Agnes Jaoui interprète l’excentricité avec justesse, ce n’est pas rien. On va toujours voir ses films en sachant qu’elle me servira magistralement et nous régalera.
William Lebgihl est un acteur formidable, il maitrise la sobriété du jeu et sait distiller l’émotion sans en faire trop. On veut le revoir dans des rôles principaux, car il a déontré qu’il est capable de porter un film en compagnie d’un•e autre acteurice.
L’histoire est prometteuse, la thématique est attirante, et le choix du road movie ou deux personnages disparates finissent par trouver l’harmonie, qui est au demeurant un sacré poncif, est ici tout à fait justifié. Du point de vue technique, le film et le chef-op nous offrent une image soignée doucettement saturée. Les plans sont harmonieux, bien choisis, rien n’est vraiment statique comme l’esprit de la maman. Certains nous permettent un coup d’oeil sur des expressions du visages nous révélant des pensées que l’attitude n’exprime pas, et c’est fort.
Et l’on se laisse porter par tout cela, avec en plus des dialogues naturels mais éloquents, jusqu’au magnifique plan de la maman sur un banc, précédé par un contre-champ savamment dosé.
Ensuite, tout bascule dans la mièvrerie. Même si le jeu des acteurs est toujours parfait, les dialogues deviennent creux ( la conversation sur la dune par exemple, niveau « les mystères de l’amour » ) et ce dernier tiers se transforme en un téléfilm doucereux, la chanson qui réunit, le contrat signé, le retour de la copine, la toute fin happy-end nunuche… Et même du saugrenu, le coup de l’infusion sur la terrasse par exemple. C’est horripilant et lourdaud.
Bref, heureusement, toustes les comédien.nes servent le film, l’équipe technique aussi. Il reste qu’on a pas mérité un tiers de scénario aussi paresseux.