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Regine C.C
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4,0
Publiée le 5 août 2023
Ce film qui met en scène 2 couples parfaitement sosie l'un de l'autre ne va pas dans le sens de la morphopsychologie. Si l'extérieur se ressemble, l'intérieur pas vraiment. Et c'est plutôt les liens psychiques qui sont mis ici en avant. D'où la naissance de 2 nouvelles histoires d'amour car il semble bien qu'il y ait eu un bug..... Le scénario est bien mené jusqu'à une fin tragique plus ou moins présentie.
Une vraie dimension philosophique dans ce film qui démontre que l'apparence de quelqu'un compte pour peu de chose par rapport à sa personnalité. On entre lentement dans l'histoire, mais on en sort ébloui par la profondeur d'un propos, bien que parfois maladroitement déroulé. A voir.
Voilà un excellent scénario! Il y’a du Lelouch là dedans.l intrigue est parfaite et on est pris dès le début du film.vraiement je recommande.Le réalisateur a su cultiver le mystère y compris jusqu’à la dernière scène.A voir absolument.Les acteurs sont au niveau du film soit excellents.
Farzaneh souffre d’une grave dépression. Depuis qu’elle est tombée enceinte, elle a dû interrompre son traitement, ce qui n’arrange rien à son état. Quand elle voit Jalal, son mari, entrer dans l’appartement d’une inconnue, alors qu’il lui avait dit s’absenter de Téhéran pour la journée, elle croit à une hallucination. Mais bientôt se révèle à elle l’incroyable vérité : Jalal a un sosie, il s’appelle Mohsen et il vit avec une femme, Bita, qui ressemble à Farzaneh comme deux gouttes d’eau.
Le cinéma iranien est décidément enthousiasmant. Après "L’Odeur du vent" le mois dernier, Les Ombres persanes manquera de peu d’être mon film préféré ce mois-ci, juste derrière "Les Filles d’Olfa" et en attendant "Barbie" et "Oppenheimer" que je tarde à voir. Mon enthousiasme pour le cinéma iranien s’explique-t-il par l’envoûtement qu’exerce sur moi la musique du farsi ? ou par la qualité intrinsèque de films aussi âpres que La Loi de Téhéran, Nahid ou Une séparation ?
"Les Ombres persanes" revisite le thème bien connu du Doppelgänger, ce double fantomatique et angoissant popularisé par la littérature fantastique allemande et utilisé par des écrivains aussi célèbres que Poe, Dostoïevski, Stevenson ("Dr Jekyll et Mr Hyde"), Wilde ("Dorian Gray") ou, plus près de nous Saramago (dont le roman "L’Autre comme moi" a fait l’objet en 2013 d’une adaptation que j’avais beaucoup aimée, "Enemy", avec Jake Gyllenhaal… que j’étais allé féliciter pour ce rôle lorsque je l’avais rencontré en juin 2015 à Paris… c’était ma minute people).
"Les Ombres persanes" – dont le titre fait peut-être allusion à l’absence d’ombre du Doppelgänger – raconte l’histoire de deux doubles. C’est « le motif du double poussé au carré » pour citer Mathieu Macheret du Monde : Jalal/Mohsen + Farzaneh/Bita, quatre rôles interprétés par deux acteurs diablement talentueux (Taranesh Alidoosti réussit à se métamorphoser à un tel point que j’ai dû aller vérifier dans le casting que c’était bien la même actrice qui interprétait Farzaneh et Bita).
Chaque sosie renvoie à son double et au double de son conjoint une image plus ou moins attirante. Bita, l’épouse de Mohsen, est une version en mieux de Farzaneh, plus maternelle, plus sexy, plus enjouée. En revanche, Mohsen est une version en pire de Jalal, un macho violent, un père mal aimant, un époux mal-aimant.
J’aurais pensé que le film se construirait autour d’une énigme qui l’aurait tiré vers le fantastique : ces doubles sont-ils ou non le produit de l’esprit malade de Farzaneh, noyé dans les pluies diluviennes qui s’abattent sans discontinuer sur Téhéran ? J’aurais encore volontiers imaginé que le film pourrait alternativement se construire sur un suspense : les quatre protagonistes vont-ils découvrir l’existence de leur double et, si oui, quelles seront leurs réactions ? Mais ces arcs narratifs qui sont un temps utilisés, tournent court. Une fois ces hypothèques levées, "Les Ombres persanes" prend une autre direction encore plus stimulante que les deux précédentes : l’existence de ces doubles va profondément ébranler les deux couples que forment Farzaneh et Jalal d’une part, Bita et Mohsen d’autre part qui, par cette découverte, prennent conscience de leur désassortiment.
Mais là encore, "Les Ombres persanes" m’a révélé une dernière surprise. À vingt minutes de la fin, j’en avais pronostiqué le dénouement, avec la morgue péremptoire qui me caractérise. Je m’étais trompé dans les grandes largeurs – même si je maintiens que la fin que j’avais imaginée aurait pu parfaitement s’écrire. [Je reconnais volontiers que ce dernier paragraphe, paralysé par la crainte du divulgâchage, est opaque]. Bref, pour le dire plus clairement, "Les Ombres persanes" ne se termine pas comme je l’avais prévu… et c’est très bien ainsi !
C’est un film qui joue beaucoup sur les limites , celles du scénario avant tout ,tendu jusqu’à la corde, mais qui jamais ne cède. Celles du thriller à peine marqué par un suspense mystérieux, sur l’identité des êtres, et leur devenir. C’est une thématique prégnante au cinéma, le double, le sosie, l’autre moi-même … Deux couples vont s’y affronter, dont un des protagonistes ignore totalement l’existence de son pareil . Il vit sa vie normalement ( voire dangereusement ) quand ses proches altèrent leurs comportements et la signification qu’ils en reçoivent. Jusqu’au point de non-retour Qui sont ces gens ? Qui est cette femme qui lui ressemble trait pour trait , et dont l’approche parait si facile, si évidente « qu’on pourrait être sœurs ». Dans cette ville iranienne où tout n’est que pluie et paralysie , les ombres persanes sont encore bien vivantes, mais le temps les pressent, et encore combien de temps ?
Que d'eau ! Que d'eau ! Le spectateur reçoit de l'eau à l'écran du début à la fin. J'étais mouillé au bout de 10mn. Mani Haghighi est bien conscient des limites du postulat de base. Il surenchérit sans cesse ses scènes d'extérieur, par un déluge, mais n'est pas réalisateur coréen qui veut. Le film tourne en rond, empêtré dans la boue. Je n'ai jamais cru aux intentions de base des acteurs, tant la direction des acteurs est faible. Le scénario est tarabiscoté à souhait et laisse le spectateur sur le bord de la route. Mani Haghighi est un nom à se rappeler pour ne jamais aller voir ses films. Je dirai que le film sort en France, uniquement parce que c'est une réalisation franco-iranienne.
Avec un point de départ scénaristique si particulier (un couple qui découvre son double exact), on est assez loin du cinéma iranien social, ultra réaliste, que l'on a l'habitude de voir chez Ashgar Farhadi, par exemple. Le pari d'une histoire proche du fantastique était ambitieux et il n'est malheureusement pas tout à fait tenu au final.
Le film présente, en effet, deux inconvénients majeurs dans sa première moitié : une mise en scène trop plate qui ne profite pas du tout du scénario riche et complexe pour davantage distiller de l'ambiguïté (les scènes de découverte de son double par chacun des personnages auraient pu être tellement plus fortes), ainsi que le refus total du film de fournir la moindre clé qui pourrait apporter ne serait-ce que le début d'une explication, rationnelle ou non, à cette situation, ce qui vient considérablement dévier l'attention du spectateur, qui ne peut s'empêcher de faire ce travail de son côté.
Heureusement, la deuxième moitié du film se révèle beaucoup plus captivante. Une fois que l'on accepte de lâcher prise et de se laisser porter par cette histoire incroyable, sans en savoir davantage, l'on finit par se prendre au jeu et à se laisser embarquer par le scénario à suspens et par la mise en scène qui devient nettement plus efficace, jusqu'à devenir haletante, dans une dernière partie assez brillante venant habilement mêler suspens, tension et émotion.
A noter les excellentes performances des deux acteurs qui arrivent à camper chacun deux personnages différents grâce à des variations de jeu qui font que l'on parvient à les distinguer l'un de l'autre en un coup d'oeil. Les personnages du beau-père et de l'enfant sont très réussis également. Enfin, l'idée de faire se jouer l'intégralité du film sous une pluie diluvienne est originale.
Le film débute avec un soupçon d'adultère très compréhensif avant que les uns et les autres comprennent la singularité de leur similitudes. Mais il y a trop d'incohérences et si peu de logique dans les actions/réactions des personnages qu'on a bien du mal à les comprendre. En effet, être jumeaux reste une possibilité évidente mais étonnamment ça n'est semble-t-il pas une réflexion naturelle pour tout le monde, de plus être sosie reste sans doute rare mais loin d'être extraordinaire on s'agace donc des tergiversations outrées des protagonistes. Le choc de la surprise ok, mais les secrets ou comment le dire ou l'expliquer sont surjoués et restent peu compréhensibles. La maladie mentale explique un peu la chose et encore, le plus intéressant reste l'émoi et le trouble émotionnel homme-femme qui reste pourtant peu exploité pour dramatiser le côté polar avec les troubles mentaux et l'intrigue des violences du second mari. Ainsi la première heure est longue,ennuyeuse, et trop peu plausible. Un film bancal et maladroit donc malgré un potentiel fort et passionnant. Site : Selenie.fr
Les deux longs-métrages précédents de Mani Haghighi, Valley of the Stars et Pig, en particulier le dernier, donnaient le sentiment d’être en présence d’un réalisateur iranien « hors des clous », capable de s’aventurer dans le cinéma de genre et sur les. rives du fantastique. De facto, malgré son audacieux postulat de départ, Les ombres persanes nous semble bien plus familier, et sage ?, pour qui a l’habitude de fréquenter la production iranienne de ces dernières années. Un mot quand même sur l’idée initiatrice du scénario, qui est assez difficile à avaler d’emblée et dont l’invraisemblance stagne de bout en bout sur le récit. Nonobstant, l’écriture du film, avec l’inéluctabilité du sort réservé à ses 4 personnages principaux, reste la qualité première d’un film qui aurait pu avoir pour sous titre : « Arrêtez de faire les clones. » Sa progression dramatique, sous forme d’engrenage fatal, rappelle évidemment les longs-métrages réalisés par Asghar Farhadi, souvent imité, presque jamais égalé. La peinture sociale, sous-jacente dans Les ombres persanes, apporte un plus à cette histoire de double copie conforme, de même que son environnement climatique, avec une pluie incessante qui noie les embouteillages proverbiaux de Téhéran, comme si quelque chose s’était détraqué dans l’atmosphère, pouvant expliquer que des événements étranges étaient également susceptibles d’arriver dans le quotidien des habitants de la ville. Le film s’arrête là dans sa veine fantastique, ce que l’on peut d’ailleurs regretter, mais le choix d’une voie réaliste lui permet cependant de rester à hauteur humaine et de nous embarquer dans une histoire éminemment romanesque, valorisée par une interprétation de premier ordre, jusqu’au rôle le plus minuscule.
Excellent thriller psychologique, bien ficelé avec des personnages intéressants. Une tension permanente mais supportable, de l' émotion, un très bon film. Bravo au réalisateur et aux acteurs !
Au final on y croit de moins en moins au fil de l intrigue pour une conclusion qu on finit par rapidement deviner, le tout en mode explication au cas où on ait du mal à insérer l environnement et cette belle langue apportent cependant un petit charme.
Farzaneh, une jeune monitrice d’auto-école, est coincée dans un embouteillage à Téhéran, noyée sous une pluie torrentielle, quand elle croit apercevoir Jalal, son mari, monter dans un bus. Elle le prend en filature et finit par le voir entrer dans l’appartement d’une autre femme. Le soir même, Jalal se défend de tout adultère : à l’heure dite, il était en rendez-vous professionnel à l’extérieur de la ville. Il décide alors de se déplacer dans l’immeuble où Farzaneh l’accuse de s’être rendu. Sur place, il rencontre une femme qui est le sosie de son épouse… Le cinéma iranien ne manque décidément pas de ressources et d'auteurs surprenants. Parallèlement aux fables politiques offensives d'un Jafar Panahi ou aux fictions réalistes d'un Saeed Roustaee où domine le réalisme social, Mani Haghighi, mise sur l'étrangeté et les atmosphères indécises dans son nouveau film « Les ombres persanes » et s’essaie au film noir hitchcockien sur le motif du double, prétexte à une sombre histoire d’amour et de manipulation, avec la présence obsédante de la pluie, personnage à part entière du film. , une photographie en clairs-obscurs et des obscurités profondes interrompues par des sources de lumière brusques , ou de musique obsédante... Jusqu’au vertige !!! on ne sais plus quand Taraneh Alidoosti est Farzaneh ou son double Bita et quand Navid Mohammadzadeh est Jalal ou Mohsen ….encore que là ce soit plus facile, Jalal est doux, Mohsen violent…le résultat est un film étrange, à l'atmosphère moite et oppressante, voulant nous faire admettre un postulat des plus improbables, à la lisière du fantastique mais il faut vraiment être de bonne volonté pour accepter le postulat « énorme » sur lequel repose l’intrigue des Ombres persanes… L’exercice finit par s’épuiser et les jeux d’échos par sembler un peu vains, refermant le film sur lui-même de manière claustrophobe.
En abordant une œuvre cinématographique iranienne, on sait d’avance que la censure n’est pas loin et que le scénariste va sans doute tenter de la contourner avec des images ou des propos subliminaux. Mais cette fois, le spectateur d’ici ne retrouvera pas vraiment ce qui fait habituellement la marque de fabrique du cinéma un peu social, à l’occasion politique, propre aux réalisateurs du pays qui s’exportent. Il n’y aura même pas ombre de religieux nulle part. Le scénario est répertorié drame. Les secrets de tournage nous disent que l’objectif était de faire à la fois un film fantastique, social et un thriller psychologique. Mais « sans sacrifier le côté philosophique et abstrait du propos » (sic). Peut-être trop abstrait finalement ? Ou du moins, le thème du double sosie (hommes et femmes), pas suffisamment exploré. L’hypothèse du clone n’aurait sans doute pas plu aux autorités ? On se laisse porter par le récit parce qu’on ne sait pas trop d’où on part et qu’on reste interrogatif, jusqu’au bout, sur ce vers quoi on nous amène. A la fin, pas sûr d’avoir tout compris ! Ça reste un film pour initiés et cinéphiles avertis, lesquels auront toujours tendance à encenser n’importe quoi venant d’un pays en souffrance selon nos critères. On observera ici que les images de la vie quotidienne sont celles de la plus parfaite classe moyenne sans soucis majeurs dans n’importe quel pays occidentalisé. Or c’est l’Iran !