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Matthieu B.
18 abonnés
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4,0
Publiée le 4 mars 2024
Film visionné au cinéma.
Le tableau de René Magritte, avec le miroir ne reflète pas la face, mais au contraire le dos du sujet. Ce miroir nous invite à assister, avec l'avocat, à la mise en abîme de son personnage. Sa vie s'échappe devant lui, impuissant, incapable de l'attraper. Ce qui se cache derrière A Man est en réalité une attaque en règle contre les préjugés. Mais pas uniquement comme le montre ce tableau, il s'agit également d'une aude à la liberté, une réponse personnelle à un mal-être qui tourmente de nombreuses personnes aujourd'hui. Cette réponse est conduite brillamment et avec une implacable justesse, sur le racisme ambiant et normalisé, l'immigration ou l'assistance publique, les relations familiales toxiques (la prison de l'héritage qui renvoie également au tableau de René Magritte).
Le film se perd un peu sur la longueur et sur les thèmes abordés. Celui de l'identité est bien sur prégnant, mais questionne ce qui nous définit : notre famille, notre nationalité, notre métier, notre condition sociale, nos papiers, ... ça fait beaucoup sur la longueur. On ne sait plus si le film s'intéresse à l'investigation, ou, ce qui est res intéressant, aux victimes collatérales. Finalement le film apporte une réponse à ses personnages mais aussi aux spectateurs. Ce qui nous définit, finalement, ce sont peut-être nos intentions, simplement.
Une identité, ça peut être lourd à porter. Il faut subir les attentes, les assignations qui lui collent à la peau. Alors, pour fuir ou pour changer de destin, une nouvelle identité peut apporter une nouvelle vie. Quand Rie perd son mari, elle découvre l'usurpation d'identité de celui qu'elle aimait et engage un avocat pour comprendre qui il était. Nous suivons l'avocat dans son enquête, pas à pas. Un film prenant, calme. La photographie est belle. Les acteurs sont subtils. Peu importe l'identité, c'est l'amour donné qui reste. Un beau film, qui donne à penser.
Un thriller assez prenant et filmé de très bonne manière, avec un scénario labyrinthique qui narre la vie de plusieurs personnages comme le cinéma asiatique c est si bien le faire. Le thème principal de ce long métrage est peut on s extirper d un déterminisme familial et vivre une nouvelle vie sans commettre de dégâts collatéraux. On navigue dans la première heure qui est une enquête à proprement parlé et en second temps on passe de rebondissements en rebondissements qui fait évoluer la narration et jusqu a la dernière image on reste scotché de la tournure des événements. Un bon film qui est pour moi un peu en dessous des films de bong Joon-ho ou de jia zangkhe.
À la mort de son mari, Rie découvre que ce dernier n’était pas l’homme qu’il prétendait être. Elle engage un avocat pour découvrir sa véritable identité. Un thriller complexe et brouillon qui se perd dans une enquête sans queue ni tête.
Un excellent film, l'émotion est présente, le jeu d'acteur est top et la moral de l'histoire est subtile mais poignante. Ishikawa a su transporter et toucher le lecteur et mettre en lumière un sentiment que beaucoup de personnes ressentent ou on déjà ressenti avec finesse. Cependant le film reste sur une même tonalité, ce qui peut le rendre "plat". Ce qui m'a marqué, c'est la dernière discussion, très sage et bien amené pour clôturer le film et apporter une morale à l'histoire. Je le recommande !
Un très beau film, lent, pudique, où l'histoire du synopsis est bien elliptique par rapport à l'ensemble. C'est un film japonais peut-être pas pensé pour l'Europe et il en est d'autant plus saisissant. Il semble que la société japonaise soit dans un carcan social encore très fort associé à d'autres lois que celles auxquelles on ne pense plus en France : divorcée, la protagoniste perd tout mais son enfant aussi (perte de la filiation au père, etc.), la peine de mort est toujours en cours, l'image sociale / le statut social avec des échanges verbaux polissés mais humiliant pour l'un, un racisme profond (contre les coreens), et l'identité n'est pas une évidence par rapport au poids familial. Il est possible aussi qu'il y est un trafic d'échanges d'identité entre japonais et c'est peut-être tout le message du film : quand on ne te permet pas de vivre ta vie à cause de l'histoire familiale, au lieu de te battre contre ta famille (et donc la société) au risque de finir par te suicider par désespoir 》change d'identité, coupe tous les liens, et recommence ailleurs, autrement, sans rien mais avec le champ de tous les possibles devant toi. Et ne meurt pas ! C'est vraiment un très beau film et ke VOSTFR est d'excellente qualité tant dans la forme (affichage, lecture) que le fonds (traduction fluide et précise).
Un film d'une très grande délicatesse et justesse. Les trente premières minutes sont filmées comme une caresse entre un personnage féminin incarné par une actrice d'une grâce infinie et un jeune homme mystérieux et quasi mutique, le deuxième partie du film éclairant cet aspect de sa personnalité. La deuxième "époque" invite un troisième protagoniste tout aussi intéressant, l'avocat. Tous les personnages vivent aux prises avec une fêlure personnelle qui vient régulièrement les hanter et se débattent comme ils le peuvent avec elle. "A man" est une plongée au profond de l'humanité et de l'identité personnelle. Et c'est tellement bien filmé ! Tout se passe comme si ce cinéaste avait un regard de peintre (quels cadrages, quels choix de décors !) qui saurait pertinemment qu'il dirige de l'image-mouvement et choisit en conséquence toujours le bon moment pour faire basculer le tableau de la fixité au mouvement. Il faut saluer encore la performance des deux enfants de ce très beau film japonais qui n'utilise une trame de polar que pour mieux évoquer les fragilités de nos vies.
sous ses airs qui prend son temps, ce film est une réflexion profonde sur l'identité, la filiation, sujets visiblement très en vogue dans le cinéma japonais ces dernières années. L'enquête est tortueuse à souhait et le film très humain et de superbes acteurs tous très touchants émouvant - du vrai cinéma japonais
Le scenario est intéressant bien que je m'y perds un peu à la fin .... l'ambiance japonaise est sympa , les personnages attachants , les acteurs jouent bien.
Histoire originale, séquençage et image magnifique !! le pitch ! et bien , allez voir ce film sans connaitre l'histoire, c'est mieux! Un film d'une incroyable élégance qui cache derrière le vernis une réflexion profonde sur notre identité, dans les méandres d'un thriller haletant l! A ne pas manquer.
L'identité est une affaire de mœurs qui préoccupe de plus en plus les sociétés occidentales et il en va de même sur le territoire nippon, qui connaît une escalade, discrète mais avérée, d'immigration. A Man détourne les codes du thriller afin de pleinement se plonger dans une enquête, où les protagonistes ne cessent de traîner leur double dans un miroir. Si ce concept suffit amplement à vous intriguer, la suite du programme promet une lente et douloureuse introspection sur ces reflets, fatalement omniprésents au quotidien.
Déjà aperçu dans un arc d'Anticipation Japon en 2018, Kei Ishikawa revient avec une vision plus proche de notre actualité afin de mettre en lumière une tendance peu commune : la permutation d’identité. Une enquête est donc ouverte suite à la tragique disparition Daisuke (Masataka Kubota). Pourtant, son fantôme hante chaque étape d’une enquête qui remonte jusqu’à la face cachée d’une pratique qui remet en cause la notion d’identité. Qui est-on vraiment ? Qu’est-ce qui nous définit réellement dans ce monde dominé par les regrets et la mélancolie ?
C'est par le regard de Rie (Sakura Andô) que le récit s’ouvre et nous invite dans un deuil qu'elle tente de surmonter (un rôle plus élaboré que son personnage dans Godzilla Minus One). Elle élève seule un fils qui est en âge d’apprendre à distinguee les liens du sang et les liens spirituels entre ses proches. Blue Bayou nous l’a d’ailleurs appris avec beaucoup d’émotion. La parentalité est au cœur de ce chassé-croisé et c’est ce que va découvrir Akira Kido (Satoshi Tsumabuki), un avocat missionné pour rétablir la vérité sur un époux qui n’est pas celui qu’on croit. Ce dernier nous emmène à travers les eaux thermales, les bars de nuit, des expositions de dessins et dans d’autres lieux qui n’ont finalement rien en commun, si ce n’est le passage de Daisuke, surnommé « Monsieur X » le temps du profilage.
« Montre-moi ton intérieur, je te dirai qui tu es. »
A fur et à mesure que l’on dénoue une pelote d’interrogations, d’autres viennent s’y greffer, non pas avec l’intention de brouiller les pistes, mais pour tracer des déviations utilitaires. C’est le portrait de la société japonaise qui prend forme, où l’on finit par reconnaître qu’explorer la psyché ou le passé des individus est une tâche ardue. Les conventions sociales sont faites de micro-répressions, du fait de nos origines ethniques, nos noms, notre arbre généalogique. Et c’est justement cet arbre à laquelle Daisuke tente de s’émanciper. La symbolique de son travail de sylviculteur en témoigne. Son objectif est de prolonger la vie des arbres de 50 ans, en les coupant à même la souche, tout proche de leurs racines… C’est à croire que tout le monde hérite tôt ou tard du titre de "Monsieur X", un avatar que l'on fantasme ou qui sert de tremplin pour se réinventer.
Peut-on et doit-on nécessairement renaître de ses cendres ? Pourquoi consentir à un dédoublement de personnalité ? Toute cette matière nous est servie avec grâce, lorsqu’Ishikawa choisit de composer son cadre avec des personnages en cage et dont les barreaux sont tantôt visibles, tantôt invisibles. L’avocat Kido a beau avoir de la répartie ou un certain confort dans son foyer, ce film est à l’image de ce personnage, bloqué dans une obsession superficielle, nargué par son propre reflet qui lui tourne le dos. Si lui ne le sait pas encore, A Man fait des spectateurs les témoins d’une grande tragédie et n’hésite pas non plus à nous tendre un miroir dans son ultime séquence. Un geste d’une splendeur infinie et qui est porteur d’une intense réflexion sur soi.