Maria
Note moyenne
3,2
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288 critiques spectateurs

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traversay1

4 524 abonnés 5 440 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 décembre 2024
Il faudrait parler de biopic à la Pablo Larraín, tellement la trilogie, qu'il a consacré à Jackie, Diana et Maria, se rejoignent dans une volonté, non de raconter une vie en entier, entreprise vaine s'il en est, mais d'en capter au moins l'essence, de manière impressionniste. Ici, il s'agit de trouver la Callas à l'état pur, au crépuscule de sa vie, rendue confuse par les médicaments et l'érosion de sa voix, esseulée, malheureuse et nostalgique comme l'ont été, peu ou prou, les femmes iconiques que le cinéaste chilien a portraituré dans ses longs métrages passés. La différence entre les trois étant que Maria a été une artiste adulée et que de nombreux flashbacks émaillent donc le film, de sa jeunesse grecque aux triomphes sur scène, en passant par sa romance avec Onassis. L'émotion n'est pas le moteur premier de Maria, certains trouveront sans doute que le récit, malgré son aspect kaléidoscopique, est quelque peu convenu et froid, mais l'intérêt est ailleurs, dans cette esquisse mélancolique et désabusée d'une femme parvenue à la fin de son destin, qui ne peut être qu'amère et flottante, entre réalité et fantasmes. Le choix d'Angelina Jolie pour interpréter la Diva semblait aussi audacieux qu'incongru mais le résultat est plus que probant. Tout comme la décision d'avoir confié à des acteurs aussi talentueux que Alba Rohrwacher et Pierfrancesco Favino des rôles certes en retrait mais cependant indispensables pour donner un peu de chaleur à un film qui en manque objectivement un peu.
Frédéric M.
Frédéric M.

250 abonnés 2 209 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 décembre 2024
Je ne peux être impartial devant un film avec Angelina. Fan amoureux absolu depuis des années, j'attends avec un immense impatience chacun de ses films, devant ou derrière la caméra. Je connaissais que de nom Maria Callas. Le film est magnifiquement filmé, la bande son est prodigieuse et Angelina est habitée par le personnage ! Un vrai biopic réussi qui aurait mérité plus de promo, de salles.. On doit se contenter de Netflix.
Fiers R.
Fiers R.

210 abonnés 928 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 décembre 2024
Vu à Montréal.

Le chilien Pablo Larrain est en train de se construire une filmographie d’une étonnante pertinence et homogénéité, devenue presque entièrement dévolue aux personnages féminins, connus ou non et que ce soit en tant que réalisateur ou producteur. Il a, par exemple, produit le film argentin « Gloria » et son remake avec Julianne Moore, tous deux de Sebastian Lelio, récipiendaire de l’Oscar du meilleur film étranger pour « Une femme fantastique » (qu’il a aussi produit). En effet, si ce n’est ses débuts avec des œuvres comme « No » ou l’étouffant et implacable « El Club » et ses prêtres pédophiles, la majeure partie de ses longs-métrages sont désormais centrés sur un personnage féminin. Et, avec « Maria », il clôt une trilogie sur des femmes célèbres dont il tire le portrait avec des biopics peu conventionnels, du clivant et peu avenant « Jackie » qui nous avait profondément ennuyé et laissé sur le bas-côté au fantomatique et envoutant « Spencer » qui, lui, nous avait conquis. Un beau trio de femmes illustres donc : Jackie Kennedy (puis Onassis après son remariage, on le précise puisque dans ce « Maria » il y a un pont tiré entre la femme de Kennedy et la cantatrice), la Princesse Diana ou Lady Di et Maria Callas pour celui-ci.

Déjà, très bonne nouvelle au final peu surprenante : Larrain ne nous convie pas à un biopic traditionnel et académique comme il en pleut sur les écrans chaque année. Et même si on voit Maria Callas âgée se remémorer des bribes de son passé comme dans moultes films du genre (par exemple « Lee Miller » récemment), le procédé n’est pas du tout employé de la même façon ici. Le cinéaste, et son scénariste Steven Knight, utilisent la prise de médicaments de la cantatrice à la fin de sa vie lorsqu’elle vivait à Paris pour brouiller les pistes entre rêve, fantasme et réalité. Et la frontière est constamment poreuse entre les trois. Plutôt que de narrer sa vie en détail et son œuvre, « Maria » prend des chemins de traverses parfois étranges et peu convaincants mais le plus souvent passionnants. Plutôt que de véritables flashbacks, on a droit à des fragments, des moments de vie, flamboyants et précis.

On pense d’ailleurs un peu à un autre biopic peu conventionnel, celui de Marilyn Monroe par Andrew Dominik (« Blonde »), conspué par beaucoup mais ô combien rare, précieux et audacieux (et probablement et malheureusement proche d’une certaine réalité). On croise d’ailleurs la blonde plantureuse au détour d’une scène ici (comme si Larrain indiquait qu’il aurait bien aimé aussi s’occuper d’un film sur cet icône), tout comme on parle donc également de Jackie Onassis sur qui portait son premier biopic singulier mais sans la voir. Entre noir et blanc et couleur (très à propos), passé et présent, rêveries et réel, le film nous happe dans le tourbillon psychologique de son personnage tourmenté et nostalgique. Les errances parisiennes de la diva sont magnifiquement filmées, fondues dans un jaune automnal du meilleur effet. Les images sont sublimes, de papier glacé presque. Entre chaleur réconfortante au visuel et froideur clinique au ressenti.

Et comme le laissaient penser les rumeurs provenant de la Mostra de Venise où il a été présenté, « Maria » confirme le retour fracassant d’Angelina Jolie devant la caméra. Personne n’aurait pensé à elle pour ce rôle et Larrain se fiche de l’absence de ressemblance physique entre l’actrice et la chanteuse d’opéra. Et, en effet, peu importe tant cette interprétation de la vie de celle-ci est hors des conventions et s’absous de toute objectivité. Et bien lui en a pris, tant Jolie rappelle à quel point c’est une excellente comédienne. Ici, elle est bouleversante, impériale même. On frôle l’exercice de style mais « Maria » nous cueille malgré quelques longueurs ou, plutôt, passages moins pertinents. Les seconds rôles incarnés par Pierfrancesco Favino et Alba Rohrwacher apportent un peu de chaleur, de tendresse et de légèreté bienvenue au film. Un film qui se révèle étonnant, souvent envoutant, mais cohérent avec les autres portraits de femmes célèbres du cinéaste.

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