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Lady B
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5,0
Publiée le 2 avril 2025
Quel film explosif et étonnant. On passe un moment complètement fou dans cette cuisine d'un restaurant new-yorkais, ça braille et ça se dispute dans toutes les langues entre grillades, fish and chips et homards rôtis, on contourne de justesse les serveuses qui se poussent dans un ballet de plateaux qui se remplissent et se désemplissent en permanence, on applaudit la trouvaille du cherry coke qui déborde et l'incroyable plan séquence du début.. Rooney Mara est surprenante dans ce rôle .. Un vrai chaos dans cette cuisine pour mieux dénoncer l'Amérique réactionnaire de Trump. C'est très intelligent et efficace . On rit beaucoup et on grince des dents souvent. Je me suis régalée!
Coup de coeur absolu, tant au niveau du propos que de la mise en scène... Rooney Mara est extraordinaire comme toujours et Raul Briones (que je ne connaissais pas) crève l'écran. La photo est sublime, la réalisation et le rythme parfaitement maîtrisés, bref à voir absolument !!!
film vu en avant première. rythme soutenu tout le long du film qui aborde beaucoup de sujets notamment les relations humaines et politiques dans ce huit-clos en noir et blanc. jolie photographie.
Des longueurs dans ce film de 2h20. L'histoire se suit avec plaisir et il faut rester jusqu'à la fin pour assister à la dernière scène apocalyptique qui en vaut le détour.
Aussi surprenant que déroutant, le long métrage de RUIZPALACIOS est un intriguant voyage dans les cuisine New Yorkaise, d'un restaurant ou l'émotion à fleur de peau, donne lieu à un trip parfois maladroit, parfois fascinant
THE GRILL – Un drame intense sur la restauration et l'immigration
Avec The Grill, Alonso Ruizpalacios plonge au cœur des cuisines new-yorkaises pour en dévoiler les coulisses, entre tensions, précarité et enjeux sociaux. Ce huis clos haletant expose le contraste saisissant entre la salle et la cuisine, où l’effervescence du service dissimule une réalité bien plus sombre.
Le film met en lumière ces travailleurs de l’ombre, souvent immigrés et contraints de falsifier leur identité pour décrocher un emploi. La diversité des langues parlées reflète le cosmopolitisme de Manhattan et accentue les conflits entre employés. Ruizpalacios illustre aussi l’ethnocentrisme latent des États-Unis, où la notion d’« Américain » exclut trop souvent les Latino-Américains, bien que ces derniers portent en eux la même identité continentale.
Le réalisateur parvient à transformer ce drame social en un thriller psychologique, notamment grâce à l’intrigue du vol d’argent dans la caisse, ajoutant une tension palpable à l’histoire. Le film adopte une approche naturaliste et immersive, où chaque « coup de feu » en cuisine devient un moment de vérité révélant les fractures et la solidarité du groupe.
Porté par un casting solide, The Grill brille par l’interprétation nuancée de Rooney Mara et Raúl Briones. La première, subtile et magnétique, incarne une serveuse tiraillée entre séduction et méfiance, tandis que Briones campe un cuisinier rebelle et passionné. Leur alchimie renforce la dimension humaine du récit.
En mêlant réalisme social et tension dramatique, The Grill s’impose comme une œuvre engagée, qui résonne avec les débats actuels sur la condition des travailleurs immigrés et les inégalités du secteur de la restauration.
Le cinéma contemporain s'intéresse de plus en plus à ce qu'il se passe dans les cuisines des restaurants, vues comme un microcosme de la société tout entière où, le temps de l'heure de pointe, se concentre un stress palpable, au sein d'une hiérarchie prédéfinie, source de conflits en tous genres. Avec The Grill, censé se dérouler à New York, le réalisateur mexicain Alonso Ruizpalacios filme sa cuisine comme le pont du Titanic, submergé par les flots et proche de couler. Dans ce film choral, tourné dans un noir et blanc volontairement peu attrayant, où la nourriture n'est nullement valorisée, plusieurs nationalités cohabitent dans une animosité permanente, alimentant la vision du cinéaste sur ces travailleurs "illégaux" s'échinant pour donner à manger aux clients, tout en lorgnant l'inaccessible rêve américain. Le chaos ambiant fait office de symbole mais si le fond fait sens, la forme semble bien poseuse, manquant de simplicité, au fil d'un récit haché qui dépasse largement la durée adéquate pour pouvoir garder son efficacité et son côté cinglant. Le film s'étire en longueurs inutiles, c'est bon, on a compris l'idée, et raconte un naufrage en versant sans cesse de l'huile sur le feu, ignorant sans doute que l'excès ne rend jamais service à la clarté du sujet traité. The Grill a un peu la lourdeur des repas prolongés, bien trop copieux, qui restent sur l'estomac.
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3,5
Publiée le 14 février 2025
« Tu m'as dit de raconter un rêve, ce n'est pas de ma faute si c'est un cauchemar. » Le rêve américain, c'est ce qui réunit la majorité des employés du restaurant "The Grill" de Times Square. L'espoir d'une vie meilleure qui passe par cette cuisine cosmopolite avec quelques locaux, mais surtout des étrangers qui viennent de tous les continents. Un mélange explosif dans un environnement difficile où les nerfs de tout le monde sont mis à rude épreuve. Dans ce chaos, il y a trois histoires qui se dessinent : une jeune femme qui vient pour du travail, un couple face à une décision importante et le trou dans la caisse. Si la première sert simplement d'introduction, le reste est utilisé comme fil rouge. Un bon accompagnement au plat principal qui est la vie dans cette cuisine. Une immersion totale, donc ce n'est pas surprenant si les meilleurs moments sont quand le service bat son plein. Tout est alors exacerbé entre les tensions, les ambitions, la pression, le stress et la confusion. Tout est également magnifié par la mise en scène remarquable d'Alonso Ruizpalacios qui est le gros point fort du film. La séquence du rush est notamment incroyable. À défaut de nous régaler avec de bons petits plats, il nous en met plein les yeux avec sa réalisation fluide et immersive. "La Cocina" est donc un film vivant, intense, distrayant et parfois jouissif.
Ce film adapté de la pièce de théatre « The Kitchen » d’Arnold WESKER, raconte la vie trépidante d’une brigade dans un grand restaurant de New York. L’essentiel du film est axé principalement sur le fonctionnement de ce restaurant dont les employés de nationalités différentes et immigrés pour la plupart y exercent leur métier dans des conditions dantesques. Les scènes de « coup de feu » sont bien tournées et très réalistes. Les différents personnages sont bien décrits avec leurs aspirations et leurs personnalités. Ce film fait aussi bien ressortir la précarité sociale et les conditions difficiles de ces immigrés exploités. Dommage cependant qu’il soit trop long et que le noir et blanc n’apporte pas une réelle plus value sur le plan cinématographique.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 06/02/2025 au Club 13 à PARIS)
Une plongée dans les coulisses d’une brasserie chic aux côtés d’Estela, fraîchement arrivée à New York pour devenir cuisinière. Toutes les langues, les cultures et les identités se bousculent dans cette cuisine au cœur de Times Square, et donc au cœur du monde.
Une journée entière, comme le documentaire Welfare de Frederick Wiseman, Oslo 31 août de Joachim Trier ou Reservoir Dogs de Quentin Tarantino, ces films où tout bascule, où tout est mis à plat. Pour le meilleur… Ou pour le pire.
Ruizpalacios dépeint avec brio l’oppression et l’accumulation, où chaque parole semble une bombe à retardement. Par moments, seules les voix subsistent, dépouillées de musique ou de bruit parasite, comme un murmure intime qui nous parvient à l’oreille. Ces instants de vide, rappelant l'immensité du grand bleu ou la pureté du grand blanc, offrent une pause essentielle pour reprendre souffle et repartir.
La Cocina vaut principalement pour son impressionnant plan-séquence dans les cuisines en surchauffe (on sent que le réalisateur Alonso Ruizpalacios a vu The Chef, le masterpiece en la matière), qui virevolte avec agilité entre les serveurs qui trébuchent et s'explosent au sol avec leurs assiettes, entre les cuistots qui manipulent (trop) vite les couteaux aiguisés au ras de leurs doigts, entre la petite nouvelle qui zigzague pour aller chercher du poulet au congélateur, entre le chef de service qui hurle sur tout ce beau monde, entre les machines qui n'en font qu'à leur tête (on ne vous spoile pas, mais la machine à Coca Cherry nous a fait vraiment rire !) et au-dessus de tout ce tumulte : l'imprimante à commandes, flegmatique, qui continue de balancer frénétiquement ses tickets à un rythme infernal. Bienvenue dans un asile de fous où toutes les camisoles blanches emprisonnent des travailleurs émigrés sans papiers qui n'ont pas choisi d'être là, qui essayent de garder le sourire dans ce Purgatoire constant, qui se cachent d'un public d'américains venus chercher leur burger en se moquant des petites mains sous-payées et maltraitées qui l'ont préparé. On suit donc tout ce beau monde, et plus particulièrement un couple naissant, entre la serveuse américaine et le cuistot émigré (Rooney Mara et Raul Briones), dont on hésite toujours à savoir si Monsieur est réellement intéressé par cette relation, ou juste par la Green Card qui est en jeu. Si l'on est plus que convaincu par l'histoire d'amour ambigüe, par la dénonciation des conditions de travail catastrophiques des restaurateurs (valable au-delà des États-Unis), par le climax final qui nous a pris par surprise, et par une dernière scène vouée à l'interprétation (on y reviendra), il faut quand même passer sur une durée excessive de 2h20, sur une esthétique qui crâne un peu (les "effets figés" au début du film ressemblent à un bug du projecteur, le filtre bleu sur la scène d'amour n'est pas indispensable, le format d'image 4/3 n'est pas justifié à part l'argument rapide "c'est pour rendre l'atmosphère de la cuisine plus claustro", et le noir et blanc, disons-le tout de suite, n'est pas beau), sur un insupportable cliquetis en BO (les tickets qui sortent de l'imprimante) qui sont censés nous stresser, mais nous soulent carrément au bout de cinq minutes, et sur une scène d'explication d'un rêve qui dure étrangement longtemps (et ne sert finalement à rien). Ne vous inquiétez pas, Rooney Mara est dans une cuisine, il y a pas mal de cheesecakes qui transitent, mais La Cocina ne vous refait pas la scène de la tarte de Ghost Story (ouf !), on gagne au moins cela. Pour ceux qui clignent des yeux sur la dernière scène, petite théorie qu'on propose : comme la lumière verte de Gatsby Le Magnifique, spoiler: le clignotement vert qui éblouit le cuistot représente son Idéal inatteignable, son désir de Green Card (verte, donc) qui vient de s'envoler avec l'avortement de sa fiancée (et son pétage de plomb qui a suivi). On aime décidément bien le fond (plus que la forme) de ce film qui dénonce le mal-être des petites mains des cuisines, en jouant de la virtuosité de ses plans-séquences, et en essayant de ne pas se noyer dans son Coca Cherry.