Comptant parmi les plus célèbres vulcanologues, Katia et Maurice Krafft parcoururent le monde pour assister en première ligne à de spectaculaires éruptions. Ils purent ainsi fournir des analyses scientifiques... et surtout des photographies et vidéos de phénomènes infernaux. Jusqu'à leur tragique décès en 1991 lors d'une éruption. Werner Herzog avait déjà prouvé sa fascination pour les volcans à travers deux documentaires, il était quelque part logique qu'il s'intéresse aux Krafft. L'ironie étant qu'un autre documentaire consacré aux Krafft est sorti également en 2022, "Fire of Love" ! Mais "The Fire Within: A Requiem for Katia and Maurice Krafft" ne s'intéresse que très peu à leur vie personnelle, expédiée dans les premières minutes. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un requiem, d'un hommage à leur travail. Et à ce niveau, Herzog les considère davantage comme des cinéastes de l'extrême que des scientifiques. Le réalisateur rediffuse leurs images impressionnantes. Entre des phénomènes aussi dangereux que majestueux, que les Krafft semblent côtoyer de tout près avec le plus grand naturel. Ou des terres devenues apocalyptiques après une éruption. Le tout accompagné de peu de dialogues, et d'une musique funéraire. Werner Herzog célèbre ainsi le travail complètement fou des Krafft, avec sans doute une pointe de jalousie : lui-même admet avoir eu très envie d'être à leur côté en voyant leurs images. Je n'ai aucun mal à le croire, au vu des risques qu'il avait pris à pour tourner son documentaire "La Soufrière - Warten auf eine unausweichliche Katastrophe". C'est aussi l'occasion évidente de rappeler la puissance de la nature. Forcément, noter une telle œuvre n'a pas grand sens. Les images sont incroyables, tant par les visuels que les conditions de tournage... mais ne sont pas filmées par Werner Herzog, qui ne fait "que" les faire découvrir. Néanmoins, "The Fire Within: A Requiem for Katia and Maurice Krafft" reste un documentaire percutant.
Au cœur des volcans, requiem pour Katia et Maurice Krafft de Werner Herzog
Ce n’est pas la première fois que Werner Herzog s’intéresse aux volcans. Il avait déjà réalisé un documentaire sur « La soufrière ». Réalisateur hors norme entre la fiction et le documentaire, de l’ascension par Messner du Gasherbrum à la grotte Chauvet des rêves perdus en passant par son travail avec Klaus Kinski qui le fascinait, son œuvre éclectique est monumentale. Nous pourrions tout aussi bien employer ce même qualificatif pour parler de l’héritage de films et de photos, laissé par le couple Krafft, illustres volcanologues mondialement connus.
C’est davantage le travail que Werner Herzog a pu faire de tout ce qu’il a pu visionner qui m’aura finalement attiré dans « Au cœur des volcans ». Les images retenues y sont captivantes, complètement irréelles. D’une beauté dantesque à couper le souffle, que l'on croirait tout droit sorti d'une imagination diabolique.
Je n’avais encore jamais vu de coulées pyroclastiques comme celles du Mont Unzen au Japon où le couple légendaire a malheureusement trouvé la mort, avec 35 autres personnes. Si le périmètre de protection aurait été mal défini par les autorités nipponnes, il n’en demeure pas moins que la présence et notoriété des Krafft, aura attiré un grand nombre de journalistes qui n’étaient pas prêts à prendre les risques que prenaient le célèbre couple. Herzog n’exempte pas leurs responsabilités respectives dans son film.
« Au cœur des volcans, requiem pour Katia et Maurice Krafft », est un vrai film élégiaque qui rend un trés bel hommage au travail de Katia et de Maurice Krafft, dont le couple est intimement lié aux jaillissements des entrailles de la terre, qu’ils n’ont cessé d’approcher, de filmer pour tenter d’en comprendre et d’en percer les mystères.
Ce superbe film redonne vie plus de trente ans après leurs disparitions à la puissance de leurs images si difficiles à aller capturer et si rares à voir avec une telle incandescence.
Au cœur des volcans (All. – 1h21) de Werner Herzog
Werner Herzog à son meilleur. Le film est à la fois sublime visuellement (les images tournées par Maurice Krafft notamment) et passionnant. La narration est très rythmée, le couple est présenté dans ses contradictions entre obsession "raisonnée" et flirt avec les plus grands dangers. Les images de la fin sont bouleversantes. Un vrai documentaire d'aventure, sublime et tragique. Le rapport aux éléments est prégnant, puissant. On a l'impression de rentrer dans la tête de Katia et Maurice Krafft. A ne pas manquer !
Un des meilleurs films documentaires d'Herzog. Le travail de dénichage d'archives est exceptionnel, le récit est mené avec un rythme super, les images sont canon. Tout est beaucoup plus intéressant que dans "Fire of love", qui était magnifique visuellement mais évoquait le couple Krafft de manière un peu mielleuse. Ici, leur passion, leur rapport obsessionnel aux volcan est palpable, évoqué avec force et intelligence. C'est génial. La voix d'Herzog en VO ajoute encore un peu plus de mystère-plaisir à ce chef d'oeuvre.
Werner Herzog a réalisé un superbe documentaire sur Katya et Maurice Krafft, ce couple de vulcanologues tragiquement emportés par une nuée ardente il y a plus de 30 ans. Le grain des pellicules 16 mm n'enlève rien à l'émerveillement procuré par le ballet fascinant des coulées de lave. La bande-son est magnifique. Et le génie d'Herzog est de ne pas s'être limité à un simple documentaire sur les volcans mais d'avoir realisé une oeuvre philosophique qui nous parle de la fugacité mais de la richesse de ces deux vies, a l'instar de René Char lorsqu'il disait : "Celui qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience". Brillant.
Il s’agit d’un documentaire de montage à partir des films réalisés par Katia (née Conrad, en 1942) et Maurice (né en 1946) Krafft, volcanologues alsaciens qui ont arpenté le monde dès qu’une éruption s’annonçait [Katia photographiant (400 000 photos) et prenant le son, et Maurice puis Roland Haas, filmant, en 16 mm). Werner Herzog, qui commente en anglais, y apporte un point de vue et un regard car son film n’est ni, une biographie, ni une hagiographie [spoiler: Maurice a repris les attributs du commandant Jacques-Yves Cousteau (1910-1997), le bonnet et la pipe, pour être clairement identifiable à l’image et savait récolter l’argent nécessaire à leurs expéditions grâce à leurs livres et films ]. Il montre bien qu’à leurs débuts (ils se sont rencontrés en 1966), les époux étaient d’abord des scientifiques, faisant des prélèvements physico-chimiques et leurs documentaires ressemblaient plus à des films de vacances, puis ils sont devenus des cinéastes, avec un sens de l’image, filmant la beauté mortifère des volcans (avec une mention particulière pour les coulées de lave nocturnes à Hawaï, dignes représentations de l’Apocalypse du Nouveau Testament) et se sont intéressés ensuite aux populations à la vie bouleversée par les éruptions volcaniques [cf. les 24 000 morts provoqués par l’éruption du Nevada del Ruiz (Colombie) le 13 novembre 1985, volcan qui a généré une coulée de boue et de cendres (lahar) submergeant, à 50 km, la ville d’Armero qui n’avait pas été évacuée]. Pour le réalisateur, ils ont vécu une « pura vida » (littéralement vie pure), une vie brute, c’est-à-dire selon l’expression usitée au Costa-Rica, une vie de simplicité, de gratitude, d’optimisme, de convivialité, de solidarité et de connexion avec la nature. Le film est construit à partir de leur dernier voyage, au mont Unzen (1 483 m) au Japon (île de Kyūshū, la plus méridionale des 4 îles principales de l’archipel nippon) où une coulée pyroclastique les a emportés le 3 juin 1991 (à 49 et 45 ans) ainsi que le volcanologue américain Harry Glycken (33 ans) qui avait échappé à l’éruption du mont Saint Helens (Etat de Washington aux Etats-Unis) le 18 mai 1980 alors qu’il s’était absenté de son poste d’observation ce jour-là. Pour accompagner les images, Werner Herzog a choisi des airs d’opéra dont le « Requiem » (1887) de Gabriel Fauré (1845-1924). Son approche du couple Krafft est différente et complémentaire de celle, plus sentimentale, de l’Américaine Sara Dosa qui réalisa « Fire of love » (2022).
Katia et Maurice Krafft étaient un couple de vulcanologues qui ont petit à petit délaissé un peu l’aspect purement scientifique de leur métier pour plus s’orienter vers une forme de documentarisme en filmant les volcans qu’ils approchaient. Werner Herzog choisit de faire partager ces archives à travers Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft. Deux ans après avoir été diffusé sur Arte, le film est sorti au cinéma et cela peut se comprendre car le grand écran est le meilleur endroit pour pouvoir admirer ces images. Même si on peut regretter que beaucoup d’images soient muettes (car le son décuplerait sûrement leur force) et trouver que la voix-off d’Herzog est un peu trop présente, les images filmées par le couple, accompagnées la majorité du temps par de la musique classique, sont impressionnantes (même si on peut se dire qu’elles auraient encore été plus incroyables si elles avaient bénéficié des technologies actuelles comme la 4K) et méritent d’être découvertes. Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft est donc un documentaire intéressant qui permet surtout de préserver le travail d’un couple dévoré par une passion qui leur fut fatale mais qui aida à alerter les autorités sur les risques des volcans.
J'avais oublié que Werner Herzog était un des plus grands génies de l'image de notre temps ! Ici certes il "se contente" de monter le travail des époux Krafft depuis leurs archives, alors quelle intelligence dans ce montage-là ! Le cinéaste allemand -qui affirme dans de récentes entrevues en France à l'occasion de la parution chez Séguier de ses "Mémoires" que ses films seront bientôt oubliés (?!) mais pas ses écrits (?!)- montre l'évolution des deux admirateurs de volcans depuis leurs années de touristes ordinaires au début des années 70 jusqu'à leur quête d'images d'une incroyable beauté, images dignes du plus grand... Herzog. Le commentaire du réalisateur de "Fitzcaraldo" énoncé en anglais est toujours intéressant et "allumé" (comment pourrait-il en être autrement avec lui ?). Sa fascination pour une mort parfaitement intégrée à la vie, tragique et boudhiste à la fois apparaît comme jamais ici. Quelle extraordinaire bande musicale aussi. Un grand moment de cinéma !
Rendant hommage au couple de volcanologue Alsacien , morts en 1991 au Japon , Werner Herzog à partir des archives réalise là un excellent documentaire à travers d'époustouflantes images d’éruptions montées comme un opéra !
Werner Herzog en retrait Dans Au cœur des volcans : Requiem pour Katia et Maurice Krafft, Werner Herzog recycle les films pris par ces deux scientifiques de la région de Mulhouse partis à la découverte du monde des volcans. Outre l’editing des pellicules auquel il a procédé, Herzog est présent par sa voix rocailleuse en anglais, son inoubliable accent allemand. Tout comme celui de Tim Treadwell, le chasseur de photos d’ours de Grizzli Man dévoré par son sujet, le destin de ce couple d’Alsaciens passés de la science au cinéma et mort de la fureur d’un volcan japonais constituait un sujet de choix pour Herzog. Dans une interview, il considère Au cœur des volcans comme son meilleur film. Je ne suis pas de cet avis, moi qui ai développé, ces derniers temps, une véritable passion pour le cinéaste : Katia et Maurice sont un peu beauf avec leur accent français en anglais et leurs difficultés à cheval, beaucoup moins séduisants que Tim-le-cinglé qui criait aux plantigrades de reculer quand ils s’approchaient trop près de lui. Il reste des images somptueuses et sans doute inoubliables de coulées de lave et de flux pyroclastiques dévalant à toute allure des flancs de volcans aux quatre coins du monde. #aucœurdesvolcansrequiempourkatiaetmauricekrafft #wernerherzog #grizzliman Plus de critiques sur www.ericdugelay.com
Un documentaire sur des volcanologues peut être connus mais bien peu competents et d'apres ce film bien imprudents voire meme suicidaires qui restent face a une coulee de gaz ardents sans protection et sans sortie de secours
Incontestablement les prises de vue filmées par Katia et Maurice Krafft sont incroyables, saisissantes.
Après j'ai été très déçue par le montage. Aucune explication technique sur telle ou telle coulée de lave. On entend jamais le couple de volcanologues prendre la parole, s'exprimer.
C'est d'autant plus dommage qu'en me renseignant avant de voir ce documentaire, j'ai lu que les travaux de Katia Krafft étaient très finement et précisément documentés. L'ensemble de ses recherches a fait énormément progresser les connaissances sur les volcans. Je suis déçue qu'il n'en a pas été question une seule fois dans ce film. Un film sur Arte ou sur des chaînes telles que National Geographic auraient été bien plus explicatifs.
Format contemplatif. Ambiance parfois horrifique, morbide. Je ne le classerai d'ailleurs pas dans le genre Documentaire mais plutôt Expérimental.
Film bouleversant... Images somptueuses et extraordinaires, paysages rarissimes, tout cela très bien monté et présenté par Werner Herzog au travers de commentaires humanistes, émouvants, tracant les destins de populations ignorées des autorités publiques lors des risques d'éruption, des animaux abandonnés à leur sort ou utilisés jusqu'à l'épuisement... Les vulcanologues prennent des risques fous, qui les mènent à leur mort (choisie ?), en entraînant d'autres, mais cela a clairement permis une prise de conscience internationale pour sauver les habitants de zones en danger... On ne peut qu'être fasciné.e même en n'étant pas tenté.e par l'expérience...
De trèes belles et spectaculaires images d'archives du célèbre couple de volcanologues français. On retrouve l'oeil de Maurice qui avait le sens de la mise en scène et du cadrage. Malheureusement Herzog nous donne sa voix off plutôt axée sur le mysticisme et non la science. J'ai même entendu des gens à la sortie dire avec surprise que les Krafft n'étaient pas des scientifiques finalement !?! Comment !?! Ben non en fait, pas du tout, et ils etaient même d'excellents scientifiques de terrain. C'est clairement ce qui manque dans ce documentaire, à la fois la parole des Krafft eux-mêmes (on les entend 2-3 fois parler seulement), et l'esquive totale de l'aspect scientifique, ce qui est tout de même gênant pour un documentaire sur des scientifiques. Donc à la fois content par ces images incroyablement belles et déçu par cet aspect non scientifique. Je passe sous silence la bande son qui est.... Comment dire... Assez décalée !
Film absolument saisissant pour découvrir le monde de la volcanologie. L'inconscience du couple au vu des images apocalyptiques fait froid dans le dos.