L'Innocence
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252 critiques spectateurs

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Domnique T
Domnique T

80 abonnés 245 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 décembre 2023
J'ai donc découvert ce qu'était "l'effet Rashomon". Hirokazu Kore-eda use donc de cet artifice - qui consiste à narrer 3 fois la même histoire vue par différents protagonistes - pour complexifier au fil des versions, le labyrinthe dans lequel il prend le risque de nous perdre (voire de nous exaspérer !). Après le point de vue d'une mère-solo qui ose tout pour protéger son "rejeton", Kore-eda nous dépeint à l'acide une institution éducative guindée dans ses codes culturels. Probablement nous manque-t-il la bonne grille de lecture pour en apprécier le persifflage ! A l'exaspération de ces deux premières versions succède une admiration totale pour le point de vue des enfants ... C'est là que le titre prend tout son sens ! Cette dernière partie frise le chef d’œuvre ... mais il débute au bout d'une heure !
islander29

1 028 abonnés 2 664 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 décembre 2023
un film subtil, un scénario subtil, pour découvrir au fil de flash back, la réalité d'un drame qui a couté la vie à un professeur.....Kore Ida, montre ici un grand talent de réalisateur et de scénariste, à la façon d'un Innaritu dans ses meilleurs films...C'est monté à la façon d'un puzzle où au fur et à mesure que le film avance, le spectateur colle les morceaux, inspiré par la subtilité du montage, des flash back, des ellipses subtiles, donc, C'est un travail de virtuose assez jubilatoire pour le spectateur....Moi j'ai adhéré, ayant été prof, parfois harcelé pour des raisons obscures...Le film montre un côté précis de l'enseignement, où les malaises sont fréquents entre les élèves, et où souvent l'on cherche un bouc émissaire...c'est le discours de ce film, pardon de cette symphonie pastorale comme dirait André Gide...Ne passez pas à côté, éveillez vous devant ce petit chef d'œuvre.... émotion garantie.
nicole Wacrenier
nicole Wacrenier

14 abonnés 27 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 décembre 2023
Je l'ai vu il y a quelques jours et j'hésitais, je ne savais qu'en dire. Il a un charme certain mais qui se diffuse par moments, moments qui ne sont pas, je pense, les plus attendus. La première partie du film est la plus intéressante, lente à mettre en place le sujet du film, elle reste mystérieuse. Pourquoi le jeune adolescent accuse-t-il son professeur de l'avoir insulté et battu ? La mère cherche des réponses et elle va se heurter, comme dans un lent cauchemar, au silence étrange, au visage poliment impénétrable de la Directrice de l'établissement. Sa colère monte et glisse comme sur de la pierre ou sur de l'eau. Vous êtes présents mais absents crie-t-elle à peu près aux professeurs réunis pour la recevoir. C'est la scène qui m'a plu car elle semble faire partie d'un film de morts vivants ou de fantômes. Puis le film s'élucide au fur et à mesure de sa construction en flash-backs, en points de vue. Tout gagne en lumière et perd en mystère. Je crois que le scénario prime, est trop fort. Justement, il a eu le prix du scénario à Cannes.
Goéland
Goéland

39 abonnés 199 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 décembre 2023
Hirokazu Kore-eda est l’un des meilleurs cinéastes pour filmer les enfants. Il le confirme avec son dernier opus. Son scénario, à tiroirs, complexe, en a reçu à juste titre le prix au festival de Cannes. L’on est ici, au Japon, dans une grande ville qui entoure un lac. Un enfant d’une dizaine d’années, Minato, élevé par sa mère, veuve, a des comportements bizarres qui l’inquiètent. On soupçonne son instituteur, M. Hori, un jeune homme autour duquel circulent de vilaines rumeurs mais l’histoire se développe en surprenant le spectateur qui a un toujours un coup de retard. Kore-eda filme tout cela avec sa grâce habituelle en nous rappelant combien les enfants sont secrets, sensibles, versatiles, imprévisibles. Il nous immerge dans la société japonaise, son système éducatif, son conformisme mais aussi les failles des individus qu’ils soient enfants ou adultes, souvent confrontés à des drames personnels. Et toujours avec Kore-eda, des plans magnifiques sur les villes, les trains, la nature, les tempêtes. Un beau film, profond.
Yves G.

1 846 abonnés 4 021 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 décembre 2023
L'action se déroule dans une petite ville de province japonaise et débute le soir où un incendie, dont on découvrira plus tard l'origine criminelle, dévaste un immeuble abritant un bar pour hôtesses. Élève en classe de CM2, le jeune Minato est orphelin de père. Sa mère, qui l'élève seule, note des détails troublants qui la conduisent à mettre en cause son école, et notamment son professeur, M. Hori. Mais, la vérité se révèlera tout autre.

Dans la filiation revendiquée de Ozu, l'oeuvre pleine d'humanisme de Hirokazu Kore-Eda compte parmi les plus significatives du cinéma japonais contemporain. Elle a été consacrée par la Palme d'or à Cannes en 2018 pour "Une affaire de famille". Mais son film le plus marquant est à mes yeux "Nobody Knows" en 2004 dont le sujet traumatisant - quatre jeunes enfants sont abandonnés pendant plusieurs mois par leur mère défaillante et se débrouillent pour survivre - m'avait durablement marqué.

Comme dans ses films précédents, L'Innocence interroge la famille et la figure du père absent - ou, dans le cas de Hoshikawa, défaillant. Il le fait avec une infinie délicatesse, mais aussi - comme c'était déjà le cas dans "Une affaire de famille" - en égratignant les faux-semblants de la société japonaise, son formalisme excessif, son illusion à vouloir résoudre le moindre différend par la présentation théâtralisée d'excuses outrées.

Le jeune Minato est-il la victime innocente de son professeur ? ou est-il au contraire le tourmenteur de son camarade de classe, Hoshikawa ? ou bien la réalité est-elle encore plus complexe ? Le sujet est déjà, en soi, passionnant. Mais Kore-Eda a l'intelligence - ou la rouerie - de le rendre plus passionnant encore en en sophistiquant le montage. Selon la technique dite "Rashomon" - du nom du film de 1950 de Akira Kurosawa qui l'utilisa le premier - les mêmes faits sont successivement revisités selon trois perspectives différentes : celle de la mère de Minato, celle de son professeur, celle enfin de Minato lui-même. Chacune ajoute à la précédente une couche de sens, révélant in fine une "vérité" autrement plus subtile que celle, binaire, qu'on avait pu imaginer.
Istvan Ribardière
Istvan Ribardière

7 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 décembre 2023
Ce film a remporté le prix du scénario à Cannes, et on ne peut que féliciter le jury pour sa clairvoyance ! S'appuyant sur une construction élaborée, Kore-Eda parvient avec ce film à faire tomber les masques dans cette société japonaise où l'impératif absolu semble être de sauver la face. Chacun se cache en lui-même pour se soustraire au jugement de la société qui semble une entité autonome qui n'a que faire de la vérité des situations et des êtres.
Tel un fruit précieux qu'il faut longtemps peler, le film guide le spectateur par cercles concentriques jusqu'à parvenir au cœur palpitant des choses : une histoire d'attachement secret dont il sera au final le seul témoin, et qui ne sera comprise que trop tard par les adultes.
Bouleversant
Gabellou
Gabellou

2 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 décembre 2023
Ce film m'a transportée, remuée, bouleversée... Tout ce que j'aime dans le cinéma !
Le début est un peu long mais la 2ème partie vous transporte. A voir sans hésitation.
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

129 abonnés 411 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 décembre 2023
Comme très régulièrement ces dernières années, décembre rime avec sortie en salles d'un nouveau film de Kore-Eda.

Après sa Palme d'Or en 2018, pour son très beau Une Affaire de Famille, il avait pourtant peiné à convaincre avec ses deux réalisations suivantes.

On le retrouve ici en très bonne forme pour ce nouveau film dont le scénario a bien mérité son prix au dernier Festival de Cannes.

L'Innocence est loin d'être le premier film à proposer ce dispositif qui consiste à raconter une même histoire du point de vue de personnages différents venant chacun apporter un nouvel éclairage, mais peu l'ont fait avec la finesse et la sensibilité qui caractérisent le cinéaste japonais.

En adoptant tour à tour les regards de la mère, puis de l'instituteur et enfin de l'enfant, il s'applique, pendant une bonne moitié du film, à brouiller les pistes pour finalement lever petit à petit le voile sur le véritable enjeu : la relation atypique entre deux jeunes enfants, dont la force est la liberté avec laquelle elle s'affranchit de tout modèle.

Le film s'est appelé "Monster" dans un premier temps, lors de sa première projection à Cannes. Le mot est répété à plusieurs reprises et les deux enfants ont un jeu qui s'appelle "Qui est le monstre ?", ce qui semble être la question que le film soulève. En insistant sur les difficultés des personnages à se comprendre, à communiquer et à exprimer leurs émotions, c'est la société japonaise, rigide et pleine de carcans, qui semble être pointée du doigt.

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domit64
domit64

74 abonnés 369 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 décembre 2023
Film en 3 actes, avec superbe une mise en scène mais une 1ere partie trop longue, une "intrigue" assez évidente même si l'approche des personnages n'est fort heureusement pas manichéenne. On s'ennuie un petit peu par moments mais on sort avec le sourire !
Ufuk K

617 abonnés 1 723 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 décembre 2023
"L'innocence " de Hirokazu Kore-eda (Palme d'Or au festival de Cannes avec "Une affaire de famille" en 2018) est un drame social japonais qui m'a bouleversé. En effet le réalisateur japonais livre aux spectateurs une histoire puissante, maitrisé, émouvante, fluide qui dénonce l'homophobie latente au Japon, le harcèlement scolaire, la fin de l'innocence dans une société japonaise hypocrite et homophobe avec des acteurs parfaits (mentions spéciales aux jeunes acteurs), cela fait longtemps que je n'avais pas ressenti cela devant un film, un véritable coup de cœur pour moi, récompensé par le prix du scénario et la Queer Palm au festival de Cannes, ce film méritait bien mieux.
Florence E.
Florence E.

9 abonnés 113 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 décembre 2023
Un film qui entremêle plusieurs vies préoccupées par la culpabilité, la colère, l'innocence et le mensonge... bien aimé les personnages, mais je ne me suis sentie parfois mal à l'aise. Pourtant il y a de l'espoir et de la vie de toute part.
Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 871 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 décembre 2023
Depuis son premier prix à Cannes en 2004 pour le très beau « Nobody knows » (prix d’interprétation masculine et record du plus jeune acteur à recevoir ce prix à ce jour, à quatorze ans), le japonais Hirokazu Kore-Eda est certainement le cinéaste nippon le plus connu et célébré dans nos contrées et les festivals du monde entier. Auteur très prolifique depuis une trentaine d’années, la plupart de ses films sont sortis chez nous et tournent autour du thème de la famille. Et ce fut encore le cas pour sa première Palme d’or pour le tout aussi beau « Une affaire de famille » ainsi que pour le récent « Les bonnes étoiles ». La famille sous toutes ses formes est donc son thème de prédilection et les quelques écarts à ce thème fétiche sont de loin ses moins bons films.

En effet, du raté thriller judiciaire « The third murder » à son incursion très cliché dans le cinéma français d’auteur avec « La Vérité », où il faisait tourner Deneuve, Binoche et Ethan Hawke dans la langue de Molière de manière moyennement convaincante, il avait déçu. Et pourtant, même si son nouveau film se rapproche un peu d’un sujet familial, il parle avant tout de l’enfance et de ses secrets avec, en filigrane, le système scolaire et le harcèlement. Eh bien contre toute attente, en s’éloignant un peu de son pré carré thématique, Kore-Eda signe une nouvelle très belle œuvre, à la fois douce, attachante, pertinente et plein d’acuité. Mais aussi, et c’est plus surprenant, dans sa structure à la « Rashomon » qui permet certaines surprises. En effet, dans « L’Innocence », chaque partie contredit la précédente selon le point de vue adopté, ce qui permet de tout remettre en question deux fois et de bousculer agréablement nos certitudes tout autant que d’accoucher d’un film magnifique sur les mystères de l’enfance.

Le scénario, toujours écrit avec une grande précision et une belle profondeur, nous immisce dans le quotidien d’une famille monoparentale classique. On y voit une mère élevant seule son jeune garçon d’une douzaine d’années qui semble avoir un comportement étrange depuis quelque temps et subir de mauvais traitements à l’école. Elle va donc s’y rendre pour savoir ce qu’il en est. À partir de là, « L’Innocence » va adopter son point de vue et se développer en trois parties distinctes, révélant les évènements différemment tout en en montrant de nouveaux. La première est donc celle de la mère, la seconde celle du professeur que l’on soupçonne de mauvais traitements et la troisième celle du point de vue de l’enfant.
Si on est donc davantage dans une chronique de l’enfance et de ses jardins secrets voire un drame, on est tout de même happé par ce qui se déroule. Il y a une sorte de mystère persistant qui est entretenu par les révélations dus aux changements de points de vue. On traite donc ici de pas mal de sujets ayant trait à cet âge significatif du passage de l’enfance à l’adolescence avec beaucoup de tact et de pudeur que ce soit du harcèlement scolaire, de la difficulté d’enseigner, de l’ère des enfants rois mais aussi de la difficulté d’élever un enfant toute seule. « L’Innocence » comporte donc plusieurs couches, toutes intéressantes voire passionnantes.

Mais, au final, c’est un œuvre qui peut se voir comme l’une des plus belles tentatives de croquer l’enfance en plan large et ses mystères. La dernière partie, entre contemplatif et naturalisme, est sublime. Le final est magnifique et les deux jeunes acteurs qui jouent les enfants/adolescents sont au-delà de toute critique rappelant que le cinéaste est un excellent directeur d’acteurs. Ils brillent autant que ce joli film plein de charme. On nous présente aussi un amour qui dépasse les frontières du genre, celui d’un adolescent qui aime peu importe le sexe de l’autre d’un amour inconditionnel. À un âge où on confond encore l’amour et l’amitié. Ainsi que l’amour d’une mère pour son fils, tout aussi justement retranscrit. Bref, « L’Innocence » est encore une fois pour Kore-Eda un film réussi et plein de véracité doublé d’une tendresse incroyable. Il est décidément très doué pour parler des relations humaines avec une simplicité confondante. Peut-être pas son plus beau film ni son plus mémorable mais toujours un film qui fait du bien et touche en plein cœur.

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selenie

7 446 abonnés 6 656 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 décembre 2023
Dans cette histoire d'enfant mal dans sa peau, nous sommes d'emblée assailli par les différentes raisons possibles forcément plus ou moins terribles et qui va tenir ce suspense jusqu'à ce que les différents protagonistes nous dévoilent leur point de vue. Les questions nous taraudent et les réponses se font subrepticement, de fil en aiguille avec toute la délicatesse du réalisateur et toute la pudeur des us et coutumes nippons. Il y a bien quelques facilités ou maladresses (un sourire narquois dont on n'aura pas le retour d'un autre angle, l'amitié se suffisait à elle-même et se serait avéré encore plus "innocente", ou sinon choisir des enfants de 2-3 ans de plus), mais le plus gênant reste sans doute cet habituel écueil du réalisateur de trop tirer en longueur certains passages. En filigrane le réalisateur-scénariste aborde bien des sujets comme les rumeurs, la fausse perception des choses, les apparences ou le jugement de la majorité pas forcément juste... etc... Le cinéaste signe une chronique douce-amère dont on perçoit la volonté d'optimisme du cinéaste mais qui laisse pourtant un goût plus amer que doux avec une pointe de mélancolie. Un très bon moment à conseiller.
Site : Selenie.fr
Noël C
Noël C

18 abonnés 103 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 décembre 2023
Un film complet ( musique, lumières naturelles, rythme, originalité du scénario,...) qui montre cette emprise des conventions sociales au Japon, avec des adultes entraînés dans une succession de politesses hypocrites, de fausses contritions, de mensonges éhontés, dans lesquels les deux enfants, héros de ce film, vont déployer toute leur magnifique envie de vivre et de grandir, différemment de ces adultes. L'art de Kore-eda est de présenter avec beaucoup de détails le quotidien banal et pétri de rites d'un Japon sans avenir (le mot "avenir" est plusieurs fois scandé par les deux enfants !) . Et la très réussie mise en scène et les flashbacks (un peu désorientants..) nous entraînent dans l'innocence et l'amour incarné par ces deux héros porteurs du Japon de demain...
Jen H.
Jen H.

36 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 décembre 2023
La première partie peut paraître un peu longue, mais la seconde, qui dévoile petit à petit le flou, révèle finalement vraiment la pépite que représente ce film. Beau et puissant !
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