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Pierre842
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3,5
Publiée le 10 avril 2024
Un adolescent qui est entre deux monde celui de la laïcité et la religion. Il doit faire l'équilibre entre les deux. J'ai beaucoup le format en noir et blanc du film. Le fil de l'histoire qui évolue pour le personnage.
Du bel et grand cinéma, admirablement filmé, avec un brin de sophistication (la scène où, à travers l'oeilleton, Ahmed surprend le Hodja rigoriste et son jeune compagnon : ah ! ces religieux intégristes, toujours prêts à jeter l'anathème pour tout ce qui touche à la chair, mais qui ne se privent de rien). Mais tout est dit sur les méfaits des religions et les dégâts qu'elles entraînent, sur le plan physique aussi bien que sur le plan psychologique. Cependant, du côté des laïcs, si l'enseignement dispensé (curieusement, on ne voit que des séquences concernant le cours d'anglais) semble hautement performant, la levée des couleurs, les chants à la gloire d'Atatürk, renvoient aussi à une forme d'embrigadement, plus sympathique que celui des islamistes, il est vrai, mais embrigadement tout de même. Le cinéaste, finalement, ne prend guère parti. La tentative d'Ahmed et de son camarade pour conquérir leur liberté demeure, hélas!, vaine, métaphore du destin du peuple turc qui, sous la férule islamiste d'Erdogan, a rejeté la Turquie laïque d'Atatürk pour promouvoir un islamisme qui semble gagner du terrain.
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2,5
Publiée le 6 décembre 2024
« Dieu ne me parle pas comme à toi. » Ahmet est un adolescent qui est placé dans une école religieuse où il séjourne en plus de suivre les cours dans une école laïque. C'est son père, membre éminent de la communauté religieuse, qui a fait ce choix, et Ahmet, qui veut se faire bien voir par lui, se résigne à vivre de la sorte. Deux salles, deux ambiances, ce qui fait écho à une situation tendue avec ces institutions qui sont la cible de manifestations, car elles favoriseraient l'extrémisme religieux. On découvre donc l'emprise de ces deux mondes sur Ahmet qui est tiraillé entre ces deux façons de vivre, mais aussi entre sa volonté de plaire à son père et de découvrir de nouvelles choses. Le contexte social et politique est intéressant au même titre que la vie difficile dans cet internat et le décalage entre les deux milieux où l'on voit un adolescent différent, mais tout ce qui se rapproche du récit de passage à l'âge adulte avec l'éveil sexuel, l'identité sexuelle, et autre, m'a semblé surfait. Je n'ai pas trouvé que c'était abordé de manière naturelle. Ça reste un film correct, mais ça manque de rythme et d'émotion.
Filmé dans un sublime noir et blanc, le récit d’apprentissage saisissant (malgré quelques longueurs) d’un ado déchiré entre la religion imposé par son père et la laïcité dans la Turquie des 90’s sur fond de montée de l’islamisme. 3,25
« Yurt », en Turquie, c’est un pensionnat religieux. Pour son premier film très personnel, Nehir Tuna, nous ramène 30 ans en arrière ; une période de conflit larvé entre religieux et Etat laïque sur fond de crainte de montée de l’islamisme radicale. Ce film nous rappelle donc qu’Atatürk avait posé les bases d’une Turquie laïque. Ahmet est un jeune adolescent de famille bourgeoise. Son père devenu très pieux sur le tard et faisant aussi des affaires avec les religieux souhaite une vie pieuse et exemplaire pour son fils mais aussi une bonne formation. Donc, le jour, il fréquentera une école kémaliste, laïque, élitiste, nationaliste et mixte et le soir le pensionnat religieux, son dortoir surpeuplé et ses longues heures d’études coraniques et de brimades. Devant ses camarades de classe, il doit cacher cette double vie dans laquelle il ne sent pas à sa place et qui serait incomprise par ceux-ci. Il vit des brimades à l’école car lieu laïque, et aussi au pensionnat car lieu religieux. Ni à sa place à l’école, ni à sa place au foyer où son milieu aisé lui renvoie une image de nanti auprès de ses camarades. Il vit donc d’un malaise social doublé d’un malaise culturel et religieux. Tiraillé en tout sens, il doit composer entre sa volonté de jeune homme, son libre arbitre et la nécessité de ne pas décevoir son père. Pour illustrer cet embrigadement, le réalisateur use d’un superbe noir et blanc voyant immerger la couleur au moment de l’émancipation du jeune Ahmet. Ce film est très maitrisé, quelque fois académique puis s’étire inutilement en longueur une fois les enjeux bien intégrés. Un joli film fort utile sur le désastre de l’embrigadement ; on aurait aimé qu’un sujet traité en filagramme soit abordé plus frontalement par le biais du personnage secondaire, l’ami de foyer d’Ahmet : le clientélisme de la religion pour arriver à enrôler de nouvelles brebis. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Jouissant d'un noir et blanc sublime, Yurt est une réussite graphique indéniable. Le film traite avec justesse et intelligence un grand nombre de problématiques autour de la société turque et de son rapport à la religion. Malgré quelques longueurs, on se laisse porter par cette histoire et ses péripéties. En revanche, la caractérisation des personnages laisse à désirer, avec des choix d'écritures et de narration parfois étranges.
Voilà un premier film à caractère " semi autobiographique" assumé par le réalisateur et qui nous fait découvrir une période cruciale de basculement social en Turquie. L'adoration monolithique du père de la nation Ataturk est battue en brèche par l'arrivée des religieux (Erdogan jamais mentionné) à Istanbul et la montée d'un renouveau religieux conservateur. Ahmet a une double vie: le jour chez les laïcs et le drapeau turc, la nuit à étudier le coran et prier Allah. Son riche père Kerim est un converti récent, donc convaincu du bienfondé de sa démarche "éducative". Tuna tourne la première partie en N&B, c'est astucieux, ce sont en partie ses propres souvenirs. L'amitié adolescente avec Hakan est plus fictionnelle mais très symbolique d'un ado laissé pour compte et colle parfaitement avec ce que des garçons peuvent vivre à cet âge. L'amour et la haine du père, c'est cela le passage libérateur qui ici se traduira par le retour de la couleur à l'écran ( belle photographie dans les deux cas de F. Herry ). Ahmet est libéré dans sa tête, mais pas dans sa vie. La boucle est bouclée dans ce film circulaire. Convaincant car authentique et bien pensé dans sa structure et son Scénario. DVD1- mai 2025
S'étant fait remarquer dans les festivals, ce premier long-métrage réalisé Nehir Tuna et sorti tout récemment m'intriguait pas mal. spoiler: Et je dois dire que je n'en suis pas déçu ! Nous suivons ici une partie de l'adolescence de Ahmet, balloté entre un pensionnat religieux et une école laïque. C'est donc une sorte de teen movie mais sur fond politique assez intense puisque le film se déroule durant la fin des années 90, période durant laquelle la Turquie était partagée entre laïcs et religieux ; les dortoirs étant perçus comme des lieux de l'extrémisme islamique et très certainement que les écoles laïques étaient perçues comme "impures", inspirant même au mal, par les religieux. Un adolescent alors en recherche de soi-même et de sa sexualité fréquentant ces deux mondes opposés et étant surtout obligé de se plier aux règles de chacun est forcément perdu dans tout cela ! Car oui, Ahmet se cherche également dans sa sexualité, il la découvre dans un premier temps puis nous avons également un sous-texte gay prenant de plus en plus d'ampleur dans la relation entre Ahmet et Hakan, un autre pensionnaire avec qui Ahmet se lie d'amitié. Car oui, certes ils sont très potes m'enfin ils sont quand même sacrément proches, proximité atteignant d'ailleurs son apogée dans un champ mais je n'en dirai pas plus afin de ne pas spoiler ! Ainsi, le film est très intéressant puisque nous avons une vision de la Turquie à un moment critique via le prisme d'un adolescent qui ne comprend pas vraiment le monde qui l'entoure. Doit-il se plier aux valeurs notamment inculquées par son père ou alors vivre pleinement sa liberté d'adolescent ? Nous avons d'ailleurs à ce propos un passage du noir et blanc à la couleur très intéressant, qui survient à un moment qui n'est bien-sûr pas anodin puisque la couleur arrive lorsque Ahmet vit pleinement son adolescence, qu'il expérimente, visite et fait des conneries d'adolescent quoi finalement (rappelant d'ailleurs le passage du 4/3 et 16/9 dans "Mommy" de Xavier Dolan). Il sort enfin de son enfermement quotidien pour s'ouvrir littéralement à l'extérieur. D'ailleurs, pour rester sur la mise en scène, cette dernière est excellente, nous offrant de magnifiques plans, de même que la photographie d'ailleurs, nous donnant un très beau noir et blanc. "Yurt" raconte alors énormément de choses en si peu de temps mais sans que ce ne soit jamais brouillon ou bordélique, ça colle justement au propos, c'est-à-dire l'effervescence de l'adolescence.
Premier long-métrage du cinéaste Nehir Tuna, Yurt nous plonge dans la Turquie de 1996, dans une période où la tension entre les partisans d’un pays laïc et ceux d’un État religieux était à son comble. Ahmet (interprété par un excellent Doga Karakas), adolescent de 14 ans, est envoyé par son père, devenu religieux sur le tard, dans un pensionnat islamique très strict. La journée, il continue de suivre les cours dans une école qui célèbre l’héritage d’Atatürk, à travers un culte patriotique d’ailleurs pas si éloigné de l’exaltation des croyants. Le jeune homme va tout d’abord spoiler: tenter de concilier les attentes des uns et des autres, avant de basculer dans une logique de rébellion totale. Une évolution du personnage aussi liée aux premiers émois de l’adolescence. Car Yurt dresse aussi le portrait sensible et sensuel d’un garçon en train de se découvrir. Peut-être un peu trop dense, parfois un brin brouillon, Yurt n’en demeure pas moins un superbe portrait de l’adolescence et de son désir d’émancipation. Ambitieux et troublant.
Le sujet etait intéressant, mais je n’ai pas réussi à entrer dans le film, la faute a une mise en scène beaucoup trop austère, qui personnellement m’a rapidement ennuyé.
Yurt, réalisé par Nehir Tuna, nous plonge dans l’univers complexe d’Ahmet, un adolescent de 14 ans dont la vie bascule lorsque sa famille l’envoie dans un pensionnat religieux en Turquie en 1996. Ce choix, motivé par la quête de rédemption et de pureté de son père récemment converti, se transforme pour le jeune garçon en un véritable cauchemar. Ahmet se retrouve partagé entre deux mondes : le jour, il fréquente une école privée laïque et nationaliste, et le soir, il retourne dans un dortoir surpeuplé où il doit faire face aux rigueurs des études coraniques et aux brimades de ses camarades.
Le film explore les thèmes de la révolte et de la quête d’identité à travers le regard d’un adolescent pris au piège entre les attentes de sa famille et ses propres désirs. Ahmet, incarné par un talentueux jeune acteur, éprouve un mélange de colère, de confusion et de résistance face à un système éducatif qui cherche à embrigader la jeunesse. Les scènes dans le pensionnat, où les règles sont strictes et l’autorité omniprésente, créent une atmosphère étouffante qui reflète parfaitement le conflit intérieur du protagoniste.
Cependant, l’espoir n’est jamais loin. Grâce à son amitié avec un autre pensionnaire, Ahmet trouve un allié dans cette lutte pour la liberté. Ensemble, ils défient les règles et les normes imposées, cherchant à s’épanouir en dépit des pressions extérieures. Cette amitié devient un symbole de résistance, incarnant la force de l'esprit humain face à l'adversité.
La réalisation de Nehir Tuna est à la fois poignante et évocatrice, mettant en lumière les défis auxquels sont confrontés les jeunes dans un monde où les idéaux et les croyances peuvent parfois se heurter à la réalité. Le film réussit à capturer les émotions de l’adolescence avec une sensibilité remarquable, explorant les luttes internes et les dynamiques familiales qui façonnent l'identité d'Ahmet.
Le film est également enrichi par des performances solides de la part des acteurs, notamment Can Bartu Aslan, Doğa Karakaş et Ozan Çelik, qui apportent une profondeur et une authenticité à leurs personnages. Leurs interactions contribuent à rendre l'expérience d'Ahmet encore plus palpable, faisant ressentir au spectateur le poids de ses choix et de ses émotions.
Premier film du réalisateur nehir tuna, de nationalité turc, qui apres visionnage on peut remarquer une portée autobiographique. En effet ce film est intéressant car il se situe dans une période charnière de la politique turc, fin des années 90 des tensions vont apparaître entre des nationaliste, laïc et soucieux du maintien de ce qu à construit ataturk et la montée de l islamisme dont les adorateurs s installent à l abri des regards dans des dortoirs, yurt en langue turc. Le film nous fait suivre un jeune homme d une famille aisée dont le père fervent dans l islam dort dans ses yurt et va à une école nationaliste qui produit une dualité qui ne va de cesse s accentuer et va irrémédiablement s éloigner de son père. C est une éducation sentimentale plus radicale et moderne, illustrer dans un noir et blanc superbe avec une surprise dans le dernier quart d heure. Un film à visionner avec grand intérêt
Critique d'un système scolaire et religieux qui ne cherche qu'à emprisonner les esprits, Yurt est porté par un premier rôle de caractère et de grand talent, qui restitue à merveille la quête de soi et d'identité dans une société polarisée à l'extrême. La force du métrage est de ne pas verser dans le manichéisme ; laissant entrevoir les qualités humaines du père avant de dévoiler ses errements - Son rôle n'est-il pas, avant tout, de permettre à son fils de s'épanouir ? -, Yurt joue d'une tension permanente pour montrer comment, le malheur du personnage principal, est avant tout le résultat d'un enfermement physique et moral. Le repli sur soi et la détresse psychologique qui en résultent, et qui sont symbolisées par le choix visuel du noir et blanc, offrent à l'œuvre un véritable moment d'apothéose spoiler: : Quand Ahmet fugue avec son ami, la couleur revient, la musique s'emballe, la libération est totale ! Quelle puissance ! Briser ses barrières mentales pour avancer, faire fi des interdits iniques, vivre tout simplement, voilà le magnifique message de Yurt. Figure successivement sympathique puis antipathique, le père apparait finalement comme l'être le plus malheureux. Car par sa défense acharnée de la tradition et de l'ordre établi, n'est-il pas, en fin de compte, prisonnier de ses propres créances ?
J’avais tellement envie d’aimer ce film. Helas le Manque de cohérence, de profondeur des personnages, de sincérité m’ont laissée de marbre devant un sujet qui traité autrement m’aurait certainement bouleversée. Un rendez-vous manqué avec l’Histoire -pourtant critique- de la Turquie face au fléau détestable de l’islamisme et sa violence, morale et physique.
Drame turc. Dans les années 90 en Turquie, un adolescent partage sa journée entre un lycée privé mixte et bourgeois et un pensionnat conservateur et religieux le soir. Il va se rebeller contre cet endoctrinement , y subir des brimades et y rencontrer un ami. Son père très religieux voit en son fils son Salut. Différence de milieu social, laïcité et fanatisme religieux, démocratie et mouvement islamiste, amitié et amour naissante. Filmé en grande partie en N&B, le passage à la couleur donne un sentiment de liberté aux deux garçons. Bravo pour ce 1er film ! Trop peu de copies, dommage !