La Combattante
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "La Combattante" et de son tournage !

Qui est Marie-José Tubiana ?

Marie-José Tubiana est une ethnologue française spécialiste du Tchad et du Soudan, née en 1930. Docteur d’État et Directeur de recherche honoraire au CNRS, directrice de publication chez l’Harmattan, elle a commencé sa carrière au Musée de l’Homme en 1955 où elle a cotoyé Jean Rouch, Michel Leiris et Denise Paulme.

Sa première mission a lieu au Tchad en 1956, chez les Zaghawa du royaume du Wadday, sous la direction du linguiste Joseph Tubiana qui deviendra son mari. Sa première mission au Darfour date de 1965. Au cours de ses séjours, elle étudie les sociétés pastorales et agricoles dans lesquelles elle vit et dont elle partage le quotidien.

De nombreux ouvrages en seront issus : Contes zaghawa (1961), Survivances préislamiques en pays zaghawa (1964), The Zagahwa from a Ecological Perpsective (1977), Des troupeaux et des femmes (1985), Femmes du Sahel (1994), Parcours de femmes, les nouvelles élites (2004), Une émigration non choisie (2017).

Aujourd’hui, Marie-José Tubiana consacre son temps à authentifier les récits des demandeurs d’asile originaires du Darfour pour les aider à obtenir l’asile politique en France.

Premier contact

Marie-José Tubiana s'est rendue pour la première fois au Darfour en 1965. Elle se rappelle : "D’abord, je voulais revenir au Tchad, mais le président du Tchad de l’époque, Tombalbaye, a trouvé que je ne devais pas travailler sur les gens du Nord, mais que je devais travailler sur sa population."

"Je lui ai dit qu’on ne changeait pas comme ça la ligne de conduite. Donc j’ai refusé. On n’a pas eu le visa et on ne pouvait pas partir. Alors on est partis au Darfour quelques mois après, très facilement."

2 films en 1

La Combattante est à la fois un film sur les rescapés du génocide et les réfugiés du Darfour, mais aussi un film sur l’ethnologue Marie-José Tubiana. Le réalisateur Camille Ponsin avait besoin de raconter l’histoire de cette femme qu'il trouve extraordinaire. Il précise :

"Elle est pour moi une Juste parmi les Nations, une grande savante, une grande ethnologue, et également une grande photographe, parce qu’elle a pris énormément de photos avec son Leica pendant les années 1950, 1960 et 1970 au Darfour."

"Elle a fait des films en 16 mm [après avoir appris à manipuler la caméra avec Jean Rouch, NDLR]. Faire le portrait de Marie-José Tubiana me permettait de raconter le Darfour, de raconter le peuple du Darfour."

"Et c’était la meilleure porte d’entrée, la meilleure façon de raconter ce pays, pour pouvoir remonter l’histoire à partir des années 1950, 1960, quand le pays était encore en paix, avant qu’il y ait le génocide en 2003."

Phase d'introduction

Camille Ponsin a d’abord voulu que le spectateur s’attache au personnage de Marie-José. Pour cela, le réalisateur a commencé le film avec une longue séquence calme chez l'ethnologue. Il se souvient :

"Je voulais qu’elle soit au centre du film et au centre de l’émotion. C’est aussi un film sur une femme et sur mon regard sur cette femme au travail. À travers le portrait de Marie-José Tubiana, j’arrive à parler de l’Histoire. Elle-même est une spécialiste du Darfour."

"À travers ses livres et ses écrits, j’avais l’Histoire. J’avais aussi un témoignage sensible, un témoignage émotionnel et émouvant sur le Darfour, qui n’était pas seulement constitué d’enquêtes scientifiques."

"Elle a mené des enquêtes scientifiques d’anthropologue, avec la rigueur des anthropologues, mais elle a aussi fait des récits beaucoup plus personnels, beaucoup plus intimes, ses Carnets de route au Dar For."

"On s’attache à l’histoire de Marie-José, à cette femme extraordinaire, pour ensuite rentrer dans l’Histoire. La troisième couche était évidemment les horreurs et les atrocités du génocide du Darfour."

"Et ensuite l’odyssée et tout le périple des réfugiés pour arriver jusqu’en Europe en traversant la Libye, la Méditerranée. Tout cela m’a été apporté par les témoignages très forts des rescapés du génocide."

Pas de complaisance

Camille Ponsin voulait depuis longtemps faire un film sur le Darfour et les réfugiés du pays. Mais le cinéaste voulait proposer quelque chose de différent (pas une approche uniquement morale ou complaisante). Il explique :

"J’avais envie qu’on s’attache à des faits, à une histoire très précise, pour rendre l’Histoire à ces peuples du Darfour dont on ne connaît pas l’histoire. Derrière le mot « migrant » ou le mot « réfugié », on peut mettre tout le monde, tous les réfugiés, mais, en fait, personne n’y est réellement avec son histoire propre."

"Donc, j’avais envie de rendre aux peuples du Darfour leur histoire propre. Avec Marie-José Tubiana et son approche scientifique, parfois même presque froide sur les faits – ce qui s’est passé, comment cela s’est passé –, c’était une autre façon d’aborder ce problème, loin des débats uniquement passionnés."

Les secrets de tournage des films les plus populaires lors des 30 derniers jours
  • La Vénus électrique (2026)
  • L’Abandon (2026)
  • Michael (2026)
  • Star Wars: The Mandalorian and Grogu (2026)
  • Juste une illusion (2026)
  • Histoires parallèles (2026)
  • Pour le plaisir (2026)
  • Le Diable s'habille en Prada 2 (2026)
  • Obsession (2025)
  • C’est quoi l’amour ? (2026)
  • L’Être Aimé (2026)
  • Karma (2026)
  • La Bataille de Gaulle - L’âge de fer (2025)
  • L'Objet du délit (2026)
  • Autofiction (2026)
  • Vivaldi et moi (2025)
  • The Criminals (2026)
  • Colony (2026)
  • Mata (2026)
  • Mortal Kombat II (2026)