"Dans Trans Memoria, Victoria Verseau ne filme pas seulement un parcours de transition ; elle filme un monde en transition, un territoire mouvant où les corps, les souvenirs et les lieux se métamorphosent sans jamais trouver de forme définitive."
"La réalisatrice retourne en Thaïlande, dans ces décors désertés où elle avait vécu son opération, lieux désormais fissurés, silencieux et transformés. Ils semblent vides, mais ils ne le sont pas : ils palpitent de présences, comme si la mémoire elle-même imprégnait les murs d’hôtels condamnés et les couloirs abandonnés. Verseau filme ces espaces avec la douceur d’une archéologue émotionnelle, cherchant ce qui reste lorsque le passé s’efface. On croit voir des ruines ; on comprend qu’elles sont hantées. Meril, l’amie disparue, revient non comme un spectre visible, mais comme un souffle persistant, un manque que le film tente de combler sans jamais le refermer."
"Cette hybridation formelle – mélange d’archives intimes, de reconstitutions, de matières numériques tremblées, de tableaux élégants baignés de lumière ou de néons nocturnes – épouse la nature de ce qu’elle tente de capter. Le film glisse sans prévenir du documentaire à la rêverie, de l’aveu brut à la poésie visuelle, comme si la réalité elle-même devenait poreuse. Cette fluidité est cohérente et Verseau sait que l’identité, la mémoire et le deuil n’obéissent pas à une narration rectiligne. Ce qui éclot à l’écran, c’est un cinéma où la douceur côtoie la violence, où la quête intime se heurte à l’impossibilité de retrouver ce qui a été perdu, où chaque image devient une tentative fragile de retenir un passé qui s’effiloche."
"Trans Memoria n’est pas un film qui tranche. Il ne répond pas, il questionne. Il ne ferme rien, il ouvre. C’est peut-être pour cela qu’il nous touche autant. Parce qu’il nous rappelle que devenir soi – trans ou non – n’est jamais un acte conclusif. C’est une respiration, une mémoire mouvante, un état du monde, un état d’être. Et au fond, un acte de résistance face à l’effacement."
Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Dans Trans Memoria, Victoria Verseau remonte le fil de sa transition et du deuil de Meril pour comprendre ce qui la construit comme femme. Le film dévoile un chemin intérieur où la mémoire, les lieux et les corps portent encore les traces d’une douleur qui ne s’efface pas. En Thaïlande, l’hôtel déserté, le centre commercial effondré et les chemins boueux deviennent les témoins d’une histoire que le temps a fissurée. Athena et Aamina accompagnent ce voyage, entre soutien, tensions et doutes, révélant trois trajectoires trans aussi différentes que sincères. La réalisatrice mêle documentaire et fiction pour explorer ce qui persiste quand tout disparaît, jusqu’à une scène finale imprévue qui célèbre la survie, le chaos et une fragile note d’espoir.
Film assez dérangeant sur la transition de genre et les conséquences post-opératoires . Un bel hommage à toutes ces personnes qui passent par cette épreuve.
Ce documentaire sur le thème du transgenre et de l’intime est le premier long métrage de cette réalisatrice. Elle même transgenre, elle a su traiter ce sujet qu’elle connaît bien avec délicatesse, sans jamais tomber dans le côté trivial. De plus, son film éclaire le spectateur sur la réalité de ce changement de genre choisi avec les conséquences et difficultés tant sur le plan physique que psychologique. C’est un bon documentaire que l’on suit avec intérêt.
Bernard CORIC
Film visionné aux journées GNCR/ACRIF des 27 et 28/08/2025 au Mélies à MONTREUIL
Merci de donner de la visu à une cause qui en a bien Besoin!! Ça montre les aspect de la transition les plus dur et nous permet de mieux comprendre leur souffrance
Ce documentaire est riche de par sa sincérité sur la vie des personnes trans. Il permet de dépasser le caractère altérisant de la catégorie "transgenre" telles qu'on l'entend dans les débats médiatiques et politiques en replaçant au centre les personnes comme humain à part entière. Merci à Victoria Verseau de la beauté avec laquelle elle a fait de bouts de vie un documentaire à la mémoire des personnes trans afin qu'elles ne tombent pas dans l'oubli.