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Un visiteur
3,5
Publiée le 24 février 2024
Le film a trois atouts de taille :
- A tout seigneur tout honneur, le duo Vincent Macaigne et Bouli Lanners fonctionnent merveilleusement bien, grâce à leur talent, leurs échanges font mouche car bien rythmés.
- Instructif avec la manie du peintre Pierre Bonnard qui s’employait à retoucher ses oeuvres exposées dans des musées. Je l’ignorais.
- Désolant de savoir que l’art est de plus en plus accaparé par les banques comme moyens d’investissement. Ainsi les musées n’ayant plus ou insuffisamment d’argent, les toiles restent dans le domaine privé et ne profitent pas au peuple amateur d’art.
Une comédie revigorante et grinçante qui prête à débat. J’ai retenu dans le débit rapide et colérique de Renzo Nervi (Bouli Lanners) ce mot qu’il envoie au jeune apprenti (Bastien Ughetto) : être artiste est "une malédiction". A l’entendre, on ne peut pas faire autrement que d’être artiste. C’est on ne peut plus vrai.
Je tente de faire court avec un exemple. Faisant du théâtre amateur (avec des professionnels selon les textes à jouer) je fréquente autour de moi des personnes qui exercent un métier lambda tout en assouvissant leur part d’artiste : musiciens, comédiens, peintres, sculpteurs, vidéastes, écrivaillons. Peu importe l’audience, peu importe ce que cela rapporte, peu importe la souffrance, nous nous mettons à nu et sommes heureux de pouvoir partager avec le public. Mais les professionnels autour de moi qui ne peuvent pas faire autrement que d’être artistes, qui se savent incapables de faire autre chose que d’exercer leur art peuvent considérer leur état comme une malédiction. Ils se battent pour avoir leurs nombres d’heures, pour obtenir un rôle et peu leur importe la taille du texte à apprendre, acceptent des contrats ponctuels comme père Noël ou animateurs. Ces professionnels ne roulent pas sur l’or, n’ont pas leurs portraits à la une des journaux. Ils tournent, alternant angoisse et bonheur d’être exclusivement artistes. Et pourtant, moi et autour de moi, aimerions tant vivre sous le statut d’artiste.
« Un coup de maître » pose cette question : qu’est-ce qu’être un véritable artiste ? Ce n’est pas la gloire ou l’argent qui motive, c’est tout simplement vivre de son art, un art qui est viscéral et qui soumet l’homme ou la femme à être artiste. En effet, on peut le voir comme "une malédiction"…
Bref « Un Coup de Maître » de Rémi Bezançon est avant tout un film sur une forte amitié entre un peintre bourru et un galeriste généreux ; ici « forte », mot polysémique, s’entend par résonance tant cette amitié est assourdissante et s’entend comme solide puisque rien se semble ébranler ses deux zigotos attachants.
Le film vaut surtout pour le duo d'acteurs phénoménal et qui fonctionne à merveille et on croit à leur relation qui est finalement une histoire d'amour. Malheureusement le scénario et les situations sont si peu crédibles que le film tourne vite en rond, d'autant que la bande annonce dévoile ce qui pourrait faire le sel de l'histoire. La réalisation est très plate et le rythme est trop lent. On oscille entre la comédie et le drame. C'est dommage car l'idée de base donne envie d'un développement plus créatif.
Voilà un film malheureusement un peu passé innaperçu, il regorge pourtant de qualités, le duo Bouli Lanners - Vincent Macaigne fonctionne parfaitement, un rôle de peintre paumé qui va comme un gant à Bouli Lanners (il est vraiment peintre à ses heures perdues ). "Un coup de maître c'est une histoire d'amitié et une analyse mine de rien vraiment intelligente sur le monde de l'art.
Le propriétaire d’une galerie d’art tente par tous les moyens d’aider son ami peintre dépressif sur le déclin dans cette comédie égratignant le monde de l’art contemporain. Reposant en grande partie sur l’alchimie et la complicité entre les acteurs Vincent Macaigne et Bouli Lanners offrant des réparties cinglantes à l’écran lors de situations cocasses. On peut tout juste reprocher le manque de folie de la mise en scène de Rémi Bezançon qui est comme trop souvent dans le cinéma français trop sage et académique. Mais cela n’enlève en rien le plaisir au visionnage de ce film sympathique.
Personnellement adoré... la complicité des deux acteurs est formidable, l'univers décalé m'a totalement parlé, beaucoup de sensibilité, teintée d'humour, de rébellion, mais aussi de compromission...
Renzo Nervi (Bouli Lanners) est une vieille gloire déchue de la peinture contemporaine en manque d’inspiration depuis la mort de sa muse. Les critiques d’art qui l’avaient porté aux nues le honnissent ; ses créanciers menacent de le saisir ; mais Renzo Nervi semble incapable de sortir de la spirale suicidaire qui le happe. Sa seule planche de salut semble être Arthur Forrestier (Vincent Macaigne), son galeriste, qui fut son élève aux Beaux-Arts avant de devenir son plus fidèle ami.
Honnête faiseur du cinéma français, Rémi Bezançon réussit depuis une vingtaine d’années à rassembler autour de lui les acteurs les plus bankables du cinéma français (Fabrice Luchini, Camille Cottin, Pio Marmaï, Louise Bourgoin, Vincent Elbaz, Manon Cotillard, Gilles Lellouche…) pour tourner des films solides qui font les délices des chaînes de télévision et des téléspectateurs du dimanche soir : "Le Mystère Henri Pick", "Nos futurs", "Un heureux événement", "Le Premier jour du reste de ta vie", "Ma vie en l’air"…
Vient s’ajouter à cette filmographie qui n’a rien d’infamant mais rien non plus d’inoubliable ce remake dispensable d’une comédie argentine sortie il y a quatre ans à peine. Tout y était déjà : la critique féroce du monde de l’art et de sa superficialité, le virage vers le thriller, la touchante histoire d’amitié entre deux hommes, jusqu’au personnage secondaire, pas vraiment réussi, du jeune apprenti.
Certes, Bouli Lanners et plus encore Vincent Macaigne excellent dans leurs rôles au point de nous faire presque monter la larme à l’œil. Mais ce brillant numéro d’acteurs ne suffit pas à sauver cette comédie noire. Son principal ressort est lamentablement divulgâché par la bande-annonce. Il intervient très tard dans le film, bizarrement construit en deux parties d’inégale importance. La première, trop longue mais très cohérente, décrit la dépression et l’autosabordage du peintre ; la seconde, trop courte et construite de bric et de broc, raconte le mensonge inventé par Forrestier pour faire remonter la cote de l’artiste et ses conséquences inattendues.
"Un coup de maître" se regarde sans déplaisir. Les spectateurs de la petite salle sanaryenne où je l’ai vu en sont sortis enchantés. Mais je prends le pari qu’ils en auront oublié le titre avant la fin du mois.
Remi Bezançon est l’auteur du culte et magnifique « Le premier jour du reste de ta vie ». S’il a bien tenté de nous toucher et de nous envoûter autant avec ses films suivants, la magie n’avait jamais opéré si bien. On peut même dire que lesdits films étaient quelque peu décevants. C’est d’ailleurs peut-être son enquête comique avec Fabrice Luchini et Camille Cottin qui nous a le plus conquis depuis, une œuvre où il changeait de style (« Le mystère Henri Pick »). S’il ne retrouve toujours pas la maestria poétique, la puissance émotionnelle et la parfaite dramaturgie de ce coup d’éclat datant de déjà près de quinze ans désormais, « Un coup de maître » demeure fort sympathique. Et attachant. Le genre de film qui pourrait sembler anodin voire vain de loin mais qui infuse progressivement en nous pendant la projection et qui décante longtemps après dans notre esprit.
Au début, on se demande d’ailleurs de quoi veut vraiment parler le film et ce que le cinéaste veut nous dire avec cette histoire. La première partie pourrait donc paraître laborieuse puisqu’il ne se passe pas grand-chose. Mais, étrangement, « Un coup de maître » n’en est pas déplaisant pour autant, au contraire. L’atmosphère bien retranscrite d’une ville de province jamais citée, le milieu de l’art bien croqué, une maison en forêt au charme champêtre et surtout ces deux amis, semble-t-il inséparables : un galeriste et un peintre dépassé et plus vraiment à la mode. Mais ce simili néant narratif des prémisses nous permet de bien cerner les liens entre ces deux hommes, de les approfondir. Deux personnages bien écrits et portés par deux acteurs qui forment un duo magnifique et inoubliable. Vincent Macaigne et Bouli Lanners forment en effet une belle paire et participe à faire de ce film une superbe histoire d’amitié qui ne peut que toucher par sa justesse.
Sans être foncièrement une comédie, le long-métrage nous réserve quelques scènes cocasses et surtout d’excellentes répliques parfaitement mises en bouche par les comédiens. De les voir se donner la réplique avec des réparties de la sorte est un réel plaisir. On sera plus réservé sur une séquence un peu lourde qui dénote (la scène où ils veulent récupérer un tableau) mais ce petit écart est vite oublié. Il y a aussi beaucoup de tendresse ici, par la teneur de cette relation amicale forte qui fait du bien à voir. Quand le film sort son atout inattendu dans la seconde partie, le film devient plus malicieux et nous sert une belle critique du monde de l’art, de ses dérives et de sa vacuité.
Finalement, « Un coup de maître » est autant une histoire d’amitié entre deux personnages liés par le temps, les déboires mais surtout une fidélité à toute épreuve qu’un portrait en biais de l’art contemporain et de ses côtés mercantiles (et futiles). Au sein du même contexte, on a certes préféré l’excellent « Le tableau volé » de Bonitzer l’an passé, plus original et peut-être plus croquant dès le début, mais celui-ci ne démérite pas. La morale de ce joli petit film pudique et simple est adroitement assénée et le plan final qui répond à l’inaugural est de toute beauté. Une œuvre qui prend son temps et se savoure en douceur.
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Bon dans l'idée pas genre de film qui peut me faire me bouger les fesses de chez moi mais étant curieux j'ai été plutôt satisfait de mettre déplacé. L'histoire repose sur ces deux amis inséparable mais dont les caractères diffèrent quelques peu et sont à l'origine de gros soucis (surtout Renzo). On les suit dans ce monde à part qu'est l'art et on comprend la façon comment la peinture devient plus que cela doit être à la base et forcément cela ne plait pas à l'artiste qui plus ai, qui est en panne d'aspiration. Quand le plus terre à terre des deux élabore un plan on peut vraiment ce demander si cela va tenir et encore ce plan vient vers la toute fin, on voit surtout les complications qui s'enchaînent vite grand V. On appréciera les dialogues sincères entre les deux hommes et de voir cette amitié parfois malmené tenir bon. Bref un sympathique film. NOTE : 6/10
Apres avoir vu le Mystère Henri Pick, une comédie policière plutôt sympa, j'ai trouvé que ce Coup de Maître était du même acabit. C'est sympa mais sans plus. C'est une comédie qui fonctionne bien avec le duo Macaigne-Lanners, deux acteurs que généralement on apprécie. Ici, le scénario est un peu léger, j'ai trouvé et on a pas toujours tiré le meilleur de ces deux la peut-être. spoiler: La mort de l'artiste est amenée un peu trop vite sur le plateau , en fait pas forcément trop vite, dans la durée du film mais il aurait fallu insister un peu plus dessus je pense. Bref, une comédie sympa.
Les films de Rémi Bezançon sont toujours un plaisir à découvrir. Celui-ci ne déroge pas à la règle. Le duo Vincent Macaigne - Bouli Lanners fonctionne à merveille... et peut-être même trop bien. Car, abordant pourtant un sujet sérieux, celui des relations entre l'art et l'argent, le film qui soulève les bonnes questions à partir d'une intrigue subtile, glisse doucement vers la comédie. Le duo est irrésistible mais fait perdre un peu de fond au film. C'est dommage mais on passe tout de même un très bon moment.
Le film est original en ce sens qu'il présente une intrigue dans le milieu de l'art (à notre époque contemporaine), mais celles et ceux qui connaissent un peu le milieu auront tôt fait de découvrir les ficelles un peu grosses de ce film et de son intrigue - qui reste fidèle cependant à l'esprit artistique de notre époque et au milieu de requins qui l'habite et l'anime depuis toujours. La fin se veut morale et provoque un choc salutaire avec cette dernière vente aux enchères...L'ensemble est gentillet mais peine à emporter une véritable émotion (sauf lorsque le tableau de Modigliani est présenté, là c'est une vraie réussite), sinon le scénario manque de finesse, certains personnages arrivent comme un cheveu dans une soupe dont les morceaux n'auraient pas été assez moulinés et les scènes vraiment drôles n'ont pas été assez nombreuses à mon goût. Un assez bon moment de cinéma, un peu comme un soleil, qui laisserait malgré tout une impression d'avoir été un peu bâclée.
Un film sympathique avec un bon duo d’acteurs qui fonctionne bien. C’est plaisant a regarder, mais ca reste quand même bien gentillet et assez anecdotique. Pas mal mais pas inoubliable…