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Fiers R.
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4,0
Publiée le 29 janvier 2025
Film dossier intelligent et fort. Œuvre sociale au message implacable. Long-métrage coup de poing nécessaire. « Amal, un esprit libre » est tout cela à la fois mais aussi un avertissement important pour les années à venir sur le besoin d’agir sur ce sujet brûlant qu’est le fondamentalisme religieux islamiste dans les pays occidentaux et surtout européens, avec ici la Belgique comme toile de fond. Un film venu du plat pays wallon aussi fort que pouvait l’être « Noces » il y a quelques années, une œuvre belge aussi qui montrait par le biais d’un autre sujet, le mariage forcé, les dérives sectaires et radicales d’une certaine immigration qui bafoue les lois et morales des pays occidentaux en prônant la haine et en instrumentalisant l’Islam. Dans ce film-ci, qui pourrait être une base parfaite pour un débat en classe, sur un plateau ou dans la vie après la projection, les dérives (et délires) islamistes sont illustrées par le prisme de l’homophobie à travers une élève lesbienne qui se fait harceler au lycée par ses camarades, majoritairement musulmans et endoctrinés par un professeur de religion salafiste et des parents très croyants. Une de ces professeures va la défendre et l’engrenage de haine et de bêtise va s’enclencher. C’est une seconde démonstration de force au cinéma après l’excellent film allemand « La Salle de profs » en début d’année et, à moindre mesure, « Pas de vagues », que l’école est un laboratoire social et qu’il cristallise les futures craintes, peurs et problèmes de la société. Et qu’elle devient un endroit où le respect de l’éducation et des règles est caduc. Heureusement, « Amal, un esprit libre » est mis en scène par un cinéaste marocain, ancien journaliste qui s’est très documenté sur le sujet, et qui confère au film un réalisme qui fait malheureusement froid dans le dos quand on constate ce qui se passe dans des écoles censées être laïques et devenus peuplées d’élèves pour qui la tolérance des autres (gays, femmes, ...) et des valeurs occidentales n’existe plus. Et il a confié le rôle de la professeure qui va se battre contre cela a une actrice d’origine arabe également, l’immense Lubna Azabal. Elle trouve là l’un des meilleurs rôles : impériale avec un jeu d’une intensité incroyable. Sans cela, ce film aurait pu vite être taxé de raciste ou de manichéen, ce qu’il n’est pourtant jamais mais on connaît la bien-pensance ou l’ignorance de certains qui se voilent la face. Le constat est édifiant et fait peur pour le futur mais il s’avère presque indispensable.
Car « Amal, un esprit libre » nous délivre sa mécanique insidieuse et radicale avec beaucoup de force mais aussi de justesse. Presque documentaire, tant on a déjà vu des reportages sur le sujet, le film montre comment la religion est instrumentalisée et peut être vectrice de haine. Comment la violence va s’immiscer au nom de préceptes inventés par des fanatiques et avalés par des jeunes adultes crédibles qui voit l’homosexualité comme un péché ou une maladie à soigner. En 2024... Et comme le dit le personnage principal, c’est le début d’une tumeur qui gangrène la jeunesse immigrée et croyante et qui fait écho aux relents d’agressions homophobes, misogynes et assimilés mais surtout à l’affaire Paty. On voit aussi comment l’école n’arrive plus à gérer et comme les instances dirigeantes (principale du lycée, rectorat, ...) se révèlent impuissants ou dans le déni au nom de l’apaisement. Certains dialogues, certaines répliques font mouche comme le fait de ne plus lire, de ne plus douter et de ne plus réfléchir aboutissant à un endoctrinement facile. On montre ici aussi le danger des réseaux sociaux dans ce genre de cas ou de l’effet de groupe. Sans être trop chargé car fait de manière intelligente et évidente, le film expose son constat effrayant et nous pousse à la réflexion même s’il fait peur sur bien des aspects pour l’avenir. Une sorte d’avertissement en quelque sorte.
Bien sûr, Jawad Rhalib met un ou deux personnages en contrepoids pour ne pas être accusé de manquer de nuances même si l’intelligence du spectateur censée faire la différence est indispensable. Mais ce n’était pas nécessaire tant on sait que ce genre de choses est réel dans bon nombre d’endroits en Europe. La réalisation est certes basique, proche du documentaire mais en parfaite adéquation avec le sujet. On reprochera peut-être juste la toute dernière séquence dont on taira la teneur qui s’avère peut-être un peu trop jusqu’au-boutiste et pas forcément utile. « Amal, un esprit libre » est une œuvre rythmée, intense, forte et qui vous retourne de l’intérieur non pas par ce qu’elle montre mais par ce qu’elle dit. Elle devrait être montrée partout en guise de mise en garde si l’on n'agit pas et vite. Mais c’est aussi et avant son fond politique et engagé, un film de cinéma fort et magistral.
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Excellent Film. Troublant, poignant, angoissant. Un final choquant. Les acteurs sont incroyables. Un scénario bêton, d'une justesse implacable. On en ressort déstabilisé. Quel film !
Une claque ce film, on dirait un documentaire tant il est réaliste et bien interprété. Très actuel, angoissant et dérangeant. Lubna Azabal est sensationnelle dans ce rôle pas facile.
Film coup de poing... Une petite claque sur un problème réel dans l éducation nationale, à savoir la montée de l islamisme radicale... L'actrice qui interprète la prof nous sort une grosse perf... Elle percute l écran... Le film m a fait penser à l'histoire de Samuel Paty... Il est intéressant de noter que le film fasse la diff entre musulman modéré et intégriste même si le premier semble plus proche de l athée... Un film avant tout sur la liberté de penser, la tolérance et la difficulté du vivre ensemble...
Film choc avec une AZABAL impressionnante d'engagement! Les cours de religion existent en Belgique, à l'abri des contrôles, ce qui peut permettre à des enseignants fondamentalistes de prêcher la loi coranique. On parlera interdiction d'homosexualité dans un combat de sourates obscures. Et la prof de lettres, musulmane elle-même traitera le prof intégriste de "salafiste à cravate". Le déchaînement des réseaux sociaux est impitoyable et pourrait induire des comportements dramatiques. Le processus incrémental de déchaînement de violences intolérantes est parfaitement décrit et dénoncé. Glaçant!
Terrible constat de l'échec tant sociétal que pédagogique pour éradiquer intolérance ou fanatisme par déni, faiblesse ou peur, ce drame en milieu scolaire illustre une réalité à laquelle enseignants et élèves sont confrontés avec une justesse saisissante, à travers les différentes séquences dans l'établissement ainsi que le combat d'une pédagogue éprise de liberté d'expression et de respect de la dignité humaine. Avec une réalisation classique, la tension augmente pourtant incessamment, à mesure que l'endoctrinement exsude sa haine et son prosélytisme. Porté par un casting irréprochable dont l'intense Lubna Azabal et le terrifiant Fabrizio Rongione, le récit illustre avec pertinence l'escalade possible à partir d'une bagarre entre collégiens. Faisant entendre les différents points de vue tout en poussant un cri d'espoir désespéré, l'intrigue souligne que la solution ne peut venir que de l'intérieur du groupe et rend hommage au courage féminin. Glaçant.
Un excellent film traitant de la difficulté de l’acceptation de l’Islam dans nos sociétés. L’Islam et l’homosexualité un sujet difficile très bien interprété par des actrices extraordinaires.
Montre malheureusement le contexte actuel que nous vivons en pensant à l’éducation de nos enfants et ce qu’il se passe en dehors. Un film sans tabou où les choses sont dites.
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3,5
Publiée le 19 août 2024
« C'est déjà gangréné et depuis longtemps. » Lorsqu'une élève est prise en grippe par des camarades de classe parce qu'elle "s'éloigne" de la religion, Amal, son enseignante, tente une méthode pour ouvrir les esprits, mais elle se heurte à des gens prêts à tout pour ne pas se laisser "pervertir". Dans la lignée des récents drames scolaires qui flirtent avec le thriller, "Amal" est un film intense et désagréable dans le bon sens du terme. Il y a toujours ce sentiment d'impuissance qui se dégage comme si la bataille était déjà perdue. Il y a une volonté d'apaisement, mais qui est trop souvent synonyme de soumission et d'acceptation si le problème n'est pas réglé rapidement. Le traitement est parfois grossier, mais on va dire que c'est un cas extrême pour montrer ce qui peut arriver de pire et qui pour le coup est déjà arrivé... Quel que soit le sujet, Jawad Rhalib, comme d'autres avant lui, montre les difficultés rencontrées par le corps enseignant avec ici ces conflits identitaires qui pourrissent la vie de tout le monde. Porté par une grande Lubna Azabal, "Amal" est un film important et volontairement choc.
Film coup de poing, réellement glaçant par son propos et son jusqu'au boutisme, qui offre une fois de plus un personnage fort à l'excellente Lubna Azabal, investie dans le rôle d'une prof de lycée sans concession face au danger de l'islamisation dans les écoles. La séparation entre religion et école laïque est un bel exemple et le film, même s'il a tendance parfois à schématiser un peu trop le propos, reste un bel exemple courageux du travail dans l’enseignement, nous renvoyant à des drames comme celui de Samuel Paty. Traumatisant...
Le film aborde avec verve des thèmes brûlants d'actualité : intégrisme, radicalité, harcèlement, cours religieux, laïcité et bien d'autres . Le sentiment d’impuissance devant ce genre de discours salafiste malgré la force de caractère de la prof concernée avec une interprétation remarquable de Lubna Azabal et la détresse des professeurs face à l’incapacité du système à gérer la situation est criant de vérité .Film remarquable évidemment critiqué par télérama et libération pour manque de nuance et d’affreuses caricatures d'islamistes homophobes.
Un film belge terriblement bien joué, Lubna Azabal et Fabrizio Rongione sont formidables, et très fort sur une professeur de français et une lycéenne homosexuelle courageuses et harcelées par un groupe de musulmans dans l’enseignement et la sexualité. La caméra ne laisse aucun répit.