensité des silences, jeu chromatique du réalisateur pour filmer cette société industrielle qui déshumanise et enlaidit. Un film dans la lignée des précédents où il ne se passe pas grand chose, qui décrit une atmosphère plus qu'il narre une histoire.
Premier film en couleur réalisé par Antonioni, "Le Désert Rouge" suit le parcours d'une femme atteint d'un mal inconnu au sein d'une petite ville portuaire du nord de l'Italie. Déjà, un détail qui marque nos yeux, ce sont ces plans composés par le réalisateur mettant en avant des couleurs ternes, dans une ambiance hivernale. Durant toute la durée du film, les personnages avancent, marchent, discutent en plein brouillard, que ce soit sur un bateau ou à l'extérieur d'une usine. Antonioni joue avec l'atmosphère que pour le spectateur ressente un sentiment d'oppression, à l'instar du personnage principal, interprété par la sublime Monica Vitti, touchante en femme fragile. L'atmosphère agit comme le reflet du mal être de la femme, Giuliana, en mettant en avant des décors sombres, lugubres, insalubres. Le scénario en lui-même est aussi innovant. Pas de climax ni d'événements faisant avancer l'histoire. Uniquement des bribes du quotidien de Giuliana viennent ponctuer le film, ainsi que ses rapports avec un autre marginal, Corrado Zeller (joué par le regretté Richard Harris). De ce fait, j'ai eu quelque peu de mal à accrocher à ce "Désert rouge" durant les premières minutes, le style et la narration étant déroutants. Puis, lentement, on se laisse porter par le rythme du film jusqu'à s'immiscer complètement dans le récit et à ressentir les mêmes émotions que le personnage de Giuliana. Antonioni effectue un travail très recherché et envoutant, à la fois réaliste et onirique. Je ne dirais pas que "Désert Rouge" s'inscrit dans la lignée du néo-réalisme italien. D'ailleurs, "Désert Rouge" n'appartient à aucun courant tant il s'agit d'un film atypique. Magnifique portrait de femme dans une atmosphère inquiétante, Antonioni filme la vie comme dans un rêve. En résulte un film que le spectateur ressent au plus profond de lui-même, en se laissant border par les bribes de vie filmées. "Désert Rouge" est bien plus qu'un simple film. C'est une expérience à part entière, portée par une réalisation majestueuse et par l'interprétation sans faille de Monica Vitti.
Premier film d'Antonioni en couleurs et sans conteste, l'un de ses meilleurs. D'une beauté visuelle splendide, les tons rouges, verts et jaunes notamment ou encore les plans en extérieur (Le paysage industriel désolé), on a l'impression de voir des fresques et peintures en images. Chaque plan est une merveille qui nous amène à nous poser des questions. Monica Vitti est formidable de justesse dans sa triste descente aux enfers. Une expérience esthétique unique.
Je suis un grand fan du travail d'Antonioni dont l'esthétisme bat tous les records mais "le désert rouge" ne m'a pas autant impressionné que "l'avventura" ou encore "Blow up" lui aussi en couleur. Le ciel gris et triste ajouté aux décors industriels renforce le propos d'Antonioni sur l'angoisse du personnage et la modernité mais dessert complètement la beauté visuelle habituelle à ses œuvres, à mon goût. Le réalisateur utilise également la couleur pour la première fois dans des contrastes saisissants, sans toutefois m'impressionner cette fois-ci.
Avec Antonioni c'est très simple, plus un de ses films est ennuyeux plus il est considéré comme un chef d’œuvre. Si on part de ce principe, "Le Désert rouge" est un chef d’œuvre absolu de l’œuvre antonionienne. Niveau technique, le réalisateur est très talentueux pour filmer des zones industrielles avec temps grisâtre et nuages de brouillard inclus et il est difficile de croire que la photo date de 1964. Mais autrement Antonioni filme l'ennui et le très gros problème c'est que cet ennui est très contagieux pour celui qui le regarde. D'où une très forte sensation de somnolence qui envahit rapidement le spectateur. Il y a des personnes qui sont certainement capables d'écrire une centaine de pages pour expliquer pourquoi ce film est un immense chef d’œuvre et pourquoi des gens comme moi sont des tocards incapables de comprendre la puissance et la profondeur de cet immense chef d’œuvre ; mais tant pis j'assume.
Antonioni filme l'être pensif qu'est Giuliana confronté à la réalité de la vie malgré ses angoisses dans un paysage sans âmes aux horizons perdus qu'est le monde industriel , un désert de vie éclatant de chaleur rouge métallique .
Un des films majeurs du cinéaste italien. Poursuivant sa réflexion sur notre monde post-industrialisé, toujours avec la présence envoutante de Monica Vitti, Michelangelo Antonioni réalise avec «Le Désert Rouge» un manifeste sur la modernité doublé d'une oeuvre d'art plastiquement remarquable. Son travail sur les couleurs, utilisées afin de raconter par elles-mêmes l'état des personnages et dramatiser le récit, se révèle étonnant. Comme nombre des grands cinéastes passant du noir et blanc à la couleur, Antonioni ose toutes les expérimentations possibles, peignant les éléments, arbres, maisons, sols,... à sa guise. Mais ce long métrage reste difficile d'accès, l'art d'Antonioni résidant surtout dans les non-dits : « Mes films ne parlent de rien, mais avec précision » avouait-il. Abstrait et désenchanté, «Le Désert Rouge» évoque les bouleversements physiques et psychologiques de la modernité, aussi bien par l'omniprésence des usines que par la névrose de la jeune héroïne. Angoisse existentialiste, vide sentimental, crise du couple, perte des repères, solitude,... l'individualisme inévitablement lié à la modernité est plus que jamais présent, profondément déstabilisant. Mais le monde industriel est ici représenté d'une façon plus subtile et ambiguë qu'on pourrait le croire : les usines sont source d'activité, vivantes par rapport aux personnages déshumanisés, et l'éclat de leurs couleurs révèle une véritable fascination de la part d'Antonioni pour cette beauté artificielle, par opposition à celle de la nature. «Le Désert Rouge» est donc un long métrage riche et complexe, aussi bien sur le fond que sur la forme : un chef-d'oeuvre magistral. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Pour mon premier Antonioni, je dois dire que j'ai été assez subjugué. Ce film est visuellement magnifique. L'histoire paraît simple, elle l'est, mais vraiment là n'est pas le plus important. Et c'est dire le travail énorme d'Antonioni : moi qui d'habitude aime les films avec des vrais scénarios tenaces, en apparence je n'aurais pas dû adhérer à ce film... Et pourtant. Après réflexion je me dis que 2 réalisateurs (que je connaisse) réussissent à faire d'excellents films sans une vraie intrigue prenante. Antonioni donc évidemment, et Malick. Mais si pour le second c'est tout à l'avantage de privilégier l'image au sens "propre", avec une photographie sublime, et une quête d'humanité (ou inhumanité) à travers ces contemplations, pour le premier la démarche est tout autre: car ce film n'a vraiment pas d'évolution. Il part d'un point, pendant 2 heures ce point stagne, n'avance pas, et on le suit. Et pourtant j'ai rarement vu un défilé aussi vite... (La première fois que j'ai regardé ma montre il était 1 heure passée, c'est dire !) Sérieusement ce qu'arrive à faire Antonioni est sublime. Tout passe par les images. Les dialogues sont intéressants mais guère importants, tout comme l'histoire donc. La souffrance de cette héroïne incapable de s'adapter à une société constamment mouvante est principalement représentée à travers les images. Elle marche tout le temps, sans savoir où aller. Elle a en permanence froid, personne (pas même son nouvel ami) ne parvient à la réchauffer. Elle est déçue de tout (son mari, son fils, son ami aussi). La seule échappée est le rêve (la séquence avec l'histoire touche au sublime).
Un très intéressant travail technique de la part de Michelangelo Antonioni... "Le Désert Rouge" brille par l'originalité et la force de sa narration, seulement, si la mise en scène est très bonne et les acteurs loin d'être mauvais (surtout Monica Vitti), le peu de contenu scenaristique, même s'il est magistralement traité, est parfois difficile a subir... Un film des plus intéressants, dans lequel la psychologie des personnages est extraordinairement bien étudiée, qui saura surement emmener très loin certains, mais qui m'a laissé un peu trop les pieds par-terre.
Pour Michelangelo Antonioni, "Le désert rouge" est un changement : il s'agit en effet de son premier film en couleur, un pas en avant vers une nouvelle modernité cinématographique et donc vers un élargissement de son champ d'expression artistique. Pour le cinéaste, c'est l'occasion de brosser le portrait d'un monde en pleine mutation ; mais cela va bien plus loin que la simple image pessimiste qui saute tout de suite aux yeux. Non, "Le désert rouge" est bien plus complexe que cela : c'est à la fois un drame humain, un regard anxieux porté sur le monde industriel et paradoxalement une œuvre d'une troublante poésie et d'une beauté abstraite.
C'est un film d'une ambiguïté constante. Antonioni semble donner deux grandes dimensions contradictoires à la mise en parallèle des personnages et des paysages industriels dans lesquels ils évoluent : d'une part, le vide existentiel des protagonistes et le profond sentiment d'illogique se dégageant de la façon dont les décors sont filmés semblent rapprocher ces deux éléments. Mais la vivacité et l'authenticité des tourments intérieurs de l'héroïne (interprétée par la magnifique Monica Vitti, qu'Antonioni film une nouvelle fois somptueusement) contraste avec la froideur et le caractère impitoyable du monde qui l'entoure. Quelle idée ressort de tout cela finalement ? Celle d'une humanité déshumanisée par le monde qu'elle créé, prise à son propre jeu, ou alors celle d'un univers artificiel construit sur le propre paradoxe de l'Homme ?... Le cinéaste italien signe-là une œuvre passionnante sur bien des plans ...
Mais ce qui rend son film si exceptionnel, ce ne sont pas seulement les idées qu'il développe. Il s'agit également d'une pure œuvre d'art, expérimentale, poétique et abstraite. De paysages a priori froids et sans vie, Antonioni parvient à tirer quelque chose de profondément sensible et vivant. Il joue avec les formes et les couleurs, peint des tableaux précis, filme le réel comme de l'abstrait ... Dans cette atmosphère viciée, il y a quelque chose de fascinant et de beau. On ne saurait pas dire quoi. Mais après tout, c'est sans doute l'une des caractéristiques du génie artistique ; faire surgir des impressions d'objets que l'on n'aurait jamais imaginés ressentir comme tels.
Chaque plan de ce sublime "Désert rouge" renferme ses contradictions, sa part de poésie, son inexplicable beauté ... C'est simplement un chef d’œuvre d'une richesse et d'une valeur artistique inestimables.
oui oui oui! à voir, au cinéma! ce film est porté par le talent d'antonionni qui, de bout en bout, maîtrise son sujet et nous livre quelque chose d'unique, de troublant, de pertinent (encore plus aujourd'hui qu'à l'époque où le film est sorti je pense... ceci dit je n'étais pas né, donc qui suis-je pour en parler...)
Encore un chef d'oeuvre du grand Michelangelo Antonioni. Il s'agit là d'une oeuvre plastique, d'une succession de peintures animées et ravissantes...Pourtant, nous ne sommes pas au musée mais bel et bien au cinéma . Pour son premier film en couleurs, le réalisateur italien a fait fort : en donnant chair aux détails les plus insignifiants, il signe l'un de ses films les plus profonds et les plus tristes : perfection de la chevelure flamboyante de Monica Vitti ( son meilleur rôle avec L'Eclipse ), manteau vert faisant figure de mirage dans l'immensité grise des usines, séquence éphémère dans laquelle une jeune femme s'allonge sur le sable rouge...Ici, les couleurs ont leur sens, il ne s'agit pas d'un simple caprice de modernité. Le Désert Rouge traite en partie des affects et des attaches, d'un homme voyageur et d'une femme sans repères. En cela, le travail d'Antonioni sur les contrastes est prodigieux. Aucunement illustratif et toujours subtil, ce chef d'oeuvre est donc une splendeur visuelle doublée d'une invitation à la méditation. Monica Vitti, plus désespérée que jamais, est extraordinaire. L'un des meilleurs films d'Antonioni.