En voilà un fun fact bien surprenant ! Dans les années 70, Rodney Alcala, un tueur un série souvent comparé à Ted Bundy (ça donne un ordre d’idées) participe à la version américaine de "Tournez manège !". Seulement voilà, ça ne reste qu’un fun fact bien surprenant.
Pour réaliser son premier film, Anna Kendrick, que j’apprécie beaucoup d’ailleurs, n’a pas bénéficié d’un scénario très épais car même si beaucoup de choses ont été inventées (forcément, il fallait bien étoffer tout ça), ça reste quand même très maigre ! Le scénariste aurait d’ailleurs pu en profiter pour dresser un portrait bien plus global d’Alcala, quitte à partir sur le biopic assumé que de se focaliser sur un épisode d’une demi-heure d’une émission qui ne raconte en plus rien sur le tueur hormis ce fameux fun fact.
De plus, il y a une espèce de dissonance qui s’installe puisque le film commence avec la participante de l’émission, après une première introduction un peu vague et racoleuse du tueur. Participante, Cheryl Bradshaw, qui n’était dans la réalité qu’une simple candidate, s’étant de plus faite très discrète depuis ces évènements. Du coup, même chose, on étoffe le personnage. On passe donc cette fois à une actrice qui peine à trouver un job à Hollywood. De nature provocatrice, elle pose ses propres questions au lieu de bêtement lire les cartes fournies par le présentateur. Ce qui donne lieu, certes, à des scènes assez rigolotes, en plus d’apporter un pseudo-discours féministe (très léger mais c’est quand même là). Mais ces scènes-là sont entre-coupées par des flashbacks relatant les meurtres du participant n°3. Et en même temps, une spectatrice (également inventée pour les besoins du film) reconnaît Alcala mais personne ne la croit ; de toute manière, cette sous-intrigue est un cul-de-sac.
Bref, au final, quel film je regarde ? Le fun fact sur le jeu télé ? Le semi-biopic d’Alcala ? Tout ce que je vois, c’est un scénario qui veut tout raconter à travers ce seul évènement (et c’est aussi un bon élément marketing pour vendre le film) et se perd ainsi avec des personnages et sous-intrigues qui ne servent à rien et qui ne font que ralentir l’ensemble.
Concernant la mise en scène, c’est également très pauvre mais on n’en voudra pas trop à la réalisatrice puisque l’on sait à quel point le cahier des charges Netflix peut être serré et contraignant. On a donc quelque-chose de très bateau qui ne tente rien et ne fait qu’illustrer.
Bref, ”Une femme en jeu” est donc un film qui a constamment le cul entre deux chaises et qui ne raconte au final pas grand-chose !