Un film très ésotérique mais envoutant de Robbe- Grillet. Une bande de jeunes gens, étudiants se retrouvent régulièrement dans un bar, branché , très design, sorte de labyrinthe de carreaux de verres de couleurs, colorés comme des peintures de Mondrian, Très esthétique. Jeux de rôle , simulation de mort , violences simulées , on est dans la tendance situationniste .
L’héroïne principale, la très belle et envoutante Catherine Jourdan, actrice culte, mais éphémère, des années 70, égérie puis compagne de Alain Fleischer , rencontre dans ce café un étranger, Pierre Zimmer, plus mature , qui l’entrainera dans un voyage onirique, initiatique, et rêvé . Tout d’abord dans une banlieue industrielle, des docks abandonnés , où elle retrouvera le cadavre de l’homme en question.
Une intrigue néo- policière va se constituer autour d’un petit tableau de grande valeur que plusieurs personnages veulent voler. La poursuite du tableau va l’emmener en Tunisie, à Djerba , la plus belle partie du film . Jeu ésotérique de labyrinthe, encore , des Casbahs blanchies à la chaux , où les personnages se poursuivent et se perdent.
Survient une scène fascinante ,culte, en nocturne, de C. Jourdan dansant en transe devant un feu allumée par des berbères , qui l’accompagnent d’une musique folklorique . Une danse chamanique, physique, qui l’amènera jusqu’au petit matin, avec l’arrivée d’une fantasia de chevaux arabes berbères qui l’enlèvera au fonds du désert.
. On devine que Catherine Jourdan a vraiment « vécue » cette scène ultra-puissante, intense, et qu’elle a tout donné .
Dernière partie très érotique, SM , avec de belles femmes nues , du Robbe- Grillet pur, et C. Jourdan enfermée et châtiée.
Pour un twist final de dédoublement de personnalité, jeu de miroir, très astucieux, et impressionnant, très Borgésien .
Quelques temps morts, un peu en dessous de « Glissements progressif.. » , mais film culte encore de Robbe-Grillet , envoutant, onirique et tellement surréaliste. Avec le recul on regrette vraiment ce style de cinéma , 70’s, tellement libre.