"Border Line" débute comme un simple départ en voyage de Barcelone à New-York entre un couple anodin. Lors du contrôle à la Police des Frontières, le couple est interpellé. L'histoire prend alors un tournant dérangeant qui aboutit à un dénouement inattendu. Ce petit long-métrage d'1h17 est une véritable pépite de mise en haleine et de stress. L'authenticité de chaque élément de l'intrigue contribue à son efficacité, soutenue par des performances remarquables de la part des comédiens.
Le plaisir maso au cinéma, c'est d'être catapulté au milieu d'une situation banale qui dégénère. Et si l'origine du chaos est des plus concrètes, alors votre sang ne fera qu'un aller simple. Peu ou prou l'état vers lequel vont être menés Diego et Elena pendant un interrogatoire de la police des Frontières à l'aéroport de New York. Les réalisateurs Alejandro Rojas et Juan Sebastián Vásquez ont puisé dans leurs expériences personnelles ainsi que celles de leurs proches afin que l'immersion en zone de non-droit soit la plus réaliste et désagréable possible. Champ-contrechamp à la mitraillette, caméra instable, gros plans, questions répétées, questions intrusives ; bien joué, on a vraiment pas envie d'être à la place du petit couple sur le grill. Également une bonne opportunité pour lever le voile sur les pratiques en vigueur aux frontières d'un état et la mise à nu forcée pour les citoyens pris dans les filets. Le film se passe aux U.S.A (avec une petite référence à un certain président, histoire d'annoncer les emmerdes à venir) mais on peut probablement étendre au delà du continent. En tant que spectateur, la position est délicate puisqu'on a tendance à s'offusquer des méthodes tout en cherchant à savoir ce que l'un ou l'autre cache. Il est heureux que le film ne tire pas d'avantage en longueur car l'expérience tourne un peu en rond, un peu comme sur le récent Reality. Et cela sans faire offense à la distribution, excellente d'un bout à l'autre.
"Border Line" assez bien noté par la critique, qui a obtenu de nombreuses nominations et récompense cette année et l'an dernier est un thriller espagnol prenant. En effet les réalisateurs Juan Sebastián Vásquez et Alejandro Rojas signent un huis clos étouffant, angoissant et réaliste, dénonçant la politique d'immigration de Donald Trump pendant son mandat présidentiel, ainsi que les méthodes d'interrogatoire utilisées par les agents de l'immigration, avec deux interprètes de qualité Bruna Cusi et Alberto Ammann même si j'ai trouvé l'ensemble assez redondant et parfois long malgré la durée assez courte du long métrage (1h17).
Un très beau film d'une simplicité exemplaire qui revend le rêve américain à bas prix. C'est efficace sur la forme mais le fond est bien plus complexe et ça décortique sérieusement les relations.
Diego est vénézuélien et urbaniste ; Elena est espagnole et danseuse. Ils quittent ensemble Barcelone pour Miami où ils ont décidé de s’installer et d’entamer une nouvelle vie. Leurs visas sont en règle. Pourtant, à l’escale de Newark, au moment de rentrer sur le territoire américain, le service de l’immigration les intercepte pour procéder à des « investigations complémentaires ».
Si vous avez déjà atterri aux Etats-Unis, peut-être avez-vous franchi la douane avec un frisson d’appréhension. Sans doute n’aviez-vous rien à vous reprocher et, dès lors, rien à craindre. Pour autant, les moyens impressionnants déployés, le manque d’amabilité des policiers, les questions aboyées dans un sabir incompréhensible, ajoutés à la fatigue du vol et du décalage horaire vous ont-ils mis mal à l’aise, voire vous ont-ils laissé craindre une détention arbitraire dans les sous-sols de JFK ou de LAX.
C’est sur ce sentiment-là, à la fois très commun et irrationnel, que "Border Line" prospère. Le titre original de ce film réalisé par deux Vénézuéliens installés en Espagne, qui disent s’être inspirés de témoignages réels, était "La Llegada" (l’arrivée) ou "Upon Entry" dans sa version internationale. Le titre français se veut polysémique même si on ne voit pas très bien lequel des personnages est atteint de troubles de la personnalité limite (borderline).
Je lis depuis quelques jours des critiques élogieuses, dans la presse et chez des amis : « huis clos aiguisé », « scénario diabolique », « petite pépite de suspense »…. Sans doute "Border Line", qui a raflé plusieurs prix, notamment au festival international du film policier de Reims ou au festival Premiers Plans d’Angers n’a-t-il pas volé ces commentaires élogieux. C’est une belle mécanique de précision, aussi concise (soixante-dix-sept minutes à peine) qu’efficace.
Mais, la faute peut-être à ce bouche-à-oreille si dithyrambique, le film a été un chouïa en-dessous de mes attentes. J’ai trouvé en particulier qu’il usait et abusait d’un seul ressort répétitif – la toute-puissance que s’octroient les garde-frontière les autorisent aux questions les plus humiliantes – et qu’il était construit autour d’un enjeu finalement mal exploité : nos deux voyageurs ont peut-être plus à se reprocher qu’on ne l’aurait pensé si bien que l’agressivité des policiers n’est peut-être pas si disproportionnée qu’on l’aurait crue. J’escomptais plus de rebondissements d’un film qui finalement en compte fort peu. Redoutant de trop en dire, je ne dirai rien de la dernière scène qui clôt magistralement ce huis clos oppressant.
Il dure que 1h15 mais j’ai quand même trouvé le temps long. Nous avons 5 minutes pour faire connaissance avec le couple avant que commence l’interrogatoire, c’est pas assez pour s’attacher à eux. Ensuite, c’est 1h de questions / réponses assez incisives mais comme on devine vite ou veulent en venir les agents d’immigration de la police des frontières et qu’il n’y a pas de surprises (ils veulent tester la solidité du couple, voir si l’un des 2 ne vient pas aux States uniquement pour les papiers), beh le film devient pesant.
Vraiment nul il ne se passe rien et pourtant le film est court les dialogues ne sont pas divertissant et l’histoire est parmi les plus chiante qu’il m’ai été donné de voir au cinema
C'est moyen plus... c'est bien joué, mais il y a un gros manque de rythme et des personnages assez énervants, mais assez attachants... bref... sympa et heureusement que le film ne dure que 1h14.
J’ai bcp aime ce film parfaitement construit et à l’interprétation de tous réussie au-delà du possible. On développe une véritable empathie pour ce petit couple qui va découvrir une vérité mais qui ne les détruira pas. Ils ont chacun leur défaut. On est comme eux et la police de l’émigration étasunienne est comme elle est décrite dans le film. Excellents acteurs. Un film qui n’a pourtant pas trouvé son public alors que le huis clos est réaliste, documenté et réussi au final. Vraiment avoir.
Redoutable thriller connoté "politique", nous découvrons l'implacable contrôle de l'immigration aux USA pour obtenir la "Green card". La révélation est Laura GOMEZ charismatique, qui sera à la fois intraitable et empathique, face à ce couple désemparé. La procédure de loterie des visas (diversity Visa : sélection aléatoire de candidats à la carte verte en vigueur depuis 1990) est une vraie découverte. L'entretien se déroule comme un interrogatoire très approfondi et intime qui nous parait tellement intrusif et attentatoire aux libertés dans un premier temps. Mais les infos dont ils disposent posent habilement la justification d'une telle procédure, déstabilisante à dessein! Epilogue à découvrir!
Un couple qui a décidé de quitter l'Espagne pour venir s'installer aux États-Unis voit ses ennuis commencer lorsqu'il débarque à l'aéroport...
Le mois de mai commence fort avec ce huit-clos diablement efficace, pourtant sans artifices, mais au suspense absolument redoutable.
La première intelligence de film est sa durée et d'avoir compris qu'un tel dispositif (une succession d'interrogatoires dans les bureaux de douane d'un aéroport) ne pourrait pas tenir au-delà d'une certaine longueur. Son format très resserré (1h17), ainsi que son unité de temps et de lieu font que l'on ne s'ennuie pas une seconde et que le film ne baisse quasiment jamais en intensité (quasiment, car le récit manque peut-être d'une montée en puissance dans son tout dernier quart).
L'autre force de ce long-métrage est la caractérisation complexe de ses personnages qui, dès la première scène, laisse des zones d'ombre, plus particulièrement chez l'un d'entre eux. En ne se montrant jamais manichéen, le film parvient à distiller le doute dans la pensée du spectateur, qui devient acteur à part entière du récit, posant un regard tour à tour compatissant vis-à-vis du sort réservé à ces deux expatriés, puis inquisiteur, cherchant lui aussi à percer les vraies raisons de cet exil.
N'ayant jamais été confronté à pareille situation, difficile d'évaluer le réalisme des scènes d'interrogatoire, dont les questions vont parfois très loin. Toujours est-il que a façon dont ils sont menés est glaçante et en dit long sur les problématiques, tellement d'actualité, que sont la peur de l'autre, le rapport à l'immigration et la question des abus de pouvoir.
Le final, bien qu'un peu attendu, fait vraiment son effet et laisse sur un sentiment assez vertigineux.
Récompensé dans plusieurs festivals, Border Line est une vraie réussite et porte un regard plein de sarcasme sur les rapports humains.
Un huis-clos dans le bureaux de la police des frontières à NY, ramassé en durée, ce qui n'exclut pas une tension de tous les instants jusqu'à la conclusion finale. Un scénario qui sent un certain vécu de la part des deux vénézuéliens, écrit à quatre mains pendant la covid et qui débouche sur une forme de thriller bien ficelé. Un couple d'immigrants, un couple d'officiers d'immigration. Pas d'eau, pas d'avocat, pas d'explication. Le spectateur est immergé dès le début dans ces bureaux anonymes, mais terrifiants de banalité…. même pendant qu'ils sont en travaux. La caméra ne lâche pas un instant les potentiels suspects, chacun guettant la signification de la moindre mimique. L'interrogatoire est insidieux à défaut d'être musclé. On n'aurait pas envie de passer toute la nuit face à la belle Laura Gomez! Les acteurs sont à fond, face caméra, et crédibilisent par leur performance des questions -réponses incessantes. Une fois le film terminé, avec la précision d'un scalpel, spoiler: le spectateur en redemande déjà, on veut la suite!
Si vous avez aimé The guilty, vous allez y penser irrémédiablement.
Comment justifier mon ressenti autrement qu'en doutant de la sincérité des intentions des réalisateurs ? Je n'ai pas adhéré à cette mise en scène d'un jeu pervers auquel ce film prétend nous prendre à témoin ! Car, oui, on devient voyeur de la décomposition méthodique d'une relation. Or, j'ignore si, effectivement, la Police des Frontières aux USA a ce pouvoir sans limite de se livrer à cette forme d'inquisition malaisante et malsaine. Est-ce que les propres expériences vécues par ces deux réalisateurs suffisent à crédibiliser leur scénario ? .. PS : l'interrogatoire du couple apporte la dramaturgie nécessaire au "spectacle" car on note que la Police détenait pratiquement toutes les informations lui permettant de statuer sur l'octroi ou non du visa d'entrée (immigration).