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Léo Mazel
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4,0
Publiée le 4 mai 2026
Un film que j'ai trouvé très touchant. Une construction très intéressante de mêler les histoires de la cérémonie du père et du mariage de la fille. Cela offre un aperçu très constructif de morceaux de vie en Guinée-Bissau, mais aussi de ce que vivent les personnes noires, en particulier les femmes. Aucun sujet n'est tabou et c'est très éclairant. De belles images dans la campagne française et de la savane bissaoguinéenne. spoiler: Le choix original d'intégrer quelques passages du casting est intelligent, cela rend les acteurs et donc les personnages d'autant plus touchants.
Un film de trois heures, il faut forcément s'accrocher pour ne pas se lasser très passagèrement ou bien garder le fil. Mais c'est une très belle œuvre, absolument à voir pour comprendre ce que vivent les minorités mais aussi les familles binationales.
Gloria (Katy Correa) est au mitan de sa vie. Son père est mort deux ans plus tôt et, avec ses frères et sœurs, elle retourne dans son village natal, en Guinée Bissau, lui rendre l'hommage que la tradition exige. Parallèlement, toute sa famille se réunit en banlieue parisienne, près de Mantes, pour le mariage de Nour (D’Johé Kouadio), sa fille.
Sélectionné à Berlin, "Dao" est encensé par la critique. Le Monde lui consacrait mercredi dernier une pleine page. Libération, L'Obs, L'Humanité sont au diapason. Les Cahiers du cinéma est le plus extatique : "On ressort des trois heures cinq de Dao dans un état second, un peu sonné, tant les scènes de réunion, de danse ou de rituels du nouveau film d’Alain Gomis filent et défilent à la manière d’un vaste souffle emportant tout sur son passage."
Je crains hélas de ne pas partager un tel enthousiasme. Je n'ai pas aimé "Dao" dont les trois heures douze m'ont semblé horriblement longues. J'en ai trouvé la construction paresseuse, qui nous montre alternativement, dans un balancement vite monotone, le lent déroulement des deux cérémonies. Que nous dit ce balancement ? qu'on peut être Africain en France sans renier ses racines ? La belle histoire ! Ce message, ô combien légitime, n'a-t-il pas déjà été mille fois raconté, chez Rachid Bouchareb ("Little Senegal"), chez Nakache & Toledano ("Samba") ou chez Thomas Gilou ("Black micmac") ? fallait-il trois heures pour nous le répéter ?
"Dao" baigne dans la bien-pensance. "Dao" est féministe en mettant en avant le rôle des femmes et en ayant la lucidité de dénoncer les discriminations dont elles sont encore victime en Guinée-Bissau. Il est anti-colonialiste lors d'une excursion touristique au fort de Cacheu qui porte encore les stigmates de la traite négrière. Ile se paie même le luxe de battre en brèche l'homophobie latente de quelques participants du mariage. On peut certes se féliciter que de si nobles idéaux traversent ce film. Mais on a aussi le droit de les trouver à la longue bien gluants.
Film fleuve passionnant d'Alain Gomis ! Le "DAO" est un mouvement circulaire et perpétuel qui coule en toute chose et unit le monde . De là , le film est un voyage en boucle de la France à la Guinée-Bissau et on se se laisser porter, et bercer par un dispositif singulier pour un Récit aux dimensions Panafricaines et somme toute puissamment universel !
Entre docu et fiction; comédiens amateurs et professionnels. Entre célébration d'un défunt et mariage; culture et modernité. Alain Gomis nous embarque pendant 3h dans cet entre-monde complexe fait de transmission inachevée, de non-dits, de silence; d'un héritage culturel violent entre deux rives; un passé inabouti, d'un présent complexe et d'un futur en construction. C'est une expérience - durant laquelle je perds toute objectivité - fascinante par l'oeil, par la découverte et surtout par les mots et les maux
Une expérience de cinéma hors du commun, sublime visuellement. Un rythme incroyable, une aventure humaine et un voyage au cœur de l'intime dont on ressort plus riche.
Sympa mais c'est un film cousu de fil blanc (sic) qui a donné son message en une heure puis qui tourne en rond. Manque d'humour et d'authenticité. La fiction se limite à quelques frictions vulgaires et machos. Heureusement les femmes sauvent le film (ou ce qu'il en reste)
Un film choral d'une grande humanité qui laisse le spectateur très libre de son appréciation. Le piqué de musique qui écrit ces lignes aura aussi beaucoup aimé le piano d'Abdullah Ibrahim.
C’est un film de retrouvailles et d’embrassades, de retrouvailles et d’embrassades, de retrouvailles et d’embrassades, il y en a au moins 300 dans la première demi-heure et le récit ne met rien en œuvre pour qu’on se sente concernés
Hier, j’ai découvert le film Dao… et quelle claque. C’est un film profondément émouvant, qui nous transporte littéralement en Guinée-Bissau. Moi qui ne connaissais rien aux cérémonies et aux traditions locales, j’ai eu l’impression de les vivre de l’intérieur, comme si j’y étais. C’est rare de ressentir ça devant un écran. Oui, il dure presque 3 heures… mais honnêtement, on oublie complètement le temps qui passe. Chaque scène a du sens, chaque moment nous touche. Si vous hésitez à cause de la durée, passez au-dessus de ça. Ce film mérite vraiment d’être vu, vécu, ressenti.
Dao est un éblouissement. A l’heure où ce monde se déchire et se suicide, il est essentiel d’en rappeler le dao pour mobiliser ses forces de résilience. Lire la critique sur le site d'Africultures.
Ce film fleuve, à mi chemin entre documentaire et fiction, relate le retour dans leur pays d’origine d’une famille d’immigrés à l’occasion d’évènements familiaux (mariage et enterrement). On assiste ainsi à ces retrouvailles chaleureuses et émouvantes mais également aux coutumes ancestrales et aux échanges parfois animés avec leur famille et amis restés en Guinée Bissau. Des discussions intéressantes autour de leur nouvelle manière de vivre, de l’éducation des enfants et du patriarcat notamment émaillent ces échanges avec passion et émotion. Ce long film réalisé avec des acteurs inconnus avec la participation de quelques acteurs professionnels dont Samir GUESMI et Thomas NGIJOL est riche de réflexions et dégage une profonde humanité.
Bernard CORIC
(film visionné à la journée de prévisionnements du GNCR le 10/02/206 à LA FEMIS à PARIS)