Un western entièrement parlé en luxembourgeois et situé un peu avant et quelque temps après l'indépendance du pays, c'est évidemment alléchant pour tout cinéphile curieux. Il s'agit sans aucun doute du plus grand projet jamais monté autour de l'histoire du Grand Duché et le film a indubitablement des ingrédients dignes d'un blockbuster, à commencer par une violence éruptive qui rappelle les plus belles heures de Sam Peckinpah. Western, oui, The Last Ashes y ressemble, ou parfois plus proche d'un film de vikings, mais avec des éléments "modernes", à commencer par son héroïne, en croisade contre le patriarcat particulièrement cruel du petit village auto-suffisant où elle est née, et qui a tout du fonctionnement d'une secte, dans ses us et coutumes impitoyables. Nous assistons donc à quelque chose qui ressemble au retour de la vengeance d'une rebelle au sang froid, non sans avoir eu droit auparavant à un prologue étonnant en noir et blanc et format carré. Le long-métrage s'avère efficace, c'est indéniable, avec un souci de réalisme dans les décors et les costumes, mais il s'égare parfois dans un esthétisme emphatique et comporte quelques lacunes dans la cohérence de son scénario, dont l'une, fondamentale, concernant la survie de son héroïne. Au sein d'un casting riche en gueules pittoresques, l'interprète principale, Sophie Mousel, livre une performance, notamment physique, impressionnante.
Dernières cendres démarre par un long prologue dont la réalisation est particulièrement soignée. Loïc Tanson opte pour un format carré et un noir et blanc très équilibré pour restituer quelques évènements historiques de 1838 en terres nord luxembourgeoises. Les plans séquences défilent à l’écran et rend déjà compte d’un environnement violent. Les mouvements de caméra observés sont nombreux et incessants. Il y a dans ce prologue une proposition cinématographique de belle facture. Par le noir et blanc employé, certains plans semblent invoquer Carl Theodor Dreyer. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/fifp2024/#DC
Un western se déroulant au Grand-Duché de Luxembourg ! C'est quand même pas banal. C'est un western parce qu'on y trouve certaines références obligées. On y voit notamment un emprunt très net à 'Il était une fois dans l'ouest'. Pourtant j'ai souvent eu l'impression de me retrouver au Moyen-Âge. Il y a un château-fort, un seigneur omnipotent, des paysans asservis, la famine, la misère, des croyances qui nous paraissent maintenant très archaïques. Ce qui frappe ensuite est l'intensité de la violence, crue, désinhibée, explicite. On sort avec l'impression d'avoir vu quelque chose d'inédit bâti sur les ruines d'autres références disparates et d'en avoir fait quelque chose qui tient plus ou moins la route. J'ai bien aimé la prestation de Sophie Mousel, tout à fait crédible dans son rôle de vengeresse.