Très ambitieux, Backstage, le film coréalisé par le Tunisien Khalil Benkirane et la Marocaine Alef Ben Mahmoud (également interprète) nous convie d'abord à une représentation de danse contemporaine avant de nous inviter à suivre la troupe, isolée après un double crevaison de car, dans les forêts de l'Atlas. C'est alors prétexte à nous présenter les situations individuelles et sentimentales de chacun des membres de la compagnie ainsi que les rapports, parfois conflictuels, qui se sont installés entre eux. Toutes ces micro-intrigues se nouent au sein d'un environnement nocturne et mystérieux, avec des animaux à proximité, et des danses impromptues qui sont comme un dialogue avec le forêt et ses habitants. L'ensemble est tout de même très contemplatif et pas loin d'être ennuyeux, dès lors qu'aucun personnage n'est plus important qu'un autre et que leurs préoccupations peinent à susciter l'émotion.
Programmé en compétition au Cinemed de Montpellier, ce film a déçu par une musique envahissante, une lumière lourde (bleue pour la nuit à clair de lune, rouge pour la passion) et un fatras de dialogues à deux parmi le huis clos des onze danseu.r.des de cette troupe plongée dans la nuit noire de l'Atlas marocain qui est sublimé dans les dialogues, mais invisible à l'écran (puisque c'est la nuit)...