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Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft
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capirex
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4,0
Publiée le 13 janvier 2025
Rendant hommage au couple de volcanologue Alsacien , morts en 1991 au Japon , Werner Herzog à partir des archives réalise là un excellent documentaire à travers d'époustouflantes images d’éruptions montées comme un opéra !
Il s’agit d’un documentaire de montage à partir des films réalisés par Katia (née Conrad, en 1942) et Maurice (né en 1946) Krafft, volcanologues alsaciens qui ont arpenté le monde dès qu’une éruption s’annonçait [Katia photographiant (400 000 photos) et prenant le son, et Maurice puis Roland Haas, filmant, en 16 mm). Werner Herzog, qui commente en anglais, y apporte un point de vue et un regard car son film n’est ni, une biographie, ni une hagiographie [spoiler: Maurice a repris les attributs du commandant Jacques-Yves Cousteau (1910-1997), le bonnet et la pipe, pour être clairement identifiable à l’image et savait récolter l’argent nécessaire à leurs expéditions grâce à leurs livres et films ]. Il montre bien qu’à leurs débuts (ils se sont rencontrés en 1966), les époux étaient d’abord des scientifiques, faisant des prélèvements physico-chimiques et leurs documentaires ressemblaient plus à des films de vacances, puis ils sont devenus des cinéastes, avec un sens de l’image, filmant la beauté mortifère des volcans (avec une mention particulière pour les coulées de lave nocturnes à Hawaï, dignes représentations de l’Apocalypse du Nouveau Testament) et se sont intéressés ensuite aux populations à la vie bouleversée par les éruptions volcaniques [cf. les 24 000 morts provoqués par l’éruption du Nevada del Ruiz (Colombie) le 13 novembre 1985, volcan qui a généré une coulée de boue et de cendres (lahar) submergeant, à 50 km, la ville d’Armero qui n’avait pas été évacuée]. Pour le réalisateur, ils ont vécu une « pura vida » (littéralement vie pure), une vie brute, c’est-à-dire selon l’expression usitée au Costa-Rica, une vie de simplicité, de gratitude, d’optimisme, de convivialité, de solidarité et de connexion avec la nature. Le film est construit à partir de leur dernier voyage, au mont Unzen (1 483 m) au Japon (île de Kyūshū, la plus méridionale des 4 îles principales de l’archipel nippon) où une coulée pyroclastique les a emportés le 3 juin 1991 (à 49 et 45 ans) ainsi que le volcanologue américain Harry Glycken (33 ans) qui avait échappé à l’éruption du mont Saint Helens (Etat de Washington aux Etats-Unis) le 18 mai 1980 alors qu’il s’était absenté de son poste d’observation ce jour-là. Pour accompagner les images, Werner Herzog a choisi des airs d’opéra dont le « Requiem » (1887) de Gabriel Fauré (1845-1924). Son approche du couple Krafft est différente et complémentaire de celle, plus sentimentale, de l’Américaine Sara Dosa qui réalisa « Fire of love » (2022).
Werner Herzog a réalisé un superbe documentaire sur Katya et Maurice Krafft, ce couple de vulcanologues tragiquement emportés par une nuée ardente il y a plus de 30 ans. Le grain des pellicules 16 mm n'enlève rien à l'émerveillement procuré par le ballet fascinant des coulées de lave. La bande-son est magnifique. Et le génie d'Herzog est de ne pas s'être limité à un simple documentaire sur les volcans mais d'avoir realisé une oeuvre philosophique qui nous parle de la fugacité mais de la richesse de ces deux vies, a l'instar de René Char lorsqu'il disait : "Celui qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience". Brillant.
Tiré des images prises par le couple Krafft, vulcanologues contemporains, français au cours de leur carrière, WH leur rend hommage ( ils disparurent lors de leur dernière expédition au Japon ) et invite le spectateur à un voyage à travers le monde ( Islande, Italie, Hawaï, Alaska, Etat de Washington (usa), Colombie, Indonésie et Japon ).
Les images sont souvent spectaculaires, oniriques et la métaphore entre la vision des entrailles de la terre qui surgissent à l'air libre et la création montre toute sa pertinence.
On aurait ( du moins en ce qui me concerne) voulu en savoir plus sur le couple lui-même, leur motivation originelle.
Les considérations psychologiques à propos des deux scientifiques ne sont presque pas abordées ( l'image de la lave, de l'éruption volcanique comme figure de l'inconscient est pourtant (selon moi) évidente, mais WH restera ( malheureusement à mes yeux) muet sur ce point.
Malgré ses manques, ce documentaire didactique, humain, riche en émotions, mérite d'être visionné.
Des images d’éruptions à couper le souffle mais aussi et surtout le partage du « off » souvent pénible (toujours dangereux), le parcours d’un couple fusionnel, d’abord scientifique puis « Cousteau » des volcans, puis davantage tourné vers l’humain. Un film rare à ne pas manquer.
Un bel hommage aux époux Krafft. J'en ai apprécié la finesse des commentaires et le récit. Par contre la qualité d'image est étiolée. J'ai bien compris qu'il s'agissait de rush de tournage de Maurice et Katia mais s'agissant d'une version cinéma "grand écran", une restauration s'imposait. Au surplus quand un grand réalisateur comme Werner Herzog est aux commandes. La qualité est tout juste passable pour un écran d'ordinateur. J'ai vraiment éprouvé des difficultés à saisir certains détails visuels (et je ne fais pas allusion à la dernière scène). Un peu déçu donc.
Images magnifiques mais en même temps très morbides. Ce documentaire, c'est quasiment un film d'horreur. Une fois sorti de la salle, on a compris que survivre à l'erruption d'un volcan si on est trop près, c'est mission impossible. Dame nature reste toute puissante et l'homme au final n'est pas grand chose face à elle...
Incontestablement les prises de vue filmées par Katia et Maurice Krafft sont incroyables, saisissantes.
Après j'ai été très déçue par le montage. Aucune explication technique sur telle ou telle coulée de lave. On entend jamais le couple de volcanologues prendre la parole, s'exprimer.
C'est d'autant plus dommage qu'en me renseignant avant de voir ce documentaire, j'ai lu que les travaux de Katia Krafft étaient très finement et précisément documentés. L'ensemble de ses recherches a fait énormément progresser les connaissances sur les volcans. Je suis déçue qu'il n'en a pas été question une seule fois dans ce film. Un film sur Arte ou sur des chaînes telles que National Geographic auraient été bien plus explicatifs.
Format contemplatif. Ambiance parfois horrifique, morbide. Je ne le classerai d'ailleurs pas dans le genre Documentaire mais plutôt Expérimental.
Werner Herzog en retrait Dans Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft, Werner Herzog recycle les films pris par ces deux scientifiques de la région de Mulhouse partis à la découverte du monde des volcans. Outre l’editing des pellicules auquel il a procédé, Herzog est présent par sa voix rocailleuse en anglais, son inoubliable accent allemand. Tout comme celui de Tim Treadwell, le chasseur de photos d’ours de Grizzli Man dévoré par son sujet, le destin de ce couple d’Alsaciens passés de la science au cinéma et mort de la fureur d’un volcan japonais constituait un sujet de choix pour Herzog. Dans une interview, il considère Au cœur des volcans comme son meilleur film. Je ne suis pas de cet avis, moi qui ai développé, ces derniers temps, une véritable passion pour le cinéaste : Katia et Maurice sont un peu beauf avec leur accent français en anglais et leurs difficultés à cheval, beaucoup moins séduisants que Tim-le-cinglé qui criait aux plantigrades de reculer quand ils s’approchaient trop près de lui. Il reste des images somptueuses et sans doute inoubliables de coulées de lave et de flux pyroclastiques dévalant à toute allure des flancs de volcans aux quatre coins du monde. #aucœurdesvolcansrequiempourkatiaetmauricekrafft #wernerherzog #grizzliman Plus de critiques sur www.ericdugelay.com
Moi je ne les connaissais que grâce aux émissions diffusées sur France-Inter. Très ému de les découvrir, sur le plan scientifique et humaniste. Parfis le commentaire relevant de la "création"" est superflu
Film bouleversant... Images somptueuses et extraordinaires, paysages rarissimes, tout cela très bien monté et présenté par Werner Herzog au travers de commentaires humanistes, émouvants, tracant les destins de populations ignorées des autorités publiques lors des risques d'éruption, des animaux abandonnés à leur sort ou utilisés jusqu'à l'épuisement... Les vulcanologues prennent des risques fous, qui les mènent à leur mort (choisie ?), en entraînant d'autres, mais cela a clairement permis une prise de conscience internationale pour sauver les habitants de zones en danger... On ne peut qu'être fasciné.e même en n'étant pas tenté.e par l'expérience...
Au cœur des volcans, requiem pour Katia et Maurice Krafft de Werner Herzog
Ce n’est pas la première fois que Werner Herzog s’intéresse aux volcans. Il avait déjà réalisé un documentaire sur « La soufrière ». Réalisateur hors norme entre la fiction et le documentaire, de l’ascension par Messner du Gasherbrum à la grotte Chauvet des rêves perdus en passant par son travail avec Klaus Kinski qui le fascinait, son œuvre éclectique est monumentale. Nous pourrions tout aussi bien employer ce même qualificatif pour parler de l’héritage de films et de photos, laissé par le couple Krafft, illustres volcanologues mondialement connus.
C’est davantage le travail que Werner Herzog a pu faire de tout ce qu’il a pu visionner qui m’aura finalement attiré dans « Au cœur des volcans ». Les images retenues y sont captivantes, complètement irréelles. D’une beauté dantesque à couper le souffle, que l'on croirait tout droit sorti d'une imagination diabolique.
Je n’avais encore jamais vu de coulées pyroclastiques comme celles du Mont Unzen au Japon où le couple légendaire a malheureusement trouvé la mort, avec 35 autres personnes. Si le périmètre de protection aurait été mal défini par les autorités nipponnes, il n’en demeure pas moins que la présence et notoriété des Krafft, aura attiré un grand nombre de journalistes qui n’étaient pas prêts à prendre les risques que prenaient le célèbre couple. Herzog n’exempte pas leurs responsabilités respectives dans son film.
« Au cœur des volcans, requiem pour Katia et Maurice Krafft », est un vrai film élégiaque qui rend un trés bel hommage au travail de Katia et de Maurice Krafft, dont le couple est intimement lié aux jaillissements des entrailles de la terre, qu’ils n’ont cessé d’approcher, de filmer pour tenter d’en comprendre et d’en percer les mystères.
Ce superbe film redonne vie plus de trente ans après leurs disparitions à la puissance de leurs images si difficiles à aller capturer et si rares à voir avec une telle incandescence.
Au cœur des volcans (All. – 1h21) de Werner Herzog
Un des meilleurs films documentaires d'Herzog. Le travail de dénichage d'archives est exceptionnel, le récit est mené avec un rythme super, les images sont canon. Tout est beaucoup plus intéressant que dans "Fire of love", qui était magnifique visuellement mais évoquait le couple Krafft de manière un peu mielleuse. Ici, leur passion, leur rapport obsessionnel aux volcan est palpable, évoqué avec force et intelligence. C'est génial. La voix d'Herzog en VO ajoute encore un peu plus de mystère-plaisir à ce chef d'oeuvre.
Werner Herzog à son meilleur. Le film est à la fois sublime visuellement (les images tournées par Maurice Krafft notamment) et passionnant. La narration est très rythmée, le couple est présenté dans ses contradictions entre obsession "raisonnée" et flirt avec les plus grands dangers. Les images de la fin sont bouleversantes. Un vrai documentaire d'aventure, sublime et tragique. Le rapport aux éléments est prégnant, puissant. On a l'impression de rentrer dans la tête de Katia et Maurice Krafft. A ne pas manquer !