Saignant et cinglant, Arlette, le troisième long-métrage de Mariloup Wolfe, ne fait pas dans la dentelle pour décrire es mœurs au sein du gouvernement et du parlement québécois, en les comparant à celles qui avaient cours à la cour de Versailles. C'est une comédie qui ne fait pas de prisonniers, fusillant le machisme ambiant, le cynisme, la démagogie et les jeux de pouvoir, au moment où une nouvelle ministre de la culture, qui n'a aucun passé politique ni guère de légitimité, prend ses fonctions. Malgré une projection sans sous-titres, pourtant indispensables pour saisir toute la verdeur des expressions locales, Arlette reste jubilatoire pour son mauvais esprit et son irrespect total, dans un théâtre de bouffons où s'affrontent égos surdimensionnés, stratégies d'images et rivalités intestines (évidemment, tout est transposable en dehors du Québec, y compris en France, cela va sans dire). Ce film virtuose est illuminé par le talent de son actrice principale, Maripier Morin, ébouriffante et plus que crédible, elle qui, par ailleurs, est très controversée à cause d'attitudes et de propos visiblement condamnables. Mais il n'est pas question de juger ici la femme mais la comédienne et il est indéniable qu'elle est une Arlette stupéfiante de bout en bout. Si l'on devait trouver un équivalent français au film, c'est sans doute du côté de Ridicule de Patrice Leconte qu'il faudrait se tourner. Le Québec, ce n'est pas Versailles ici, mais si, un peu quand même.
Mettons tout de suite la polémique stérile et inutile, tellement en phase avec la superficialité de notre époque concernant la présence de Maripier Morin à l’écran. En d’autres temps, tout cela n’aurait même pas existé et, surtout, tout cela n’a clairement rien à voir avec le cinéma. Non seulement « Arlette » est un film réussi mais, en plus, la comédienne prend son rôle à cœur et cela lui va comme un gant. Sous les traits d’une chroniqueuse de mode à qui l’on propose d’être Ministre de la culture et qui va découvrir la petite comédie du pouvoir et ses coulisses, elle est tout simplement royale et parfaite. Bourrée de charme, de sensualité et de malice, elle empoigne son rôle avec conviction et nous convainc par la même occasion sans jamais sombrer dans le trop ou la caricature. Peu importe ses frasques hors caméra, ici on parle de cinéma et à ce niveau, le long-métrage coche la plupart des cases du succès artistique.
Après le magnifique « Jouliks », l’un des meilleurs films québécois de 2019 qui versait dans le tragique et la reconstitution rétro, Mariloup Wolfe change radicalement de registre pour une œuvre éminemment contemporaine et dans l’air du temps. A la fois féministe mais sans exagération sur le fond et politique mais vulgarisée pour le contexte, « Arlette » est un film agréable et qui moque gentiment (un peu trop peut-être, plus de vitriol aurait été fortement apprécié) les coulisses du monde politique. On a bien compris le point de la cinéaste : comparer la politique québécoise (et un peu celle de toutes les démocraties) à la cour royale d’antan. C’est un peu capillotracté parfois mais amusant puisqu’assumé, de la musique très classique Renaissance en passant par le déroulement du script. On préfère en effet quand la politique et les séances à l’Assemblée (les scènes les plus drôles et les plus étonnantes) sont assimilées à un petit théâtre, comme l’affirme d’ailleurs le chef de l’opposition incarné avec bonhomie par Antoine Bertrand.
Tout le sel du film va se jouer dans l’affrontement entre Arlette et le Ministre des finances joué par l’impeccable David La Haye (vu récemment et tout aussi impeccable dans « Confessions »). C’est ce qui va permettre au personnage principal de s’affirmer, autour d’une question de fonds dévolu aux artistes et de taxes sur les livres. Mais si cela peut paraître peu avenant dit comme cela, tout est clair et léger à l’écran, jamais complexe ou ardu. Autour, Mariloup Wolfe balade délicieusement sa caméra dans les hauts lieux du pouvoir québécois, filmés avec beaucoup de style et nous assène quelques séquences croquignolettes comme l’apparition de Lara Fabian en Ministre française plus que surprenante. « Arlette » est un film frais, drôle et pétillant qui écorne gentiment le milieu de la politique et défend la cause féminine dans ce milieu très masculin avec force et panache. Bien dialogué, joli à regarder et parfaitement interprété, c’était un projet casse-gueule qui s’en tire avec les honneurs et confirme Mariper Morin comme une excellente comédienne.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.
Ce film est une pépite... il décrit à merveille les difficultés que peuvent éprouver les femmes (et ce depuis la nuit des temps) dans les milieux destinés aux hommes ! Arlette est une femme ambitieuse & brillante et elle doit faire face à la misogynie et aux idées reçues que les hommes ont sur les femmes surtout quand elles sont coquettes & jolies et honnêtement j'ai adoré ça... en plus le casting est énorme car on retrouve quand meme Antoine Bertrand, Gilbert Sicotte, David La Haye... et c'est pas rien ! Bref un drame doux amer sur la condition des femmes de pouvoir qui vaut le mérite d'être vu
film politique sur les luttes de pouvoir au sein du gouvernement québécois entre une Ministre de la culture de papier glacé et l'austère Ministre des finances. déjà vu cent fois, seul subsiste le charme de l'accent québécois. Cerise sur le gâteau, une scène saphique entre Arlette et Lara Fabian, Secrétaire au commerce française. : on se demande bien ce que ça fait dans l'histoire mais bon...
Maripier Morin, personnage principal fait l'objet de plus de 5 témoignages mentionnant des propos racistes, des attouchements sexuels non sollicités et des agressions physiques...
Excellent, un vrai moment de plaisir où l'on découvre le monde peu connu pour un Français de l'eau politique Québécoise dans une langue extraordinaire avec une intrigue bien menée. A voir !
Jubilatoire! J'ai pensé aux "Liaisons dangereuses" de Stephen Frears et donc aussi à Choderlos de Laclos. Le découpage en chapitres et la musique qui les accompagne sont bien choisis, les acteurs sont excellents. J'ai lu quelques critiques québécoises qui disent que cela manque de profondeur, je pense que c'est bien que cela reste léger sans être naïf. Certains se plaignent du brouhaha médiatique qui suit l'actrice principale, ne la connaissant pas j'ai pu apprécier sa prestation sans à priori. Je félicite celles qui ont fait le film. Un film pétillant sur le monde de la politique c'est assez inattendu. Et, même s'il reste en deçà de la réalité de corruption et de malveillance qui caractérise à présent cet univers dans nos pays occidentaux, il semble assez réaliste tout en laissant le spectateur sur une note d'espoir.