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coraly
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3,5
Publiée le 4 octobre 2024
Comédie très réussie, bien écrite et bien jouée, drôle, qui parvient assez bien à éviter ou à contourner les clichés. Tous les habitants du village sont dépeints avec une certaine férocité, mais sans aller trop loin dans la caricature. La famille Fayad, réfugiés venus de Syrie après être passés par un camp, vont subir avec résignation de nombreuses difficultés en s'installant dans ce village breton, entre la (trop) bonne volonté des uns, l'hypocrisie des autres, l'hostilité de certains, avec cette galerie de personnages à l'image de la société. On en ressort finalement optimiste, spoiler: grâce à une fin digne d'un conte de fée, mais cela fait du bien d'y croire !
Lorsqu'un petit village Breton accueille une famille de Syriens (au lieu des réfugiés Ukrainiens initialement prévus), tous les stéréotypes sont bien évidemment de la partie. Mais Julie Delpy parvient à insuffler la fraîcheur nécessaire à son film pour instiller un peu de nouveauté dans ce sujet déjà traité maintes et maintes fois au cinéma, sans diaboliser ni victimiser ses personnages. Entre racisme ordinaire, peur de l'autre et préjugés, la situation évolue avec finesse, entre humour et gravité, grâce à une écriture intelligente et à un casting parfaitement calibré pour faire passer le message. Un message empli d'humanité, à la fois drôle et grinçant, qui doit beaucoup au talent d'acteur de Julie Delpy, Sandrine Kiberlain, Laurent Lafitte (parfait dans le rôle du raciste lambda), Jean-Charles Clichet (impayable dans son rôle de maire dépassé par les événements) et India Hair. Mais la bien-pensance demeure malheureusement toujours aux aguets du propos. Reste à savoir qui sont les vrais barbares du film...
Si au fond on passe un bon moment, il y a un mélange de bien pensance et de « moquerie » envers « les petites gens de la campagne » qui laisse une note amère à ce film. D’autant que si Julie Delpy pouvait sembler jouer ironiquement la prof de gauche qui fait tout bien, alors la fin (spoiler: qui consiste à ce qu’elle parte sur des camps de réfugiés syriens pour aider directement sur le terrain ) ne fait que confirmer l’intention trop gentillette de ce film! Mais sinon on rigole un peu, et ça fait quand même réfléchir sur le traitement différencié entre réfugiés européens et du moyen-orient. Si quelques personnes peuvent grandir grâce à ce film alors super. Mais je doute que le public visé soit celui qui en aurait besoin.
L'intention était bonne, mais ça prend le spectateur un peu pour un neuneu. Dans le même registre Bienvenue à Marly-Gomont savait toucher juste et être sincère. Ici, l'humour est parfois réussi quand on est avec Laurent Laffite et India Hair. Dommage d'ailleurs que Julie Delpy ait utilisé la même idée de l'accouchement que dans Marly-Gomont, (tellement plus émouvant) C'est dire le peu de travail sur le scénario.
Encore un film sur le vivre-ensemble. Cependant, contrairement à d’autres comme “Pour l'honneur“, Les Barbares n’est pas forcément des plus réussis. Le scénario des Syriens débarquant dans une bourgade n’a rien de bien surprenant. Bien entendu, le racisme passe par là, et leur venu ne plaît pas à tout le monde. Pour jouer le rôle du méchant d’extrême droite, on a un Laurent Lafitte peu convaincant. Il faut dire l’écriture sans finesse de son personnage ne l’aide pas. Pour le reste, Julie Delpy a préféré le format comédie. Nous ne sommes pas sur un mauvais film, mais il manque clairement du rythme. On végète dans ce patelin. L’attachement aux personnages principaux se fait difficilement. Il y a quelques passages touchants, mais ils sont trop peu nombreux au vu de la situation. Tout cela à cause du trop grand nombre de secondaires. Pourtant, le casting secondaire fait plaisir à voir. Il ne suffira cependant pas à faire oublier les carences d’un film avec une bonne volonté de font, mais une application maladroite.
Qu’on soit fan ou pas de sa filmographie en tant que réalisatrice, on a quand même connu Julie Delpy plus inspirée ou innovante. Par exemple, son diptyque « 2 days in New York » et « 2 days in Paris », si on reste dans le domaine de la comédie, était bien plus pointu et original. Cette actrice à la base, dont la carrière se divise entre les États-Unis (la trilogie des « Before » avec Richard Linklater derrière la caméra et Ethan Hawke devant) et la France depuis ses débuts, touche un peu à tout mais ses films comiques deviennent de plus en plus lisses et populaires dans le mauvais sens du terme. Si « Le Skylab » était plutôt sympathique, son association avec Dany Boon sur « Lolo » n’était pas vraiment un bon souvenir. Elle redresse (un peu) la barre avec « Les Barbares » notamment grâce à un sujet porteur et contemporain mais tout cela demeure le type de film trop gentil et formaté, parfaitement calibré pour un prime-time de chaîne hertzienne.
On se demande même si elle n’a pas trouvé son inspiration grâce au film de Ken Loach puisqu’elle en reprend quasiment le même postulat. En effet, dans « The Old Oak » son dernier film, le cinéaste social et humaniste britannique montrait comment l’arrivée d’une famille de réfugiés syriens allait déchaîner les passions au sein d’un petit bourg campagnard anglais. Et c’est exactement le même synopsis que pour « Les Barbares », origine des réfugiés compris, sauf qu’ici on est dans un petit village breton et, surtout, que Delpy a choisi la voie de la comédie plutôt que du drame. Et même si le sujet se veut social et réflexif ici, elle laisse vraiment le constat sociologique en lointaine toile de fond laissant le rire passer en premier. D’ailleurs les quelques tentatives d’émotion et de sérieux sont à côté de la plaque et dénotent. On passe tout de même un bon moment avec ces villageois proches de la caricature et leurs travers humanistes, racistes ou entre les deux.
Les acteurs sont pour beaucoup dans le plaisir qu’on prend à les voir s’écharper sur la question de cette famille. Et visiblement ils s’amusent aussi et quelques situations tout autant que des répliques bien senties vont beaucoup nous amuser. On passera donc sur le côté prévisible de tout cela, que ce soit dans la tournure que vont prendre les événements mais aussi l’évolution des personnages et l’évidence de la conclusion en forme de happy-end. Il est moins aisé d’être tolérant avec la mise en scène de l’actrice qui s’avère paresseuse et proche du téléfilm. Jamais elle semble vouloir tenter ne serait-ce qu’un plan ou un mouvement de caméra un tant soit peu étonnant. Et concernant l’humour on aurait clairement aimé quelque chose de plus piquant, osé et méchant avec pareil sujet prometteur. Mais, visiblement, Delpy a préféré éviter toute polémique et juste faire un passer un bon moment. Alors on ne fait pas la fine bouche et on se satisfait de cela.
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Dans Les Barbares, Julie Delpy nous invite à un voyage dans un petit village breton où les apparences de convivialité et d’harmonie cachent des tensions sous-jacentes. Avec un scénario signé par la réalisatrice elle-même, accompagnée de Matthieu Rumani, le film se penche sur la question de l’accueil des réfugiés, de la solidarité, mais aussi de l’intolérance qui peut surgir dans des contextes de crise. Un microcosme provincial en pleine effervescence
Le film s’ouvre sur un portrait d’un village apparemment tranquille : Paimpont, un lieu où les habitants semblent mener une vie paisible, rythmée par des interactions simples mais pleines de chaleur. Joëlle, l’institutrice dévouée, Anne, la tenancière de la supérette et Hervé, le plombier alsacien au cœur breton, incarnent un microcosme social à la fois pittoresque et authentique. Mais lorsque le village décide d’accueillir des réfugiés ukrainiens, un retournement de situation bouleverse tout : les réfugiés qui débarquent ne sont pas ukrainiens, mais syriens. Et c’est là que tout dérape.
La satire sociale prend une tournure subtile mais percutante lorsque l’harmonie communautaire est mise à mal par la peur de l’inconnu. Le film dévoile les failles de cette solidarité affichée, soulignant l’hypocrisie et les préjugés qui résident dans certains individus, notamment face à la question de l’identité nationale, de l’altérité et de la peur de l’autre. Une réflexion sur la solidarité et l’intolérance
À travers les réactions des habitants, le film pose la question essentielle de la solidarité réelle et de la solidarité conditionnée. Si les Paimpontais se montrent ouverts et pleins de bonne volonté au début, l’arrivée de réfugiés syriens, perçus comme « autres » et étrangers à la cause initiale, déclenche des réactions divergentes. Certains sont enclins à rejeter ces nouveaux arrivants, d'autres tentent de faire bonne figure tout en exprimant des réserves. Ce conflit interne entre le désir de paraître accueillants et les inquiétudes face à l'inconnu est traité avec une ironie fine, mais aussi une profonde humanité.
Le titre Les Barbares ne se limite pas à désigner les réfugiés, mais s’élargit à la manière dont les habitants eux-mêmes, dans leur vision étroite et réactive de l’autre, finissent par incarner une forme de barbarie qui contredit l’image qu’ils ont d’eux-mêmes comme étant civilisés et progressistes. Le film explore cette dualité et met en lumière les contradictions qui naissent lorsque l’on doit faire face à la réalité de l’immigration et à la gestion des différences culturelles. Un humour acerbe et une direction d’acteurs impeccable
Julie Delpy, à la fois réalisatrice et actrice principale, parvient à insuffler à son film une touche d’humour caustique qui équilibre parfaitement la gravité des thématiques abordées. Les scènes d’interaction entre les personnages sont à la fois légères et pleines de sous-entendus. On rit parfois de ces petites absurdités humaines, mais le rire n’est jamais loin de la tension, et Delpy réussit à rendre son film aussi captivant qu’intrigant.
Les performances des acteurs sont irréprochables, avec une mention spéciale pour Sandrine Kiberlain, qui incarne une Anne un peu déconnectée, mais pleine de cœur, et Laurent Lafitte, en Johnny le garde-champêtre à l'enthousiasme naïf mais parfois maladroit. Julie Delpy, quant à elle, incarne Joëlle avec une énergie contagieuse, mêlant autorité et fragilité, offrant ainsi un personnage complexe et émouvant. Un regard critique sur la société française
Le film aborde un sujet d’actualité avec pertinence et sans complaisance, offrant un regard critique sur la société française, ses valeurs de solidarité, mais aussi ses limites. Les Barbares n’est pas un film moraliste ; il n’impose pas de réponses simples, mais pousse à la réflexion, à travers les regards contrastés des personnages, sur ce que cela signifie vraiment être accueillant, humain, et solidaire dans un monde de plus en plus polarisé.
Une comédie très bien écrite comme toujours avec Julie Delpy. Elle a son univers reconnaissable dès les premières minutes . Les comédiens sont tous très bons . Une découverte.
Imaginez-vous dans un petit village breton dont le conseil municipal décide d’accueillir des réfugiés ukrainiens et se retrouve avec une famille syrienne. Et bien le dernier film de July Delpy nous plonge dans cette situation qui nous fait croiser des habitants les plus ouverts à ceux les plus odieux. L’exercice est périlleux à plusieurs titres. Le sujet bien d’actualité n’est pas porteur et choisir, comme la réalisatrice l’a souhaité, de le traiter avec humour n’est pas des plus faciles. L’exerce est réussi haut la main. Au côté des habitants croisés tel que le maire, « l’officier de police », le couple d’épiciers, la restauratrice et l’institutrice on découvre cette famille contrainte de s’éloigner de son pays. Les uns parlant, les autres découvrant les us et coutumes. Pour apporter un regard différent, une équipe de télévision régionale immortalise l’arrivée des déracinés et se trouve témoins de situations guère glorieuses. On rit parfois, même jaune, on pleure et derrière cette galerie de personnages on devine aisément que les actrices et acteurs se sont régalées à faire vivre un artisan lâche et raciste pour Laurent Laffite, une femme peu heureuse dans sa vie pour Sandrine Kiberlain, une institutrice gauchisante et bienpensante pour la réalisatrice elle-même, sans oublier son père Albert Delpy vieil anarchiste. Une découverte pour moi, celle de Ziad Bakri qui interprète le père de famille syrien. Voir ce film ne sera pas pour vous une perte de temps, bien au contraire.
Belle réussite. Julie Delpy parvient à manier avec subtilité la satire et le récit. Le film aurait pu être gentiment généreux, un peu gnangnan. On le craint un peu au début. Puis le charme opère, au travers de l'écriture et de l'interprétation.
Un film intelligent, drôle et touchant. Ce qui m'a marqué le plus c'est que le film dresse une image juste du racisme en France que ce soit le racisme direct ou détourné ! Bravo à Julie Delpy et l'ensemble des acteurs tous incroyables dans leurs rôles.
Julie Delpy déploie ici à nouveau une joyeuse et astucieuse comédie sur un sujet sérieux et complexe. Laurent Lafitte (encore dans un rôle ingrat) et Sandrine Kiberlain en épicière enjouée sont extras. J’ai bien aimé.
Julie Delpy réalise ici une comédie à la fois engagée et pleine de clichés. Dès le début, le film assume son ton caricatural sur fond de choc des cultures. Pourtant, derrière ce message bien-pensant, on resent une vraie tendresse pour les personnages. Les dialogues sont souvent drôles, et nous prenons plaisir à suivre ces situations d’incompréhension culturelle. Le film parvient à toucher par sa bienveillance sincère. Une petite comédie généreuse (même si parfois maladroite) qui vous fera malgré tout passer un bon moment !