Né en Angola avant de s'installer à Lisbonne, Carlos Conceição reconnaît que Tommy Guns entretient un lien intime avec son propre parcours. Si le film n'est pas autobiographique au sens strict, son monteur et coproducteur António Gonçalves lui a fait remarquer que le long métrage évoquait inconsciemment son départ du pays et son désir d'ailleurs. "Le mur représentait peut-être ce combat intérieur", confie le cinéaste.
Si l'action se déroule en Angola en 1974, une grande partie du film a pourtant été tournée au Portugal. L'équipe a investi un vaste champ de tir militaire dont la végétation, les reliefs et la couleur de la terre rappelaient le sud de l'Angola. Carlos Conceição y a fait construire les décors de la caserne, profitant d'un accès facilité aux terrains militaires : "au Portugal, l’utilisation de terrains militaires est gratuite, ce qui en fait souvent une option pour les tournages. L’armée collabore fréquemment avec des productions cinématographiques".
Pour Carlos Conceição, le travail sonore ne constitue pas un simple habillage, mais l'un des piliers de la mise en scène. Formé au design sonore durant ses études de cinéma, il considère que "la photographie serait l'esprit, et le son le cœur" d'un film. Cette approche lui permet de suggérer des éléments absents de l'image, en multipliant les couches sonores afin de donner une dimension presque sensorielle au récit.
Carlos Conceição a emprunté des codes du cinéma d'horreur afin d'évoquer les blessures du colonialisme : "Je cherchais à formuler une réflexion fictive sur le nationalisme. Les éléments de genre incarnent, pour moi, les mêmes fantômes ou les mêmes manques que ceux d’une observation objective du nationalisme." Le fantastique est ainsi "une manière de donner chair à une idée".