Un naufrage cinématographique sans nom.
[Spoiler] Ada, une adolescente sans père, vit avec une mère totalement absente, obsédée par son mari qui a disparu en prétendant "aller chercher du lait". Un jour, cette mère détachée annonce à Ada l’existence d’une école "magique" et l’envoie y aller sans aucun contexte ni préparation.
Mais l’école n’est qu’un ramassis d’incohérences. Ce lieu, qui devrait être un endroit d’apprentissage, ressemble à un repaire d’influenceuses magiciennes avec un professeur inutile qui passe son temps à se mettre en avant. On y trouve aussi un homme-pigeon, un humain transformé en demi-oiseau, au comportement extrêmement dérangeant.
D’ailleurs, cet homme-pigeon est au cœur d’une sous-intrigue absurde : pour redevenir humain, il doit retrouver un "bouton" perdu. Et où est ce bouton ? Sur le collier d’un chien qui aboie devant l’immeuble d’Ada au début du film. Mais au lieu de simplement chercher le chien, il préfère demander à Ada de lui ouvrir la fenêtre de sa chambre et de le laisser entrer… pour aller aux toilettes. Oui, aux toilettes. Et là, il lui sort une phrase digne d’un prédateur : "Tu sais, je suis un homme-oiseau. Pour les humains, c’est facile de faire leurs besoins, mais nous, les oiseaux…"
Les musiques, quant à elles, sont un désastre total. Pendant ces deux interminables heures, la bande-son oscille entre des morceaux mal mixés et des chansons qui tombent comme un cheveu sur la soupe, ne faisant qu’accentuer l’ennui général.
Le film atteint son apogée de non-sens avec la mort tragique (et totalement absurde) du meilleur ami d’Ada, Albert. Piégé sur un lac gelé lors d’une scène déjà ridicule où il participe à un cours de yoga en plein milieu de la glace, Albert voit la glace se briser sous lui. Il se retrouve alors coincé dans l’eau glacée, luttant pour sa vie.
Et que fait Ada, qui observe tout depuis le bord du lac ? Rien. Absolument rien. Elle ne cherche ni un bâton, ni une corde, ni même un moyen d’approcher pour lui tendre la main. Non, elle reste immobile, le regard fixe, et dans une décision incompréhensible, elle lui demande… de chanter. Oui, de chanter, alors qu’il est littéralement en train de mourir d’hypothermie.
Albert, obéissant malgré l’absurdité de la situation, commence à chanter une mélodie poignante, chaque note s’étouffant dans l’air glacial. Ada, elle, reste figée, spectatrice passive de cette scène dramatique. Alors qu’Albert sombre définitivement sous l’eau, elle lâche une réplique clichée et vide de sens : "Tu étais mon meilleur ami, je ne t’oublierai jamais."
Le moment, qui aurait pu être émouvant s’il avait été traité avec un minimum de logique ou de profondeur, tombe à plat à cause de l’inaction totale d’Ada. Cette scène, censée imiter la tragédie d’un Titanic, ne parvient qu’à provoquer l’agacement du spectateur, qui se demande pourquoi Ada ne tente absolument rien pour le sauver.
Et ce n’est pas tout. Le film est truffé d’incohérences grotesques, comme la réapparition d’Albert, le meilleur ami d’Ada, à la fin. Après s’être noyé dans un lac gelé, il revient frapper à sa porte, transformé en robot. Robot ou pas, le scénario oublie toute logique : comment connaît-il son adresse ? Pourquoi est-il un robot alors qu’il était humain ? Et surtout, pourquoi a-t-on dû subir tout ça ?
Le point culminant du ridicule arrive lors du "grand conflit" entre la reine des loups-garous et l’homme-pigeon. Plutôt que d’agir, Ada décide de parler au petit-fils de la méchante, un jeune homme aux traits humains (et bien sûr séduisants). Une romance maladroite s’installe entre cette adolescente et cet adulte, ponctuée par des dialogues absurdes comme : "On peut tout arrêter. Je sais ce que vous ressentez. Vous avez perdu votre frère, j’ai perdu mon père et Albert."
Et pour couronner le tout, le professeur de l’école, qui aurait pu utiliser ses pouvoirs pour résoudre les problèmes, propose un plan complètement stupide : utiliser un jouet pour chien qui fait "cot-cot" pour vaincre la reine des loups-garous.
En résumé, ce film est un enchaînement de scènes malaisantes, d’incohérences flagrantes, et de dialogues ridicules, soutenu par une bande-son qui aggrave encore l'expérience. Une véritable torture cinématographique, à éviter à tout prix.