Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft
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🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 835 abonnés 8 108 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 octobre 2022
Katia et Maurice Krafft étaient des célèbres volcanologues français qui parcouraient le monde à la recherche de volcans encore en activité, afin de capter à l’aide de leur camera et appareil photo, la moindre activité, qu’elle soit éruptive ou effusive. Une passion qui leur coutera la vie puisqu’ils seront tous les deux emportés par une coulée pyroclastique sur le mont Uzen au Japon en 1991.

Ce n’est pas la première fois que Werner Herzog s’intéresse aux volcans, après deux documentaires : La Soufrière (1977) & Au fin fond de la fournaise (2016), cette fois-ci, il s’intéresse aux Krafft en réutilisant les images d’archives captées par le couple et en les réinterprétant. Ce n’est pas à proprement parlé un film sur Katia et Maurice Krafft, car le film ne s’intéresse jamais réellement à eux, en dehors de s’attarder sur leur tragique dernière exploration. Le film retrace leurs voyages aux quatre coins du globe, de l’île indonésienne Una-Una à l’île Augustine en Alaska, du mont Saint Helen aux États-Unis à l’archipel d’Hawaï ou encore El Chichón dans le sud du Mexique. Les images sont à couper le souffle, les paysages lunaires et recouverts de cendres sont incroyables, tout comme les coulées de laves rougeoyantes s'écoulant dans les flots d’une mer déchaînée. Les paysages sont à la fois oniriques et apocalyptiques.

Heureux hasard du calendrier, le documentaire de Werner Herzog est diffusé (pour la première fois) à la télévision au moment même où un tout autre documentaire sur les Krafft sort au cinéma. A titre de comparaison, on préfèrera amplement Fire of Love (2022), le film de Sara Dosa. Le traitement n’est absolument pas le même, certes on retrouve quelques images d’archives identiques, mais l’approche est à l’extrême opposé et s’avère bien plus passionnante. La narration est assurée par Werner Herzog, entrecoupée par de longs passages dénués du moindre dialogue.

En fin de compte, Herzog ne s’intéresse pas tant que ça aux Krafft (comparé au film de Dosa). Ici le film s’avère bien plus contemplatif (jamais nous ne verrons les Krafft prendre la parole par exemple), c’est surtout un hommage aux volcanologues, sans l’aspect biographique, dommage.

● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●
Yves G.

1 827 abonnés 3 981 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 décembre 2024
Maurice et Katia Krafft étaient deux volcanologues français qui, défiant la mort et finalement y succombant en juin 1991 sur les pentes du mont Unzen au Japon, ont filmé et photographié au péril de leur vie les plus spectaculaires éruptions volcaniques sur la planète pendant vingt ans.

Deux documentaires leur ont été consacrés, bouclés quasiment au même moment en 2022. Le premier de Werner Herzog avait été diffusé sur Arte avant, bizarrement, de trouver le chemin des salles plus de deux années plus tard. Le second, "Fire of Love" de Sara Dosa, était lui sorti dans quelques salles parisiennes en octobre 2022. Je l’y avais vu et lui avais consacré une critique.

Celle que je m’apprête à faire du documentaire de Werner Herzog pourrait être copiée quasiment mot à mot de celle que je fis il y a deux ans du documentaire de Sara Dosa tant les deux films se ressemblent. La raison en est qu’ils utilisent le même fonds iconographique : les films en Super-8 tournés par Maurice Krafft – sa femme, Katia, étant en charge de la photo.

Les deux documentaires montrent les mêmes images hallucinantes de volcans déchaînés dégorgeant des coulées de lave bouillante ou des torrents de boue, en Islande, en Indonésie ou en Colombie. Elles montrent aussi la silhouette fragile de nos deux Rouletabille, pas particulièrement charpentés ni outillés pour de telles aventures. On a parfois un peu l’impression de voir le film des vacances tournés par de sympathiques cousins…

Le documentaire de Werner Herzog ne nous dit pas grand-chose de l’histoire de ce couple hors normes. Celui de Sara Dosa était plus pédagogique qui racontait leur formation à l’université de Strasbourg, elle en chimie, lui, de quatre ans son cadet, en géologie. Il expliquait également le financement de leurs expéditions, grâce à quelques rares sponsors et grâce surtout à la commercialisation de leurs livres et de leurs films.

Werner Herzog, que la majestueuse beauté de la terre en éruption a toujours fasciné (en 1976, il a filmé l’éruption du volcan de la Soufrière à la Guadeloupe), est plus sensible aux images tournées par Maurice Krafft qu’à l’histoire du couple. Il nous montre les plus impressionnantes. Et même si je les avais déjà vues dans le documentaire de Sara Dosa, je n’ai pas boudé mon plaisir de les voir une seconde fois. Il montre aussi comment, avec le temps et l’expérience, le regard de Maurice Krafft s’affine et se professionnalise.
gimliamideselfes

3 425 abonnés 4 011 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 octobre 2022
Katia et Maurice Krafft étaient les sujets parfaits pour le cinéma d'Herzog, un couple face à une nature dangereuse et implacable, il n'y a que lui pour sublimer ça (même si on me signale qu'un autre film est sorti quasiment simultanément au cinoche sur les Krafft). Néanmoins, j'aurais tout de même quelques réserves, notamment le fait que Arte diffuse le film en VF... et nous prive donc de la voix d'Herzog ! Bordel, si je regarde un film d'Herzog c'est pour entendre sa voix si caractéristique m'emporter dans les méandres de l'humanité... Pas pour entendre Jean-Jacques de la compta torcher ça avec sa voix soporifique.

Néanmoins le film s'appuie sur les images des Krafft et propose ainsi des séquences hallucinantes d'éruptions volcaniques et rien que pour voir ou revoir ces images ça vaut le coup, même si je pense que je sature un peu du cliché qui consiste à mettre de la musique classique derrière. C'est un poil trop facile.

Après le film n'est jamais aussi bon que lorsque l'on sent que Herzog fait quelque chose d'autre avec leurs images, qu'il y va de son commentaire, qu'il chercher à percer leur mystère, comment ils sont devenus qui ils sont devenus. Il est fasciné par eux, par leur vie, par les risques inconsidérés qu'ils pouvaient prendre (et c'est ce qui leur coutera la vie).

Mais disons que le film est peut-être trop sage, il ne va pas aussi loin que dans Into the Inferno dans l'exploration de la fascination de l'Homme par les volcans. Disons que vu qu'il fait un hommage, il est moins acerbe que d'habitude, ses propos sont moins incisifs sur le genre humain. J'avais déjà ressenti ça avec son film sur Gorbatchev, mais l'hagiographie lui sied un peu moins, il doit se contenir, être plus lisse et ce n'est pas comme ça que le vieux Werner est le meilleur.

Après, ayant un attrait personnel aux Krafft, en tant que petit alsacien ayant fait de la géologie, forcément je suis content qu'on leur rende hommage, qu'on s'intéresse à eux pour leur travail artistique, pour la beauté des images qu'ils peuvent produire, mais aussi pour les hommes qu'ils sont. Juste on sent peut-être trop l'admiration d'Herzog et il n'a pas le regard et le recul qu'il peut avoir d'habitude. Il n'en ressort pas un mauvais film, juste il a fait mieux.
HASTENEP
HASTENEP

14 abonnés 86 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 décembre 2024
Vraiment dommage : les vingt premiers minutes sont prometteuses et d'un seul coup plus rien . Un vide qui se traduit aussi par l'absence de commentaire et de son .

De plus il n'y a pas d'interview du couple on ne les entend pas ou a peine une minute au total.

En une heure sur Arte ou France 5 cela eut été suffisant .
Agathe You
Agathe You

8 abonnés 6 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 22 décembre 2024
Film-hommage au couple de vulcanologue Maurice et Katia Krafft, qui ne s'intéresse en vérité ni à l'étude des volcans ni particulièrement aux Krafft eux-même, si ce n'est au jour de leur mort et aux risques qu'ils ont pris pendant leurs expéditions.
Les images de laves et de paysages lunaires défilent au rythme d'une bande son-bouillie tonitruante, passant de musiques d'opéra à des chansons latinos. Les images sont très belles, mais est-ce suffisant pour en faire un film? Rien de bien attachant. Je me suis rapidement ennuyée.
Yetcha

1 080 abonnés 4 724 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 janvier 2025
De trèes belles et spectaculaires images d'archives du célèbre couple de volcanologues français. On retrouve l'oeil de Maurice qui avait le sens de la mise en scène et du cadrage. Malheureusement Herzog nous donne sa voix off plutôt axée sur le mysticisme et non la science. J'ai même entendu des gens à la sortie dire avec surprise que les Krafft n'étaient pas des scientifiques finalement !?! Comment !?! Ben non en fait, pas du tout, et ils etaient même d'excellents scientifiques de terrain. C'est clairement ce qui manque dans ce documentaire, à la fois la parole des Krafft eux-mêmes (on les entend 2-3 fois parler seulement), et l'esquive totale de l'aspect scientifique, ce qui est tout de même gênant pour un documentaire sur des scientifiques. Donc à la fois content par ces images incroyablement belles et déçu par cet aspect non scientifique. Je passe sous silence la bande son qui est.... Comment dire... Assez décalée !
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 janvier 2025
Un documentaire sur des volcanologues peut être connus mais bien peu competents et d'apres ce film bien imprudents voire meme suicidaires qui restent face a une coulee de gaz ardents sans protection et sans sortie de secours
weihnachtsmann

1 615 abonnés 5 703 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 octobre 2022
Herzog parle d’un film imaginaire qu’on peut imaginer a la fin du documentaire avec les sublimes images tournées par le couple.
Voilà alors cet hommage qu’ils auraient aimé.
« Une existence brute et intense » comme le disent les mexicains donc.
Je trouve que Herzog sait filmer la passion et l’obsession comme personne.
Et son reportage n’est qu’une somme d’images des extrêmes. Il s’efface tellement derrière le modèle qu’il choisit.
C’est superbe.
Sylvain P

386 abonnés 1 420 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 décembre 2024
Ni plus ni moins qu'un hommage aux superbes images capturées par l'inconscient couple Kraft. La voix off soporifique de Werner Herzog n'empêche pas de ressentir une saine émotion à la vision infernale des entrailles de la Terre. On est impressioné par la qualité des cadrages et le sens du spectacle des vulcanologues. La prétention scientifique s'estompe au fur et à mesure des années pour laisser place à la Nature brute. Magnifique !
LCDC YT
LCDC YT

147 abonnés 359 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 décembre 2024
Immense fresque passionnante sur deux figures emblématique des volcans, HERZOG fait de ce documentaire, un brillant exercice visuel, une magnifique lettre d'amour à ces deux aventuriers, et un moment de cinéma fascinant à regarder
Alu-Ciné
Alu-Ciné

26 abonnés 113 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 janvier 2025
J'avais oublié que Werner Herzog était un des plus grands génies de l'image de notre temps ! Ici certes il "se contente" de monter le travail des époux Krafft depuis leurs archives, alors quelle intelligence dans ce montage-là ! Le cinéaste allemand -qui affirme dans de récentes entrevues en France à l'occasion de la parution chez Séguier de ses "Mémoires" que ses films seront bientôt oubliés (?!) mais pas ses écrits (?!)- montre l'évolution des deux admirateurs de volcans depuis leurs années de touristes ordinaires au début des années 70 jusqu'à leur quête d'images d'une incroyable beauté, images dignes du plus grand... Herzog.
Le commentaire du réalisateur de "Fitzcaraldo" énoncé en anglais est toujours intéressant et "allumé" (comment pourrait-il en être autrement avec lui ?). Sa fascination pour une mort parfaitement intégrée à la vie, tragique et boudhiste à la fois apparaît comme jamais ici. Quelle extraordinaire bande musicale aussi. Un grand moment de cinéma !
Redzing

1 444 abonnés 4 887 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 janvier 2026
Comptant parmi les plus célèbres vulcanologues, Katia et Maurice Krafft parcoururent le monde pour assister en première ligne à de spectaculaires éruptions. Ils purent ainsi fournir des analyses scientifiques... et surtout des photographies et vidéos de phénomènes infernaux. Jusqu'à leur tragique décès en 1991 lors d'une éruption.
Werner Herzog avait déjà prouvé sa fascination pour les volcans à travers deux documentaires, il était quelque part logique qu'il s'intéresse aux Krafft. L'ironie étant qu'un autre documentaire consacré aux Krafft est sorti également en 2022, "Fire of Love" !
Mais "The Fire Within: A Requiem for Katia and Maurice Krafft" ne s'intéresse que très peu à leur vie personnelle, expédiée dans les premières minutes. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un requiem, d'un hommage à leur travail. Et à ce niveau, Herzog les considère davantage comme des cinéastes de l'extrême que des scientifiques.
Le réalisateur rediffuse leurs images impressionnantes. Entre des phénomènes aussi dangereux que majestueux, que les Krafft semblent côtoyer de tout près avec le plus grand naturel. Ou des terres devenues apocalyptiques après une éruption. Le tout accompagné de peu de dialogues, et d'une musique funéraire.
Werner Herzog célèbre ainsi le travail complètement fou des Krafft, avec sans doute une pointe de jalousie : lui-même admet avoir eu très envie d'être à leur côté en voyant leurs images. Je n'ai aucun mal à le croire, au vu des risques qu'il avait pris à pour tourner son documentaire "La Soufrière - Warten auf eine unausweichliche Katastrophe". C'est aussi l'occasion évidente de rappeler la puissance de la nature.
Forcément, noter une telle œuvre n'a pas grand sens. Les images sont incroyables, tant par les visuels que les conditions de tournage... mais ne sont pas filmées par Werner Herzog, qui ne fait "que" les faire découvrir.
Néanmoins, "The Fire Within: A Requiem for Katia and Maurice Krafft" reste un documentaire percutant.
Ricco92
Ricco92

280 abonnés 2 327 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 janvier 2025
Katia et Maurice Krafft étaient un couple de vulcanologues qui ont petit à petit délaissé un peu l’aspect purement scientifique de leur métier pour plus s’orienter vers une forme de documentarisme en filmant les volcans qu’ils approchaient. Werner Herzog choisit de faire partager ces archives à travers Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft. Deux ans après avoir été diffusé sur Arte, le film est sorti au cinéma et cela peut se comprendre car le grand écran est le meilleur endroit pour pouvoir admirer ces images. Même si on peut regretter que beaucoup d’images soient muettes (car le son décuplerait sûrement leur force) et trouver que la voix-off d’Herzog est un peu trop présente, les images filmées par le couple, accompagnées la majorité du temps par de la musique classique, sont impressionnantes (même si on peut se dire qu’elles auraient encore été plus incroyables si elles avaient bénéficié des technologies actuelles comme la 4K) et méritent d’être découvertes. Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft est donc un documentaire intéressant qui permet surtout de préserver le travail d’un couple dévoré par une passion qui leur fut fatale mais qui aida à alerter les autorités sur les risques des volcans.
Corinne76100
Corinne76100

85 abonnés 613 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 janvier 2025
Film absolument saisissant pour découvrir le monde de la volcanologie. L'inconscience du couple au vu des images apocalyptiques fait froid dans le dos.
takeshi29
takeshi29

34 abonnés 135 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 décembre 2024
On comprend très rapidement ce qui a amené Werner Herzog à consacrer un film à Katia et Maurice Krafft. En effet il n'en est pas fait mystère puisque révélé dès les premières minutes : ces amoureux des volcans sont morts de leur passion, et c'est donc bel et bien la nature qu'ils ont inlassablement filmée qui les a tués. Ainsi donc le cinéaste allemand continue à explorer sur le même plan beauté et hostilité des éléments, et tout comme dans les monuments "Aguirre" et "Fitzcarraldo" il ne dissocie jamais la conquête de nouveaux territoires d'une forme d'inconscience, de folie. Mais ici, convaincu du pouvoir de fascination des images capturées par les Krafft, il fait la part belle à ces dernières. Souvent renversantes de beauté, parfois effrayantes, douloureuses, elles sont magnifiées par les musiques du "Requiem" évoqué dans le sous-titre, par la voix si particulière d'Herzog. En un mot c'est un fascinant voyage, qui nous propose moins d'explorer les entrailles de la terre que sa surface, suivant ainsi la trajectoire d'un couple qui aura de plus en plus dirigé sa caméra vers l'humain, celui qui devait composer, non sans drame, avec ce qui l'entourait.

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