Saignant et cinglant, Arlette, le troisième long-métrage de Mariloup Wolfe, ne fait pas dans la dentelle pour décrire es mœurs au sein du gouvernement et du parlement québécois, en les comparant à celles qui avaient cours à la cour de Versailles. C'est une comédie qui ne fait pas de prisonniers, fusillant le machisme ambiant, le cynisme, la démagogie et les jeux de pouvoir, au moment où une nouvelle ministre de la culture, qui n'a aucun passé politique ni guère de légitimité, prend ses fonctions. Malgré une projection sans sous-titres, pourtant indispensables pour saisir toute la verdeur des expressions locales, Arlette reste jubilatoire pour son mauvais esprit et son irrespect total, dans un théâtre de bouffons où s'affrontent égos surdimensionnés, stratégies d'images et rivalités intestines (évidemment, tout est transposable en dehors du Québec, y compris en France, cela va sans dire). Ce film virtuose est illuminé par le talent de son actrice principale, Maripier Morin, ébouriffante et plus que crédible, elle qui, par ailleurs, est très controversée à cause d'attitudes et de propos visiblement condamnables. Mais il n'est pas question de juger ici la femme mais la comédienne et il est indéniable qu'elle est une Arlette stupéfiante de bout en bout. Si l'on devait trouver un équivalent français au film, c'est sans doute du côté de Ridicule de Patrice Leconte qu'il faudrait se tourner. Le Québec, ce n'est pas Versailles ici, mais si, un peu quand même.