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Henrico
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4,5
Publiée le 31 mars 2024
Stéphanie Di Giusto nous avait impressionnés par son précédent film "La Danseuse". Elle nous y retraçait le courage quasi héroïque d'une artiste qui croit en son projet, et en son destin, au point de mettre sa santé en péril. "Rosalie" est de la même veine. Un projet personnel avec une dimension artistique porté à la force de ses bras, contre les sceptiques et les méchant(e)s. Ici aussi, Di Giusto nous brosse des portraits d'hommes et de femmes aux couleurs intenses et variées. Autre élément d'ADN des deux films, l'hyper visibilité du décor, essentiel à l'intrigue. Dans "La Danseuse", les jeux de scène de l'artiste, extrêmement bien filmés, non sans une certaine poésie, avaient une fonction dramatique: expliquer le comment et le pourquoi de la fascination qui s'exerçait sur le public, justifiant ainsi la trajectoire professionnelle hors norme de la jeune femme. Dans "Rosalie", la prééminence du visuel s'exprime par les multiples scènes focalisant sur la forêt, presque onirique, où se meut la jeune femme. Mais également sur la maison qu'elle habite, le café qu'elle anime, ou le lotissement ouvrier où elle circule. Tous ces éléments participent au caractère extraordinaire du personnage. Certains tenteront de récupérer le film de Giusto en le faisant passer pour une ode à la cause LGBT. Rien ne serait plus malhonnête. "Rosalie" n'est pas un emblème transgenre. Le film retrace l'histoire d'une femme qui a su assumer et clamer sa vraie nature : celle d'être une femme, certes avec certaines différences, mais qui ne la rendaient ni moins belle, ni moins féminine. Un petit manque de clarté est à regretter concernant les causes et les conséquences de l'accident d'usine.
Vu via le clubdes300. Le sujet est surprenant, la femme à barbe au début du siècle dans un petit village ouvrier. C'est en fait un film sur les différences. Comment elles attirent et comment elles font peur. Dans tous les cas, cette femme ne laisse pas indifférent.
Très intéressant film de Stéphanie Di Giusto librement inspiré de la vie de Clémentine Delait, célèbre femme à barbe française du début du XXe siècle et qui bénéficie d'une fin onirique et poétique !
On retiendra une belle composition de Benoît Magimel en vieux soldat bourru, blessé dans son corps par la guerre de 1870 et dans son amour-propre par l’irruption dans sa vie d’une femme « différente ». Le rapprochement de ces solitudes dans une campagne peu hospitalière, dominée par un hobereau plein de morgue - un Benjamin Biolay marmoréen et peu inspiré - progresse à pas lents (!) vers une conclusion ophélienne inattendue. Pour le reste, les belles images, le cadre naturel magnifique cachent mal les défauts d’un scénario peu développé et le manque de rythme.
Film librement inspiré de Clémentine Delait, fin du 19e siècle, qui avait une barbe suite à un problème hormonal. "Rosalie" est un film peu commun, qui parle de la volonté d'être soi. Être soi ne se définit malheureusement pas sans le regard des autres. En effet, il n'est pas possible de s'affirmer si les autres nous en empêchent, par leur méchanceté et leur fermeture d'esprit. Un travail particulier sur le son, et les décors de forêt a été mené. Les deux acteurs principaux sont très bons.
Stéphanie Di Giusto nous offre "Rosalie", un film racontant l'histoire d'une jeune femme voulant s'assumer malgré sa grande particularité qu'est sa pilosité très prononcé. Le film se déroule au XIXeme siècle en pleine industrialisation. Rosalie se marie avec Abel, le gérant du bar du village. Rosalie veut des enfants et ne cache pas à son homme que c'est ce qui compte énormément pour elle. Mais lors d'un moment d'intimité, Abel va découvrir la fameuse particularité de sa femme qui ne la cachait que sur son visage. L'homme se retrouve dans une situation où il a honte de sa femme et cherche à ce que cela ne se sache pas. Mais elle va le voir autrement et va vouloir l'assumer, jusqu'à même en tirer profit. C'est le premier film que je vois où la femme à barbe est le sujet central de l'oeuvre. Le sujet du monstre a été à de nombreuses reprises utilisés dans le cinéma comme dans Freaks (1932), dans Éléphant Man de David Lynch ou dans The Greatest Showman (2017) où là aussi les particularités sont utilisés pour faire de l'argent. Dans le film de Di Giusto, Rosalie le fait pour s'assumer mais également pour aider son mari à rembourser sa dette. La ruralité bretonne et les forêts vosgiennes offrent de beaux paysages et ajoutent un certains charme au film. Du côté du jeu, j'ai trouvé celui de Benoît Magimel plus intéressant et réussi que celui de Nadia Tereszkiewicz qui j'ai l'impression est assez plat avec assez peu de rebondissements, de changement de ton de voix, même si dans les scènes clés le jeu est au rendez-vous. L'acteur arrive bien à s'approprier le personnage qui évolue mentalement sur sa vision des choses et sur l'acceptation de sa femme.
Superbe film poignant touchant et émouvant. Les acteurs sont superbes et la jeune NT que je venais de voir la semaine précédente dans les amandiers est fabuleuse dans son interprétation de cette femme qui veut exister et simplement vivre sa vie. Mais le regard détruit les volontés et seule une petite fille peut la sauver. C’est magnifique de beauté avec cette musique âpre sauf cet éclat de joie dans la scène dansée du théâtre avec l’expression poignante de l’adagio de Barber. Superbe
1875 dans une petite ville au début de l'ère industrielle, un capitaine d'industrie règne en maitre et interdit à ses salariés de fréquenter le café-taverne local. Le tenancier, Abel (Benoît Magimel) est au bord de la faillite. C'est pour cela qu'il épouse, sans la voir auparavant, Rosalie (Nadia Tereszkiewicz), pour une dote, sans savoir que sa femme a la caractéristique d'être barbue et poilue. Rosalie, il se trouve, est fine, joyeuse, imaginative, intelligente...et amoureuse. Le contexte historique dans ce film est important et a forcément beaucoup de résonances avec notre époque. Nous sortons d'une guerre, la guerre franco-allemande de 1870 qui fut une sévère défaite pour la France. Abel est revenu blessé physiquement et se sent trahi et manipulé. L'arrivée d'un capitalisme outrancier change les campagnes en lieu d'exploitation où toutes les rancœurs resurgissent. Comment alors trouver sa place avec sa différence, aussi bien dans l'intimité d'un couple que dans une société très corsetée (alors que la modernité et l'argent sont de mise) ? Stephanie Di Guisto met en scène un très beau portrait de femme forte et transforme en atout la différence visible de son héroïne. Clémentine Delait, femme à barbe très connue qui a vécu dans les Vosges au XIXème siècle, a inspiré la réalisatrice, mais celle-ci a évité le simple biopic. spoiler: C'est d'ailleurs dans les Vosges, au théâtre de Bussang, dit Théâtre du Peuple, qu'on peut voir la scène la plus inspirée du film. Ce théâtre a été construit par un industriel pour "ses" ouvriers. Là, Rosalie exécute une danse très proche de celle que dansait Loïe Fuller (la célèbre danseuse héroïne du précédent film de Stéphanie Di Giusto).
On est très loin de freaks, rôles dévolus aux "femmes à barbe" et "monstres de tout genre".
C'est aussi là que, lors d'un cauchemar, le père de Rosalie la tue.
Ce père qui avait choisi de garder sa fille auprès de lui avant son mariage (pour la protéger ou par peur du regard des autres et souci des convenances ?)
Les poils, les cheveux, sont dans le film, une métaphore des sociétés d'uniformisation. Quand je vous disais que le contexte historique ne faisait que renforcer l'actualité de ce film...
Ce film de Stéphanie di Guisto s'est inspiré d'un fait qui défraya la chronique à l'époque, l'histoire de Clementine Delait femme atteinte d'hypertrichose, c'est à dire au système pileux très développé, autrement dit une femme à barbe.Certes l'action est transposée en Bretagne mais ce n'est pas gênant, en tous les cas moins gênant que la presque absence d'un banc titre au départ.Un certain féminisme se dégage parfois de l'action compte tenu de l'époque à laquelle nous sommes mais nous avons à faireà une femme forte de caractère ce qui est assez bien vu: Nadia Tereszkiewiz se tire fort bien du rôle,mieux encore que Benoît Magimel, son époux dans le film.Au delà de l'histoire, il y a tout le problème de la tolérance et du droit à la différence omniprésent en toile de fond.L'ensemble laisse une fort bonne impression et se laisse découvrir avec plaisir
"Rosalie" est un film qui nous transporte dans la France de 1870 pour raconter une histoire d'acceptation, de courage et d'amour. Le personnage principal, Rosalie, interprété par Nadia Tereszkiewicz, est une jeune femme différentspoiler: e des autres, son visage et son corps sont recouverts de poils, ce qui fait d'elle ce qu'on appelle une "femme à barbe". Cependant, malgré sa différence, elle ne veut pas être réduite à un vulgaire phénomène de foire. Elle a toujours dû se raser pour cacher sa particularité, de peur d'être rejetée.
L'histoire prend un tournant inattendu lorsqu'Abel, un tenancier de café en difficulté financière, l'épouse sans connaître son secret. Rosalie, désireuse d'être regardée et aimée pour ce qu'elle est, décide de ne plus se cacher. Le film explore la question de savoir si Abel sera capable de l'aimer une fois qu'il découvrira la vérité.
Stéphanie Di Giusto réalise une mise en scène soignée et intimiste qui nous plonge dans l'intimité des jeunes mariés. La lente valse de l'acceptation et de l'amour se déploie avec délicatesse et émotion. La réalisatrice parvient à capturer les émotions et les tourments des personnages de manière authentique.
"Rosalie" offre une réflexion sur la différence, la tolérance et la cruauté de la société envers ceux qui ne correspondent pas aux normes établies. Le film souligne la fragilité de l'acceptation et la manière dont les lois et les préjugés sociaux peuvent briser la vie des individus.
Les performances des acteurs, en particulier Nadia Tereszkiewicz, Benoît Magimel et Benjamin Biolay, sont remarquables. Ils apportent une profondeur et une humanité aux personnages, ce qui renforce l'impact émotionnel du film. Rosalie" est un portrait poignant d'une jeune femme qui aspire simplement à être aimée et acceptée pour ce qu'elle est. Le film aborde des thèmes universels tels que l'acceptation de la différence, la quête de l'authenticité et le pouvoir de l'amour. C'est une histoire à la fois touchante et révélatrice qui rappelle que l'humanité doit évoluer au-delà de ses préjugés pour embrasser la diversité et la beauté de chaque individu.
Vue en avant-première ce soir, ce film est magnifique à tout point de vue. Les 2 acteurs principaux sont parfaits et l'histoire de cette femme hors norme est racontée avec beaucoup de subtilité et de profondeur. Un film émouvant et puissant.
Au même titre que La Danseuse, son premier long-métrage, le nouveau film de Stéphanie Di Giusto, Rosalie, est un objet fort singulier. Atteinte d'hirsutisme, son héroïne tente de vivre une existence de femme épanouie dans un petit village breton, après la guerre de 1870. Lors de sa présentation à Cannes, le film a été taxé d'académisme, ce qui est contestable, et d'avoir tracé le portrait d'une femme un peu trop moderne pour son temps, ce qui n'est qu'en partie vrai et signifie que les critiques se sont focalisées principalement sur le fond, en négligeant la forme qui dès les premières scènes porte la marque d'une cinéaste très talentueuse. Cette femme à barbe, loin du célèbre film de Marco Ferreri, a aussi un mari, dont le regard évolutif sur la pilosité de son épouse alimente un récit symbolique de l'acceptation ou non de la différence, de même que de la question de la féminité. A chacun de se faire sa propre religion mais le film ne vise pas le réalisme à tout crin et prend même la forme de fable, pour peu qu'on s'intéresse à chacun de ses personnages , moyennant quoi le film fonctionnera au quart de poil et ne sera pas exempt d'émotion. Nadia Tereszkiewicz est toujours aussi fascinante et semble décidément capable d'assumer les rôles les plus difficiles, tandis que Benoît Magimel confirme qu'il est bien l'acteur français le plus "chaud" du moment.
Sur un sujet intéressant, le film suit un parcours bien balisé : curiosité malsaine de la foule puis acceptation puis rejet proche du lynchage. "C'est difficile d'être une femme" dit Rosalie à celui qu'elle va épouser qui ne connait aps encore son secret. Avec sa barbe de hypster, Rosalie renvoie aussi à toutes les créatures dégénrées/regenrées... Et l'attirance répulsion de son époux reflète aussi celle de l'époque et ce qu'aimer une telle freak voudrait dire... Malgré une interprétation juste, le film ne se départ pas d'un côté téléfilm historique un peu lent et tellement attendu dans son développement.
Rosalie est donnée en mariage par son père à un tenancier de café dans un village rural de France à la fin du 19e siècle. Très vite après les noces, Abel découvre avec horreur la vérité concernant le physique de sa chère et tendre : elle a le corps recouvert de poils. Histoire de la femme à barbe et de sa personnalité forte.
spoiler: Rosalie est un rappel que les discriminations liées au physique ne datent pas d'hier et que les hommes ont souvent tendance à rejeter ce qu'ils ne comprennent pas. Sur fond d'une jolie bande originale, on découvre les épreuves d'une femme pour se faire accepter par son entourage et profiter de ses particularités pour faire de l'argent. La relation entre les deux personnages est tendre, pas de manichéisme affiché ce qui est plutôt une bonne surprise vu le sujet.