Le nom d'artiste de Francesco Pividori est Trash Secco, un pseudonyme qui en dit long sur sa volonté de ne pas emprunter des sentiers balisés. Son premier long-métrage, Bassifondi, est en effet radical même si Pividori trouve triste que l'on ait salué sa vision "différente" du monde des sans-abri car pour lui elle est on ne peut plus "normale." Bassifondi reste cependant un film difficile à regarder, cru et sans concession, le plus souvent inconfortable. Sous les ponts de Rome, ce duo de personnages invisibles choque et interpelle mais il faut avoir l'estomac bien accroché, au milieu des rats et de la saleté, avec cette autre facette de la société que nous avons tant de mal à regarder. La mise en scène ne se prive pas de quelques envolées oniriques, bienvenues, mais le scénario reste peut-être trop linéaire, ne nous attachant pas suffisamment à ses protagonistes, en refusant, à quelques détails près, de nous expliquer comment ces hommes en sont arrivés à cet état de misère.