Un mélange de surprise, d'extase et de jubilation, Kinds of Kindness est une perle unique propre au style de son réalisateur, Yorgos Lanthimos, connu pour mettre en lumière le bizarre sous forme dérangeante et addictive. Nous suivons ici trois histoires, qui semblent se lier les unes aux autres pour former un récit extravagant et haut en folie. La première fable conte
l'histoire d'un homme, Robert (Jesse Plemons), soumis aux désirs douteux de son patron (Willem Dafoe). Toute sa vie n'est alors qu'encadré et dicté par une personnalité à qui tout appartient. Robert décide alors de tout changer, le jour ou son patron lui demande de tuer un homme, mais il réalise, une fois cette emprise terminée, qu'il n'a plus la capacité de vivre seul. Ce récit illustre et livre une critique de la manipulation, mais aussi de la société changeante et du rôle de chacun au sein de celle-ci, puisque Robert serait prêt (ce qu'il finit par faire) à tuer quelqu'un, non dans une logique de méchanceté, mais seulement dans l'objectif de revenir vers son patron. Cette histoire fait au passage écho à la troisième et dernière fable, au sein de laquelle Emily (Emma Stone), est évincée d'une secte sexuelle gérée par Omi (Willem Dafoe) et Aka (Hong Chau) et se doit ainsi de trouver une personne ressuscitant les morts pour essayer de réintégrer la secte, qu'elle finit par trouver et tuer dans un accident de voiture, faisant de son acte de bienveillance, qui aurait été normal dans un autre contexte, une atrocité meurtrière. La seconde histoire traite-elle aussi, plus finement, de la notion de bien et de mal, exposant un homme (Jesse Plemons) ayant perdu sa femme (Emma Stone) sur une île, qui finit par revenir changé, et dont son mari est persuadé qu'elle n'est pas sa femme. Pour prouver cela, il lui demande de se couper un doigt, et même de se donner la mort, ce qu'elle fait par gentillesse, donc pour le bien, mais qui n'est en réalité que source de malheur, et donc de mal, puisque le suicide restera incontestablement mauvais dans ce cadre. Sa vraie femme reviendra à la mort de la fausse, livrant une scène haute en émotion, entre mort et renaissance. Pour finir, R.M.F est le témoin de ces comportements à la fois bienveillant et malveillant tout au long des récits.
Pour résumer brièvement, Kinds of Kindness offre une pluralité de critiques, toutes illustrées par des acteurs fabuleux, interprétant à merveille chaque rôle et transmettant les émotions nécessaire pour comprendre les enjeux du film. La musique, composé par Jerskin Fendrix, rajoute un suspense et une ambiance insoutenable, prenante et presque étouffante, comme il l'avait fait pour Pauvres créatures (2023). Un film à voir pour les amateurs de films étranges et loufoques soulevant des thématiques profondes.