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Publiée le 2 octobre 2024
Antoine, devenu réalisateur, revient en Algérie des décennies après l’indépendance avec son fils. Ce retour, ponctué de flashbacks sur son enfance dans une Algérie colonisée, dévoile les contrastes et les décalages de sa perception du pays. Les photos, les vues d'Alger et l'ambiance apportée par Dina, la mère d'Antoine, sont bien rendues. Toutefois, la représentation des Algériens est problématique et souvent caricaturale.
Antoine, bien qu'entouré de six gardes du corps, est en réalité quasi inconnu en Algérie, mis à part de quelques cinéphiles et bourgeois francophones. Cette protection excessive contraste avec son anonymat dans le pays, révélant une dissonance entre son statut perçu et la réalité. Les Algériens, eux, sont dépeints comme naïfs, presque illettrés, vivant sous l'autorité bienveillante de Français, eux-mêmes en difficulté, spoiler: comme le montre la situation paradoxale de la femme de ménage qui travaille pour la famille Arcady alors que cette dernière ne parvient pas à payer son loyer.
Lors de son séjour, spoiler: Antoine est interpellé par un Algérien vivant dans son ancien appartement. Cet homme est présenté de manière dénuée de dignité face à Antoine , qui, malgré son statut d’inconnu, reste perçu comme supérieur. Ce type de scène renforce une hiérarchie implicite, même après la fin de la colonisation.
La représentation de l’indépendance est également stéréotypée, avec des Algériens décrits comme une masse indistincte criant sans raison apparente, alors que les archives montrent des scènes de liesse plus authentiques. De plus, des détails anachroniques, comme spoiler: le pendentif berbère en forme de "Z" porté par Josette, qui n’a été utilisé qu’à partir des années 1980, soulignent un manque de précision historique.
Le film s'adresse clairement aux pieds-noirs et aux nostalgiques d’une Algérie française, en présentant une vision idéalisée d’une coexistence pacifique, brutalement interrompue par la guerre d'indépendance.
C'est une histoire qui parle beaucoup a ceux qui ont vécu ces événements ou même a leurs descendants. J'ai reconnu ma grand mère, ses soeurs, mon père, l'ambiance, les repas, les musiques, les odeurs, les expressions, ... Et pourtant je suis né a Paris ! Bravo pour nous avoir redessiné ce passé et pour les émotions transmises