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Alexandre Cacheux
77 abonnés
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4,0
Publiée le 14 janvier 2024
Magnifique long métrage japonais à la fois réaliste et poétique. Film choral bouleversant sur 2 jeunes garçons pris dans les tourments et l'immédiateté de l'adolescence. Et comme toujours dans les oeuvres de l'Empire du Soleil Levant, un témoignage passionnant des us et cotumes de ce pays décidemment à part. N'hésitez pas !
Une histoire rendue assez confuse par la multiplication des flashbacks à un rythme trop soutenu, mais au total un film très original qui mérite de laisser prendre par son charme.
L'innocence est bien le "Rashomon" de l'enfance. Le cinéma japonais secrète des maîtres, et Kore-Eda en est un des plus brillants. A travers une histoire qui laisse planer plusieurs interprétations, le cinéaste mène un récit de l'émancipation vers le bonheur et vers la compréhension de soi : il n'y a pas de réincarnations, "nous restons ce que nous sommes". La mise en scène frôle la perfection, les personnages ont tous une raison d'agir - chacun a sa chance, ou disons son explication - et sont joués par des comédiens d'une vérité nue admirable, le découpage d'une grande subtilité évite toutes les redites, spoiler: alors que certaines scènes sont montrées trois fois . Pas besoin de musique, à part une ritournelle, une photographie naturalise, simple, lumineuse souligne l'universalité du message. Magistral : oui, une leçon de maître.
Le film est bien plus convainquant dans son dernier segment, mais ne parvient pas à effacer l'impression d'exagération des quiproquos et autres malentendus qui s'accumulent beaucoup trop à charge dans un film qui se veut avoir un ton réaliste. J'ai eu la (très) désagréable impression d'être manipulé au début, et malheureusement, le puzzle reconstitué ne permet pas d'effacer cette impression qui est bien réelle.
bien mais un peu long et confus. Les personnages sont pour la plupart assez gênants, ils réagissent étrangement à ce qui leur arrive et j'ai eu du mal à comprendre certaines histoires à l'intérieur du film genre celle de la principale par exemple. Et la morale finale ??? spoiler: Le seul moyen de trouver le bonheur au Japon pour un homosexuel est dans la mort ???
Une anecdotique dispute à l’école entre deux enfants prend des proportions inattendues impliquant toute la communauté. Le réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda explore une fois les plus les relations filiales et enfantines au travers ce récit déconstruit autour de différents point de vue. A force d’intellectualiser la relation de camaraderie entre les deux enfants protagonistes majeurs du récit, celui-ci perd en consistance et en intérêt en dépit d’une excellente interprétation et d’une subtilité globale témoignant des limites progressistes de la société nippone.
Un drame parfaitement mis en scène par Hirokazu Kore-eda qui nous propose avec "L'Innocence" un film trouble dont le scénario de Yuji Sakamoto a été récompensé à cannes en 2023. Il nous conte les déboires du jeune Minato, élève de CM2, harcelé par Hori son professeur de mauvaise réputation. Minato très affecté trouve refuge avec Hirona une jeune fille du collège, elle aussi est très marginale. Ce joli film, parfaitement interprété, est malheureusement entaché d'un montage désagréable avec de nombreuses séquences en contradictions, et de scènes non abouties oubliant le spectateur.
Il faut attendre la dernière demi-heure pour connaître la vérité sur cette histoire et en apprécier les subtilités. Je trouve juste regrettable que l’heure et demi qui la précède ce dernier quart soit aussi longue, voire ennuyeuse, ce qui empêche au final l’émotion de gagner la partie au moment où l’on se rend compte que l’interprétation qu’on se faisait jusque-là du film était erronée.
Le "dogeza" est la forme la plus marquée d'excuses au Japon. Le corps se courbe jusqu'à toucher le sol devant la personne à qui l'on demande pardon. Quand une mère vient se plaindre des mauvais traitements que reçoit son fils dans son école de quartier elle se retrouve devant une forêt de "dogeza" et puis c'est tout. Rien ne change. Le récit rabat ensuite la même histoire mais vue sous l'angle d'un autre protagoniste, et l'éclairage se transforme diamétralement. Avant de nous éblouir lors du dernier segment, le plus sensible. Derrière un scénario très malin sur l'enfance le cinéaste nous en dit beaucoup sur les ombres et lumières de la société japonaise.
Étonnant dans sa construction en trois parties – chacune d’entre elles racontant la même histoire d’un point de vue différent – L’innocence vaut surtout pour son dernier segment, particulièrement émouvant. Avant d’en arriver là, Hirokazu Kore-eda et son scénariste Yūji Sakamoto nous offrent des angles toujours intéressants, mais un brin alambiqués et dont on peine parfois à comprendre la pleine utilité. Il n’empêche que ce tendre portrait des exclus de la société japonaise vaut le détour. Avec deux jeunes acteurs superbes : Soya Kurokawa et Hinata Hiiragi et l’une des dernières partitions de Ryūichi Sakamoto, décédé en 2023.
Bien que n'étant pas fan du réalisateur japonais (films jamais inférieurs à 2 h, thème répétitif de la famille et des enfants), le film était intéressant (prix du scénario au festival de Cannes 2023), d’une part, pour sa construction de type Rashōmon (où la même histoire, située à Kagoshima, sur l’ile méridionale de Kyūshū, est racontée selon 3 points de vue, celui de Minato, de l’instituteur Hori et de Eri) et d’autre part, par le traitement des amitiés adolescentes ( entre Minato et Eri) et du harcèlement scolaire [abordé récemment dans « Le château solitaire dans le miroir » (2023) de Keiichi Hara]. Un constat sévère du Japon où le mensonge est omniprésent, y compris chez les enfants, l’important étant de préserver les apparences (que de courbettes pour s’excuser !).
Certains de ces films plus anciens font partie des productions dramatiques les plus mémorables que j’ai pu voir dans ma vie mais là, pour la première fois, un film de Kore-Eda me laisse dubitatif : pire, il m’indiffère. Le scénario tourne cette fois autour d’un enfant qui semble avoir des problèmes comportementaux à l’école. Si l’enfant est étrange, le professeur, la directrice, la mère célibataire et le meilleur ami le semblent tout autant. C’est que la spécificité du film est de reposer sur une structure “à la Rashômon”, dans laquelle la vérité ne peut surgir à la faveur de la superposition des différents points de vue. L’histoire est donc revisitée à quatre reprises, à l’aune d’informations connues seulement de certains protagonistes, ce qui finit par la rendre intégralement lisible…mais pas beaucoup plus passionnante. Si on retire du lot les étrangetés (le “cerveau de porc”, qui trouve son explication ultérieurement mais dont l’objectif est sans doute de forcer l’attention à rester aux aguets) et les trouvailles poétiques touchantes (principalement dans la conclusion ouverte), je ne suis pas vraiment parvenu à me couler dans l’état d’esprit du film, à ressentir cette méthode narrative impressionniste qui a fait d’autres films de Kore-Eda d’authentiques petits chefs d’oeuvre : je ne suis même pas parvenu à me sentir stimulé par le fait que la multiplication des points de vue infirme peu à peu les suppositions de départ. Je ne sais pas si on doit parler de “faux-pas” dans le cas d’un cinéaste aussi concentré sur sa matière que l’est Kore-Eda. Sans doute ‘L’innocence’ a-t-il énormément de sens et de beauté à ses yeux, en tout cas autant que tous ses autres films…mais même à l’échelle de ses films les moins mémorables (d’ailleurs souvent ceux avec des gosses : ‘Wish’, ‘Notre petite soeur’,...), ‘L’innocence’ n’a franchement rien de très marquant.
Une mère découvre que son fils est apparemment maltraité par un professeur dans son école. Elle cherche à comprendre. Je ne vais pas ici dévoiler trop de choses du scénario, le mieux est de le découvrir en voyant le film. Le film est construit avec 3 points de vue qui recommencent en flashback pour nous éclairer petit à petit sur les vrais enjeux et le vrai sujet du film. Kore-Eda nous habitue à son style réaliste et techniquement parfait pour traiter de son sujet favori : la famille.
Belle construction du récit, qui permet de relativiser la perception des choses suivant chaque protagoniste. Après Tashomon ou Le dernier duel, ce procédé est toujours efficace et invite au respect des versions, à celui de la démarche contradictoire si 'on entend tendre vers la vérité. Le film sent un peu le procédé, mais ce n'est pas une tarte. Le dispositif est ici indispensable.