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Un visiteur
3,0
Publiée le 3 mars 2025
Très mitigé sur la proposition Nickel boys dont je n’ai pas tellement saisi la pertinence. Le concept visuel était excitant sur le papier et nous offre quelques idées qui empêchent une mise en scène plus classique et jouent bien entre-elles. Cependant, c’est le genre de réalisation qui apporte autant d’avantages que d’inconvénients et ici, cela tend plus du côté négatif. On peut facilement être perdu dans le récit voire indifférent et on ne peut que très peu s’attacher au casting. Il y a également des thématiques naturellement intéressantes mais traiter de manière trop facile et manichéenne, c’est dommage. Un pari difficile qui n’a pas été spécialement réussi pour moi. 11/20
Avec Nickel Boys, la ségrégation sous les lois Jim Crow, thème déjà exploré par nombre de récits américains (La couleur des sentiments en étant l’un des exemples les plus connus), trouve une expression cinématographique singulière. Là où beaucoup de films adoptent une approche classique, celui-ci ose une mise en scène radicale : un tournage intégral en POV, qui plonge le spectateur dans la peau des personnages. Ce procédé, rarement employé dans le cinéma dramatique, offre une immersion totale : on ne « regarde » pas l’histoire, on la vit, avec sa brutalité et sa violence nue.
Au-delà de la chronique historique, Nickel Boys résonne avec des réalités plus contemporaines. L’existence d’instituts comme celui dépeint dans le film rappelle ces non-dits que l’on a voulu enfouir, mais qui persistent sous d’autres formes — on pense, par exemple, aux thérapies de conversion encore pratiquées aux États-Unis. Le film agit ainsi comme un miroir du passé et une alerte pour le présent.
Ce qui bouleverse enfin, c’est le dénouement. La trajectoire des deux personnages, filmée comme deux regards intérieurs qui ne se croisent presque jamais, culmine dans une révélation à la fois tragique et d’une grande beauté. Elle transforme une histoire de ségrégation et de violence en une ode à l’amitié, indestructible malgré l’horreur. Nickel Boys ne se contente pas de raconter, il imprime en mémoire une expérience viscérale et mémorielle.
Avec un sujet particulièrement révoltant et une mise en scène originale, ce long-métrage réalisé par RaMell Ross aurait dû atteindre des sommets. Pour preuve, sa nomination dans la catégorie du meilleur film aux Oscars de 2025. Malheureusement, rien ne fonctionne. Le thème du racisme développé à travers la description du fonctionnement d’un centre correctionnel pour mineurs dans les années 1960 ne procure aucune émotion. Cela relève du choix d’une narration filmée à la première personne (la caméra se posant uniquement derrière les yeux de deux jeunes afro-américains) qui finit par créer une véritable distance avec le spectateur. Cette approche stylistique devient rapidement prétentieuse et fait preuve de nombreuses maladresses. Bref, une œuvre audacieuse plombée par sa forme ayant tout de même le mérite de suggérer la violence plutôt que de la montrer.