Note moyenne
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Dans un futur dystopique (à l’époque de la sortie du film), Détroit est la proie du crime, de l’ultra violence et de la corruption. Dans cet univers glauque et malsain, l’OCP, une multinationale tentaculaire contrôlant aussi bien les médias que la recherche scientifique ou militaire, privatise la police de la ville et y développe un nouveau projet de lutte contre le crime : Robocop.
L’OCP place les meilleurs agents dans les zones à haut risque en espérant le décès de l’un d’entre eux qui servira de cobaye pour ce projet de cyborg, Alex Murphy, jeune père de famille, sera cet homme mais celui qu’on pense être désormais une machine a conservé au fond de lui-même des souvenirs et sa part d’humanité.
Grosse claque de la fin des années 80, Robocop est le premier film américain du célèbre réalisateur Paul Verhoeven (Total Recall, Basic Instinct, Starship Troopers …). Réalisé avec un tout petit budget, le film rencontrera un franc succès et sa violence viscérale, tant physique que psychologique reste encore aujourd’hui dans les mémoires. Oui Robocop est un film violent et sombre, aussi bien visuellement (les impacts des tirs dans la chair) que dans les symboles (la mort de Murphy supplicié par un gang au comportement enfantin) mais également un film critique sur la société américaine et prophétique sur le devenir d’une ville : Détroit.
Deux suites verront le jour en 1990 et 1993 mais, malgré des budgets supérieurs, n’atteindront jamais le niveau du premier opus, se contentant d’être de simples cartoons pour jeunes adultes.
Enfin, un remake complètement raté sortira en 2014 mais le simple fait de l’évoquer ici sera surtout pour vous recommander de ne jamais le regarder et vous infliger cette torture, ce film étant une daube infame dans laquelle toute violence a été édulcorée comme un vulgaire jeu vidéo. Un film si ridicule que j’ai eu du mal à le visionner jusqu’au bout en salles et je n’ai jamais autant pleuré le prix d’un billet …
Bref, vous l’aurez compris, Robocop c’est culte, c’est du lourd et du brutal mais c’est loin d’être un film idiot ! En revanche, vous pouvez aisément faire l’impasse sur les suites et le remake !
L’OCP place les meilleurs agents dans les zones à haut risque en espérant le décès de l’un d’entre eux qui servira de cobaye pour ce projet de cyborg, Alex Murphy, jeune père de famille, sera cet homme mais celui qu’on pense être désormais une machine a conservé au fond de lui-même des souvenirs et sa part d’humanité.
Grosse claque de la fin des années 80, Robocop est le premier film américain du célèbre réalisateur Paul Verhoeven (Total Recall, Basic Instinct, Starship Troopers …). Réalisé avec un tout petit budget, le film rencontrera un franc succès et sa violence viscérale, tant physique que psychologique reste encore aujourd’hui dans les mémoires. Oui Robocop est un film violent et sombre, aussi bien visuellement (les impacts des tirs dans la chair) que dans les symboles (la mort de Murphy supplicié par un gang au comportement enfantin) mais également un film critique sur la société américaine et prophétique sur le devenir d’une ville : Détroit.
Deux suites verront le jour en 1990 et 1993 mais, malgré des budgets supérieurs, n’atteindront jamais le niveau du premier opus, se contentant d’être de simples cartoons pour jeunes adultes.
Enfin, un remake complètement raté sortira en 2014 mais le simple fait de l’évoquer ici sera surtout pour vous recommander de ne jamais le regarder et vous infliger cette torture, ce film étant une daube infame dans laquelle toute violence a été édulcorée comme un vulgaire jeu vidéo. Un film si ridicule que j’ai eu du mal à le visionner jusqu’au bout en salles et je n’ai jamais autant pleuré le prix d’un billet …
Bref, vous l’aurez compris, Robocop c’est culte, c’est du lourd et du brutal mais c’est loin d’être un film idiot ! En revanche, vous pouvez aisément faire l’impasse sur les suites et le remake !
chef d'œuvre classique du cinéma. entre drame d'un flic qui meurt transformé en super-héros et le complot pour déjouer les plan de robocop, le méchant charismatique au enquêtes pour se rappeler de sa vie d'avant drame. des scènes d'action et de science fiction révolutionnaire pour cette époque, des acteurs incroyable. le top. adapté en jeux vidéo plusieurs fois.
Paul Verhoeven n'a jamais aimé la science-fiction. Du moins pas plus que ça, selon ses dires. Cela n'empêchera pas le bougre de donner au cinéma, trois de ses meilleurs films dans le genre, Robocop, Total Recall et Starship Troopers. Si le second fut conçu préalablement comme un produit Schwarzy, à savoir muscles, flingues et gros calibres, Verhoeven ne se départit pas de son ironie légendaire et de sa violence exacerbée pour construire ce qui reste tjrs à ce jour le meilleur film prenant pour cadre la planète rouge. Quant à Starship troopers, il met en scène un conflit futur et improbable entre deux peuples, l'humanité civilisée (nous donc) où chaque individu (enfant compris) est appelé via flash-info et réclames propagandistes à faire son travail de citoyen. La jeunesse dorée, embrigadée par cette idéologie totalitaire, s'apprête à recevoir une formation militaire standard avant d'être sacrifiée sur le front, à savoir une planète étrangère, foyer de l'autre espèce belligérante, les arachnides où là-aussi chaque individu est mis à disposition pour servir une caste supérieure aux désirs d'expansion insensées.
C'est au premier film de cette trilogie que nous nous intéresserons, le bien-nommé Robocop. Quand il sort en 1987, le dernier androïde en date à avoir explosé le box-office sur son seul nom, est une petite production intitulée Terminator dont nous tairons le pitch ici, supposant que tout le monde le connait, ce qui peut toujours être faux d'ailleurs. La firme Orion (déjà détentrice des droits de Terminator) voit à travers le projet Robocop la possibilité de capitaliser encore plus sur la mode émergente des robots qui flinguent d'abord et parlent ensuite, et en confie la réalisation à un jeune réalisateur étranger, précédé de sa réputation de "hollandais violent", ayant encore tout à prouver en terre hollywoodienne. Mais je me répète, Verhoeven n'aime pas plus que ça la SF, d'ailleurs c'est sa femme qui le poussera à passer outre le titre ridicule et lire le script de Ed Neumeier et Michael Miner. Et elle avait raison. Verhoeven voit en l'histoire de Robocop l'occasion rêvée d'y aborder sous un angle (et un genre) nouveau ses thèmes de prédilection à savoir la corruption de la chair, l'aliénation de l'individu et la violence décomplexée. Nouveau en Amérique, il y voit aussi l'occasion de brocarder les travers de la société américaine en livrant plus qu'un actioner de SF, une véritable satire de la société américaine d'alors et encore d'aujourd'hui.
Mais venons-en à l'histoire du film:
Détroit en 2010, la métropole est en proie à une criminalité sans précédent. Les forces de police sont dépassées et menacent de se mettre en grève depuis leur rachat par l'OCP, un conglomérat militaro-industriel. Et la télé finit de nous décrire l'état de ce monde, en alternant flash-infos sur fond de crise mondiale et publicités improbables. C'est dans ce contexte qu'Alex Murphy, jeune officier de police se voit muté (volontairement!!!) en zone dangereuse et se fait tuer durant une descente. L'OCP désireuse de lancer un programme de policiers synthétiques et détenant au préalable les droits du corps de Murphy (appréciez l'ironie) transforme ce qui reste du "défunt" jeune homme en cyborg de chrome massif, programmé pour faire respecter la loi. Le nouveau justicier mène alors la vie dure aux criminels de tous types et parait n'avoir absolument plus rien de l'homme qu'il fut jadis. Jusqu'à ce que les souvenirs de Murphy se manifestent...
De prime-abord, l'intrigue épouse vaguement les contours du schéma-narratif d'un simple vigilante movie (film de justicier), pour mieux les détourner (ce n'est pas un proche du héros qui est tué ici, c'est lui-même) et brocarder les travers d'une société livrée au capitalisme sauvage et à la criminalité débridée.
Tout et tout le monde y passe dans Robocop, du jeune flic idéaliste et un brin naïf, servant successivement de chair à canon, de cobaye, de prototype et d'esclave, aux criminels psychotiques et incurables qui massacrent joyeusement le-dit flic à coup de fusil à pompe à bout portant, en passant bien-sûr par la lutte de pouvoir que se livrent un vieux requin et un jeune loup de l'OCP, rien ni personne n'est épargné. Pas même le président des Etats-Unis, que l'on aperçoit lors d'un flash-info, flotter stupidement dans une navette spatiale.
Verhoeven prend le contre-pied d'un actioner lambda, pour nous livrer SA vision caustique et dépressive de l'Amérique des années Reagan. Son décorum : Détroit dans ce qu'elle aurait pu être un jour (si entretemps la crise ne l'avait pas frappé de plein fouet), un haut-lieu de l'industrie où règne sans partage une corporation toute-puissante, aliénant quotidiennement les foules via une propagande insidieuse à travers flash-infos et réclames publicitaires agressives. Une mégalopole qui se veut à l'avant-garde du progrès technologique mais apparaît aussi comme une zone de guerre perpétuelle, où la police impuissante s'apprête à déposer les armes, face à une criminalité implacable et la dégénérescence générale des mentalités. Il faut voir cette bande de mafieux, dans un pur moment de jubilation puérile, s'éclater à cribler de balles un pauvre flic. Et voir les rues de la ville s'embraser et livrées au pillage dès lors que la police se met en grève. Il faut voir les zones industrielles en friche servant de repère à tous les fuyards.. les collusions entre financiers et mafieux.. les panneaux publicitaires utopiques annonçant en arrière-plan un avenir radieux à travers la construction d'une nouvelle ville sur l'ancienne. L'endroit tel quel est impossible à sauver, les industriels le savent et s'apprêtent à tout raser en espérant éradiquer le mal au passage. De leur cynisme et leur immoralité va naître la figure messianique d'un homme qui ne l'est plus mais tente comme il peut, de le redevenir. Devenu un être grotesque et insensible, n'ayant à priori d'humain que le visage qu'il cache sous un masque cyclopéen, Murphy se découvrira les rêves et les souvenirs d'une vie heureuse à jamais révolue. Et c'est à travers ceux-ci et son désir de justice et de revanche, qu'il redeviendra progressivement humain.
Car Robocop c'est aussi un film de vengeance. A peine arrivé, à peine massacré, le corps d'un jeune flic est racheté en pièces détachées par l'OCP, corporation prométhéenne qui en fait un cyborg implacable et sans état d'âme. Mais quand le robot se met à rêver, c'est sa vie antérieure qui lui apparaît, sa propre mort et le bonheur d'une vie de famille heureuse à jamais révolue. Et quand le robot se met à serrer les dents de douleur et de rage, c'est l'humanité du défunt qui s'exprime, pleurant s'il pouvait pleurer et réclamant justice. Robocop, pas un film de vengeance ? Ouvrez vos esgourdes et écoutez le robot hurler.
On a souvent proposé une interprétation christique du film de Verhoeven. A sa sortie, le réalisateur soulignait malicieusement que son héros marchait sur l'eau à la fin du métrage. L'exécution de Murphy, ultra-violente, renvoie pour certains à une crucifixion. Mais en cherchant bien, dans tout le film, on ne trouvera pas une seule référence explicite et évidente sur la religion, que ce soit dans les dialogues ou les décors (contrairement à ses suites). Pas de prêtres, pas d'église, pas de croix. Les financiers cyniques de l'OCP représentent une nouvelle forme de clergé, leur doyen ressemblant à une sorte de Jean-Paul II en costard-cravate et col blanc. Le seul dieu qu'ils reconnaissent est celui du profit. L'argent a tout pouvoir dans ce monde, y compris d'acheter les corps de défunts pas encore totalement refroidis pour les transformer à leur guise. Afin de lutter contre le crime et l'hérésie qui menace leur temple, ils créent donc une sorte de croisé. Au sortir de La Chair et le sang, Verhoeven propose ainsi sa vision d'un chevalier futuriste, portant armure et casque en acier chromé. A travers son heaume de titane, Murphy n'a qu'une vision unique et restreinte, celle d'un vassal servant uniquement les intérêts de ses maîtres. Ce casque représente son appartenance à l'OCP, sa perte d'identité et son abrutissement. Ce n'est qu'en le retirant et en osant contempler le reflet de son visage dans un bout de verre poli, qu'il appréhendera la terrible vérité de son existence perdue. Et c'est dans une confrontation ultime avec ses anciens bourreaux qu'il accomplira sa vengeance ("Je ne viens pas vous arrêter cette fois-ci." lancera-t-il à son assassin) et se réalisera à nouveau humain. Et à travers son nom lancé en toute fin de métrage, c'est son humanité retrouvée et son individualité qu'il proclame.
Proposant une tonalité subversive des plus réjouissantes, le film de Verhoeven se regarde aujourd'hui avec un plaisir inaltérable. Le réalisateur rivalise d'astuce et d'audace pour livrer un spectacle sans commune mesure. De chaque séquence de son métrage, transpire la volonté du réalisateur d'aller à l'encontre des attentes légitimes du public pour un tel film de genre et de ne pas livrer qu'une énième variation sur un thème de SF alors déjà usé jusqu'à la corde. Ainsi, dans Robocop, chaque protagoniste acquiert sa consistance et apporte son lot d'enjeux et de conflits, chaque débordement de violence se voit contre-balancé par un cynisme déstabilisant, chaque acte se voit astucieusement annoncé par une réclame subversive. Et même quand la problématique du passage de l'homme à la machine s'impose, Verhoeven transcende la narration en imposant une métamorphose hors-champ via le point de vue subjectif suffisamment explicatif de celui qui subit la transformation. Au-delà de toute cette inventivité visuelle et narrative, et sans négliger pour autant les scènes d'actions spectaculaires, bien au contraire (il suffit de voir le pugilat entre Robocop et l'ED ou la confrontation finale dans l'aciérie), le réalisateur propose en filigrane une extrapolation des dérives de son nouveau pays d'adoption via ces fameux flash-infos puant la propagande corporatiste où ces fausses pubs s'attaquant en substance aux mentalités américaines.
Le casting est parfait, que ce soit Peter Weller dans le rôle-ingrat et contraignant de Murphy/Robocop, Nancy Allen en parfait contre-emploi dans un rôle de femme-flic teigneuse ou le charismatique Kurtwood Smith dans le rôle de cette magnifique ordure de Clarence Boddicker. Quant à la musique magistrale du regretté Basil Poledouris, elle finit de souligner l'émotion et la cruauté extrême que délivrent toujours les images du métrage à ses spectateurs.
Visuellement, le film supporte bien le poids des années. Les maquillages et prothèses conçues par Rob Bottin pour Robocop sont toujours aussi bluffants, Bottin se révélant le chef de file de son époque (aux côtés de son mentor, Rick Baker, entre autres) en matière de créature animatronique et de splatter-fx, en témoigne d'ailleurs le prix qu'il reçut au festival d'Avoriaz pour son "homme visqueux". Quant à l'ED-209 conçu en go-motion par Phil Tippett, bien sûr il accuse son âge par rapport aux nuées de robots modernes mais impressionne toujours par la fluidité de son animation. Robocop ayant été réalisé quatre ans avant l'avènement des effets spéciaux numériques, Phil Tippett restait le maître de l'animation image par image et son travail sur le Robocain de Robocop 2 s'avère être la pièce maîtresse de son oeuvre d'alors.
Face à une telle somme de talents, on ne peut que rester admiratif devant l'oeuvre accomplie et apprécier le spectacle tout en méditant sur ce futur dégénérescent, par certains aspects très proche de notre présent.
Se pose alors une question, Verhoeven aurait-il fait mieux s'il avait aimé la science-fiction ?
C'est au premier film de cette trilogie que nous nous intéresserons, le bien-nommé Robocop. Quand il sort en 1987, le dernier androïde en date à avoir explosé le box-office sur son seul nom, est une petite production intitulée Terminator dont nous tairons le pitch ici, supposant que tout le monde le connait, ce qui peut toujours être faux d'ailleurs. La firme Orion (déjà détentrice des droits de Terminator) voit à travers le projet Robocop la possibilité de capitaliser encore plus sur la mode émergente des robots qui flinguent d'abord et parlent ensuite, et en confie la réalisation à un jeune réalisateur étranger, précédé de sa réputation de "hollandais violent", ayant encore tout à prouver en terre hollywoodienne. Mais je me répète, Verhoeven n'aime pas plus que ça la SF, d'ailleurs c'est sa femme qui le poussera à passer outre le titre ridicule et lire le script de Ed Neumeier et Michael Miner. Et elle avait raison. Verhoeven voit en l'histoire de Robocop l'occasion rêvée d'y aborder sous un angle (et un genre) nouveau ses thèmes de prédilection à savoir la corruption de la chair, l'aliénation de l'individu et la violence décomplexée. Nouveau en Amérique, il y voit aussi l'occasion de brocarder les travers de la société américaine en livrant plus qu'un actioner de SF, une véritable satire de la société américaine d'alors et encore d'aujourd'hui.
Mais venons-en à l'histoire du film:
Détroit en 2010, la métropole est en proie à une criminalité sans précédent. Les forces de police sont dépassées et menacent de se mettre en grève depuis leur rachat par l'OCP, un conglomérat militaro-industriel. Et la télé finit de nous décrire l'état de ce monde, en alternant flash-infos sur fond de crise mondiale et publicités improbables. C'est dans ce contexte qu'Alex Murphy, jeune officier de police se voit muté (volontairement!!!) en zone dangereuse et se fait tuer durant une descente. L'OCP désireuse de lancer un programme de policiers synthétiques et détenant au préalable les droits du corps de Murphy (appréciez l'ironie) transforme ce qui reste du "défunt" jeune homme en cyborg de chrome massif, programmé pour faire respecter la loi. Le nouveau justicier mène alors la vie dure aux criminels de tous types et parait n'avoir absolument plus rien de l'homme qu'il fut jadis. Jusqu'à ce que les souvenirs de Murphy se manifestent...
De prime-abord, l'intrigue épouse vaguement les contours du schéma-narratif d'un simple vigilante movie (film de justicier), pour mieux les détourner (ce n'est pas un proche du héros qui est tué ici, c'est lui-même) et brocarder les travers d'une société livrée au capitalisme sauvage et à la criminalité débridée.
Tout et tout le monde y passe dans Robocop, du jeune flic idéaliste et un brin naïf, servant successivement de chair à canon, de cobaye, de prototype et d'esclave, aux criminels psychotiques et incurables qui massacrent joyeusement le-dit flic à coup de fusil à pompe à bout portant, en passant bien-sûr par la lutte de pouvoir que se livrent un vieux requin et un jeune loup de l'OCP, rien ni personne n'est épargné. Pas même le président des Etats-Unis, que l'on aperçoit lors d'un flash-info, flotter stupidement dans une navette spatiale.
Verhoeven prend le contre-pied d'un actioner lambda, pour nous livrer SA vision caustique et dépressive de l'Amérique des années Reagan. Son décorum : Détroit dans ce qu'elle aurait pu être un jour (si entretemps la crise ne l'avait pas frappé de plein fouet), un haut-lieu de l'industrie où règne sans partage une corporation toute-puissante, aliénant quotidiennement les foules via une propagande insidieuse à travers flash-infos et réclames publicitaires agressives. Une mégalopole qui se veut à l'avant-garde du progrès technologique mais apparaît aussi comme une zone de guerre perpétuelle, où la police impuissante s'apprête à déposer les armes, face à une criminalité implacable et la dégénérescence générale des mentalités. Il faut voir cette bande de mafieux, dans un pur moment de jubilation puérile, s'éclater à cribler de balles un pauvre flic. Et voir les rues de la ville s'embraser et livrées au pillage dès lors que la police se met en grève. Il faut voir les zones industrielles en friche servant de repère à tous les fuyards.. les collusions entre financiers et mafieux.. les panneaux publicitaires utopiques annonçant en arrière-plan un avenir radieux à travers la construction d'une nouvelle ville sur l'ancienne. L'endroit tel quel est impossible à sauver, les industriels le savent et s'apprêtent à tout raser en espérant éradiquer le mal au passage. De leur cynisme et leur immoralité va naître la figure messianique d'un homme qui ne l'est plus mais tente comme il peut, de le redevenir. Devenu un être grotesque et insensible, n'ayant à priori d'humain que le visage qu'il cache sous un masque cyclopéen, Murphy se découvrira les rêves et les souvenirs d'une vie heureuse à jamais révolue. Et c'est à travers ceux-ci et son désir de justice et de revanche, qu'il redeviendra progressivement humain.
Car Robocop c'est aussi un film de vengeance. A peine arrivé, à peine massacré, le corps d'un jeune flic est racheté en pièces détachées par l'OCP, corporation prométhéenne qui en fait un cyborg implacable et sans état d'âme. Mais quand le robot se met à rêver, c'est sa vie antérieure qui lui apparaît, sa propre mort et le bonheur d'une vie de famille heureuse à jamais révolue. Et quand le robot se met à serrer les dents de douleur et de rage, c'est l'humanité du défunt qui s'exprime, pleurant s'il pouvait pleurer et réclamant justice. Robocop, pas un film de vengeance ? Ouvrez vos esgourdes et écoutez le robot hurler.
On a souvent proposé une interprétation christique du film de Verhoeven. A sa sortie, le réalisateur soulignait malicieusement que son héros marchait sur l'eau à la fin du métrage. L'exécution de Murphy, ultra-violente, renvoie pour certains à une crucifixion. Mais en cherchant bien, dans tout le film, on ne trouvera pas une seule référence explicite et évidente sur la religion, que ce soit dans les dialogues ou les décors (contrairement à ses suites). Pas de prêtres, pas d'église, pas de croix. Les financiers cyniques de l'OCP représentent une nouvelle forme de clergé, leur doyen ressemblant à une sorte de Jean-Paul II en costard-cravate et col blanc. Le seul dieu qu'ils reconnaissent est celui du profit. L'argent a tout pouvoir dans ce monde, y compris d'acheter les corps de défunts pas encore totalement refroidis pour les transformer à leur guise. Afin de lutter contre le crime et l'hérésie qui menace leur temple, ils créent donc une sorte de croisé. Au sortir de La Chair et le sang, Verhoeven propose ainsi sa vision d'un chevalier futuriste, portant armure et casque en acier chromé. A travers son heaume de titane, Murphy n'a qu'une vision unique et restreinte, celle d'un vassal servant uniquement les intérêts de ses maîtres. Ce casque représente son appartenance à l'OCP, sa perte d'identité et son abrutissement. Ce n'est qu'en le retirant et en osant contempler le reflet de son visage dans un bout de verre poli, qu'il appréhendera la terrible vérité de son existence perdue. Et c'est dans une confrontation ultime avec ses anciens bourreaux qu'il accomplira sa vengeance ("Je ne viens pas vous arrêter cette fois-ci." lancera-t-il à son assassin) et se réalisera à nouveau humain. Et à travers son nom lancé en toute fin de métrage, c'est son humanité retrouvée et son individualité qu'il proclame.
Proposant une tonalité subversive des plus réjouissantes, le film de Verhoeven se regarde aujourd'hui avec un plaisir inaltérable. Le réalisateur rivalise d'astuce et d'audace pour livrer un spectacle sans commune mesure. De chaque séquence de son métrage, transpire la volonté du réalisateur d'aller à l'encontre des attentes légitimes du public pour un tel film de genre et de ne pas livrer qu'une énième variation sur un thème de SF alors déjà usé jusqu'à la corde. Ainsi, dans Robocop, chaque protagoniste acquiert sa consistance et apporte son lot d'enjeux et de conflits, chaque débordement de violence se voit contre-balancé par un cynisme déstabilisant, chaque acte se voit astucieusement annoncé par une réclame subversive. Et même quand la problématique du passage de l'homme à la machine s'impose, Verhoeven transcende la narration en imposant une métamorphose hors-champ via le point de vue subjectif suffisamment explicatif de celui qui subit la transformation. Au-delà de toute cette inventivité visuelle et narrative, et sans négliger pour autant les scènes d'actions spectaculaires, bien au contraire (il suffit de voir le pugilat entre Robocop et l'ED ou la confrontation finale dans l'aciérie), le réalisateur propose en filigrane une extrapolation des dérives de son nouveau pays d'adoption via ces fameux flash-infos puant la propagande corporatiste où ces fausses pubs s'attaquant en substance aux mentalités américaines.
Le casting est parfait, que ce soit Peter Weller dans le rôle-ingrat et contraignant de Murphy/Robocop, Nancy Allen en parfait contre-emploi dans un rôle de femme-flic teigneuse ou le charismatique Kurtwood Smith dans le rôle de cette magnifique ordure de Clarence Boddicker. Quant à la musique magistrale du regretté Basil Poledouris, elle finit de souligner l'émotion et la cruauté extrême que délivrent toujours les images du métrage à ses spectateurs.
Visuellement, le film supporte bien le poids des années. Les maquillages et prothèses conçues par Rob Bottin pour Robocop sont toujours aussi bluffants, Bottin se révélant le chef de file de son époque (aux côtés de son mentor, Rick Baker, entre autres) en matière de créature animatronique et de splatter-fx, en témoigne d'ailleurs le prix qu'il reçut au festival d'Avoriaz pour son "homme visqueux". Quant à l'ED-209 conçu en go-motion par Phil Tippett, bien sûr il accuse son âge par rapport aux nuées de robots modernes mais impressionne toujours par la fluidité de son animation. Robocop ayant été réalisé quatre ans avant l'avènement des effets spéciaux numériques, Phil Tippett restait le maître de l'animation image par image et son travail sur le Robocain de Robocop 2 s'avère être la pièce maîtresse de son oeuvre d'alors.
Face à une telle somme de talents, on ne peut que rester admiratif devant l'oeuvre accomplie et apprécier le spectacle tout en méditant sur ce futur dégénérescent, par certains aspects très proche de notre présent.
Se pose alors une question, Verhoeven aurait-il fait mieux s'il avait aimé la science-fiction ?
Robocop est le premier long métrage que je vois du réalisateur Paul Verhoeven. Celui qui a apporté une flopée de films culte dans les années 80-90 signe avec Robocop une œuvre dystopique bien menée. Dans un Détroit futuriste, la criminalité est au plus haut et les autorités sur place décident de créer un homme-robot, nommé Robocop, particulièrement puissant, pour combattre les incivilités. Empreint d'une paranoïa constante, le film use de nombreux moyens pour décrire une ville déchirée par la folie humaine, que ce soit grâce à l'imagerie très froide ou encore les apparitions nombreuses de « flash infos » relatant les dernières nouvelles. Ainsi, on place le spectateur dans un monde où la complexité de la situation, c'est-à-dire les différents problèmes de société, influent directement sur l'humain. On nous place presque dans une situation où l'espoir est vain, c'est pourquoi Robocop s'impose comme une figure presque mythique. Il devient un héros malgré lui, pourtant exploité par une société capitaliste. Si un certain nombre de thématiques reviennent tout au long du métrage et pose un regard pessimiste sur notre monde, les personnages parfois loufoques apportent une dimension étrange. Détroit devient une ville de fou régit par l'argent et la criminalité, et l'espoir représenté par Robocop est peu souligné. Même dans sa victoire, la paix ne semble pas rétablie et c'est ce qui rend ce film si spécial, avec un humour noir utilisé par les bandits et une absence certaine d'émotions. Pourtant, c'est véritablement un bon film, avec des scènes d'actions parfois spectaculaires et une histoire plaisante. Bien que ces points soient réussis, il manque parfois un certain suspens. Par exemple, l'introduction du personnage de Robocop fait monter progressivement la tension mais se fini sur un plan final peu marquant, sans musique épique, ce qui casse ce qui avait été construit auparavant. Cependant, le long métrage se classe facilement parmi les classiques du cinéma grâce à son célèbre anti-héros et à son histoire captivante, révélatrice des nouveaux enjeux du monde moderne.
Premier dans la série des méta-blockbusters réalisés par Paul Verhoeven à la fin des années 80 et au début des années 90, 'Robocop' est aussi très certainement le plus abouti. Le réalisateur y trouve en effet un équilibre parfait entre une intrigue qui se tient et un propos aussi dense que subversif sur l'espace médiatique, la privatisation des services publics et la militarisation des forces de l'ordre - en d'autres termes, sur la menace néo-fasciste qui pèse sur le monde contemporain. Et que c'est drôle, en plus !
Robocop est un grand film. Il a pris un sérieux coup de vieux aujourd'hui mais je suis tout de même agréablement surpris que le résultat ne soit pas pire que cela. On est même surpris par les éléments visionnaire qui sont aujourd'hui devenu réalité. Oui Robocop est un grand film. Mais un grand film très violent.
Signé Paul Verhoeven, un film d'action futuriste culte et spectaculaire, devenu assez kitch, mais toujours divertissant.
Revu Robocop de Paul Verhoeven les Effets spéciaux ont pris une petite claque mais sa boude en rien notre plaisir de revoir Murphy le tout avec un véritable ton contestataire et cynique de la société c'est viscéral et violent a la fois, j'en prendrais pour 1 dollars ⭐⭐⭐⭐
Honnêtement ce à quoi je rapproche le plus le film c'est Avengers endgame bien qu'il n'y a pas beaucoup d'action l'action déchire et le reste du film unstore une ambiance des personnages et un univers extrêmement prenant un des meilleurs films d'action que j'ai jamais vu a regardé absolument.
Vraiment magnifique film dans la veine de Total Recall!
On est captivé du début à la fin et pour l'époque il y a vraiment de la recherche dans les effets spéciaux, les décors, les costumes...
On est captivé du début à la fin et pour l'époque il y a vraiment de la recherche dans les effets spéciaux, les décors, les costumes...
Robocop est un film de Paul Verhoeven, un film grand public mais à messages. Un film à charge contre la privatisation de la police mais pas que … Il y a tout un tas de petites piques sur le mode de vie américain des années 80. Les effets spéciaux ont plus mal vieilli que ceux de « Terminator 2 » mais l’essentiel n’est pas là. Pour finir sur une touche d’humour : une scène de ce film est l’exemple parfait pour démontrer
spoiler:
aux informaticiens qu’il faut bien tester son programme informatique avant une présentation en Comex, sinon les conséquences peuvent être terribles...
Ayant vu ce film étant jeune, j'ai été traumatisé de la fameuse scène. J'ai appris récemment que le réalisateur de ce film était Paul Verhoeven, j'ai donc décidé de le regarder à nouveau (30 ans plus tard !) et la claque bordel ! Il est dingue ce film, il a quasi pas prit de ride.
"Robocop" est un excellent film, qui parvient à créer un univers. En fait, le film regorge de détails (exemple: les spots publicitaires) et de sous-entendus qui font que le spectateur arrive à s'immerger dans ces Etats-Unis futuriste, enfer urbain rongé par la criminalité et le règne des cartels, mais pas seulement: en fait c'est toute la société qui est en train de se désintégrer, et le seul lien entre les gens semble être une émission télé stupide ("Vous en reprendrez bien pour un dollar"). J'ai trouvé qu'à ce titre, par exemple, les bandits, malgré leur violence, sont plus les profonds idiots générés (et tolérés) par une société devenue folle qu'autre chose (voir par exemple la mimique que fait l'un d'entre eux devant l'émission sus-mentionnée). A qui profite le crime? A qui profite cette décomposition de la société, qui rappelle d'ailleurs un peu la notre? C'est un peu la réponse à cette problématique que tente de nous apporter le film. En outre, la trajectoire du héros est intéressante, à rebours des films de super-héros actuel: on passe d'un cyborg à l'armure rutilante parfaitement optimisé pour être le héros dont la ville a besoin (ou croit avoir besoin dans toute sa folie) à quelqu'un de plus faible, moins optimisé, plus humain en somme...et finalement pus intelligent et plus compréhensif des problématiques de la société dans laquelle il évolue. Donc on a ici un excellent blockbuster (comme il n'en a malheureusement pas été fait depuis longtemps).
Robocop est un film qui a marqué toute une génération et plus encore grâce à son personnage principal emblématique, mais également grâce à sa violence sa concession.
50 % homme, 50 % machine, 100 % flic
50 % homme, 50 % machine, 100 % flic
Ce film, réalisé par Paul Verhoeven et sorti en 1987, n'est pas mal du tout mais malgré tout, je dois dire que j'en avais de meilleurs souvenirs. C'est l'histoire ici d'un officier de police qui devient mi-homme, mi-robot après avoir été laissé pour mort par des truands. Mais saura t-il resté obéissant ? Ce film s'inscrit tout naturellement dans les films de flic, très populaires aux États-Unis dans le années 80, particulièrement en ce qui concerne les buddy movies d'ailleurs, et en mélangeant en plus ici un pan de la science-fiction, également très en vogue dans les années 80, celle de la robotique. Malgré son côté très divertissement, le film a pourtant une approche beaucoup plus cynique que ça et notamment toute une réflexion en ce qui concerne la violence. Le thème du film est effectivement combattre la violence par la violence, ce qui donne déjà à réfléchir et puis au-delà de ça, le contexte est ici très important. Tout d'abord, l'action se passe à Détroit, ville réputée pour être mal famée, et ensuite, le film est envahit de publicités dont les produits sont mis en valeur par la violence ou alors représentent carrément la violence (notamment le jeu de société) et d'informations, elles aussi violentes et intéressantes sur le contexte historique. Le film ne se gène pas en effet pour tirer une image plutôt néfaste et pessimiste d'une Amérique qui se veut, surtout dans les années 80, bien pensante et bienveillante. De plus, la violence est également très présente de par les effets spéciaux, notamment les coups de feu qui en sont presque exagérés, grâce aux effusions de sang. Bien-sûr, nous avons également tout un aspect éthique quant au choix de transformer Murphy en machine et d'en faire un produit (d'ailleurs décrit tel quel par de nombreux personnages). Enfin, ce film n'est donc pas qu'un simple film d'action mais possède en réalité de nombreuses couches de lectures, tout aussi intéressantes les unes que les autres. Malgré tout, le contenu divertissant fonctionne dans l'ensemble plutôt bien, même si nous avons de temps en temps quelques passages à vide qui viennent perturber le rythme du film. Du côté des acteurs, nous avons principalement Peter Weller, Nancy Allen et Kurtwood Smith qui jouent très bien. "RoboCop" est donc un film intéressant et surtout toujours d'actualité en 2020.
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