Bien que, d'ordinaire, je ne sois pas attirée par les histoires dites "de vampire", En Attendant la Nuit sort vraiment du lot. Aux journalistes qui l'ont qualifié de "teen movie" j'ai envie de dire : "revoyez vos copies", car il s'agit ici d'un véritable drame humain tout à fait adulte, à l'issue duquel mêmes les plus durs ne sauraient rester insensibles.
Certes le personnage principal, Philémon Feral, incarné superbement bien, pour une première expérience, par le jeune acteur en herbe, Mathias Legoût Hammond, a besoin de sang pour survivre, mais ce désir quelque peu étrange ne sert en réalité que de fond pour présenter les vrais thèmes du film, ceux de l'incompréhension et du rejet de la différence par la société, de jusqu'où ira une mère et une famille pour protéger son enfant, du sacrifice de soi-même et pour autrui, de la normalité avec ses revers et son prix ultime.
La réalisatrice, Céline Rouzet, signe un excellent long métrage, mêlant finement touches légères et drôles avec surprises, tension et tragédie, le tout sur un ton et à une allure très justes.
Il ne faut pas oublier non plus la bande son qui accompagne et traduit magistralement à l'écran le drame qui se déroule, sans compter le travail du chef opérateur, qui est remarquable de par le grain des prises et des plans de paysages sublimes. La toute jeune actrice, Laly Mercier, sœur de Philémon, mérite également une mention particulière pour la qualité de son jeu.
Bref, ne ratez surtout pas l'occasion de découvrir ce récit bouleversant et le talent de toute une équipe de techniciens et d'acteurs.