Libertate a été remarqué dans de nombreux festivals à l’international. Il a reçu notamment le Prix Art et Essai CICAE au Sarajevo Film Festival, le Prix de la Critique du Arras Film Festival, le Prix de la Critique indépendante à la Mostra de Venise et pas moins de 10 GOPO Awards (les César Roumains), dont celui du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur acteur.
Libertate est le cinquième long-métrage de Tudor Giurgiu. Ses précédents films ont été sélectionnés et récompensés dans de prestigieux festivals internationaux. Love Sick et Why Me ? ont ainsi été présentés dans la section Panorama de la Berlinale tandis que Of Snails and Men a été récompensé aux festivals de films de Varsovie et de Valladolid.
Le réalisateur, Tudor Giurgiu, avait 18 ans en 1989. De cette époque, il garde le souvenir d’une psychose généralisée pour sa génération. La peur des terroristes était quotidienne. Ces derniers pouvaient être des Arabes, des espions russes ou encore des officiers de la Securitate (police politique secrète roumaine sous l’ère du communisme).
Libertate met en avant des gens ordinaires. Les héros du film rappellent ces "terroristes fictifs" accusés par le pouvoir en place après la fuite de Ceausescu. À cette époque, le fait d’inventer d’ennemis du pouvoir permettait aux dirigeants de pallier au manque de coordination de l’armée et aux décisions prises contre l’intérêt du peuple.
Bien que Libertate soit une fiction, Tudor Giurgiu a choisi de faire un film qui soit le plus naturaliste possible. Pour parvenir à restituer avec précision la Roumanie de 1989, il est donc parti sur une esthétique et une direction artistique qui rappellent les images documentaires de cette époque.
Libertate mélange plusieurs genres cinématographiques. Outre sa dimension de thriller, le long-métrage s’intéresse à plusieurs personnages, le rapprochant ainsi du registre du film choral. Un style qui n’est pas sans rappeler celui emprunté par un autre cinéaste roumain, Bogdan Muresanu, dont l’action de son dernier film, Ce nouvel an qui n’est jamais arrivé, se déroule également dans la Roumanie de 1989.
Libertate a été co-scénarisé avec Cecilia Stefanescu avec qui Tudor Giurgiu avait déjà travaillé sur son premier long-métrage, Love Sick.
Libertate est le plus gros film en termes de moyens sur lequel Tudor Giurgiu a participé. S’il n’a été filmé qu’en 29 jours, il a toutefois mobilisé une équipe de 80 personnes et plus de 110 acteurs.
Pour préparer Libertate, Tudor Giurgiu s’est énormément documenté. Il a notamment lu des livres écrits par des personnes du ministère de la Défense nationale et du ministère de l’intérieur de l’époque. Il a également consulté de nombreux articles de presse et visionné des reportages et autres documents filmés à Sibiu.
Le film a été tourné à Sibiu, ville en plein cœur de la Roumanie et dans laquelle le réalisateur a vécu une partie de son enfance.
En termes de chiffres, la révolution de Sibiu, c’est : 2 000 000 de balles tirées, 500 tirs de canon, 650 missiles tirés depuis des hélicoptères, 99 personnes décédées, 272 personnes blessées et 522 personnes qui ont été détenues illégalement dans une piscine locale pendant plusieurs semaines.
À l’origine, Tudor Giurgiu n’était pas destiné à faire du cinéma. Il suivait en effet des études de médecine. Mais la chute de Ceausescu et l’ouverture de Roumanie ont été un déclic pour lui. Désormais libre de ses choix, il a alors décidé de se tourner vers le septième art.