Avec Dead Of Winter, Brian Kirk réalise un très bon film. L'histoire nous fait suivre Barb, une femme veuve, d'un âge avancé, qui se rend sur le lac Hilda, gelé et isolé au nord du Minnesota. C'est alors qu'elle est témoin de l'enlèvement d'une adolescente qu'elle va tenter de sauver, devenant son seul espoir. Ce scénario s'avère prenant à visionner tout du long de sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue simple mais efficace, au rythme lent, à l'instar de l'environnement figé par le froid au sein duquel elle se déroule. Pour autant, cette tentative de sauvetage est loin d'être dépourvue d'action. La confrontation entre la femme et les ravisseurs donne lieu à pas mal de scènes tendues dans lesquelles les deux camps se rendent coup pour coup. Alors certes c'est sans surprise dans la structure, mais c'est bien exécuté. Surtout, la raison pour laquelle Barb se retrouve à cet endroit est belle, louable, symbolique et les bonds dans le passé nous narrant sa romance avec son ex-mari sont judicieusement intégrés et permettent d'apporter du fond à ce film de survie qui trouve ainsi un véritable sens. Le ton se veut pour sa part sérieux et ces séquences d'antan apportent de la douceur et du bonheur, ce qui tranche avec le présent. L'ensemble est porté par une héroïne principale atypique, donnant toute sa singularité au métrage. Car oui, cette héroïne est une femme d'environ soixante-cinq ans, chose rare à l'écran. Et l'actrice qui l'interprète, à savoir Emma Thompson, prouve qu'elle en a encore sous la semelle en étant crédible dans cette incarnation. Elle se débrouille bien physiquement et psychologiquement en étant intelligente dans ses décisions. Le reste de la distribution comporte également Judy Greer, Marc Menchaca, Laurel Marsden, Brían F. O'Byrne, Lloyd Hutchinson, Gaia Sage et Cúán Hosty-Blaney. Tous ces individus entretiennent des rapports de force procurant quelques petites émotions. Des échanges soutenus par des dialogues de bonne facture. Sur la forme, la réalisation du cinéaste nord-irlandais s'avère qualitative. Sa mise en scène est soignée, composée de plans assez fixes et sobres, aux angles de caméra recherchés. On sent qu'elle est minutieusement travaillée. De plus, elle évolue au sein d'un cadre magnifique avec cette nature glaciale et hostile. Ce visuel honorable est accompagné par une très bonne bande originale dont les compositions confèrent une véritable atmosphère sonore de par leurs notes en fond. Elles accentuent ainsi la tension et collent très bien à l'action et aux images. Reste une fin à la hauteur du reste du récit, venant ainsi mettre un terme à Dead Of Winter qui, en conclusion, est un long-métrage méritant d'être découvert.