Sniper : Le Corbeau Blanc
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MaxMomo
MaxMomo

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4,0
Publiée le 11 septembre 2026
J'y allais à reculons. Je craignais un énième film d'action où les fusillades s'enchaînent au ralenti pour glorifier une machine à tuer stéréotypée. J'ai découvert tout l'inverse : non pas un enchaînement pyrotechnique, mais l'histoire poignante d'un homme dont toute la vie bascule.

Le cœur du film, c'est son évolution. Au départ, un instituteur doux et pacifiste, idéaliste, qui a choisi de vivre en communion avec la nature, loin du chaos du monde. Lorsque la guerre du Donbass vient pulvériser son refuge, ses convictions volent en éclats. Le réalisateur prend le temps de montrer cet apprentissage de la violence. Il ne devient pas un tueur de sang-froid par magie. On le voit se durcir, apprendre, jusqu'à cette rigueur presque mathématique du tireur d'élite. Il n'éprouve aucun plaisir à ôter la vie ; son arme devient une nécessité pour défendre ses compagnons et ce qu'il reste de son pays.

Visuellement, l'atmosphère rappelle certains films d'Europe de l'Est. La mise en scène est épurée, parfois froide, et assume de longues séquences où il ne se passe presque rien. Cela fonctionne très bien, parce que c'est justement le quotidien d'un sniper : observer, attendre, rester immobile. J'ai été happé par ces moments passés dans l'œilleton d'une lunette, le souffle retenu face à un horizon vide. Là où certains verront des longueurs, j'ai trouvé une vraie tension. Le lourd silence qui précède chaque tir donne au moindre coup de feu un poids bien plus fort que n'importe quelle explosion hollywoodienne.

Le film a été tourné à l'automne 2020, avant l'invasion à grande échelle de 2022, avec le soutien de la Garde nationale ukrainienne, et cela se ressent dans le réalisme des scènes de terrain. Il ne cache pas son point de vue : il raconte cette guerre du côté ukrainien et assume ses symboles. Ce choix est cohérent avec l'histoire racontée.

Plus que les affrontements, c'est le contraste entre cet amoureux de la paix et le soldat qu'il finit par devenir qui reste en tête. Je pensais regarder une histoire de sniper. Je me retrouve avec le portrait d'un homme ordinaire précipité dans une réalité cauchemardesque. C'est ce que je n'attendais pas, et c'est ce qui m'a le plus marqué.

Mykola Voronin, l'homme derrière le film

Originaire de la région de Kherson, Mykola Voronin a décroché trois diplômes à l'Académie Mohyla de Kiev avant d'enseigner les mathématiques à Horlivka, dans un lycée professionnel des transports, face à des adolescents difficiles. Passionné d'écologie et lecteur de l'écrivain russe Vladimir Megre, il vivait dans une « nora », une cabane enterrée qu'il avait creusée de ses propres mains, se nourrissait de baies et élevait sa famille dans un esprit pacifiste. Survivant d'un cancer du rein avec métastases au foie, instructeur d'aïkido, il était aussi écrivain, chanteur et guitariste, et donnait ses concerts dans les orphelinats, les prisons, les rues et les trains de banlieue.

Puis vient 2014, et son histoire prend un tour que le film ne raconte pas. Voronin était au départ favorable à la Russie. Il s'est rendu à Horlivka pour soutenir les rassemblements pro-russes. Il y a vu des instructeurs militaires russes qui apprenaient aux volontaires à frapper à la gorge avec un bâton. Il est alors allé voir le rassemblement pro-ukrainien : des gens en chemises brodées, des ballons, des enfants qui priaient. Il a choisi ce camp-là. « J'ai été séparatiste pendant trois jours », aime-t-il répéter.

Il s'engage dans le bataillon Donbass, puis rejoint les parachutistes et devient l'un des « cyborgs » de l'aéroport de Donetsk. Ses camarades lui confisquent son téléphone parce qu'il publiait des photos de leurs positions sur Facebook. Têtu, il tient cinq jours seul au troisième étage de l'aéroport, en simulant la présence de plusieurs hommes. Ses connaissances de physique, il les met au service de ses tirs.

Ce que le film change

Marian Bushan a rencontré Voronin plusieurs fois. Voronin a lu le scénario, l'a commenté, figure au générique comme coscénariste et a assisté au tournage. Mais le réalisateur a renoncé au biopic pour faire un film de genre, en ajoutant des événements qui ne se sont pas produits tout en restant plausibles dans la réalité du Donbass. Le héros s'appelle d'ailleurs Voronenko, et non Voronin.

Le changement le plus lourd concerne le déclencheur. Dans le film, la femme du héros est tuée, et c'est ce meurtre qui le fait basculer. Interrogé lors de la première, Voronin a répondu que sa femme n'avait pas été tuée. Beaucoup de ses proches, en revanche, sont morts pendant la guerre.

L'autre écart, plus intéressant encore, est la disparition complète de sa conversion politique. Le film présente un pacifiste que la guerre radicalise. La réalité est plus retorse : c'est un homme qui a d'abord soutenu le camp d'en face, et qui a changé de bord en trois jours après avoir vu de ses yeux ce qui se préparait. Cette bascule-là, le cinéma n'a pas voulu la raconter, et je le comprends, elle est plus difficile à tenir dans un récit. Mais elle dit quelque chose de plus fort sur la lucidité d'un homme que la simple vengeance du film.

Un trait, au moins, est authentique : le personnage qui prie avant chaque tir. Cette foi appartient bien à Voronin.
bob le bricoleur
bob le bricoleur

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0,5
Publiée le 22 avril 2026
Le film est juste un outils de propagande et ce n'est pas selon moi ce que l'ô attend d'un films de guerre
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 janvier 2026
Le fusil n’est pas un symbole. C’est une grammaire. Dans Sniper – Le Corbeau blanc, tout passe par l’optique. Regarder. Mesurer. Ajuster. Attendre. Le film adopte cette syntaxe jusqu’au bout. Il parle peu, explique rarement, répète des gestes comme on récite une prière mécanique. Mykola n’apprend pas à tuer. Il apprend à se taire. La guerre ici n’est pas une tempête. C’est une installation. Une lente mise en place du silence. Même les scènes de violence semblent étouffées, comme si le film refusait toute jouissance. La balle part. Le corps tombe. Et déjà, le regard se détourne. J’ai pensé à certains films de guerre soviétiques tardifs, où l’héroïsme avait disparu, remplacé par une fatigue morale. Mais Bushan ne politise pas frontalement son récit. Il préfère l’usure. La répétition. Le regard qui se durcit non par haine, mais par nécessité. Et pourtant, quelque chose résiste mal. À force de retenue, le film finit par lisser son propre trouble. Les enjeux restent clairs, presque trop. La vengeance est justifiée, cadrée, acceptable. Le film ne se demande jamais vraiment ce que cette justification coûte à celui qui la porte. Les personnages secondaires existent à peine. Ils fonctionnent. Comme des pièces dans une mécanique militaire bien huilée. Là où on attendrait une faille humaine, un désordre, une parole qui déborde, le film choisit la cohérence. C’est respectable. Mais ce n’est pas bouleversant. Ce qui me reste, ce sont des images froides, précises, maîtrisées. Un film qui regarde la guerre droit dans les yeux — mais sans jamais cligner. Et parfois, ne pas cligner, c’est aussi refuser de voir ce qui tremble. Ma note : 8 / 20

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Julien Cambon
Julien Cambon

3 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 décembre 2025
Un film qui nous aide à comprendre l'absurdité de la guerre en Ukraine et les civils qui prennent les armes.
Tommy78_75019
Tommy78_75019

4 abonnés 312 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 décembre 2025
Sniper commence avec une réalisation qui laisse perplexe. La première partie du film a clairement des allures de production très amateur : image, jeu, rythme… on se demande franchement si cela vaut le coup de rester.

Mais peu à peu, l’intérêt se déplace vers le fond. Le film montre à travers plusieurs scènes les exactions d’envahisseurs, la violence infligée à des civils, et la brutalité injuste de leur passage. C’est dur, frontal, et cela renvoie de manière évidente — voire volontaire — à ce qui s’est passé, ou continue de se passer, en Ukraine.

La seconde moitié du film prend un virage plus lent, plus tendu. On entre alors dans une guerre d’usure, au rythme étouffant, où les affrontements entre snipers se jouent au centimètre. Cette lenteur n’est pas un défaut ici : elle colle parfaitement au type de guerre représenté.

Au final, c’est un film qu’on peut recommander aux amateurs de récits militaires réalistes, de sniper movies ou de guerres psychologiques. Pour nous, c’est un film qu’on oubliera sans doute assez vite… sauf peut-être pour le rappel brutal des horreurs de la guerre et de son injustice profonde, qui, elle, laisse des traces.
Brazzo VII
Brazzo VII

4 abonnés 140 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 janvier 2026
Sniper : Le Corbeau Blanc est un film percutant, réalisé par des Ukrainiens, qui nous plonge au cœur du conflit dans l’est de l’Ukraine juste après l’Euromaïdan, en 2014. Le récit s’ouvre sur une vie paisible et presque hors du temps : un couple d’Ukrainiens vivant comme des bohèmes au milieu de la nature, loin de l’agitation politique. Cette sérénité est brutalement brisée lorsque des forces séparatistes pro-russes – désignées dans le film comme des soldats russes sans insignes – assassinent froidement la femme enceinte du protagoniste. Un acte d’une violence absurde qui marque le début d’un parcours de vengeance et d’engagement.

Encore une fois, ce sont les Russes qui incarnent les antagonistes, mais ici, le film ne verse pas dans le manichéisme creux. Il s’inscrit dans une démarche de témoignage, porté par ceux qui vivent ce conflit de l’intérieur. Ce qui rend Sniper : Le Corbeau Blanc particulièrement intéressant, c’est justement sa perspective ukrainienne, trop rare dans le cinéma de guerre contemporain. Voir à l’écran un conflit aussi récent – et toujours en cours – est à la fois troublant et nécessaire.

La fin du film fait habilement écho à l’invasion à grande échelle de février 2022, en laissant entendre que la guerre n’a jamais vraiment cessé depuis 2014. Un choix narratif fort qui donne une profondeur historique et humaine à l’œuvre.

Seul regret : impossible de visionner le film en version originale sur Prime Video – la seule piste disponible étant en français. Pour un film aussi ancré dans son contexte, la VO aurait pourtant été essentielle.

Malgré cela, Sniper : Le Corbeau Blanc est un film à voir, à la fois pour son intérêt historique et pour son intensité dramatique. Un vrai coup de cœur.
Fabrice G
Fabrice G

2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 novembre 2024
Très bon film malgré les moyens modestes.
Fluide, calme, efficace.
Images soignées
Une bonne surprise car je m’attendais à un niveau téléfilm.
Pete
Pete

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 octobre 2024
C'est un film émouvant, qui nous parle de ce qui se passe pas si loin.
Le scénario est réaliste, les acteurs ne sont pas exceptionnels mais crédibles.
Loin des films "boucherie", cela donne à réfléchir sur la folie des hommes.
Yann Dawir
Yann Dawir

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4,0
Publiée le 28 août 2024
Un réalisme relatif, les scènes militaires sont assez proches de la réalité mais le doublage VF est malheureusement très moche (entre les positif au lieu de Roger, c’est net au lieu de clear, etc). Le réalisme de la lenteur du tireur dans sa progression est majestueuse, l’impassibilité est également bien démontrée, dommage que l’on ne ressent pas plus les sentiments du personnage principal lors de la mort, vengeance, retour sur la terre initial.
Pierre-Louis L
Pierre-Louis L

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 août 2024
Un très bon film. On ne voit pas le temps passer. A ne pas comparer à un American Sniper. N'a rien à voir avec ce genre de film. Bon visionnage. Il vaut clairement le détour.
Bernard Lafont
Bernard Lafont

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4,5
Publiée le 19 juin 2024
Film vraiment super, très touchant, s’inspire vraiment du réel et de la situation actuelle, pas de surplus, pas d’action en tout genre de partout, enfin un film de guerre réaliste où l’on peut plus se projeter, en tant qu’humain.
Post-scriptum : quelqu’un connaîtrait-t-il le nom de la musique qu’il joue à la guitare ?
pfloyd1
pfloyd1

180 abonnés 2 322 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 juin 2024
La Guerre du Donbass s'est déroulée entre 2014 et 2022 et a fait plus de 13000 morts. C'est dans ce contexte que l'on découvre une histoire cousue de fil blanc, facile à suivre et sans grande surprise. Scénario guidé où, évidemment, les soldats russes sont tous méchants et cruels et les ukrainien, forts et courageux... Dans un pays dont le peuple est divisé (pro russe, pro ukrainien), les tensions sont vives. De grosses longueurs agacent un peu, le parcours de ce prof transformé en sniper vengeur n'est pas très fin. Et puis le doublage en français des voix ukrainiennes n'est franchement pas adapté à ce genre de film (la voix douce et fluette du commandant !!!!), sans compter une bande son des plus banales ne rendent pas inoubliable cette histoire patriotique.
Deltras
Deltras

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 avril 2024
Calme et agréable à regarder, le personnage principal s'assombrit au fur et à mesure du film, fait des erreurs grave et devient peut-être aussi "mauvais" que les personnes qu'il cherche à éliminer.
J'ai pris du plaisir et contrairement à beaucoup de commentaires n'ai pas ressenti de grosse longueur.
Catherine R
Catherine R

3 abonnés 108 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 février 2024
Un pacifique devenant snipers... personne n'y croit... et pourtant!
Les Russes envahissent la Crimée alors qu'un doux rêveur prof de physique veut avec sa femme vivre paisiblement avec quelques panneaux solaire, une petite éolienne pour alimenter une petite cabane dans la terre... deux militaires russes sur les lieux, ils les malmènes, brule la cabane... et tue la femme en colère... et quand deux Ukrainiens passent par là, après qu'ils l'aident à enterrer rapidement sa femme sans cercueil.... il les suit, à leur campement il se saisit d'une arme, personne ne le prendra au sérieux et pourtant, il est décidé, il sera sniper, il chassera les Russes... et sous les moqueries il travaille dur pendant son entraînent militaire... quand j'ai vue que je pouvais voir le film, je ne suis précipité pour le voir, car c'est la véritable histoire d'un héro ukrainien, le corbeau blanc dont j'avais entendu parlé sur LCI... alors qu'on prenait 'habitude de regarder tous les jours l'informa sur la guerre! Comment de pacifiste avec l'idée d'améliorer la planète il est devenu un héroïque sniper de la guerre en Ukraine! Un hymne à tous les combatants ukrainiens! Gloire à l'Ukraine Slava Ukraina!
Laurence Belleville
Laurence Belleville

8 abonnés 62 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 février 2024
Un très bon film de guerre du moment entre l'Ukraine et la Russie. Suite au décès deson épouse on passe d'un professeur qui respecte la nature à un sniper très expérimenté. Le film est émouvant, les acteurs sont excellents. Peu de budget on ne le ressent pas. Pas besoin d'effets spéciaux ça change et c'est pas plus mal. Nous sommes dans la réalité.
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