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Ciné-13
175 abonnés
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5,0
Publiée le 7 février 2025
Magistrale immersion dans la Corse mafieuse des années 90, en s’attachant au point de vue de cette jeune fille (Lésia) qui s’accroche à son père , chef de clan. Acteurs non professionnels, il se dégage une authenticité permanente. La scène au camping père-fille sera d’une intensité remarquable, révélatrice des motivations de vie du père, et qui permettra à Lésia de découvrir l’irréductibilité de cette violence. Et l’épilogue en sera la terrible conclusion. Impressionnant !
Une claque ! Un excellent film sur le regard d'une adolescente sur un père pas comme les autres : un parrain de la mafia corse. Mais un mafieux ordinaire, anti-scorsésien. Toute magnification de la violence est évitée, comme le pathos inutile. Les comédiens, non professionnels pour la plupart, sont excellents, voire extraordinaires. Un film marquant, parfaitement réussi, qui déjoue tous les pièges scénaristiques et joue avec nos attentes. Un des films français de l'année. Allez le voir.
Vendetta corse dans les années 70/80 vu par le prisme d’une adolescente entraînée malgré elle dans la violence, la vengeance. Tout y est : vengeance, trahison, maquis, mer, montagne, Omerta. Ce film est aussi un film d’amour filial entre ce père, chef de clan, qui vit caché et sa fille qu’il ne voit qu’épisodiquement. Malgré quelques petites longueurs, on est touché et sensible. Ces acteurs amateurs n’ont rien à envier aux pro ! A voir !
Joli film sur la Corse et le milieu, avec des acteurs Corses. Une intrigue qui monte graduellement en puissance, et qui n'essaye pas d'idéaliser le milieu du banditisme. L'idée de placer le film dans les années 90, permettant d'éviter les téléphones portables est plutôt bien vue.
En Corse dans les années 90, une jeune fille, Lesia, vit chez sa tante, au bord de la mer et mène la vie d’une adolescente comme les autres. Sa mère est morte d’un cancer ; De temps en temps, elle est embarquée en secret vers la campagne où elle passe quelques jours avec son père, Pierre-Paul, un chef de clan en danger de mort depuis des années. La situation se tend lors d’un été. Lesia et son père vivent plus longtemps ensemble, Lesia voit de près ce qui se passe, assiste aux règlements de comptes, est impliquée par la force des évènements. Le réalisateur, Julien Colonna, raconte l’histoire de sa famille, sa relation avec son père en transformant son personne en celui d’une fille. Le film va crescendo, à mesure que Lesia s’approche de son père, qu’il lui fait confiance, qu’il lui explique leur destin. Le film réussit à nous faire comprendre ces engrenages infernaux de vengeance entre clans corses, les méthodes d’action expéditives de leurs parrains et de leurs tueurs, par ailleurs excellents pères de famille. Mais surtout, il nous émeut par la tension, la finesse avec laquelle il déploie la relation entre la jeune fille et son père. La longue scène au cours de laquelle, Pierre-Paul, emperruqué, déguisé en touriste, installé devant leur camping-car explique à sa fille qu’elle a été sa vie, depuis qu’à seize ans son père a été assassiné devant lui, est bouleversante. On peine à croire que Saveriu Santucci qui joue le rôle de Pierre-Paul est un acteur amateur tant son jeu est puissant. Il nous bluffe d’authenticité ! Un grand film, le meilleur film français de l’année 2024 pour moi avec une réserve : il nous met trop en apathie avec ce chef de clan corse qui nous apparaît digne, courageux, intelligent, obligé de tuer pour ne pas l’être lui-même.
Le Royaume m'a touché en plein coeur et m'a ému aux larmes, alors qu'il s'agit d'un film consacré à la mafia Corse. Il est co-ecrit par Jeanne Herry et Julien Colonna, réalisateur dont c'est le premier film et qui fait preuve d'une stupéfiante maîtrise. Le casting lui aussi, est extraordinaire. À ne pas manquer.
Déçu par le film ; je n'ai pas été embarqué par le scénario, des lenteurs, acteurs pas souvent convaincants ; je ne suis pas corse, c'est peut-être pourquoi je n'ai pas adhéré ; j'aurais aimé avoir plus de beaux paysages corses même si ce n'est pas l'objet du film.
Un film impressionnant par sa maîtrise et sa justesse, loin de tout cliché rabattu. On est là devant une tragédie, au sens grec, ou le fatum inséparable prend pour nom vendetta. On reste durablement marqué par cette histoire terrible, qui nous livre néanmoins l’une des plus belles illustrations cinématographiques d’une relation Père-Fille.
La criminalité corse est une source riche et complexe pour la fiction bien aidé par les fantasmes et l'iconographie générale jusque dans les informations journalistiques, mais cette fois Julien Colonna démystifie le grand banditisme classique tout en gardant ce qui fait la particularité corse, dans l'âme comme dans la culture. Le mythe de l'omerta s'impose aussi au film qui fait le choix judicieux d'être avare en dialogues pour favoriser les regards, les non-dits, les apartés et les secrets. La mise en scènes évite toute esbroufe mais reste au plus près de ses personnages, alternant entre les gros plans ou plans serrés surtout sur le duo père-fille, puis via des plans contemplatifs sur les magnifiques paysages de l'Île de Beauté. La grande force du film réside aussi à la dimension réaliste appuyée par la grande intelligence d'éviter l'écueil de montrer des criminels héros. L'autre bon point reste la relation père-fille, touchante sans être mielleuse, émouvante sans être trop de sentimentalisme, la sobriété de la mise en scène n'a d'égal sa sobriété dans les émotions et le jeu des acteurs. Jean Colonna réussit un bel hommage à son père, à la Corse tout en montrant du doigt que le grand banditisme inhérent à la région est aussi ancestral qu'un poison insidieux. Site : Selenie.fr
Une première partie d'un ennui copieux laisse place à une seconde, où la relation père fille prend de l'importance, avant un final attendu et inévitable. L'image est assez laide et la jeune actrice pas franchement convaincante, ou peut-être est-ce l'accent corse qui donne cette impression de surjeu...
Pas envie d'aller en corse. Cette société clanique est terrifiante entre meurtres , représailles et vengeance perpétuelle. Le film est lui brut mais assez confus ; on ne sait pas qui et qui et pourquoi cette violence et malgré l’intensité , on décroche souvent.
Présenté à Cannes, Julien Colonna signe, avec ce premier long-métrage, une œuvre d'une grande maîtrise, âpre et touchante, à l'intérieur de laquelle l'amour qui unit une fille et son père est inévitablement impacté par la spirale de violence dans laquelle s'est plongé ce dernier.
Co-écrit avec Jeanne Herry, le film trouve soigneusement son équilibre entre drame et thriller, entre sentiments intimes et règlements de compte, entre espoir et fatalisme.
Filmé à hauteur d'adolescente, il n'y a point d'héroïsme dans cette vision du grand banditisme, juste des êtres faisant ce qu'ils ont à faire, parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement, parce qu'il n'y a qu'une issue possible dans ce milieu une fois qu'on y met les pieds et si l'on veut (sur)vivre.
Et à l'intérieur de cet engrenage grandissant, faisant monter progressivement la tension autour de nos protagonistes, les forçant à toujours devoir regarder par-dessus leur épaule, il y a ces moments de vie partagés entre un père et sa fille (mention spéciale à ce monologue tragique et débordant de tendresse lors d'une soirée festive). Un père qui doit payer les conséquences de sa vengeance, tout en tentant de protéger à tout prix sa fille, victime collatérale de ses actes.
Incarné par un duo authentique et en osmose totale (Ghjuvanna Benedetti et Saveriu Santucci), une œuvre forte sur les liens du sang face aux bains de sang, où la peur peut garder en vie, et où l'héritage de l'amour devient violence.
Et un premier film que je ne peux que vous recommander de découvrir en salle. 7,5-8/10.
Très fort et oppressant. Ce long métrage d'auteur et policier est mis en scène avec brio et confirme la vitalité et la diversité du cinéma tourné en Corse.
Assurément ce sera de la Corse que nous serons cette année venus deux des plus beaux films français. Après À son image, nous découvrons Le Royaume qui présente à la fois des points communs et de véritables différences quant au point de vue et à l’approche. Si les deux longs-métrages s’originent dans les années 80, Le Royaume demeure un instantané de cette époque. Pareillement, ce sont deux jeunes femmes qui cristallisent le récit dans un double rôle de spectatrices et de participantes presque à leurs corps défendants. Cette fois, nous affrontons plus directement et sans fard l’escalade de la violence entre les clans corses lorsqu’une guerre éclate où prévalent l’honneur et la défense des territoires. La jeune Lesia se retrouve auprès de son père et est plongée dans la clandestinité, le danger et la peur, recadrant et retissant les liens entre les deux. L’ambiance, en dépit du soleil et de la mer, semble crépusculaire. On oscille en permanence entre le collectif (la famille ou le clan comme figures archétypales de la culture ilienne) et l’intimité qui se développe entre un père nostalgique d’un passé sud-américain et conscient de la précarité de sa situation et une fille fascinée et observatrice affûtée. La cavale devient un engrenage puissant et mortifère, ressentie au travers du regard d’une encore adolescente (présence magnétique de la révélation Ghjuvanna Benedetti) et dégage une puissance qui emporte tout sur le passage, y compris l’adhésion du spectateur.