Le petit théâtre habituel de Guiraudie est ici proposé à la mode automnale.
Les décors habituels de l'Aveyron servent de décors à une sarabande attendue, mais toujours aussi délicieuse : un homme fort qui vient de mourir, sa femme, son fils énervé, un curé, un voisin et un étrange visiteur qui va agir sur ce petit monde un peu comme celui du Théorème de Pasolini.
Le désir sexuel semble sautiller de personnage en personnage comme le ferait une puce gouailleuse, alors que se dessine un polar dans lequel chaque personnage évolue dans ses relations aux autres.
Ce thriller occitan génère de franches tranches de rigolade, assez innatendues de la part de Guiraudie. Les personnages des gendarmes sont hilarants, policés dans leurs questions, mais complètement décalés dans leurs actions.
Mais le personnage central du film, celui qu'on n'oubliera pas de sitôt, c'est le curé joué par l'excellent Jacques Develay. Sa bonté, son flegme, sa capacité à tout comprendre avant tout le monde est touchant au possible. Il est étonnant de voir Guiraudie dessiner un personnage de prêtre aussi émouvant.
Miséricorde fait partie de ces films pour lesquels il est absolument impossible de deviner l'évolution de l'intrigue ... et c'est un sentiment jouissif. Drôle, intrigant, mais aussi générateur de réflexion (comment punir justement un assassin ?), le dernier Guiraudie est l'un de ses meilleurs films.
C'est tellement lent,les acteurs jouent bien leur partition. Film parfaitement amoral ou le curé amoureux trouve même une justification et un sens au meurtre.... Glauque.
Voilà un film parfaitement amoral, mais certainement pas immoral. Beaucoup de questions sur le désir, le crime, le pardon et la façon dont les personnages peuvent les vivre. Les réponses sont dépouillées de conventions sociales habituelles et c'est ce qui fait pour moi tout son intérêt. Et cela est fort bien traité, par un scénario plein de surprises remarquables (ainsi la scène de la confession) et par un jeu d'acteurs très juste. Et, cerise sur la gâteau, c'est à la fois troublant voire parfois dérangeant tout en étant souvent très drôle. Un film comme on aimerait en voir plus souvent !
Alain Guiraudie est de retour avec Miséricorde, un film sombre et très réussi. Jérémie vient assister aux funérailles de son ancien patron et s’installe chez Martine, sa veuve. Mais l’atmosphère du village va se charger en bizarrerie : un abbé (hilarant et merveilleusement incarné) au comportement étrange, un voisin menaçant, une disparition inquiétante et un personnage principal à la psychologie complexe. C’est redoutablement efficace. La réalisation est soignée. Tout est beau dans ce film, y compris les détails. Un petit bijou !
J'avais oublié à quel en point un film français peut être nul et bancal. A part deux scènes un peu moins ratées, au confessionnal et en haut de la falaise, le film est nullissime. Je n'écris jamais d'avis mais si je peux éviter à quelqu'un de perdre 2h, ça sera au moins ça. Pour ma part, c'est ma femme qui choisira les 10 prochains films pour la peine, haha. Les acteurs ne jouent pas bien, une scène de bagarre pas crédible, le maquillage cinéma qui se voit, le scénario pas du tout crédible,etc. Bref, profitez du bon air et passez votre tour sur ce film. Mention spéciale au spoiler: curée en érection , là j'avoue on ne me l'avais jamais faite celle-là!
Miséricorde un thriller.....pitié ! On s ennuie ferme, les personnages sans grand intérêt et le jeu des acteurs assez bof en dehors de c. Frot qui fait c. Frot. Un téléfilm de seconde partie de soirée pour insomniaques.
Film d’une grande prouesse . Il y a une direction d’acteurs impeccable . On sent vraiment un cinéma maîtrisé jusqu’au moindre détail . On pourrait parler d’un thriller rural tagicomique qui se déroule dans un petit village de Lozère .. un homme revient dans le village pour l’enterrement de son ancien patron , il s’installe chez sa veuve ( Catherine Frot - formidable ) . On ressent rapidement une relation ambivalente entre les personnages, une forme de malaise , de jalousie et d’attirance sexuelle qui s’insinue petit à petit . J’avoue que le réalisateur nous amène où on ne l’attend pas et cet effet surprise est magistral . Quand Le prêtre du village , personnage on ne peut plus orthodoxe demande la confession au meurtrier, on se dit que le réalisateur est un génie pour chercher les tendances perverses et immorales des êtres sans tomber dans la provocation trash. C’est jubilatoire
Je ne connaissais pas le cinéma d’Alain Guiraudie et je dois avouer être très séduit par ce Miséricorde ! Une vraie masterclass d’équilibriste du cinéma : entre drame familial et thriller, ce film est surtout une farce macabre, extrêmement drôle dans laquelle tous les personnages sont romanesques et brillamment interprétés !
C’est unique, libre, amoral et déroutant ! Très réaliste dans sa description du monde rural (profond), on est ancré dans cette terre, dans ce village où tout le monde semble s’épier et dans ce magnifique cadre, Guiraudie développe une intrigue totalement loufoque, glauque et irrésistible avec un propos sur le désir, sur le deuil, sur la justice, la culpabilité et la…miséricorde.
Un de mes favoris aux prochains César (réalisateur, scénario, film, acteurs).
PS : pour ne rien gâcher, c’est sûrement la plus belle affiche de l’année !
Ce film fait partie du top 10 des plus nuls de ma vie. Il est lent, gênant, on cherche désespérément un sens. Le scénario et les personnages ne sont pas crédibles pour un sou. Épargnez vous ce mauvais moment, la vie est trop courte. Seul point positif : les paysages de l'Aveyron. A ce niveau, optez pour un documentaire.
Un thriller haletant et hypnotique d'une intensité rare. La force de *Misericorde* réside dans l'équilibre subtil entre suspense et psychologie. Le récit avance avec une lenteur précise, amplifiant le malaise et nous poussant à observer chaque geste des personnages, chaque expression de leurs visages. La mise en scène, précise et sans fioritures, nous immerge dans une ambiance oppressante. Les personnages, interprétés avec justesse, apportent une dimension humaine à l'histoire, nous rappelant que nous sommes tous humains avec une part d'ombre....
C'est très drôle, on ne s'ennuie jamais, on rit beaucoup et on goûte la saveur de ces dialogues simples, mais pleins de crédibilité. Je ne suis pas convaincu, comme le disent certains critiques professionnels, qu'il s'agisse d'un film sur le désir, désir non partagé en l'occurrence, mais enfin, admettons ! Que le jeune Jérémie veuille coucher avec Walter paraît assez vraisemblable, quoique curieux, qu'il y ait sans doute une attirance entre lui et le fils de Martine est incontestable (les bagarres en disent long), le désir sublimé du prêtre pour Jérémie est assez plausible. Mais enfin là n'est pas l'essentiel, me semble-t-il, et on est plus dans le jeu, dans le parcours obligé (on est dans un film de Guiraudie tout de même) que dans l'exploration réelle du désir. Le seul désir réel qui existe, à mon avis, est celui que Jérémie a éprouvé pour le boulanger défunt, désir dont sa femme a bien été consciente d'ailleurs, et qui resurgit via la photo. En revanche, le scénario est bien ficelé, et les moments de drôlerie sont assurés (la confession du prêtre, les dialogues avec les deux gendarmes....)