Présenté au Festival de La Rochelle 2025, après être passé notamment par Toronto, Busan et Londres, Les larmes du crocodile n'a pas, au moment où ces lignes sont écrites, de date de sortie française mais cela pourrait changer, espérons-le. Ce film, venu d'une contrée, l'Indonésie, bien peu représentée sur nos écrans, est en effet loin d'être inintéressant, déjà par son cadre peu banal, celui d'un parc à crocodiles, dirigé par une femme et son fils, liés par une relation fusionnelle, qui va être mise en péril par l'arrivée d'une jeune femme bien sous tous ses rapports. Le récit d'apprentissage est somme toute assez habituel mais il baigne dans une atmosphère très particulière, au milieu d'animaux qui passent leur temps la gueule ouverte, placides et immobiles, en attendant l'heure du déjeuner. Oui, le fantastique s'invite bien dans Les larmes du crocodile, mais pas façon Weerasethakul, dans une veine plus classique et attendue, mais qui ne manque pas d'un certain style, cependant. Sans s'inscrire au rang de chef d’œuvre, loin de là, ce premier film de Tumpal Tampubolon, qui n'aurait pu voir le jour sans l'aide initiale du département de la Charente-Maritime (publicité gratuite) suscite une certaine fascination dans sa lente montée vers un paroxysme libérateur ou tragique, ce sera selon la perception de chacun.