Au mois de septembre 1977, dans le XVI ième arrondissement de Paris, privée de sa voix, Maria Callas vit recluse dans son appartement de l'avenue Georges Mandel. Affaiblie l'illustre cantatrice espère encore qu'elle pourra malgré tout remonter un jour sur scène.
Maria Callas, c'est une légende et une célébrité dans la mémoire collective mondiale. Elle incarne le luxe et la beauté. C'est la star au dessus des stars qui dans son sillage traîne toute une mysticité. A force d'être sublimée au rang d'une divinité, elle finit par s'isoler perchée sur les nuages de sa gloire. Les personnes qui lui sont le plus proche sont ses domestiques. La Diva s'autorise toutes les caprices et excentricités caractéristiques à son rang et se crée un monde d'admirateurs autour de sa personne que peut-être, elle seule voit. Mais c'est le sien, uniquement le sien , celui où tout elle se permet. Elle n' a pas de vie en dehors de la scène, ni en dehors de son luxueux logement d'ailleurs, mais elle garde toute une ambiance, une aura de mystère que ses humbles serviteurs acceptent.
Elle est Maria Callas, ce n'est pas elle qui est en retard, ce sont toujours les autres qui sont en avance.
Précieuse et exigeante, si Maria chante, La Callas, elle, n'est plus là. La fin de son règne semblant évidente, dans sa solitude, elle a tout le temps de réfléchir à la fin du voyage, sa vie, sa mort, sa maladie mentale, sa folie … Mais accepte- t-elle vraiment son déclin ?
Juste d'humeur à être adulée, elle ne va pas au restaurant pour manger, mais être adorée.
La Callas est passée, Maria est restée.
Ce n'est pas une image glorifiée qu'on nous présente dans ce portrait. L'inaccessible cantatrice, l'humaine chanteuse, nous retransmet toute sa tristesse. Angelina Jolie, l'actrice est dans son rôle et nous touche émotionnellement. Elle habite de belles scènes, de beaux costumes, imaginaires ou imaginés, comme dans un rêve éveillé. Les seconds rôles aussi sont très touchants, pour l'amour qu'ils portent à leur maîtresse saluons Pierfrancesco Favino et Alba Rohwacher pour leurs présences discrètes mais oh combien importantes.
Maria Callas est aussi une femme. Une femme différente, mais seule presque abandonnée en tant que mère, fille, sœur, amie. Sur-médicamentée, trop maigre, Maria ne doit surtout pas remonter sur scène, sa voix ne reviendra plus, il en va de sa survie. 53 ans prisonnière de ses souvenirs, elle n'arrive pas à refermer la porte de son passé, celle par laquelle, à elle, vient la musique et son envie de chanter. Ma note sera de 3,49 sur 5. Quand on a a été tout, comment accepter de devenir rien. Malgré sa gloire, ceux à qui elle manquera le plus sont Bruna et Ferrucio restant à son service à jamais.