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Jean Bernard P.
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4,5
Publiée le 31 octobre 2023
Film incontournable pour les amoureux du Japon . Le retour dans les années 1990 est captivant et surprenant à la fois par son décalage avec le quotidien japonais actuel (surtout au sujet du divorce) . La symbolique du retour au Lac Biwa et les célébrations dans ce lieu sont très fortes en intensité.
La première partie est intéressante dans sa description des dysfonctionnents familiaux mais le cabotinage de l'actrice enfant pourra agacer. Plus séduisant est le second volet, avec changement de décor et de ton, à l'ambiance onirique.
Avis sans spoil certifié. Ce film de 30 ans déjà est étonnamment moderne. Une poésie et intimité débordante et des vérités pour tous sans manichéisme ou jeux de culpabilité. Tout le monde se retrouve un peu dans cette petite fille incroyablement vivante et courageuse même quand elle perdue.
Rien de bien étonnant dans ce film dont aucun personnage ne parvient à créer d’empathie. Même pas cette petite fille au jeu subtil mais dont le parcours nous laisse de marbre. Il faut deux longues heures et vingt minutes interminables d’une déambulation onirique pour qu’elle comprenne enfin qu’elle doit accepter la séparation de ses parents, qu’elle a culpabilisés à l’excès pendant tout le film. Kore-Eda aurait pu faire de ce sujet un film bouleversant, hyper doué qu’il est à nous bouleverser par des méta drames familiaux. Ici, on reste extérieur pendant deux heures, admirant certains plans, mais attendant surtout d’entrer dans le film. Grosse déception.
Un film à hauteur de petite fille, c'est-à-dire à hauteur d'humanité. Vaillante, drôle, courageuse, Ren ne supporte pas la séparation de ses parents. Sur ce fil ténu, Somai, le réalisateur, qui est décédé depuis ce film de 1993 jamais sorti en salle, malgré la sélection à "Un certain regard" à Cannes, construit un récit d'apprentissage magnifique, maîtrisé de bout en bout. Les épreuves de la vie prennent des formes bien différentes et la fin, tissée de référence aux légendes japonaises, touche au sublime. Ren perd un peu de sa joie de vivre, de sa verve, de sa vivacité, elle se promet de grandir vite, mais rien de son autonomie, de son obstination, de sa franchise. Par ses bêtises irresponsables, elle renvoie les adultes à leur renoncement, leur hypocrisie, leur bassesse. Elle arrive à sourire et à les faire sourire. La mise en scène est impeccable de fluidité (la poursuite dans les couloirs en cloison, la manière dont les personnages rentrent dans les cadres). Elle fuit, Ren, elle fuit, mais elle se retrouve. Et elle nous trouve - en nous regardant droit dans les yeux (extraordinaire jeune comédienne). Pas loin du chef-d'œuvre.
Un petit joyau du cinéma nippon qui était absent des salles mais dont Kore Eda a aidé à réhabiliter son réalisateur Shinji Sômai, peu connu chez nous et habitué à réaliser des films de commande à moindre budget. L'actrice qui joue le rôle de cette jeune fille dont le monde s'écroule avec le divorce de ses parents est tout bonnement extraordinaire à l'écran. C'est un film qui flotte en état de grâce et qui rappelle le cinéma de Truffaut et Malle quand il se penche sur les traumas des enfants. On pourrait juste lui reprocher une petite vingtaine de minutes de trop