Pas très fan du film originel qui a pas mal vieilli quand même, j’étais curieux de jeter un œil à cette adaptation qui ne promettait pas forcément du lourd avec sa bande annonce papier glacée et sa réalisation française ! Bingo, le film est ce qu’il est dans sa bande annonce. Oui, il est joli. La photographie est belle, il y a de beaux décors, l’éclairage est soignée, l’ambiance parfois envoutante, impression renforcée par une bande son discrète, principalement atmosphérique, mais qui donne un climax poétique. Oui, le film est beau, mais d’une beauté froide, qui se veut sensitive voire sensuelle, mais n’y arrive guère à cause d’une image trop léchée, de cadrage trop mathématiques, et surtout, d’un gros manque d’érotisme ! Il n’y a jamais de tension érotique, de sensualité, c’est assez inquiétant ! Comme si la réalisatrice avait voulu s’affranchir du style de l’original et du cliché de l’Asie sensuelle, elle livre un film papier glacé, trop souvent figé, poseur, avec Noémie Merlant qui déambule dans des couloirs et prend des poses. D’ailleurs la seule véritable scène un peu érotique du film c’est justement une séance de poses ! C’est dommage, car avec un érotisme clairement assumé, le film aurait pu avoir une proposition visuelle supérieure au film de Jaeckin, mais là ça fait beaucoup plus Guide Michelin pour un hôtel de luxe qu’on voit davantage sous toutes les coutures que Merlant !
Le scénario est tout aussi plat, froid, et impressionne par sa vacuité. Le film dure 1 heure 35, on a l’impression qu’il dure 3 heure, et il ne se passe rien. En gros c’est la quête de l’orgasme d’une femme qui peine à jouir. Je ne vous dis pas si elle y arrive, vous le saurez uniquement dans la dernière scène. Pourquoi pas, mais en vrai cette quête se résume à des déambulations, des dialogues ennuyeux, il n’y a aucune recherche du désir ou du plaisir chez l’héroïne hormis dans les 20 dernières minutes peut-être. On s’attend à ce qu’elle expérimente, en solitaire, avec la touriste asiatique, voire avec Watts, mais non, c’est Sœur Emmanuelle la fille ! Bref, le film est très lent, très long, et ne raconte finalement rien.
Dommage car Noémie Merlant avait un peu le style de Sylvia Kristel, elle a un beau corps, un beau visage, et le type bourgeois lui va bien. Elle porte très bien toutes ses tenues chics. Elle est photogénique, mais elle est totalement sous-exploitée. Sa nudité n’est jamais vraiment mise en valeur, son jeu est fade, se limitant comme je disais à des poses et à des déambulations. Elle n’a pas grand-chose à défendre, et en tout cas rien de sensible et d’émotionnel. Autour d’elle le casting est tout aussi plat, avec une mention spéciale pour une Naomi Watts remarquablement mal employée, remisée à un rôle quelconque et ingrat. On la voit très peu.
En conclusion, un film à l’esthétique léchée, mais qui ne dépasse pas le joli catalogue d’images. Oui ça fait plaisir de voir un beau film esthétique français, mais faudrait voir à pas oublier le propos ! 1.5