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Aure L
30 abonnés
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3,5
Publiée le 14 mai 2024
Inspiré d'un fait réel, ce film met en avant la difficulté à accepter la différence et le rejet que cela entraine autant sur la personne souffrant de cette différence que l'entourage. Les acteurs sont très justes.
Un film d'époque soigné, sur un sujet peu banal, inspiré d'une histoire vraie. Comment assumer sa différence et faire partie de cette société rurale un peu sclérosée, sans devenir une bête de foire ? Rosalie va essayer avec détermination, courage, et une dose de naïveté, de s'intégrer à cette communauté. Elle fera face à ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change. Le point fort du film réside surtout dans l'histoire d'amour qui va prendre naissance, progressivement, non sans heurts, entre Rosalie et son mari imposé. Le film souffre toutefois de quelques longueurs et d'un certain maniérisme dans sa volonté de créer des images poétiques.
J'ai plutôt apprécié ce film de Stéphanie Di Giusto, qui aborde le thème de la femme à barbe à travers l'hirsutisme. Le sujet peut sembler déroutant au premier abord, mais la réalisatrice en tire un film d'une grande délicatesse et d'une vraie beauté. Dès les premières minutes, on découvre le personnage de Rosalie, incarné par Nadia Tereszkiewicz, ainsi que son père, interprété par Gustave Kervern. Mais c'est surtout l'atmosphère qui frappe immédiatement. Les paysages bretons, entre humidité, pierre et lumière, sont sublimés par une photographie soignée. La musique vient compléter cet univers avec beaucoup de justesse. À mes yeux, les trente premières minutes sont particulièrement réussies et offrent un très beau moment de cinéma. Le film prend ensuite un rythme plus intimiste en suivant le quotidien de Rosalie. Elle doit peu à peu apprivoiser son mari, interprété par Benoît Magimel, une relation qui se construit lentement et avec beaucoup de pudeur. En parallèle, elle cherche à trouver sa place dans un village dominé par le directeur de l'usine, joué par Benjamin Biolay. Au delà de son sujet singulier, Rosalie est un beau film sur la différence, inspiré de la véritable histoire de Clémentine Delait. C'est aussi un film sur l'acceptation de soi, le regard des autres et un amour qui dépasse les apparences, rappelant que les sentiments, eux, ne connaissent pas de frontières.
Un film assez académique (mais pour moi ce n’est pas un problème, cela repose mes méninges !), délicat, beau et poignant sans sombrer dans le mélo et servi par 2 acteurs talentueux. Le scénario s’inspire de la vie de Clementine Delait, celle ci ne devait pas être aussi moderne que notre attachante Rosalie, un parti sans doute pris par la réalisatrice pour faire écho au féministe de notre époque. J’ai adoré la fin…
La femme à barbe et autres étrangetés physiques qui firent les beaux jours des cirques du XIXe siècle sont souvent traités sous le même angle : celui de la violence à l'égard de l'aspérité. Stéphanie di Giusto a modernisé l'approche. La barbe de sa Rosalie est un révélateur de l'oppression masculine et de la façon dont les hommes ont toujours bridé la liberté des femmes. La réalisation est efficace. L'interprétation de Nadia Tereszkiewicz est en tout en délicatesse. Un film intéressant et très réussi.
Cela fait presque un an que j'attendais le film avec impatience. J'en ressors satisfait ! Porté par un très bon duo, Rosalie est un film sur l'acceptation de l'autre, sur comment on est. Son histoire est bien amené avec de très bonnes scènes ! De légers longueurs vers sa fin, mais principalement, le long métrage est une réussite, notamment sur les interprétations !
Film magnifique (costumes, décors, plans) filmé dans des lieux naturels incroyablement beaux avec une musique très belle et très forte. Bravo à Hania Rani qui l'a composée avec sa violoncelliste et qui la dirige. Le film est très fort pendant 1 heure et après il y a un ventre mou de 30 min...heureusement les dernières 20 min redeviennent captivantes. Sans ce passage de 30 min, j'aurai beaucoup mieux noté.. C'est vraiment du beau cinéma. .Bravo à Nadia Tereskwiecisz, Benoit Maginel (un peu trop monolithique quand même ) et Benjamin Biolay et tous les personnages.
Rosalie est une jeune femme qui cache un secret : elle est née avec une pilosité inhabituelle. Mariée à Abel, le tenancier d’un café déserté par les clients, elle va tenter le tout pour le tout en devenant un objet de curiosité, au risque d’être rejetée… Une histoire bouleversante et divinement interprétée par Nadia Tereszkiewicz.
Un sujet interessant mais avec des longueurs, voilà ce que je vais retenir de ce film. La réalisatrice en vient assez rapidement aux faits : Rosalie est une femme à barbe au XIXe siècle. S’ouvre alors le jeux des réactions de son entourage, de son mari et de Rosalie elle même. C’est ici que le film est très intéressant. On comprend et voit l’évolution des comportements de chacun, tout en non-dits. Mais le film est marqué par certaines longueurs, notamment les 25 dernières minutes, qui donnent un dernier ressenti pas forcément positif. Un film à aller voir tout de même.
D’autres critiques sur le compte : lecinema.clement
Le film aurait mérité d'être mieux structuré surtout sur la fin - on a l'impression de stagner dans de multiples rebondissements qui ne s'imposaient pas. mais excellent décor excellente atmosphère et excellents interprètes....une belle reconstitution d'une grande originalité
Rosalie ou la question de la culture de la différence. Magimel nous sort encore le grand jeu, et la douce Nadia Thereskievich est toujours formidable. On en sort forcément bouleversé…
Rosalie est une ode à l'acceptation de la différence, la tolérance, le courage de se montrer tel qu'on est .Bravo à ce duo d'acteurs qui campe ces personnages fragilisés et non moins attachants.
Une belle éloge du droit à la différence dans un monde normalisé. Une actrice formidable et des hommes détestables. Réussir à s'accepter telle qu'elle est, quel courage !
1875 dans une petite ville au début de l'ère industrielle, un capitaine d'industrie règne en maitre et interdit à ses salariés de fréquenter le café-taverne local. Le tenancier, Abel (Benoît Magimel) est au bord de la faillite. C'est pour cela qu'il épouse, sans la voir auparavant, Rosalie (Nadia Tereszkiewicz), pour une dote, sans savoir que sa femme a la caractéristique d'être barbue et poilue. Rosalie, il se trouve, est fine, joyeuse, imaginative, intelligente...et amoureuse. Le contexte historique dans ce film est important et a forcément beaucoup de résonances avec notre époque. Nous sortons d'une guerre, la guerre franco-allemande de 1870 qui fut une sévère défaite pour la France. Abel est revenu blessé physiquement et se sent trahi et manipulé. L'arrivée d'un capitalisme outrancier change les campagnes en lieu d'exploitation où toutes les rancœurs resurgissent. Comment alors trouver sa place avec sa différence, aussi bien dans l'intimité d'un couple que dans une société très corsetée (alors que la modernité et l'argent sont de mise) ? Stephanie Di Guisto met en scène un très beau portrait de femme forte et transforme en atout la différence visible de son héroïne. Clémentine Delait, femme à barbe très connue qui a vécu dans les Vosges au XIXème siècle, a inspiré la réalisatrice, mais celle-ci a évité le simple biopic. spoiler: C'est d'ailleurs dans les Vosges, au théâtre de Bussang, dit Théâtre du Peuple, qu'on peut voir la scène la plus inspirée du film. Ce théâtre a été construit par un industriel pour "ses" ouvriers. Là, Rosalie exécute une danse très proche de celle que dansait Loïe Fuller (la célèbre danseuse héroïne du précédent film de Stéphanie Di Giusto).
On est très loin de freaks, rôles dévolus aux "femmes à barbe" et "monstres de tout genre".
C'est aussi là que, lors d'un cauchemar, le père de Rosalie la tue.
Ce père qui avait choisi de garder sa fille auprès de lui avant son mariage (pour la protéger ou par peur du regard des autres et souci des convenances ?)
Les poils, les cheveux, sont dans le film, une métaphore des sociétés d'uniformisation. Quand je vous disais que le contexte historique ne faisait que renforcer l'actualité de ce film...
Stéphanie Di Giusto nous offre "Rosalie", un film racontant l'histoire d'une jeune femme voulant s'assumer malgré sa grande particularité qu'est sa pilosité très prononcé. Le film se déroule au XIXeme siècle en pleine industrialisation. Rosalie se marie avec Abel, le gérant du bar du village. Rosalie veut des enfants et ne cache pas à son homme que c'est ce qui compte énormément pour elle. Mais lors d'un moment d'intimité, Abel va découvrir la fameuse particularité de sa femme qui ne la cachait que sur son visage. L'homme se retrouve dans une situation où il a honte de sa femme et cherche à ce que cela ne se sache pas. Mais elle va le voir autrement et va vouloir l'assumer, jusqu'à même en tirer profit. C'est le premier film que je vois où la femme à barbe est le sujet central de l'oeuvre. Le sujet du monstre a été à de nombreuses reprises utilisés dans le cinéma comme dans Freaks (1932), dans Éléphant Man de David Lynch ou dans The Greatest Showman (2017) où là aussi les particularités sont utilisés pour faire de l'argent. Dans le film de Di Giusto, Rosalie le fait pour s'assumer mais également pour aider son mari à rembourser sa dette. La ruralité bretonne et les forêts vosgiennes offrent de beaux paysages et ajoutent un certains charme au film. Du côté du jeu, j'ai trouvé celui de Benoît Magimel plus intéressant et réussi que celui de Nadia Tereszkiewicz qui j'ai l'impression est assez plat avec assez peu de rebondissements, de changement de ton de voix, même si dans les scènes clés le jeu est au rendez-vous. L'acteur arrive bien à s'approprier le personnage qui évolue mentalement sur sa vision des choses et sur l'acceptation de sa femme.